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the GazettE : conférence de presse à Paris le 25 octobre 2007

Quand l’un des groupes phares du rock extrême japonais arrive en France, c’est l’effervescence : ruée sur les places, dispositif "à la Tokio Hotel" pour un concert complet depuis des mois au BATACLAN, et service policier pour encadrer le déroulement des dédicaces au MANGA CAFE. C’est également dans cet établissement désormais bien connu qu’étaient organisées plus tôt la conférence de presse et de rapides interviews privées. Alors qu'une bonne cinquantaine de fans patiente/dort déjà devant la salle de concert, dans le froid depuis de longues heures, nous vous livrons le compte rendu de nos échanges avec les cinq membres de the GazettE…


Conférence de presse the GazettE organisée par J-Music LIVE, le jeudi 25 octobre 2007

Presse : Parlons tout d’abord de votre dernier album STACKED RUBBISH. Que vouliez-vous dire ou exprimer à travers lui ?
RUKI (chanteur) :
Nous exprimons ce que nous voudrions à priori cacher : des choses qui nous ont peinés, attristés… J’ai personnellement mis mes sentiments, tout ce que je ne pouvais exprimer avec des mots est passé dans la musique. Voilà ce que j’ai ressenti durant cette année 2007.

Presse : Quand j’ai annoncé à une amie ma participation à une conférence the GazettE, celle-ci m’a incité à parler de Kiyoharu [NDLR : auteur, compositeur et interprète japonais]. Est-ce vrai que vous en êtes fans ?
RUKI :
J’en suis personnellement fan.

Presse : Pourquoi le recours à l’anglais se fait-il de plus en plus présent dans vos albums ? Est-ce dû à votre exportation hors du Japon ?
RUKI :
Ce n’est pas tellement pour l’exportation, mais plutôt pour la musicalité de cette langue. Il ne s’agit pas de l’expression d’un désir de conquête du monde.

Presse : Les compositions de STACKED RUBBISH peuvent paraître moins diversifiées qu’auparavant, le groupe semble avoir trouvé sa voie. On dit souvent que le troisième album est celui de la maturité. Pensez-vous que the GazettE ait franchi avec lui un nouveau pallier ?
KAI (batteur) :
STACKED RUBBISH n’exprime pourtant qu’une toute petite partie de notre univers. the GazettE est encore en pleine évolution. Nous avons encore beaucoup à faire et à montrer !

Presse :
SWALLOWTAIL ON THE DEATH VALLEY est vraiment une chanson à part sur le dernier album. Qui a en eu l'inspiration ? Comment ?
RUKI :
L’inspiration m’est venue des images que renvoie cet endroit mal fréquenté au Japon. Attention, quartier chaud.
AOI (guitariste) : Nos inspirations viennent au fur et à mesure. Il n’y a pas de processus précis.


Presse : Votre style est devenu plus puissant en cinq ans. Comment expliquez-vous ce changement ?
KAI :
Tout simplement parce que nous devons faire "toujours plus". Plus nous avançons, plus nous devons repousser les précédentes "limites". Voilà ma vision du phénomène.

Presse : Avez-vous déjà une idée de la direction musicale dans laquelle vous souhaitez évoluer ? Vers plus de puissance ou au contraire revenir à quelque chose de plus doux ?
URUHA (guitariste) :
On aimerait justement toucher à tout. Il devrait y avoir des productions plus puissantes, d’autres plus mélodiques, d’autres plus douces… C’est la diversité qui nous intéresse.
AOI : On ne veut pas s’enfermer dans une unique direction musicale. Nous prônons une forme de liberté sur ce point.

Presse : vous êtes l’un des rares groupes de visual kei ou de rock extrême / metal à figurer régulièrement et honorablement dans le classement Oricon. Est-ce que ce classement représente quelque chose pour vous ? Est-ce une satisfaction de bien y figurer ou est-ce que vous vous en moquez ?
RUKI :
L’Oricon chart n’est qu’un simple baromètre pour évaluer le public qui nous suit. Il ne représente que cela pour moi.



Presse : Est-ce que vous ressentez la même émotion lors de vos concerts en Europe qu’au Japon. Le langage différent complique-t-il la communication ?
AOI :
Je suis très honoré par l’engouement européen, il me donne la force et le courage de continuer.
URUHA : Je suis très touché et honoré d’avoir autant de fans en Europe. Cet état de fait passe au-dessus de tout problème de communication.

Presse : Est-ce la première fois que vous venez en France ?
the GazettE :
Oui
Presse : Avez-vous demandé à des amis (éventuellement artistes) leurs impressions sur notre pays ? Peut-être vous ont-ils donné quelques tuyaux ?
RUKI :
Non, nous n’avons rien demandé, on part à l’aventure.
AOI : On ne connaît pas encore le public français, nous n’avons interrogé personne sur ce sujet. Par contre, on nous a dit que l’on mange bien en France !

Presse : Y a-t-il des pays non inclus à votre tournée européenne dans lesquels vous auriez aimé jouer ?
KAI :
L’Italie !

Presse : Avez-vous une façon particulière de préparer ces concerts européens par rapport aux concerts japonais ?
KAI :
La principale difficulté concrète rencontrée réside dans le changement de matériel. Nous devons nous y adapter pour retrouver le même son qu’au Japon. Concernant notre approche personnelle et intérieure, rien ne change.

Presse : Vous avez donné votre plus grand concert au YOKOHAMA ARENA, ce fut d’ailleurs par la suite votre cinquième DVD live. Quels souvenirs en gardez-vous ?
AOI :
On souhaitait simplement rassembler en un même lieu toutes les personnes qui nous suivent. Il fallait un lieu approprié, et le YOKOHAMA ARENA convenait parfaitement.
KAI : C’était un peu un défi pour the GazettE d’organiser un tel rassemblement. En cela, c’était d’une certaine façon la réalisation d’un rêve.

Presse : En parlant de DVD live, avez-vous prévu quelque chose par rapport au concert du BATACLAN ? Eventuellement un DVD bonus en supplément d’un album ou d’un single…
KAI :
Malheureusement, non…

Presse : 2007 est une grande tournée européenne. Avez-vous été surpris d’avoir fait soldout en France, en Finlande et au Royaume-Uni ? Que ressentez-vous à ce sujet ?
URUHA :
Peu importe le pays ou la situation, le challenge reste le même : être soi-même. C’est l’essentiel.

Presse : Savez-vous que vous êtes le groupe japonais recordman de soldout en Europe ?
KAI :
Non !? C’est vrai ?
Presse : Et pourquoi avoir fait patienter aussi longtemps la France qui vous attendait depuis plusieurs années ?
KAI :
C’est vrai qu’on vous a fait attendre, mais nous sommes là aujourd’hui, et c’est le principal.
AOI : Personne ne nous avait invités avant. [rires du groupe entier]

Presse : Pouvez-vous nous raconter une anecdote au sujet de l’un de vos concerts ?
RUKI, KAI et URUHA rient, puis URAHA incite à questionner les autres…
AOI : Je suis tombé au moins une fois sur la scène, et ça fait mal.
Presse : Et dans ce cas… Tu arrêtes de jouer ou tu continues comme s’il ne s’était rien passé ?
AOI :
Il faut d’abord se rétablir d’un tel choc avant tout, on ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé [rires].

Presse : Qu’est-ce qui est le plus "effrayant" ? Une grande salle comme le YOKOHAMA ARENA ou une petite salle où l’on peut voir le regard des spectateurs ?
AOI :
Je crois qu’il est plus difficile de jouer en voyant instantanément les émotions sur le visage des spectateurs.
REITA (bassiste) : Je suis du même avis.
KAI : Personnellement, je crains davantage les grands rassemblements.
RUKI : Je partage plutôt les sentiments de AOI et REITA.
URUHA : moi, les deux m’intimident ! [rires]

Presse : Votre chanson Chizuru a été exploitée dans un film. the GazettE au générique d’un anime voire d’un jeu… c’est possible ?
RUKI :
Huuummmm… Ce n’est pas un désir particulier, mais nous sommes ouverts à ce genre de propositions. Qu’on nous propose d’utiliser une de nos compositions… pourquoi pas !?



Presse : On entend très peu parler REITA, j’ai donc une question pour lui. Nous avons montré
des clips de GazettE à de nombreuses personnes, dont des producteurs européens, et une question revient à chaque fois : pourquoi ce bandeau sur le nez !?
REITA :
C’est parce que je l’ai depuis ma naissance [rires]. On me reconnaît comme ça, alors je n’ai pas envie de l’enlever.

Presse : the GazettE est annoncé comme l’un des groupes participants à l’album hommage à LUNA SEA (avec MUCC, etc.). Qu’allez-vous faire dans cet exercice et que représente LUNA SEA pour vous ?
AOI : Euh !... Nous ne participons pas à cette compilation. Cette annonce n’est pas fondée, mais j’adore LUNA SEA, ce sont nos sempais [NDLR : nos aînés, nos "modèles"].

Presse : Quels sont vos projets après cette tournée ?
RUKI :
Après l’Europe, nous continuons la tournée au Japon. Nous n’avons pas d’autres projets à annoncer en ce qui concerne la suite.
Presse : Pas de nouveau CD ou DVD à annoncer ?
AOI :
Il y aura un nouveau CD single au début de l’année 2008.
KAI : Malheureusement, ce CD ne sera pas édité en Europe. Il n’est prévu qu’au Japon. Cependant, nous sortirons plus tard un nouvel album qui intégrera ce single, et cet album sortira sûrement en Europe.
Presse : Nous pourrons découvrir ce single via l’importation.
RUKI :
En effet, vous avez raison.

Presse : En France, nous avons un gros problème avec les trop nombreux téléchargements illégaux. Avez-vous le même souci au Japon ?
URUHA :
C’est exactement la même situation au Japon.
AOI : Je pense toutefois que cette situation est moins grave qu’en Europe. Il faut y faire face.

Presse : A l’export, vous marchez sur les traces de Dir en grey, avec un succès et une évolution stylistique comparables. Est-ce que vous convoitez vous aussi le marché américain ?
AOI et URUHA :
Oui, on peut dire que l’on suit un peu la même trajectoire. Passer du Japon aux marchés européens et américains est un peu une évolution naturelle pour tous les groupes. En ce qui nous concerne, nous irons là où on nous invite.

Presse : À quel âge vous êtes-vous rencontrés ? Comment ? Et quand vous êtes-vous aperçus que la musique serait votre profession ?
AOI :
On s’est rencontrés après le lycée.
URUHA : On pensait déjà devenir musiciens professionnels.
Presse : Comment ont réagi vos proches ?
URUHA :
Je me suis heurté à une forte opposition.
RUKI : Je crois que j’ai subi le pire : mes parents m’ont demandé de quitté le foyer.
AOI : Mes parents ont voulu me faire comprendre qu’il était très risqué de s’aventurer dans le monde de la musique, et qu'une vie d'employé de bureau était préférable... Je pense que les parents nous ont tous incités à ne pas partir dans la voie musicale.
Presse : Maintenant, ça doit mieux se passer…
AOI :
Mes parents, réticents au début, sont devenus mes plus grands fans !
KAI : En quelque sorte, la famille s’est élargie.

Presse : Si vous n’aviez pas réussi dans la musique, qu’auriez-vous fait ?
KAI :
Cuisinier.
AOI : Charpentier.
URUHA : J’aurais été diplômé d’une très grande université.
RUKI : Artiste tatoueur.
REITA : Politicien.
AOI : Conclusion : heureusement que nous sommes devenus musiciens, ça vaut mieux que tout cela ! [rires]

Presse : Est-ce que vous vous exprimez au travers d’autres activités ?
KAI :
Je n’en pratique pas actuellement, mais j’ai fait un peu de football. J’aurai bien aimé visiter le Stade de France à l’occasion de ce voyage dans votre pays.
Presse : Il y a un match dimanche.
KAI :
Aaah ! J’aurais aimé y aller mais j’ai du travail qui m’attend.



Presse : Vous êtes cinq… Comment se passe la création des chansons ? Quel est le rôle de chacun ?
AOI : Chacun d’entre nous compose différemment et a sa propre inspiration. Quand l’un d’entre nous a un concept de morceau, nous travaillons tous à son élaboration en y apportant nos idées.

Presse : Au sujet de votre look… Comment réagissent les gens lorsque vous sortez ainsi habillés dans la rue ?
RUKI :
C’est déjà arrivé au Japon et je me moque totalement du regard des gens.
Presse : Combien de temps mettez-vous pour vous maquiller et vous habiller ?
AOI :
Entre une et deux heures, ça varie en fonction du membre concerné dans le groupe.

Presse : Vous élaborez votre look vous-même ou vous travaillez avec un styliste ?
URUHA :
Nous n’avons pas de styliste attitré pour nos costumes de scène. Chacun amène ses opinions, et nous faisons faire nos vêtements ou on achète ce qui nous plait. Il n’y a pas de règle précise.
Presse : Si, un jour, l’un d’entre vous arrive tout en rose au concert… Comment réagiraient les autres ?
AOI :
Si l’un d’entre nous a un jour cette idée folle, on le prendrait en petit comité et on discuterait amicalement de ce qui ne va pas dans sa tête.
RUKI : De toute façon, nous nous sommes réunis parce que nous avons les mêmes goûts. Une telle situation ne devrait donc pas arriver.

Presse : Quels sont vos points communs ?
RUKI :
Nous sommes tous les cadets dans notre famille... et nous sommes donc très capricieux.
Presse : Quel est votre dernier caprice ?
AOI :
On est tellement sérieux dans notre travail dans lequel nous nous sommes plongés ces derniers temps… Nous n’avons donc pas eu de caprice particulier dernièrement.

Presse : Avez-vous un message à faire passer aux fans européens ?
AOI :
Sincèrement, nous donnerons le maximum, comme nous le faisons au Japon.



Petite entrevue privée

Orient-Extrême : Le début de STACKED RUBBISH m’a bluffé, j’étais très très étonné d’entendre une telle fusion de sons hip hop, R&B, punk… Qui a eu cette idée et quel était le but ?
RUKI :
Nous écoutons nous-mêmes régulièrement ce genre de musique. Ces styles sont très "tendance", actuels ; et comme on aime ça, on a choisi de les intégrer à nos créations.

Orient-Extrême : Dans SWALLOWTAIL ON THE DEATH VALLEY et FILTH IN THE BEAUTY, on retrouve des éléments hip hop et R&B… ainsi que des voix féminines ! C’est courant en Europe, mais apparemment rare au Japon dans le genre musical de the GazettE… Pourquoi avoir fait appel à des filles ?
RUKI :
C’est justement parce que ça n’existait pas ! Comme j’aime ce style d’insert et comme nous aimons innover, nous avons tenté l’expérience.
Orient-Extrême : Et c’est très réussi. Certaines de ces voix féminines me semblent familières… Il n’y aurait pas une ou deux chanteuses connues parmi elles ?
AOI :
Huuuumm… Elles ne sont pas particulièrement connues. Ces filles travaillent dans la publicité et chantent dans des spots TV, ce sont des professionnelles, mais ne sont pas si connues.

Orient-Extrême :
A un moment pendant les concerts au Japon, RUKI reste seul sur scène lors de la chanson PEOPLE ERROR. Pourquoi ?
RUKI :
Quand la chanson finit, le public crie tellement fort qu’il couvre tout et ça devient fouillis. On a donc réfléchi à une solution pour parvenir à faire passer le plus important, c’est-à-dire le message, et on a choisi de ne garder que le chant.

Orient-Extrême : Merci.
the Gazette :
Arigato.





Orient-Extrême était représenté par Eric Oudelet et Julie Carvalho.
Photos :
Eric Oudelet
Remerciements : J-Music Distribution et J-Music LIVE, mais aussi à Shinyan
Reproduction des photos et/ou du compte rendu strictement interdite.
Photographs by the courtesy of J-Music LIVE, all rights reserved.

Notre reportage sur le concert ed the GazettE au BATACLAN :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=1231
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