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SQUARE ENIX frappe KONCI. Des conséquences en musique ?

Vous l’avez certainement appris plus tôt dans la journée dans notre rubrique manga/animation ou sur d’autres webzines, la société SAKURA a été condamnée par le Tribunal de Grande Instance de Paris à 80.000 euros d’amendes pour importation et vente en Europe de contrefaçons FINAL FANTASY et FULLMETAL ALCHEMIST, suite à la plainte du géant japonais SQUARE ENIX. SAKURA, importateur, grossiste et distributeur, est plus connu des consommateurs français pour sa boutique parisienne KONCI, située boulevard Voltaire dans le onzième arrondissement. Difficile de savoir quel sera vraiment l’impact du jugement sur SAKURA/KONCI et ses activités, l’amende ne paraît toutefois pas d’une ampleur suffisante pour terrasser (ou même dissuader sur d'autres créneaux) cette entreprise dynamique et réactive qui a déjà changé le nom de sa boutique pour MANGA PARIS.

Beaucoup se félicitent logiquement de ce jugement, punissant une société depuis longtemps montrée du doigt et déjà bannie de certains festivals. Yasuhiko Hasegawa de SQUARE ENIX voit dans cette victoire un avertissement sérieux à l’encontre des autres contrefacteurs qui persistent dans le milieu. D’autres plaignants pourraient s’en inspirer pour intenter des actions.

Pourquoi revenir sur cette information concernant principalement du merchandising tel que des figurines, des posters, des photobooks et des porte-clés dans notre rubrique musicale ? Parce que l’impact de cette frappe, ou de futures autres, sur SAKURA / KONCI pourrait avoir des conséquences indirectes sur l’importation et la vente de CD asiatiques officiels en France et en Europe. Rappelons au passage à ceux qui l'auraient trop vite oublié : un peu au même titre que les fansubbers pour le retour de la japanimation, KONCI et son large choix de CD contrefaits ont longtemps servi de moteur (parmi d'autres facteurs) pour la popularisation de la J-Music en France. Fin de la digression, revenons aux enjeux d'un torpillage de SAKURA / KONCI.

En effet, la société SAKURA joue le rôle de grossiste pour diverses boutiques indépendantes, les alimentant notamment en produits musicaux. La boutique KONCI vend à la fois des contrefaçons de CD et DVD, mais aussi des éditions officielles japonaises ou asiatiques spécialement importées pour répondre à la demande de fans connaisseurs, exigeants et respectueux. Avec un minimum d’informations, les clients discernaient facilement le vrai du faux par des prix variant du simple au double (voire davantage) dans les rayonnages. Pour se procurer leurs CD et DVD, plusieurs autres boutiques spécialisées dans l’entertainment japonais ou asiatique se fournissent chez le grossiste SAKURA. Avec son ancienneté et son volume de ventes lui assurant une assise financière confortable (en grande partie grâce aux contrefaçons ?), on comprend aisément la place prise par cette société sur le marché européen. Contrairement aux petits revendeurs autonomes, SAKURA dispose de la puissance financière nécessaire et d’une capacité d’achat en volumes suffisante pour négocier des prix viables pour tous sur les produits originaux. Les boutiques indépendantes seraient incapables d’acheter par elles-mêmes des CD Jpop officiels au Japon : les entreprises nipponnes refusent d’ajuster leurs prix pour les Européens qui ne représentent qu’une goutte d’eau dans leur chiffre d’affaire. Au-delà du simple cas KONCI, un affaiblissement ou une disparition du grossiste SAKURA pourrait donc avoir diverses conséquences dans plusieurs points de vente français (boutiques et stands sur festival) : naturellement moins de contrefaçons (ce qui satisfera l’industrie et même les consommateurs), mais aussi une augmentation des prix des produits officiels importés, moins de choix (pour réduire les risques d’invendus, une tendance déjà constatée) voire une disparition des CD asiatiques officiels. La Jpop et ses stars non distribuées en seraient les premières victimes, pour le grand malheur des fans absolument pas contentés par le très maigre catalogue des labels européens. Une telle tournure des événements serait profitable aux éditeurs et labels européens qui auraient le champ libre pour vendre leurs trois licences et demi, ainsi qu’aux boutiques en ligne asiatiques telles que CDJapan et YESASIA, qui abreuvent tranquillement l’Europe depuis plus d'une décennie.

Photo © DR

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