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Nécrologie : les boites européennes coulent les unes après les autres

Tous les premiers entrepreneurs de la J-Music en Europe vont-ils tomber les uns après les autres ? Après les disparitions de GAN-SHIN France, JAPAN VIBES ou encore Nanimato, l’entité regroupant J-Music Distribution, J-Music LIVE et J-Music Store a fait faillite ce printemps. Cette semaine, l’agence allemande ROCK IDENTITY (R:ID) met la clé sous la porte à son tour en postant un message d’adieu sur son site officiel.

ROCK IDENTITY se positionnait comme un relai majeur pour le marché du rock japonais en Europe, l’agence servant de plaque tournante entre les professionnels nippons et les producteurs européens tels que No Sphere (inactif depuis plusieurs années) et surtout J-Music LIVE. Pour ces entreprises, la récente perte du catalogue visual kei de PS COMPANY (l’agence japonaise qui gére the GazettE, miyavi*, ayabie…) équivalait à la privation d’un précieux fond de commerce, essentiel pour se diversifier, tenter de nouveaux défis… mais surtout pour survivre, tout simplement !

Nos craintes exprimées dans divers articles et éditos se confirment ainsi jour après jour : les petites structures spécialisées, lancées et tenues par des fans motivés, ferment les unes après les autres. On souhaite un avenir moins sombre aux actuels survivants, parmi lesquels Soundlicious, toujours soucieux de la qualité de ses (rares) produits, et Paris Visual Prod., inactif depuis un an et dont la plupart des artistes sont désormais produits par d’autres structures. Le "groupe GAN-SHIN" (avec Neo Tokyo, etc.), basé en Allemagne, paraît le mieux armé pour poursuivre ses activités sereinement, grâce à un catalogue d’artistes rock populaires chez nous, et une habileté à racheter les groupes ayant fait leurs preuves chez les petits labels (au grand désarrois de ces derniers).

Le marché de la J-Music en Europe n’est pas du tout mourant pour autant. Les acteurs changent et les noms récurrents sont aujourd’hui RAGE TOUR, Wasabi-records, Twisted Talents, etc. Ces structures plus aguerries, plus solides financièrement, avec une véritable envergure européenne, mais non spécialisées J-Music, prennent le pouvoir. Sont-elles uniquement là pour l’appât du gain, profitant de l’énorme et laborieux travail de défrichage opéré par les premiers entrepreneurs ? Leur connaissance, - a priori - nettement plus faible du marché et des attentes des consommateurs, va-t-elle les perdre ? Inversement, leur expérience dans le monde de la musique, du spectacle ou de l’édition, ainsi que leur solidité financière vont-elles leur permettre de développer la J-Music en Europe comme aucun des entrepreneurs-fans n’aurait pu le faire ? S’entourer de spécialistes piochés dans le staff des media ou des structures disparues semble être la stratégie d’une partie d’entre elles. Et si les Japonais se lançaient directement et par leurs propres moyens, zappant les intermédiaires français/européens en pleine battle royale ? Affaire à suivre.

Et à part ça… Toujours personne pour donner sa chance à la musique "pop" coréenne, chinoise, taiwanaise ?.. La Kpop en particulier connait un succès qui n’est pas sans rappeler celui de la J-Music il y a dix ans ; à cette époque, elle aussi était apparemment ignorée des pros. Faudra-t-il attendre la répétition du modèle J-Music : que les fans lycéens ou étudiants d’aujourd’hui deviennent les pionniers-kamikazes de demain ?


*Entre temps, miyavi a pris son indépendance au Japon. Celui-ci reviendra en tournée européenne cet automne, sans passer par R:ID et J-Music LIVE comme en 2008.

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