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Ichirô Mizuki : reportage sur son concert à JAPAN EXPO 2007

A JAPAN EXPO 2007, les invités musicaux, venus pour la première fois en nombre et dans des domaines variés, ont attiré une foule considérable lors de nombreux événements. Les queues n’en finissaient plus pour voir le batteur et rockstar mégalo YOSHIKI, la poupée princesse Nana Kitade, les deux hip-popeuses déjantées HALCALI, les metalleux de carnaval Dio, la frêle et insaisissable OLIVIA, l’électrisant groupe GARI, la tchernobylesque goth loli Kana ou encore le rival du cosplayer Jack Sparrow : le pirate-chanteur HAKUEI… En dehors de cette hystérie, un malicieux jeune papy en cuir rouge et noir, dont le visage témoignait de l’usure du temps, a donné un trop court concert devant une salle remplie de spectateurs impressionnés. Le gaillard à la mèche rebelle, un croisement jovial et bridé d’Elvis et d’Eddy Mitchell qui serait passé pour le dernier des kitschs sur les Champs-Élysées, mettait ici en transe son parterre de fans (une petite troupe d’otakus trentenaires) et scotchait surtout l’intégralité du reste de l’immense salle par son aura, avec des airs et un timbre de voix mystérieusement connus de l’inconscient collectif. Rien d’étonnant à cela : JAPAN EXPO accueillait un monument de l’histoire de la chanson japonaise : Ichirô Mizuki, le chanteur aux 1.000 génériques.

Si tout le monde (surtout les "vieux" ayant dépassé le quart de siècle…) connaît les animes Albator, Edgar, Mazinger Z ou les tokusatsus Spielvan et Metalder -pour n’en citer que quelques-uns- ; si dans nos têtes résonnent quelques bribes des génériques originaux de ces œuvres, bien peu de gens parviendraient à en nommer leur légendaire interprète original. Désormais, son nom, celui d’Ichirô Mizuki, aura marqué l’ensemble des heureux veinards qui se sont retrouvés plus ou moins opportunément dans la grande salle de spectacle de JAPAN EXPO 8 ce vendredi 6 juillet 2007 après-midi.



Ichirô Mizuki -appelez-le Aniki... ou Aniking !- est arrivé très simplement sur la scène, vêtu d’un pantalon serré de cuir noir et d’une veste rouge, elle aussi de cuir, qui n’est pas sans rappeler la couleur ardente et passionnée des héros de nombreuses séries nipponnes. En vieux brisquard, il maîtrisait parfaitement et subtilement son placement, mais aussi ses mimiques : une large palette d’expressions faciales, des jeux de regards, des mouvements vifs aux moments opportuns, quelques poses dignes d’un sentaï, associées à quelques gestes précis des mains en direction du public… Le maestro orchestrait sa prestation avec une classe incontestable, bien que l’on ne puisse que regretter qu’il ait si peu profité du proscenium pour se rapprocher de son public, totalement conquis dans une écoute à la fois religieuse et amusée, mais aussi participative. Si Mizuki s’imposait par l’aisance de sa voix grave, forte et rustique -un peu comme un grand cru du lyrisme masculin-, le roi des anime n’en est pas moins resté alerte et malin dans ses discours en japonais, incompréhensibles pour la plupart, mais tellement authentiques. Il s’est ainsi offert quelques distractions en reprenant des extraits de chansons françaises : Tombe la Neige de Salvatore Adamo (1963) et A Paris, dans chaque Faubourg interprété par Lys Gauty en 1933 (un classique repris ensuite par Georges Brassens et plus récemment Patrick Bruel). Cet Aniki est vraiment un sacré personnage, un homme chaleureux proche de son public. Il s’est d’ailleurs amicalement rapproché de ses fans ravis de sa disponibilité dans les allées de JAPAN EXPO. Ces derniers, parfois venus d’Italie et même du Japon, étaient à l’affût de la moindre information, et se sont donc sagement pressés à ses dédicaces, même pas annoncées en amont par les organisateurs du festival…



La prestation d’Ichirô Mizuki, un showcase de trente minutes d’une remarquable qualité, parut donc d’autant plus court. Sur la bande orchestrale originale, comme au karaoké, Aniki a chanté six de ses plus grands succès, de Mazinger Z (signé d’un Z à l’accent bien japonais, pour ne pas confondre avec celui du renard masqué) au fringant et kitch Combattler V, en passant par la sombre majesté de Captain Harlock (Albator) et le rétro -et lui aussi très kitch- mais non moins fameux thème romantique de Lupin the 3rd (Edgar). A chaque fois, Mizuki transportait l’auditoire dans son univers avec un savoir-faire imparable, laissant des souvenirs impérissables à ses admirateurs.

Sans artifice scénique et sans faire de vague, le roi du générique d’animes a donc prouvé tout son talent lors d’un mini-concert tout simplement parfait vocalement. A peine regrette-t-on de ne pas l’avoir vu plus en lumière et plus mobile sur la grande scène montée en l’honneur du défilé de mode. Que l’on soit touché ou non par l’effet nostalgie, Aniking mérite sa couronne et force le respect.

Eric Oudelet




Setlist :
01 - Mazinger Z - Bokura no Mazinger Z
02 - Lupin the 3rd - Lupin-Sansei Ai no Theme
03 - Jikuu Senshi Spielvan - Jikuu Senshi Spielvan
04 - Uchuu Kaizoku Captain Harlock - The Endless Odyssey
05 - Uchuu Kaizoku Captain Harlock - Captain Harlock
-Encore-
06 - Cho denji Robot Combattler V - The theme of Combattler V





Photos Ichirô Mizuki à JAPAN EXPO 2007 : Sophie Héry et Eric Oudelet
Vidéo Ichirô Mizuki à JAPAN EXPO 2007 : Eric Oudelet
Reproduction du reportage et/ou des photos strictement interdite.
Remerciements :
JAPAN EXPO
Le site officiel d’Ichirô Mizuki : www.mizuki-spirits.com
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