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GARI en tournée européenne : reportage à JAPAN EXPO 8 et à la Scène Bastille

En cette année 2007 à JAPAN EXPO, il y avait surpopulation du côté des artistes de la scène musicale japonaise : des connus, des moins connus, des bons et des moins bons… Le groupe de fusion électro-rock GARI faisait figure d’outsider sorti de l’ombre, mais au potentiel certain : leurs albums e.go.is.tick et al.tru.is.tick, distribués en France sous la forme d'un bundle double CD par le label Soundlicious, nous avait convaincus avec un son fort et incisif. Nous attendions l’occasion d’une démonstration live du combo énigmatique pour justifier notre emballement. Les voici donc sur la scène du plus grand festival européen de la pop culture asiatique, mais aussi en concert quelques jours plus tard à la Scène Bastille de Paris à l’occasion d’une première tournée européenne de trois dates. Voici notre verdict avec un double reportage dédié aux deux prestations françaises.




JAPAN EXPO 8, le 7 juillet 2007 à midi, en direct de la "fosse"…

Samedi 7 juillet 2007, dès l'ouverture de la convention, une foule bigarrée, mi-customisée mi-cosplayée, se presse devant les portes de la grande salle de spectacle. Bien que les fanatiques du cosplay, le "carnaval japonisant", soient en avance pour s’assurer une place assise à ce spectacle qui suivra plus tard dans l’après-midi, il semble que beaucoup patientent sans vraiment savoir ce qu'ils vont voir. En cherchant un peu dans la masse et en interrogeant quelques personnes au hasard, on constate que beaucoup attendent finalement avec curiosité et envie le show musical de ce début de journée, et on peut même trouver quelques adeptes déjà convertis de l'electro/rock made in GARI (dont un Jack Sparrow !). Les portes s’ouvrent et la foule s'engouffre précipitamment dans l'immense hall, chacun voulant s'assurer une des 3.000 places assises, évidemment le plus proche possible de la scène… La sécurité en effectif très réduit n’en repartit pas moins méticuleusement le flot, mais c’est se donner beaucoup de peine pour rien ! Si la population reste relativement docile à l'arrivée des quatre Japonais, il ne faut pas plus d'une minute de F.A.M.E pour qu'elle se lève et envahisse les pourtours de la scène et du proscenium, ainsi que les allées. Le staff JAPAN EXPO submergé ne savait-il pas ce qu’est un concert de rock !?



Le morceaux d'introduction fini et le public échauffé, GARI entre dans le vif du sujet et enchaîne avec une redoutable efficacité et sans temps mort Drop zone, SPEEDMASTERII, TWO STEP COLORS, PHYSIQUE, WIPE OUT!... La setlist passe en revue les meilleurs titres de
e.go.is.tick, sans oublier quelques morceaux choisis de Neo Radio Station (leur mini album) et de Masked (leur dernier album). Ce cocktail explosif désinhibe les derniers réfractaires au remuage capillaire, et ce sont désormais près de 4.000 spectateurs qui hurlent, dansent et se défoulent sur un son captivant que la plupart n’auraient imaginer en pareil lieu. Si d’autres comme Dio - distraught overlord le lendemain satisfont leur public de genre, GARI réussi une prouesse autrement plus glorieuse : attirer et convaincre des centaines de chalands à priori uniquement motivés par le cosplay qui suit, ou un fauteuil pour reprendre un sommeil trop bref. Les pogos déchirent désormais la fosse improvisée au pied de la scène, et le podium est pris d'assaut par des slammeurs.

Les quatre musiciens de GARI ne se laissent pas impressionner par la fougue des Français pour autant, et offre une prestation impeccable. YOW ROW rappe, chante, hurle sans aucune fausse note. Il n’hésite pas à faire des allers-retours sur le podium malgré les quelques centaines de mains qui tentent de l'effleurer, le toucher, l'attraper. On l'avait vu (ou cru) un peu anxieux pendant la balance à tournicoter nerveusement dans la salle vide (NDLR : GARI n’avait jamais joué dans un lieu aussi grand), mais le chanteur nous apparaît maintenant comme le maître du monde : il écarte grand les bras vers les 4.000 personnes qui lui font face, l'air de dire "je vous mettrais tous à genoux". Et effectivement, même en l’espace d’à peine une heure, il parviendrait à en mettre quelques-uns sur les rotules. La fosse improvisée est déjà secouée dans tous les sens, mais YOW ROW veut que tous sautent, lèvent les bras, frappent des mains...



Il a, en plus, avec lui des musiciens redoutables. Yutaka Dokko, à sa droite, est armé d'une guitare double. Il enchaîne et déchaîne les riffs sur les deux manches (et oui, ce n’est pas que pour la frime !). Visiblement absorbé par sa musique mais surtout pour se démarquer de ses confrères, il joue le dos tourné à la foule, un gros casque fixé sur son crâne chauve. A sa gauche, le bassiste Naoki Fujimoto a opté pour une attaque frontale !… Il couvre toute la salle du regard en chantant avec ardeur les paroles de YOW ROW. Il joue au médiator et ne partage pas du tout l’attitude et la façon langoureuse de se mouvoir des bassistes. Peut-être est-il trop "électrique" et explosif pour ça, comme son jeu (et ses cheveux rouges en pic), comme la musique de GARI ? Kei Kusakabe assure les arrières des trois frontmen. De sa batterie perpendiculaire à la scène, il garde un oeil oblique sur ses camarades et son public. Il maltraite son instrument pour marquer le rythme avec force, un rythme changeant qui entraîne musiciens et spectateurs.

Le quatuor semble bien avoir décidé que personne ne sortirait de l'amphithéâtre indemne. Là, on ne fait pas référence aux bleus ou aux lunettes cassées que l'on doit à l'ambiance apocalyptique qui fait rage dans la salle, mais à la furieuse envie de se jeter sur les CD, posters et t-shirts, comme le fait une partie de l’auditoire dès le concert fini. Un tsunami s’abat ainsi sur le stand Soundlicious, dévalisé, où s’organise une séance de dédicaces très conviviale. GARI a gagné des fans et la reconnaissance associée aux encouragements d’un public encore plus grand.




La Scène Bastille, le 12 juillet 2007 à Paris : un peu d'intimité… sur le dancefloor

Cinq jours après, GARI change d'environnement et c'est dans la petite salle parisienne de la Scène Bastille que le groupe se produit. Pas d'attroupement cosplayé devant les portes cette fois : on ne dénombre qu'une centaine de personnes. Mais à la différence du public de JAPAN EXPO qui était, pour la plupart, là en touriste, celui de ce soir s'est vraiment déplacé pour GARI (ou éventuellement pour SPLEEN VS IDEAL, le groupe de première partie). L'effervescence de la convention est loin et l'ambiance a quelque chose de plus "sérieux". La première partie en fait d’ailleurs les frais : malgré une qualité de son et surtout une inventivité à toute épreuve (à écouter !), la salle reste plus ou moins statique et perplexe. Heureusement, quelques rares supporters du duo français lancent les vagues d'applaudissements à la fin de chaque morceau.



GARI se charge de la suite. Le groupe installe ses instruments l'air de rien, ni vu ni connu, disparaît dans les loges pour revenir en star sous les acclamations. Il commence sans ménagement par VERSUS… et, cette fois encore, la température monte très vite dans la fosse même si, passés les quatre ou cinq premiers rangs, les spectateurs sont beaucoup plus calmes et contemplatifs. Ce concert en petit comité, peut-être un peu décevant après le succès au festival JAPAN EXPO 8, permet d’entrevoir de nouveaux détails et particularités dans la prestation du quatuor. YOW ROW, toujours très expressif, baragouine hors micro pendant les instrumentales ou les ponts musicaux, et se prend la tête entre les mains à s'en arracher le bonnet. Il sourit quand il s'agit de haranguer la salle sur RHYMERACER mais se tord de rage quand il faut la faire hurler, le poing levé. Fujimoto aussi joue beaucoup avec le public et n’hésite pas à se coller bien au bord de la scène pour se faire tripoter de partout (NDLR : les Français sont décidément très tactiles lorsqu’on les excite…). Dokko s’évade toujours autant dans son trip, il lui arrive même de jouer face au mur en faisant toute un tas de grimaces (mais il n’oublie pas pour autant de prendre quelques photos du public !). Kusakabe est quant à lui bien plus visible sur la scène réduite de la petite salle, et c’est un plaisir de pouvoir admirer son jeu qui interpellait à JAPAN EXPO.

L'avantage d’une salle modeste comme la Scène Bastille réside ce soir dans la qualité du son, même à proximité des artistes. Il n’y a plus personne pour déchirer After Glow et ses quelques notes de piano d’un hurlement bestial. On est alors surpris de retrouver une telle qualité dans le rendu en live des samples, des sons électroniques ou même des effets sur la voix de YOW ROW. On sent la bande d'accompagnement intelligemment mixée qui assure le juste nécessaire pour retrouver le son de morceaux minutieusement arrangés sans empiéter sur les jeux live des musiciens ou la performance du chanteur.



On apprécie alors pleinement la setlist du soir (quelque peu différente de celle de JAPAN EXPO) avec un climax atteint en milieu de concert : les beat techno de COZMIK>WORLD transforment la fosse en dancefloor. Après avoir mis la foule en transe, c'est au tour de YOW ROW de libérer son corps sur l'électriquement jazzy Black Coffee&White Bread : il se déleste de quelques vêtements (avec l'aide de spectateurs qui n'hésitent pas à lui subtiliser sa veste...) en se frottant le torse façon "Tahiti douche fraîcheur papaye", pour finir à moitié englouti dans le public à prendre un bain de mains… After Glow fait suite pour calmer les esprits échauffés avant de repartir sur un rythme ardent avec PHYSIQUE, puis le hit attendu Drop Zone. Rien que d'y penser, la douleur lancinante des points de côtés revient.


Les visiteurs de JAPAN EXPO n’étaient pas entrés dans la salle de spectacle dans l'idée de découvrir un son révolutionnaire, mais certains en sont ressortis avec la ferme intention d'être au premier rang de la Scène Bastille le jeudi suivant. GARI, en une heure de temps, a en effet démontré la puissance de sa fusion musicale, décuplée sur scène, que l'on n'avait pas forcément perçue à la seule écoute des albums. Le second live français était certes très accessible financièrement, mais il faut croire que les porte-monnaie vidés par JAPAN EXPO et le placement en milieu de semaine de cette date ont du en rebuter quelques-uns. Pendant ces deux concerts (n’oublions pas la date à l’Animecon en Finlande), les quatre musiciens ont été parfaits en toute simplicité, proposant des sets excellents. La différence s'est faite sur l'ambiance et la réaction positive d’un très large public, pas forcément "branché J-Music"… Alors, verdict ? Enflammons-nous sans retenue !

Lorraine Edwards





Setlist du concert du 7 juillet 2007 à JAPAN EXPO 8
01 - F
.A.M.E (NEO RADIO STATION)
02 - Drop Zone (
e.go.is.tick)
03 - SPEEDMASTER2 (
e.go.is.tick)
04 - TWO STEP COLORS (
e.go.is.tick)
05 - PHYSIQUE (
e.go.is.tick)
06 - WIPE OUT! (
e.go.is.tick)
07 - -waterpuzzle- (
e.go.is.tick)
08 - After Glow (
e.go.is.tick)
09 - BEHIND THE MASK (
Masked)
10 - type4 (
e.go.is.tick)
11 - RHYMERACER (
Masked)
12 - COZMIK>WORLD (
Masked)
13 - X-TREME (
Masked)
14 - timeless=continue (
e.go.is.tick)

Setlist du concert du 12 juillet 2007 à la Scène Bastille (Paris)
01 - VERSUS… (
e.go.is.tick)
02 - WIPE OUT! (
e.go.is.tick)
03 - Cuttin It Up (
NEO RADIO STATION)
04 - TWO STEP COLORS (
e.go.is.tick)
05 - next, CRIME (
e.go.is.tick)
06 - LOVE SONIC, SECOND FUTURE (
e.go.is.tick)
07 - type4 (
e.go.is.tick)
08 - RHYMERACER (
Masked)
09 - COZMIK>WORLD (
Masked)
10 - Black Coffee & White Bread (
NEO RADIO STATION)
11 - After Glow (
e.go.is.tick)
12 - PHYSIQUE (
e.go.is.tick)
13 - Drop Zone (
e.go.is.tick)
14 - SPEEDMASTER II (
e.go.is.tick)
15 - Bug Filter (
Masked)
16 - X-TREME (
Masked)
17 - timeless=continue (
e.go.is.tick)


L'interview de GARI à JAPAN EXPO 2007 :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=968
Le site officiel de GARI : www.gari.net
Le site officiel de Soundlicious : www.soundlicious.com
Remerciements : Soundlicious et JAPAN EXPO
Photos live GARI à JAPAN EXPO : Sophie Héry, Eric Oudelet et Aurélie Mazzeo
Photos live GARI à la Scène Bastille : Sophie Héry
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