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MOON -kana- : dédicaces à JAPAN EXPO 8 et showcase au QIN

Pour sa jeune petite fanbase européenne, elle restait encore il n’y a pas si longtemps irréelle, fantastique… un peu comme un personnage de manga inaccessible que l’on aime retrouver le temps d’une escapade spirituelle hors d’un quotidien déprimant. Aujourd’hui, kana signe des autographes à tour de bras dans les allées du festival JAPAN EXPO près de Paris et pose avec les visiteurs, étonnés par son accessibilité… Les temps ont bien changé. La petite chanteuse mystique a pris un abonnement Tôkyô-Paris, multiplie les concerts en Europe, et son style évolue, délaissant la part de tristesse et de mélancolie qui faisait son charme pour exprimer pleinement une joie toujours aussi enfantine. Comme le disait si bien maman : les sucreries, c’est bon, mais il ne faut pas en abuser…

MOON… Voilà le nom international de kana depuis un an. La chanteuse japonaise, peut-être venue de la Lune (?), a pourtant bien du mal à l’imposer auprès de son public européen qui lui préfère son prénom, kana, tellement plus japonais et donc authentique. Plus qu’une nouvelle appellation, au-delà des mots, c’est un nouveau style et un nouveau mode de vie qui semblent se confirmer chez l’artiste. Avant la récente vague Jrock qui a déferlé sur le vieux continent, la petite fille timide et renfermée existait pour nous à travers ses chansons rock désarticulées et ses photos de mode goth’ lolita qui nous parvenaient de l’archipel. A cette époque, kana semblait mal dans sa peau selon l’interprétation de l’interview qu’elle nous a accordée en février 2007. Mais après une période d’introspection traduite par une absence de disque, kana fait son retour en 2006, plus particulièrement en France et en Europe, là où on ne l’attendait pas ! Visiblement bien entourée par ses amis producteurs français de JVStore, kana se laisse envahir par la bonne humeur, et la moue inexpressive de ses photoshoots passés s’efface au profit de rires et de sourires, particulièrement en concert. Seuls les clichés présents dans sur le packaging de son nouvel album tsuki no usagi témoignent encore un peu de sa période trouble, sûrement pour assurer une transition visuelle en douceur, car côté musique, le choc est assez violent… Nous y reviendrons.



JVStore / Japan Vibes avait donc invité MOON -kana- au festival JAPAN EXPO 8, l’événement européen incontournable de l’année pour tous les fanas de pop culture bridée. Cette édition 2007 prenait même une importance toute particulière avec son impressionnant contingent d’invités musicaux en provenance du Japon : YOSHIKI, OLIVIA, Nana Kitade, HAKUEI, Ichirô Mizuki, HALCALI, GARI… Derrière la rockstar YOSHIKI largement mis en avant par la promotion, c’était un peu la course à la médiatisation pour ces artistes, ou tout simplement au désir de communiquer et d’échanger avec un nouveau public ; bien qu’OLIVIA se soit malheureusement montrée peu enthousiaste (surprotégée ou capricieuse ?) sur ce point. Le cas était encore différent pour kana puisqu’elle n’a participé à aucun événement majeur (concert ou conférence publique) pour préférer s’installer en toute simplicité et durant tout le week-end au stand de ses producteurs français. Faisant chaque jour son arrivée incognito, habillée en petit chaperon rouge à Rayban, elle rencontre directement ses fans (pour la plupart collégiennes ou lycéennes costumées à la mode punk ou lolita), leurs présente et leur dédicace son nouveau CD, et pose avec eux/elles pour une photo souvenir. Pas d’hystérie ni de file d’attente insurmontable, la chanteuse était très accessible et n’hésitait pas à aller vers son public. Satisfaction totale pour tous, sauf pour les porte-monnaie mis à mal par les prix pas-kawaii des goodies. Un question nous titille cependant : une telle artiste hors-normes de devrait-elle pas un minimum jouer sur son inaccessibilité pour préserver l’envie, la passion et les doutes de son public ?



Dimanche 8 juillet, alors que JAPAN EXPO ferme ses portes, kana rejoint le bar-restaurant QIN près des Champs-Élysées pour préparer son showcase du soir. JVStore choisit ainsi une stratégie comparable à celle de KAZE/Wasabi pour OLIVIA en privilégiant un lieu extérieur à la convention, bien qu’il s’agisse ici d’un concept différent et inédit en matière de J-Music : un repas/mini-concert. Pour 15 euros : accès illimité au buffet asiatique, une boisson et un live de trente minutes. La belle affaire quand les établissements parisiens affichent des prix similaires ou supérieurs sans show !.. et que le repas proposé au QIN se révèle étonnamment bon ! Il faut dire que le bar-restaurant affiche une certaine classe… et des prix pharaoniques (dix euros la boisson supplémentaire !). On se dit alors que la soirée kana et son public de collégiens/lycéens ont du faire sortir le QIN de ses habitudes, comme les sourires d’étonnement du personnel l’ont suggéré. C’est donc avec l’estomac bien calé et dans un cadre reposant, idéal après trois journées de fous au Disneyland du manga, que nous allons pouvoir découvrir officiellement et en live le nouvel opus de la miss, tsuki no usagi, un album co-produit et co-réalisé par JVStore avec la participation du guitariste Guillaume Draipe, membre du groupe français de kana. Pour la petite anecdote, kana a pu en présenter officiellement ce soir le bassiste et le batteur, ce dernier s’étant fait tatouer "kana" sur le bras…

Comme lors de sa première prestation parisienne au Glaz’Art, kana chante ce soir sur une bande orchestrale, un peu comme au karaoké. Bien que toujours aussi amusante dans ses tentatives de communication et dans son attitude gauche sur scène (elle cherche ses mots en français ou en anglais, manque de trébucher, oublie le programme, etc.), kana peine cette fois à chauffer la salle constituée de quelques dizaines de spectateurs -sa plus faible audience française-. Pas de grands classiques goth’pop-rock comme Hebi Ichigo pour enflammer le set d’entrée ; celui-ci, composé de dix titres, privilégie aux trois quarts les nouvelles compositions (dont deux chantées en français : le lobotomisant Chocolat et Lapin durant lequel kana montre son fessier culotté avec un panda dessiné à la main…). Ces nouveaux titres dans un style beaucoup plus mielleux, acidulé et infantile, reflet du "bien-être" actuel de la chanteuse, ne convainquent pas ou à peine. Ils délaissent la moitié sombre de l’identité de kana, part importante de la dualité qui a fait son petit succès : le mélange "kawaii/mignon/enfantin" d’un côté et "mélancolie/tristesse/désarroi" de l’autre.



Un esprit Bisounours (ou plutôt Lapinours…) prend le dessus, avec des textes à cinq ou six mots par chansons qui feraient passer bébé Jordy pour un surdoué. Si "kana" réussissait probablement à toucher un public adolescent par phénomène d’identification grâce à un mal-être exprimé à travers une musique et un look gothic/rock mêlé à une fragilité kawaii, "MOON" s’oriente vers de la véritable musique pop-rock pour très jeunes enfants innocents déjà bercés aux japoniaiseries. En ce sens, il s’agirait là d’un précurseur ! Un marché à prendre ? Les solos de guitares nerveux et particulièrement réussis, dans Dragon pour ne citer que lui, n’apportent finalement pas grand-chose. Pour l’heure, la petite troupe de fans agglutinée devant la scène du QIN trépigne en espérant le déclic, et à l'exception d'usagi, ce sont les rares classiques qui remporteront le plus d’adhésion, notamment maid et surtout le final Papichan avec chorégraphies des bras et des mains façon parapara. Evidemment, les nombreux allergiques au chant criard et souvent faux de kana n’auraient pas risqué de retourner leur veste durant cette soirée.

Inutile de cacher notre déception vis-à-vis du nouvel album tsuki no usagi. Trop gentil voire neuneu (en mettant de côté son aspect parfois très cacophonique…), il nous prive des sentiments sombres et torturés qui, conjugués à la moitié kawaii de l’artiste, en faisaient le charme. C’est peut-être égoïste, mais la kana aux allures dépressives nous offrait un son bien plus intéressant, intriguant et attirant. Les lapins crétins ont pris les pandas Toraboruta et Miika en otage ; appelez Rayman, il faut nous les rendre !.. Quant à l’événement QIN en lui-même, avec son spectacle et son très bon buffet à volonté pour 15 euros, on ne peut que conclure à une excellente initiative… que nous espérons voir renouvelée le plus souvent possible avec d’autres artistes. JVStore y pense d’ailleurs déjà. Mais cette fois, mieux vaudrait éviter de proposer le délicieux dessert uniquement pendant le live, on n’a même pas pu (assez) en profiter !

Eric Oudelet





Setlist :

01 - MOON WINGS
02 - Maid
03 - Chocolat
04 - Butôkai
05 - Dragon
06 - tenku
07 - usagi
08 - Lapin
09 - tsukishiro
-rappel-
10 - Papichan





Photos MOON -kana- au QIN : Eric Oudelet et Sophie Héry
Vidéo MOON -kana- au QIN : Eric Oudelet (captation et réalisation) avec la participation d’Alice Barthélemy (voix off) et Iseki Hokuto (traduction)
La reproduction du reportage, des photos et/ou de la vidéo est interdite.
Remerciements : JVStore & kana


A lire également :
- Reportage MOON -kana- en concert à la Locomotive (24 février 2007)
- Interview MOON -kana- à la Locomotive (24 février 2007)
- Reportage MOON -kana- en showcase au Glaz’Art (8 octobre 2006)
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