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HAKUEI : interview et conférence publique à JAPAN EXPO 8 les 6 et 7 juillet 2007

< Private interview with HAKUEI : english translation at the bottom of the page >

HAKUEI, chanteur de PENICILLIN et de machine (entre autres), mannequin et égérie de la marque BLACK PEACE NOW, s’est déplacé pour la première fois en France à l’occasion de JAPAN EXPO 2007. Sa participation au défilé de mode Laforet et une petite séance de dédicaces s’avérant trop courtes pour lier un véritable contact avec ses fans, Orient-Extrême avait proposé à HAKUEI de participer à une conférence publique qui donnerait l’opportunité à tous de le rencontrer et de dialoguer avec lui. Plusieurs centaines de personnes, visiteurs et media confondus, ont répondu présents à cet événement le samedi 7 juillet. Même si le travail de HAKUEI dans le domaine de la musique est reconnu, c’est aussi pour son charme que les jeunes fans féminines s’enthousiasmaient, allant jusqu’à lui poser une ou deux questions assez indiscrètes sur sa vie privée… Quand on aime HAKUEI, on le veut !

La veille de cette conférence, nous rencontrions le chanteur dans les salons du festival pour une interview privée dont voici le compte rendu. L’artiste nous offre ici les secrets de fabrication de sa musique et dévoile les motivations qui l’ont amené à diversifier autant sa carrière dans de multiples domaines : musique, mode, manga…


VENDREDI 6 JUILLET 2007 : INTERVIEW PRIVEE

Orient-Extrême : Bonjour HAKUEI. Commençons par parler musique. Dans la dernière interview que vous nous aviez accordée, vous avez dit que le message que vous souhaitiez faire passer relevait de la "spiritualité"… Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus. De quelle spiritualité vouliez-vous parler ?
HAKUEI : En fait, je cherche surtout à exprimer des émotions. Dans les chansons tristes, je veux faire passer de la tristesse. Dans une chanson assez vivante, dynamique, c’est plutôt de l’agressivité. Je veux faire ressentir des émotions à mon public.

Orient-Extrême : Comment sont choisis les thèmes de vos chansons ? Sont-ils liés à vos expériences personnelles, s’agit-il de réactions liées à la société actuelle par exemple, ou s’agit-il purement de fantaisie ?
HAKUEI : Il faut tout d’abord savoir que la musique vient en premier. Ensuite, je recherche le thème adéquat à cette musique. Cela peut être l’amour, une colère contre les injustices de notre société… ce genre de chose. Le thème dépend de la musique. C’est vraiment elle qui m’inspire pour les paroles.

Orient-Extrême : Est-ce que vous participez à la création de la musique instrumentale ou bien est-ce que vous partez de bandes-son déjà finalisées ?
HAKUEI : Il y a deux façons différentes de travailler. En ce qui concerne PENICILLIN, chacun des membres doit créer une partie de la musique. On rassemble ensuite nos créations et on compose la chanson ; puis je recherche le thème le plus approprié et j’écris les paroles. Pour machine, c’est toujours Kiyoshi qui compose la musique. Ensuite je l’écoute et je choisis un thème que je lui soumets. Dès que nous sommes d’accord, j’écris les paroles.

Orient-Extrême : Quelle différence faites-vous entre vos projets : PENICILLIN, machine, nano, votre carrière personnelle… ? Chacun d’eux existe pour vous permettre d’explorer des voies musicales différentes ?
HAKUEI : Je pense que PENICILLIN offre une sonorité vraiment unique, un son, une musique que j’aime faire ressortir, mettre en avant. Mais j’aime aussi d’autres genres de musique, et c’est pour cela que j’ai créé machine. En ce qui concerne nano, au départ, on a juste repris des chansons de PENICILLIN en les arrangeant différemment. C’est Chisato qui voulait faire ça et qui m’a demandé de participer. Du coup, on a fait un disque et en réécoutant les arrangements, j’ai eu une nouvelle inspiration. C’est comme cela que sont nées les nouvelles chansons de nano.

Orient-Extrême : Le groupe machine officie dans l’électro rock / hard rock, contrairement à PENICILLIN qui est plus pop rock…
HAKUEI : La différence principale vient des membres des différents groupes. Pour PENICILLIN, nous sommes quatre, et pour créer des musiques mélodiques on considère l’opinion de chacun d’entre nous. Pour machine, nous ne sommes que deux, et on insiste d’abord sur l’aspect digital. PENICILLIN sonne pop rock parce que les quatre membres de la formation aiment ce genre de musique. La base est définie par avance. Pour machine, la façon de penser est différente. Avec Kiyoshi, on se penche d’abord sur les rythmes et le son digital. Ensuite, une fois que l’on a trouvé un bonne base digitale, on construit la chanson autour de ce son. Le processus de création n’est pas le même.

Orient-Extrême : Que devient votre carrière personnelle ? Vous n’avez pas sorti de CD solo depuis des années…
HAKUEI : Je n’ai pas le projet de rejouer seul actuellement. En ce moment je produis un nouveau chanteur étranger qui s’appelle IVAN. Ce Mexicain est déjà une vedette des défilés de mode au Japon. Je vous explique la situation, c’est un peu complexe : la mère d’IVAN est une métisse japano-mexicaine et son père est espagnol. IVAN est un homme mais il est transsexuel. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer et le courant est très bien passé entre nous. Comme je l’apprécie beaucoup j’ai décidé de lancer sa carrière. Une chanson d’IVAN va d’ailleurs sortir le 25 juillet au Japon uniquement. Je joue de la guitare derrière lui dans son clip.

Orient-Extrême : Avez-vous d’autres projets éphémères comme nano à concrétiser ?
HAKUEI : Chisato a de nouveau le projet d’un groupe éphémère comme nano mais comme je suis très occupé, je ne peux pas répondre à sa requête. J’ai créé un nouveau groupe qui s’appelle Kaizoku, ce qui veut dire "pirates" en japonais, avec un autre professionnel de la musique nipponne très connu au pays. On a déjà fait trois concerts dans des petites boites. On tourne comme un groupe amateur, on ne met pas nos noms sur les affiches, rien de tout cela… On ne recherche pas la notoriété ni à se faire repérer. On est juste une bande de potes qui joue dans des petites salles pour se faire plaisir.

Orient-Extrême : En tant qu’artiste expérimenté avec plus d’une décennie de recul, que pensez-vous de l’évolution actuelle du rock japonais, au Japon uniquement, mais aussi dans son actuelle internationalisation ?
HAKUEI : J’ai pu poursuivre mes activités au Japon, aux Etats Unis, en Asie [NDLR : il a fait un concert en Corée avec machine], en Chine aussi… Lorsque je suis allé à Los Angeles il y a cinq ans, la musique japonaise n’était pas encore à la mode à ce moment-là. On y a rencontré un public assez calme et il n’y avait pas vraiment d’engouement particulier. Mais je suis retourné l’année dernière aux USA avec machine et là, c’était génial : les gens ont maintenant l’air prêts à recevoir la musique japonaise.
En ce qui concerne le genre, le rock nippon s’est bien développé dans l’archipel. La création de musique japonaise -et là je ne parle pas seulement des vêtements ou du chant mais vraiment de la musique en elle-même- s’est améliorée. C’est l’approche de la musique qui a évolué. Pour moi, cette évolution suit le même chemin et la même expansion que les mangas dans le monde. La culture occidentale nous a apporté de nouvelles choses. Maintenant, je pense que les Japonais on réussi à reprendre ces éléments à leur propre façon pour proposer quelque chose de nouveau. La musique japonaise devient vraiment différente de la musique occidentale. Elle est plus personnelle et propre au Japon.

Orient-Extrême : Parlons un peu de vous maintenant. Quel est votre quotidien hors travail ?
HAKUEI : En dehors du travail, je reste la plupart du temps chez moi. J’invite des copains, on boit un coup… souvent ! J’adore l’alcool et plus particulièrement le champagne, j’en bois régulièrement. Et puis je lis beaucoup de mangas. Mon salon… c’est presque un Manga Café tellement les mangas s’y entassent. Je lis tous les genres, que ce soit les shôjo, les seinen, les shônen… même les mangas pour enfants. Je lis absolument tout !

Orient-Extrême : Et quel est votre manga préféré ?
HAKUEI : En ce moment, c’est 20 seiki shônen [NDLR : 20th Century Boys en français] de Naoki Urasawa, qui est aussi l’auteur que Yawara. 20 seiki shônen est un manga de science fiction et de suspense. L’histoire commence dans les années 70 avec plusieurs garçons qui écrivent un livre de prédictions : le Yogen no sho. Dans ce livre ils créent plein d’histoires fantastiques. Puis ils grandissent et oublient leur livre… jusqu’en 1997 où l’un des leurs meurt d’une façon singulière. Alors ils se rappellent cet ouvrage, car leur compagnon est mort de la même manière que le personnage de l’une de leurs histoires. C’est passionnant !

Orient-Extrême : Vos photos ne laissent pas les filles indifférentes… On se demande s’il n’y en a pas davantage qui vous adulent en tant que beau gosse plutôt qu’en tant que chanteur… Que pensez-vous de cette situation ?
HAKUEI : En fait, je ne veux pas seulement créer une sonorité particulière de musique. Je ne veux pas non plus me restreindre à transmettre de la beauté par le biais de mes photos. L’atmosphère d’un concert, l’émotion qui se dégage d’une photo, tout ce qui gravite autour est important. C’est l’ensemble qui me représente. Un peu comme si j’étais mon propre univers. Cet univers et tous ses aspects, c’est moi. Je ne suis pas seulement la musique, l’image ou le mangaka, je suis l’ensemble. Mon image idéale est un mélange de tous ces aspects et les gens ne me connaîtront vraiment que s’ils connaissent toutes les facettes de mon univers.

Orient-Extrême : Merci beaucoup, et à demain pour d’autres questions lors de la conférence.
HAKUEI : Merci à vous, à demain.

Interview réalisée par Gwenaelle Durand avec la participation de Julie Carvalho.
Remerciements : EURO JAPAN COMIC
Traduction : Yoko Kishi




SAMEDI 8 JUILLET 2007 : CONFERENCE PUBLIQUE

Après ses deux passages éclair lors du défilé de mode Laforet HARAJUKU et après avoir pris le soin de signer des dédicaces personnalisées aux cinq gagnants de notre concours, HAKUEI rejoint le staff Orient-Extrême et les visiteurs de JAPAN EXPO pour sa conférence publique. La salle est bondée, et malgré les interférences des annonces micro diffusées dans l’ensemble du festival, les questions préparées par nos soins ou posées par le public s’enchaînent à un rythme soutenu durant trente minutes.

Orient-Extrême : Quelles sont vos premières impressions sur la France, sur le festival JAPAN EXPO, sur tout ce qui se passe autour de vous ?
HAKUEI : Je suis très étonné que tout le monde soit à ce point à fond dans une même ambiance. Je suis agréablement surpris par les fans français.

Orient-Extrême : Vous vous attendiez à ce qu’il y ait autant de monde à votre conférence ?
HAKUEI : Oui ! [En français, franc et déterminé, ce qui amuse le public]

Orient-Extrême : Que retenez-vous du défilé Laforet de tout à l’heure ?
HAKUEI : En fait… j’ai été plus impressionné par le cosplay que par le défilé de mode en lui-même.

Orient-Extrême : Vous étiez mannequin pour la marque BLACK PEACE NOW. Est-ce que vous faites le même genre de défilé de mode au Japon ?
HAKUEI : Oui, je défile de la même façon au Japon.

Orient-Extrême : A force de porter des vêtements d’autres marques, est-ce qu’il vous est venu à l’esprit de créer votre propre marque ?
HAKUEI : C’est en cours. Je suis en train de créer ma propre marque de vêtements et accessoires. [C’était la réponse attendue par le public qui applaudit chaleureusement].

Orient-Extrême : Vous avez évoqué hier avec nous quelques uns de vos projets. Nous savons que quelque chose est prévu avec machine, que pouvez-vous révéler de plus aujourd’hui au public ?
HAKUEI : Le 5 septembre, il y aura un nouveau CD de machine effectivement, que je vais enregistrer dès mon retour au Japon… Hmmm… Je n’ai rien de plus à vous dire, je ne vous cache rien [avec un petit sourire en coin]. Ah, si ! Je vais produire un artiste.
Orient-Extrême : Ok… Vous en saurez donc un peu plus en lisant le compte rendu de notre interview avec HAKUEI [NDLR : voir plus haut].

Orient-Extrême : Pour l’instant il n’y a pas de concert prévu pour vos groupes en Europe. Depuis votre arrivée en France, des producteurs vous ont-ils contacté pour vous proposer quelque chose ? Avez-vous envie de faire un concert ?
HAKUEI : Oui.
Orient-Extrême : Euh… Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?...
HAKUEI, avec un sourire malicieux : Aaahh… On m’a conseillé de faire des réponses courtes alors je n’ai pas développé. [sourire]
Orient-Extrême, amusé, essaie grappiller quelques détails : Mais vous n’avez pas eu des propositions… ?
HAKUEI : Il y aura peut-être un concert ici l’année prochaine. [Réaction immédiate du public qui manifeste à nouveau son engouement]
HAKUEI : Ce serait probablement avec PENICILLIN.
Ça hurle de plus belle dans le public.

Orient-Extrême : GISHO, le bassiste de PENICILLIN, a quitté le groupe cette année. Avez-vous prévu un remplaçant ? Comment cela va-t-il se passer ?
HAKUEI : Pour le moment, nous n’avons trouvé personne, mais nous n’avons pas encore vraiment cherché. Nous verrons.

Orient-Extrême : Vous faites partie des artistes expérimentés de la scène japonaise rock contemporaine, tout comme YOSHIKI qui est aussi présent à JAPAN EXPO. Que pouvez-vous nous dire sur l’évolution de l’accueil du rock japonais aux Etats-Unis, en Europe, en France… ?
HAKUEI : Maintenant, j’ai vraiment l’impression d’être accepté comme un artiste à l’étranger, de la même façon qu’au Japon.



La première partie de la conférence se termine, place aux questions du public et de la presse.

Public : Comme vous venez de dire que vous vous sentiez accepté en Europe, des versions européennes des CD de PENICILLIN ou machine seront-elles distribuées en Europe ?
HAKUEI : Pourquoi pas. Je n’y ai pas encore réfléchi.

Public : Quelle serait la raison qui pourrait vous forcer à arrêter de chanter ?
HAKUEI : Je n’arrêterai jamais de chanter. Quand j’étais petit, je souhaitais devenir professeur, donc si un jour je ne pouvais plus, pourquoi ne pas devenir professeur… Ce serait un peu mon rêve.
Orient-Extrême : Vous seriez professeur de ?...
HAKUEI : De tout ! Pas de spécialité particulière.

Public : De qui vous inspirez-vous dans le milieu du visual kei ?
HAKUEI : Quand j’ai commencé, il n’y avait pas vraiment de scène visual kei. Je n’ai donc pas franchement été influencé par quelqu’un.

Public : Est-ce qu’il y a des artistes occidentaux qui vous ont marqué ?
HAKUEI : Hmmm… Les Sex Pistols.

Public : Est-ce qu’il n’est pas difficile de gérer à la fois plusieurs groupes/projets musicaux et une carrière de mannequin ?
HAKUEI : c’est effectivement difficile de concilier le tout, mais chaque groupe me donne un plaisir différent. C’est très motivant et je trouve toujours le temps de tout faire.

Public : Peut-on espérer un concert de machine en France à l’avenir ?
HAKUEI : Bien sûr. J’en parlerai à Kiyoshi [NDLR : le cofondateur de machine avec HAKUEI] dès que je serai rentré au Japon.

Public : Comment avez-vous découvert votre passion pour la musique ?
HAKUEI, après un instant de réflexion : J’aime être extravagant, cela doit être pour ça. Mais cette remarque ne concerne pas que la musique, elle s’applique à l’ensemble de l’image que l’on a de moi, que l’on perçoit, et qui va de paire avec la musique.

Public : Kyou wo ikiyou [NDLR : issue de la carrière solo de HAKUEI] est une reprise d'une chanson italienne, n'est-ce pas ? Pourquoi avez vous choisi une chanson italienne ?
HAKUEI : Il y a trente ans, un artiste appelé Shoken défendait la musique italienne. Comme j’apprécie énormément cette musique, j’ai eu envie de faire de même.

Public : Est-il possible que vous fassiez un coupling en France, et si oui avec quel groupe ?
HAKUEI : Oui, l’idée m’intéresse, avec n’importe quel artiste français.
Orient-Extrême : Et si c’était avec un groupe japonais ?
HAKUEI : Heu… Attendez, j’ai un trou de mémoire… Sendai Kamotsu [le public applaudit bien fort, il y a des connaisseurs]. Je ne me souviens plus du vrai nom du groupe…
Public : Nightmare !
HAKUEI bondit : Ah, c’est ça ! Nightmare ! [Réponse accueillie par des cris de joie dans le public : le doublon délirant de Nightmare semble avoir des fans…].



Une jeune fille du public : HAKUEI, qu’est-ce que vous pensez des Françaises ?
HAKUEI : Sincèrement, elles sont vraiment très jolies.
La jeune fille du public : "Arigato".
Orient-Extrême : Est-ce que vous en avez vu une plus jolie que les autres aujourd’hui ou hier ?
HAKUEI : Il y a tellement de jolies filles que je me demande si je ne ferais pas mieux d’habiter en France.

Public : Pourquoi est-ce que vous avez autant de tatouages et que représentent-ils ?
HAKUEI : J’ai un ami qui est artiste tatoueur. A chaque fois que je me rends chez lui, je n’arrive pas à résister, je me fais faire un tatouage. Donc, j’en ai de plus en plus.
Orient-Extrême : Pour l’instant, il y en a quatorze, avez-vous projeté de vous en faire faire un nouveau ?
HAKUEI : Pour le prochain tatouage, mon ami aimerait me tatouer le torse mais j’hésite encore.

Public : Est-ce que vous êtes déjà allé en Allemagne ? Nous serions heureux de vous y accueillir.
Hakuei : Oui, je suis déjà allé en Allemagne pour la publicité d’une de mes vidéos.
Orient-Extrême : Est-ce que, par hasard, vous auriez envie de tourner un clip en Europe ?
HAKUEI : Oui. Mais comme j’ai un emploi du temps chargé, je ne peux pas me déplacer souvent en Europe, donc je tourne principalement mes clips au Japon. Cependant, venir ici me donne beaucoup d’énergie et renforce grandement mon envie de venir y tourner.

Un jeune garçon du public, d’une dizaine d’années probablement : A quel âge vous êtes vous intéressé à la musique ?
HAKUEI : A peu près à ton âge.
Le jeune garçon du public : Et à quel âge êtes-vous devenu mannequin ?
HAKUEI : Vers mes trente ans.

Une jeune fille du public : Avez-vous quelqu’un dans votre vie ?
HAKUEI : J’aimerais bien trouver une petite amie en France et la ramener au Japon. [NDLR : Les joues des filles s’empourprent dans le public.]

Orient-Extrême : Merci beaucoup à HAKUEI d’avoir participé à cette conférence.
Le public applaudit chaleureusement.
Orient-Extrême : Un petit mot avant de partir ?
HAKUEI : "I love you" [Cris de joie parmi les fans], "Je t’aime !"



Conférence proposée et organisée par Eric Oudelet pour Orient-Extrême, avec la participation de Sophie Lac (traduction), Gwenaelle Durand, Aurélie Mazzeo, Alice Barthelémy, Alexandre Martinazzo, Fatiha Zeghir, Sophie Héry, Adrien Le Goff et Lorraine Edwards.
Remerciements : EURO JAPAN COMIC, HAKUEI et JAPAN EXPO
Photos : Sophie Héry, Adrien Legoff et CINE QUA NON
Reproduction des entretiens et/ou des photos interdite.





JULY 6th FRIDAY : PRIVATE INTERVIEW WITH HAKUEI

Orient-Extrême : Hello. Let’s begin with a music talk. In the previous interview, you said that the message you wish to spread with your songs is "spirituality"… Could you tell us a bit more about it ? Which spirituality are you talking about ?
HAKUEI : Well in fact what I want is to express feelings. With sad songs, I want my audience to feel sadness. With lively and energetic songs, I want the people to feel aggressiveness. I want to pass my emotions to my fans.

Orient-Extrême : How do you choose your songs’ topics? Are they linked to your personal experiences, your feelings, or rather to society facts, or an analysis of our society nowadays for example ?
HAKUEI : The music comes first. Then I think about the topic of this music. This can be love, anger against our society’s unfairness, this kind of thing. The topic depends of the music. The inspiration for the lyrics really comes from the music.

Orient-Extrême : Do you take part in the creation of the instrumental side of the music or do you take your inspiration from a music that is given to you ?
HAKUEI : In fact there are two different ways of working. Concerning PENICILLIN, each member must create a part of the music. Then we put together our creations and we compose the songs. Then I think about a topic and I write the lyrics. Concerning machine it’s always Kiyoshi that compose the music. I listen to it, I choose a topic and I submit my idea to him. Once we agreed on the topic, I write the lyrics.

Orient-Extrême : What difference do you want to express with your projects : PENICILLIN, machine, nano, your personal career…? Is it to explore different musical ways with each of them ?
HAKUEI : I think that PENICILLIN’s music have a very unique sonority, a sound, a music that I like to enhance. But I also like other kinds of music. That is why I created machine. Concerning nano, at the beginning we just wanted to replay some of PENICILLIN’s songs with a different arrangement. It’s Chisato that wanted to do so and he asked me to participate. So we made a CD and when I listened again to the new arrangements, I had a new inspiration. That is how the new songs of nano were born.

Orient-Extrême : The band machine is playing electro-rock / hard-rock music, whereas PENICILLIN is playing more pop-rock music. Did you need more fury or did you want to break yourself completely free when you created machine ?
HAKUEI : Well… the main difference comes from the members of the band themselves. Concerning PENICILLIN we are four members, and to create a melodic music we listen to the opinion of each of us. Concerning machine we are only two people and we insist first on the digital aspect of the music. PENICILLIN is pop-rock because the four members of the band like this kind of music. The basis is already fixed. Concerning machine, the way of thinking is different. With Kiyoshi, we first think about a rhythm and a digital sound. Then, once we’ve found a good digital sound, we build the song around it. The process of creation is different.

Orient-Extrême : What is your personal career becoming...? You haven’t release any solo singles for years…
HAKUEI : I do not have the will to play solo again. Nowadays I’m the producer of a new foreign singer, a Mexican called IVAN. He is already a star in Japan in the fashion world. He’s a famous top model. In fact, it’s a bit complicated. IVAN’s mother is half Japanese, half Mexican and his father is Spanish. IVAN is a man but he’s actually a transsexual. I had the opportunity to meet him and we got along very well. So I decided to launch is musical career. IVAN’s new single will be released in Japan in July the 25th. If you watch his promotional video you’ll see me playing behind him.

Orient-Extrême : Do you have any other transitory projects like nano to realise ?
HAKUEI : Well in fact, Chisato have a new project in mind like nano but as I’m very busy right now, I can’t say yes to his request. The fact is that I have created a new band that is called Kaizoku, which means "pirates" in Japanese, with another professional Japanese musician very famous in Japan. We have already performed three live shows in small places. We tour like an amateur band ; we do not put our names on the advertisements. We do not look for notoriety. We are just some friends who want to play in unknown places to have fun.

Orient-Extrême : As an experimented artist, what do you think of the evolution of Jrock, first in Japan and then in its spread all over the world ?
HAKUEI : In fact I have some activities in Japan, in the United States, in Asia [he performed a live show in Korea with machine], in China also… When I went to Los Angeles five years ago, the Japanese rock music wasn’t really present in this country. So we met a very calm audience, we couldn’t feel a real happiness from the fans for our music. But I went back to America last year with machine and it was really great. Now people seem ready to welcome the Japanese music. Concerning the rock music in Japan, I think that this kind of music developed well. The creation of the Japanese music -and here I’m not talking only about the visual kei clothes or the singing of the singers, I’m thinking more about the music in itself– progressed a lot. It is the approach of the music that has evolved. For me it’s a little like the spread of mangas. The occidental culture has brought us new things. Now, I think that the Japanese people have succeeded to re-develop those new things with their own touch. The Japanese music begins to be really different from the occidental music. It is more personal and full of the Japanese culture.

Orient-Extrême : Now let’s talk a little about you. What is your life when you’re not working ?
HAKUEI : When I’m not working I spend most of my time at home. I invite some friends, we have drinks… often ! I love alcohol and particularly the champagne, I drink some regularly. And I read a lot of mangas. In my room it’s almost like a Manga Café, there are lots and lots of mangas. I read every kind of manga : shôjo, seinen, shônen… even mangas for children. I read absolutely everything.

Orient-Extrême : And what is your favourite manga ?
HAKUEI : Nowaday my favourite manga is 20 seiki shonen (aka 20th Century Boys) which author is Naoki Urasawa, who also wrote Yawara. 20 seiki shonen is a manga full of SF and suspense. The story begins in the 70s with several boys who write a prediction book : the Yogen no sho. In this book they write tons of fantasy tales. Then they grow up and forget about the book… until the year 1997 when one of them dies in strange circumstances. Then they remember their book because their friend died the same way one of their stories’ character do. It’s a thrilling story !

Orient-Extrême : Your pictures are having quite an impact on the girls… One can wonder if some of them would like you more because you’re handsome than because of your music… How does this make you feel ?
HAKUEI : Well I don’t want to create only a personal kind of music. And I also don’t want to only make beautiful pictures to express art. The atmosphere of a live show, the feeling that comes from a picture, all that gravitates around is important. It is the whole thing that represents me. A little like if I was my own universe. This universe and all its many aspects, it’s me. I am not only the music, the picture or the mangaka, I am the sum of all those arts. My ideal image is a mixture of all those aspects and people will not know me deeply unless they know all the faces of my universe.

Orient-Extrême : Thank you very much, see you tomorrow for another Q&A session.
HAKUEI : Thank you, see you tomorrow.
Interview by Gwenaelle Durand & Julie Carvalho.
Special thanks EURO JAPAN COMIC

Translation : Yoko Kishi
English Translation : Gwenaelle Durand

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