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TOKYO DECADENCE - 12 & 18 MAI 2007 - LIVE REPORT

Mettez du sadomasochisme et de la perversion dans un monde a priori enfantin et vous obtiendrez Tokyo Decadance, deux soirées qui se sont déroulées le 12 et 18 mai à la Bellevilloise, puis au Glaz’art. Bienvenue à "la plus décadente soirée du Japon", live report et interview en direct d’un paradis potentiellement orgasmique.


Harajuku, c’est trop cool

La venue à Paris des soirées Tokyo Decadance, déjà célèbres au Japon, faisait rêver plus d’un fan. En effet, comment résister à ce mélange gothic, kawaii et SM qui allait envahir deux salles bien connues des Parisiens : La Bellevilloise, lieu magnifique où dès l’entrée d'étranges arbres s'invitent à nos côtés, et le Glaz’art, salle réputée pour accueillir diverses représentations (concerts, soirées etc.) ?

Tous les fans sont donc au rendez-vous ce soir, et la foule afflue dès 23h, ouverture du spectacle. Le public se livre sans aucune pudeur à toutes les excentricités, le clubbing nippon étant réputé pour son grand n’importe quoi vestimentaire. Cela va même parfois très loin, aussi loin que ce que l'on peut voir à Tôkyô, avec par exemple cet homme en uniforme SS, mais ce n’est pas bien grave : le public est alors déjà sous l’influence de diverses substances plus ou moins légales ! Plus inoffensif, on retrouve les légendaires oreilles de lapin et la robe à froufrous qui va forcément avec, ou encore ce couple de gothic lolitas enchaînées l'une à l'autre par des menottes, présentes à chaque événement (les gothic lolitas et les menottes). Il n’était d’ailleurs pas rare de retrouver les même personnes d’une semaine à l’autre, tant ces deux évènements étaient exceptionnels. Quelques uns avaient l’air de s’être "perdus" ici, mais la plupart semblaient apprécier le spectacle déjanté. Bref, un mélange plutôt hétérogène, réunissant toutes les strates du monde de la nuit (des acteurs du porno français y compris). La salle remplie de ces personnes assoiffées d’actes pervers et exhibitionnistes, l’orgie nippone pouvait donc commencer en bonne et due forme.


La grivoise Bellevilloise

La Bellevilloise se retrouve donc à accueillir pour la première fois ce rassemblement de créatures des ténèbres éphémères, chacune prête à faire ressurgir la bête tapie en elle. L’ambiance est assez soft au commencement, Raveman, DJ du groupe d’Aural Vampire, se contentant de mixer sa musique électro, passant parfois le relais à DJ SiSen. Le costume de Raveman est un mélange fin et subtil de noir et de noir : sa véritable particularité est plutôt le masque qu’il porte constamment, faisant de son visage un mystère pour tous, à la Daft Punk. Il faut croire qu'il préfère se déguiser en cheval ou revêtir la réjouissante trogne de Dark Vador...

Une fois la mise en place d'un son explosant nos tympans à la perfection, place aux shows de début de soirée. Le public est invité à assister à un jeu fort sympathique, censé mettre en exergue la force du sexe soi-disant faible. Pour cela, rien de tel qu’un bon crêpage de chignon... avec pour but ultime de dévêtir l’autre de ses sous-vêtements : les participantes préalablement sélectionnées doivent en effet retirer la petite culotte de leur adversaire en premier, sous peine d’humiliation extrême ! Si ces dernières commencent complètement habillées, elles se retrouvent torse nu une minute plus tard (pour une certaine, torse nu avec un godemiché ceinture), et finissent en tenue d’Eve, certaines se lamentant et criant au désespoir d’avoir été l'une de ces faibles filles aux parties intimes exposées contre leur volonté... comme la vie peut être dure parfois. La gagnante, elle, exhibe fièrement son trophée-culotte, et salue chaleureusement le public de son pénis en plastique.




C’est après cet épisode fort agréable pour les yeux que monte sur scène Aural Vampire, groupe aux sons électro-pop. La voix sensuelle d’Exo-Chika, la chanteuse, conquiert déjà le cœur des Japonais et l’engouement du public français laisse à penser que l’Hexagone lui réserve le même accueil. Les cheveux extrêmement longs et les dents de vampire de la chanteuse font sensation, tout comme Raveman, toujours caché sous son masque. La complémentarité des deux membres sur scène est parfaite : Exo-Chika, d'un côté, prend pleinement compte du public en lui communiquant sans mal sa joie d’être présente en France ; tandis que Raveman, de l'autre, se contente de faire des signes négatifs à toute personne qui se risque à l’acclamer. Tenterait-il, derrière son masque, de dissimuler sa timidité... ?

Derrière eux, un écran sur lequel défilent des images décalées, sans lien apparent : les films d’horreur kitsch des années 80 semblent à l’honneur. Le concert ayant bien échauffé la foule, quelques membres de Tokyo Decadance, comme Anna et Kengo, décident de monter sur scène pour exhiber fièrement leurs corps. La différence de sensualité est cependant majeure entre les deux amis : Kengo arbore son fidèle costume de Pierrot, tandis qu’Anna danse frénétiquement en sous-vêtements à carreaux noirs et blancs. Cette dernière, qui de sa sublime plastique réveille les sens d'une foule tout acquise, hypnotise par l’aura sexuelle qu’elle dégage... sa carrière de danseuse puis de strip-teaseuse lui ayant appris à savoir mettre son corps en valeur. Corps qui s’est d’ailleurs dévoilé aux yeux de votre dévouée, dans son plus simple appareil : c’est en effet en cherchant désespérément en coulisse le groupe Aural Vampire que l'on pouvait tomber sur notre reine du bal en train de se changer, dans le plus simple appareil ! Ces quelques secondes où les courbes de ce corps d’un mètre soixante laissent apparaître des fesses légèrement rebondies, un ventre plat et musclé ainsi qu’une poitrine tournant autour du 85B, l'ensemble proche de la perfection, peut troubler ; l'on reprend alors ses esprits et s’aperçoit que la miss a à peine remarqué notre présence ; on s’excuse donc d’un "sumimasen", et gagne le droit de recevoir un grand sourire. Mais c’est en courrant rejoindre ses compères afin de leur raconter l'extraordinaire aventure que l'on tombe sur un autre spectacle dtout aussi étonnant, celui de Satomi, la reine du bondage. Un homme à ses pieds (ligotés comme tout bon esclave), quelques aiguilles plantées sous sa peau et un peu de sang jaillissant de sa chair semblent régaler un public SM-curious, et hallucinent nos kawaii girls prétendument choquées. Satomi en profite aussi, allumant quelques bougies, laissant couler la cire sur son propre corps, le tout dans cette même ambiance sombre et feutrée, rendu tout à fait excitante par les mouvements sensuels de la belle.




Au Glaz’art, des œufs tu pondras

L'ambiance au Glaz’art réserve quant à elle d’autres surprises, Tokyo Decadance ayant décidé de marquer le coup pour ce dernier soir en France. Comme à la Belleviloise, l’électro servie par nos deux compères DJ fait remuer les têtes sur la piste de danse. L’androgyne Sisen est "habillé" d’un bout de tissu coloré recouvrant ses jambes, et d’un haut moulant taille 12 qui lui va à ravir. Ses rajouts verts façon dreadlocks font d’ailleurs craquer plus d’une fille (et d’un garçon). C’est avec un air enfantin qu’il mixe pop et électro, dans une musique aux tendances plus japonaise que celle de Raveman. Les organisateurs nous invitent ensuite à regarder un court défilé du créateur de mode Takuya Angel (voir notre article), avec, bien sûr, les artistes invités pour mannequins. L’occasion pour ceux qui ne sont pas allés à la Bellevilloise de les connaître un peu mieux. L’homme-pitre Kengo, arbore son panier à chat sur la tête et sa petite jupe rose. Cet homme étonnement androgyne chauffe considérablement la salle grâce à un don incroyable, celui de ne pas connaître le ridicule. Anna défile en se trémoussant comme une geisha du futur, pendant que SiSen en fait exactement de même. Le petit ami de ce dernier, Thomas (alias BoNboN), super kawaii et surtout super frenchy avec sa tête d’ange et ses cheveux blonds, fait aussi partie de la fête et célèbre la vie dans une danse sensuelle du plus bel effet. Après ce début calme mais annonçant la tempête, SiSen continue de caresser ses platines, tandis que Takuya nous surprend en mixant aussi, de façon spontanée. Les artistes n’hésitent pas à venir danser avec nous sur la piste et à se faire photographier avec les fans, ce qu’ils acceptent de faire à chaque fois, avec grand plaisir.

Dans le milieu de la nuit surgit l’événement le plus marquant et le plus étonnant de la soirée : le show d’Anna, toujours la même. On l’avait déjà vue en infirmière ou en samouraï sexy lors de Fashion Manga, mais rien de tout cela ne pouvait annoncer un tel spectacle.

Sur scène se trouve une échelle, un Kengo tenant une poêle à frire et une Anna aux cheveux roses et oreilles de lapin sur la tête. Mais il faut bien des œufs pour remplir cette poêle qui se sent désespérément seule ; et c’est précisément là que notre sauveuse-lapine accourt, afin d’accomplir sa destinée, celle de satisfaire l'ustensile. Elle grimpe alors sur l’échelle, s’y accroupie et nous dévoile avec dignité et délicatesse ses parties les plus intimes. Mais une personne venue à la soirée Tokyo Decadance en toute âme et conscience ne peut se contenter d’un vulgaire bout de chair entre deux lèvres ! Anna le sait bien. Kengo se place donc sous notre chère amie qui commence à pondre de son vagin deux œufs dans la poêle, nous gratifiant d’un visage soumis extrêmement jouissif ; pour finir en beauté, la belle redescend de l’échelle pour aller lécher le fruit de ses entrailles... ils sont bien élevés ces Japonais.



Dans la continuité de ce spectacle appétissant, vient le show de l’enfant-femme Hime qui joue aux marionnettes, se faisant manipuler par la grande Mistress Coco montée sur des échasses. Complètement absorbée par son rôle, elle traverse la salle et ne remarque même plus la foule qui s’est agglutinée tout autour d’elle. Aural Vampire n'a toujours pas manqué à l'appel, et nous a fait la joie de jouer ses morceaux une dernière fois sur nos terres. Un concert qui dans les deux soirées a permis de chauffer la salle à bloc...

Qu'est-ce que Tokyo Decadance ? Deux soirées inoubliables, qui pour la première fois en France, réunissaient la puissante dimension perverse d'un Japon de coulisses, et la beauté d’une mise en scène irréprochable, l’organisation parfaite de la soirée rendant la chose encore plus magique, nous menant de surprise en surprise, toutes plus osées les unes que les autres. Un pari réussi pour ce groupe qui, espérons-le, sera de retour au plus vite dans l’Hexagone.


Xia Lo


Crédits photo (sauf photo d'Exo-Chika en haut à droite) : Xia Lo & Orphan





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