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Nana Kitade : reportage sur son mini-concert à JAPAN EXPO 2007

Le grand magasin Laforet HARAJUKU organisait un défilé de mode le samedi 7 juillet 2007 au festival JAPAN EXPO près de Paris. Pour cet événement exceptionnel, l’enseigne a fait voyager sa jeune ambassadrice : Nana Kitade, artiste pop-rock de la maison de disque Sony. Connue en France pour son générique de FullMetal Alchemist, la chanteuse vêtue d’une superbe robe gothic lolita a profité de l’entracte du défilé pour offrir à ses milliers de spectateurs un mini-concert délicieusement punchy, qui n’a pourtant pas totalement fait l’unanimité.

Depuis un joli début de carrière lancée par la chanson Kesenai Tsumi, choisie pour être l’un des génériques du succès animé FullMetal Alchemist, Nana Kitade a changé de look, passant d’un style punk passe-partout à la gothic lolita attitude, correspondant -selon elle- davantage à sa réelle personnalité. Dans cet élan, elle a signé un partenariat avec la marque nipponne BABY, THE STARS SHINE BRIGHT, présente à JAPAN EXPO et représentée au défilé Laforet HARAJUKU Collection in Paris. Alors qu’on la comparait à Nanase Aikawa, l’évolution actuelle de la production musicale de Nana Kitade, illustrée notamment dans son dernier album I scream, la rapproche désormais de MOON -kana- avec un style pop-rock sucré mettant l’accent sur un chant nasillard. Mais là où kana commence à se perdre dans la simplification, l’infantilisation et un manque de maîtrise de moins en moins supportable, Nana continue de jouer dans la division supérieure et bénéficie toujours de compositions fortes, parfois addictives (Kibou no Kakera). Nana Kitade ne fait certes pas -ou plus- l’unanimité mais, forte d’un capital kawaii attractif, son mini-concert se présente comme l’un des temps forts musicaux de JAPAN EXPO 8 ; preuve en est l’impressionnant afflux de spectateurs, plus de 5.000 certainement, davantage impatients d’assister au show de Nana qu’au défilé Laforet qui deviendrait presque le bonus de luxe du mini-concert !



Le staff JAPAN EXPO lutte d’ailleurs pour canaliser la foule ayant envahie les allées (vous en apercevez juste un petit tiers sur notre photo ci-dessus), et celui de Laforet peine à installer sa délégation de VIP et autres clients privilégiés spécialement invités… Après un quart d’heure de flottement, le défilé peut commencer ; et c’est juste après la présentation des collections ALGONQUINS et PUTUMAYO, attentivement suivies et commentées, que la salle reste suspendue dans une minute de flottement, sombre et silencieuse. La fébrilité naissante du public se transforme aussi vite en excitation. Au beau milieu de la scène, une silhouette de poupée prend place devant un micro…

"Ça va Paris ?" Le cri n’a pas eu le temps de résonner qu’en réponse une clameur jaillit du hall tout entier. Lumières. Après le passage en coup de vent de HAKUEI, LA star du défilé fait enfin frémir l’assemblée. Seule sous les projecteurs, Nana Kitade s’attire désormais tous les regards et, sans perdre une seconde, entame son set par l’excellentissime Kibou no Kakera, single pop-rock nerveux et hit incontestable, arme d’excitation massive. Dans une superbe robe noire et blanche aux influences gothiques, qui joue habilement sur le contraste des aplats clairs avec la dentelle et les voiles noirs -le tout agrémenté de strass discret-, Nana met en valeur ses boucles rouges dans lesquelles flotte un ruban. Pure réussite visuelle, on jurerait voir un personnage de shôjo manga prendre vie sous nos yeux. Il faut au moins ça pour -presque- parvenir à éclipser l’absence d’orchestre. Comme au karaoké, Nana chante sur une bande instrumentale et, dans le cas de Kibou no Kakera, on se mord les lèvres de ne pas avoir droit aux peluches géantes en guise de musiciens, comme dans le clip.



D’abord réfugiée derrière son pied de micro, Nana Kitade use et abuse de sa voix chevrotante et nasillarde, pas si volontairement que ça, du moins en tout début de prestation : le stress d’une journée chargée, entre dédicaces, interviews, conférence publique (organisée par Orient-Extrême) et autres obligations, constituerait parfaite excuse. Mais en quelques instants, la miss se libère, explosant dans une gestuelle dynamique et soigneusement travaillée. Sur une si grande scène, la petite Nana parvient à remplir le vide par sa seule présence graphique dans le balai des lumières, avec un excellent jeu de postures et de regards, sûrement préparés avec minutie, trop peut-être, car ne laissant guère de place à l’improvisation avec le public des premières rangées. Le reste des spectateurs est quant à lui condamné à rester assis pour éviter des débordements ingérables avec pareille affluence. On n’assiste donc pas à l’hystérie des concerts de Dio - distraught overlord ou GARI ; mais ce n’est alors pas l’envie qui manque.

Compilant quelques-uns des meilleurs titres du dernier album I scream, le mini-concert enchaîne 13nichi no Kiyoubi (avec sa violente intro aux coups de tonnerre, lorgnant sur un style plus metal) et Ron yori Shouko., un peu plus posé mais néanmoins toujours aussi rock. Nana saute et tourbillonne sur elle-même à n’en plus finir, et c’est peut-être à tant vouloir en faire qu’elle peine parfois à chanter juste, tout particulièrement dans ce troisième morceau, jusqu’à en assassiner un double passage, à bout de souffle (déjà !?) et incapable de monter dans les aigus. On s’en tord la mâchoire, mais il fallait s’y attendre de la part d’une chanteuse qui nous habitue à flirter habilement avec le faux sur ses derniers CD (le seuil de tolérance semble cependant être dépassé d'après nos cobayes les plus sensibles), et c’est là tout un art dans lequel kana commence à se brûler… les oreilles (et les nôtres malheureusement).



Après plusieurs "ça va Paris ?", "minna daisuki !" (Je vous aime tous !), "Paris saiko !" (Paris est fantastique !) et même une petite annonce répétée pour un château en France ("un château, s’il vous plait !", avis aux séduisants célibataires imposables de l’ISF…), Nana finit par annoncer Kesenai Tsumi (le tube qui a lancé sa carrière en 2003) sous les acclamations des fans de japanim’. Sur les premières notes de ce quatrième titre, plus enfantin, Nana s’avance très lentement sur le proscenium, jouant la petite fille… avec l’assurance d’une adulte. Les spectateurs les plus proches se montrent alors de plus en plus entreprenants, se précipitant pour lui effleurer les mains à la moindre occasion. Il faut la voir, cette poignée de jeunes filles tous crocs sortis, s’entretuer pour une serviette humidifiée par la sueur, lancée par Nana en pâture à ces lionnes… La chanteuse reste pourtant concentrée sur son texte et son évolution scénique : l’image, toujours l’image… Heureusement, la musique accroche tout autant ! Et soudain, la fin abrupte du spectacle fait cruellement revenir à la réalité : ce n’était qu’un mini-concert, comme une démo jouable frustrante de ne pas en offrir davantage. La programmation annonçait trente minutes de live, il aura fallu s’en contenter d’à peine vingt… Le défilé reprend aussitôt dans un certain désordre puisqu’une part non négligeable du public quitte la salle, encore abasourdi par la fin de ce qui n’était tout compte fait qu’un intermède musical, certifié label rouge.



Alors oui, on regrette la courte durée du live, l’absence de musiciens, le fait que Nana n’ait jamais dégainé sa guitare, des approximations au chant (qui n'auront évidemment pas converti les réfractaires à son timbre de voix)… mais quelle claque ! On se souviendra longtemps de ce spectacle, concentré d’énergie musicale mis en image avec force par une chanteuse charismatique et seule sur scène ; bien que son côté "comédienne" prenne le pas sur son authenticité. Dans le registre pop-rock nippon féminin encore balbutiant en Europe, OLIVIA paraissait ainsi beaucoup plus naturelle, la veille au soir à la Locomotive, mais elle accumulait toutefois un nombre plus conséquent de maladresses. Après le mini-concert démo de Nana Kitade, on espère donc son retour pour un premier véritable live avec orchestre… et un peu plus d’improvisation peut-être. Remercions Sony pour avoir permis à sa chanteuse d’être si disponible pour le public et ouverte à la jungle des media francophones. Avec la franche et sympathique réussite d’HALCALI et le carton de POLYSICS à Paris quelques semaines plus tôt, la petite success story de la grande maison de disque japonaise ne demande qu’à continuer en France.

Eric Oudelet


Setlist :
01 - Kibou no Kakera
02 - 13nichi no Kiyoubi
03 - Ron yori Shouko.
04 - Kesenai Tsumi





Photos Nana Kitade à JAPAN EXPO : Eric Oudelet, Aurélie Mazzeo, Alice Barthélemy et CINE QUA NON
Vidéo Nana Kitade à JAPAN EXPO : Eric Oudelet et Alice Barthélemy
Reproduction/réutilisation du reportage, de la vidéo et/ou des photos strictement interdite.
Remerciements : JAPAN EXPO

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