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Kenji Kawai en conférence à MANGA EXPO 2, le 28 octobre 2007 au CNIT

Sur les traces de JAPAN EXPO, le festival français MANGA EXPO a emménagé au CNIT de la Défense pour sa seconde édition les 27 et 28 octobre 2007. Deux artistes musicaux figuraient dans la liste des invités : la chanteuse Yoko Ishida et le très célèbre compositeur contemporain Kenji Kawai, désigné comme parrain et invité d’honneur de la convention. Le dimanche après-midi, M. Kawai rencontrait les visiteurs à l’occasion d’une conférence publique particulièrement bien préparée par les organisateurs… et par les "fans".

Kenji Kawai est aujourd’hui l’un des compositeurs les plus connus et reconnus au monde. On lui doit les bandes originales d’AVALON et Ghost in the Shell (1 et 2) de Mamoru Oshii, Ring (1 et 2) et Dark Water de Hideo Nakata, Seven Swords de Tsui Hark, Death Note - The Last Name de Shusuke Kaneko, Bloody Mallory du français Julien Magnat, et les OST des animes Juliette je t'aime (Maison Ikkoku), Ranma ½ ou encore Fate/stay night. Le compositeur s’est également lancé dans les jeux vidéo avec dernièrement Folk Soul sur PlayStation 3. Venu tout spécialement à MANGA EXPO en collaboration avec Beez qui édite notamment son CD INNOCENCE, Kenji Kawai a participé à deux séances de dédicaces (la troisième ayant été annulée à cause des grèves d’Air France) et à une conférence d’une heure devant un auditoire de plusieurs dizaines de spectateurs, qui s’est étoffé au fur et à mesure pour atteindre les quelques centaines (grâce à l'arrivée progressive du bruyant public venu pour le cosplay...).



Animateur : M. Kawai, bienvenue parmi nous. Que représentent pour vous la France et le public français ? Qu’aimez-vous dans notre pays ?
Kenji Kawai :
J’aime la France, et plus particulièrement la nourriture et l’alcool.

Animateur : Nous allons projeter sur l’écran géant durant cet entretien une vidéo vintage du Patlabor Tour qui date de 1992, et durant lequel M. Kawai participe à un concert. M. Kawai, dans quel contexte a été fait ce concert ? Un tel concert de musique de films ou d’animes est-il un événement récurrent ?
Kenji Kawai :
Ce concert s’est déroulé il y a quinze ans. C’était assez exceptionnel car, même au Japon, ce genre d’événement n’arrive pas très souvent.
Animateur : Avez-vous donné d’autres concerts de ce type ?
Kenji Kawai :
Ce fut le seul.

Animateur : On a l’impression que la musique est un élément extrêmement important dans les films et séries d’animation japonaises, beaucoup plus qu’en France par exemple. Les compositeurs nippons sont bien plus connus que leurs homologues français. Vous-même qui voyagez à travers le monde, vous prouvez ce statut particulier.
Kenji Kawai :
Il m’est difficile de commenter. Il faut savoir qu’au Japon, les compositeurs spécialistes en films et animes sont peu nombreux, et peu de gens souhaitent devenir compositeurs dans ces domaines. Des jeunes veulent se lancer dans cette profession, mais pas dans cette spécialisation.

Animateur : Votre carrière a commencé comme musicien à part entière. Comment en êtes-vous arrivé à la composition musicale ? Est-ce une opportunité ou un désir conscient de vouloir composer avec un support déjà existant, en l’occurrence des images ?
Kenji Kawai :
En ce qui concerne l’animation, tout s’est décidé suite à ma rencontre avec le réalisateur Oshii Mamoru qui m’a fait une proposition.

Animateur : Comment a été affectée votre approche de la composition du fait d’avoir une base visuelle pour démarrer vote travail ?
Kenji Kawai :
En me basant sur une image, film ou animation, il y a une contrainte, différents éléments que l’on doit respecter. Il est donc plus difficile pour le compositeur d’exprimer sa propre originalité. Il faut se conformer à l’image, s’en imprégner pour composer. En tant que compositeur de bandes originales, je renonce un peu à mon identité, il ne s’agit plus de créer de la musique pour de la musique. En faisant cela, je ne me considère plus comme un artiste, mais comme un fabricant de produits. C’est plus commercial que créatif.

Animateur : Parallèlement à cette activité professionnelle de compositeur pour films et animes, est-ce que vous continuez de composer pour vous-même, sans support image ?
Kenji Kawai :
Non.

Animateur : Quel est le rôle ou l’importance de la nature des images ? On a l’impression que les compositeurs japonais peuvent travailler sur tous types de support, vous en êtes d’ailleurs l’exemple. Est-ce que certains sujets vous attirent davantage, ou est-ce que vous ne faites que vous adapter aux thèmes et matériaux qui vous sont proposés ?
Kenji Kawai :
De manière générale, je n’ai pas de préférence et je ne choisis pas. Je réponds aux commandes en fonction de mon calendrier et de mes disponibilités. Peu importe le genre.

Animateur : Est-ce qu’il y a des façons de travailler typiques en fonction des réalisateurs ? Certains vous laissent-ils totalement libre et d’autres sont-ils très dirigistes ?
Kenji Kawai :
Il n’y a pas de distinction entre les différents réalisateurs. Chacun a sa façon de concevoir les images, mais de mon côté, je travaille toujours de la même manière, quel que soit le réalisateur.

Animateur : Vous travaillez maintenant depuis une vingtaine d’années avec Oshii Mamoru, il doit y avoir une relation spéciale entre vous ?
Kenji Kawai :
C’est vrai que je connais Oshii depuis longtemps mais notre relation ne dépasse pas le cadre professionnel. Cela ne signifie pas pour autant que l’on ne s’entend pas bien.

Animateur : Dans le livret du CD INNOCENCE, vous expliquez comment les idées sont venues, comment vous avez composé… D’une façon générale, quand vous débutez une composition, avez-vous une idée précise des thèmes ou progressez-vous à tâtons, de manière empirique avec l’envie d’expérimenter ? Peut-être même attendez-vous des projets idéaux pour tenter ce genre d’expérimentation ?
Kenji Kawai :
Pour chaque commande, je commence par rencontrer le réalisateur. Il m’explique et me décrit, sans me montrer quoique ce soit, l’image qu’il a de son projet. Ça reste alors du domaine de la suggestion comme une musique minimaliste ou une musique très riche… Je réalise alors une première version (une demotape) que je soumets au réalisateur. Il me donne ses commentaires et éventuelles suggestions pour améliorer ou réorienter mon travail.

Animateur : Toujours dans le livret d’INNOCENCE, vous expliquez qu’à un moment, vous cherchiez un chœur de cent chanteurs pour interpréter un des morceaux. Avez-vous des fantasmes de projets que vous auriez envie de réaliser ?
Kenji Kawai :
En ce moment, je n’ai pas d’idée particulière. Je suis toujours en attente de nouvelles images pour m’exécuter dans des projets novateurs.



Animateur : Le compositeur arrive souvent en fin de chaîne avec des budgets bouclés… Est-il facile d’imposer ses idées, ses besoins en terme d’orchestre pour voir les choses en grand par exemple ?
Kenji Kawai :
Je fais en sorte de respecter les suggestions du réalisateur ; mais en réalité, j’en fais souvent un peu à ma tête en dépassant les budgets ou les limites des concepts préalablement imposés [rires]. Je fais de mon mieux pour que cela arrive le moins souvent possible.
Animateur : Vous rendez par exemple vos musiques trop tard pour qu’il n’y ait plus un délai suffisant pour la changer et ainsi être sûr que votre vision s’impose ?
Kenji Kawai sourit :
En fait, il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas du tout respecter les sujets. Ça ne correspondait absolument pas à ce que le réalisateur m’avait demandé de faire et j’ai dû refaire totalement la musique.
Animateur : Dans ces cas-là, vous acceptez de refaire ?
Kenji Kawai :
Évidemment, il n’y a pas de problème !

Animateur : Pour un compositeur, le travail est-il différent entre un anime et un film live ? Par rapport à un être virtuel, peut-être qu’un véritable acteur fait passer suffisamment d’émotion pour ne pas avoir autant besoin du renfort de la musique?
Kenji Kawai :
Tout dépend du contenu, de l’histoire, des personnages… Fondamentalement, il n’y a pas de différence spécifique vis-à-vis du support.

Animateur : Vous dire que vous n’avez pas de style… est-ce un compliment ?
Kanji Kawai :
Ne pas avoir de spécialisation dans un genre est pour moi une bonne chose.

Animateur : Les compositeurs japonais semblent être capables d’œuvrer dans tous les genres alors que le style des autres compositeurs dans le reste du monde parait beaucoup plus identifiable ou moins souple. Cette polyvalence est-elle une spécificité nipponne ?
Kenji Kawai :
Je ne sais pas trop si c’est le cas. De mon côté, je travaille dans beaucoup de genres différents, mais de là à dire qu’il s’agit d’une spécificité japonaise…

Animateur : Vous avez récemment composé la bande originale d’un jeu vidéo sur PlayStation 3. Pouvez-vous nous parler de cette expérience et nous dire en quoi elle pourrait différer des précédentes ?
Kenji Kawai :
J’ai en effet travaillé sur Folk Soul [NDLR : renommé Folklore en Europe]. C’est une expérience nouvelle qui se caractérise par la composition de multiples petits morceaux.
Animateur : Allez-vous renouveler l’expérience ? Êtes-vous passionné par ce media ?
Kenji Kawai :
Je n’ai pas de préférence particulière, mais ça me plairait de continuer de travailler pour les jeux vidéo.

Animateur : Pouvez-vous nous décrire l’endroit dans lequel vous travaillez ? Je sais que vous avez beaucoup de synthétiseurs par exemple…
Kenji Kawai :
Je travaille sur Macintosh avec un logiciel qui s’appelle Digital Performance. J’utilise aussi le PC pour certaines commandes récentes. J’ai également une table de mixage, bref, de quoi contrôler toute la production de ma musique.

Animateur : Êtes-vous un collectionneur d’instruments ?
Kenji Kawai :
Non, je travaille surtout sur ordinateur.

Animateur : Au quotidien et lors de vos voyages, êtes-vous souvent à la recherche de nouveaux sons, et si oui, comment les traquez-vous ?
Kenji Kawai :
Dans le cas de Patlabor, j’avais fait l’acquisition d’une nouvelle machine à percussions électronique. Au cours de mes déplacements, ça m’arrive d’acheter de nouvelles choses pour innover et m’inspirer.
Animateur : Vous ramenez beaucoup de choses de vos voyages ?
Kenji Kawai :
Oui, ça m’arrive. A l’étranger, ce sont surtout des percussions.

Animateur : Quelles sont vos influences musicales ? Y a-t-il parmi elles des bandes originales de films par exemple ?
Kenji Kawai :
Barbara [NDLR : la confusion règne à cause de la prononciation] m’a grandement inspiré, ainsi que les chansons françaises anciennes.
Animateur : Où avez-vous entendu ces chansons ? Au Japon ou lors de vos voyages en France ?
Kenji Kawai :
Pendant un moment, ces chansons étaient à la mode au Japon. C’est ainsi que j’ai eu mon premier contact avec la chanson française, notamment avec Marjorie Noël [NDLR : 1945-2000]
Animateur : Je suis sûr que vous connaissez mieux que nous les vieilles chansons françaises [rires].
Kenji Kawai :
En effet, il y a eu une période où la chanson française a eu beaucoup de succès au Japon. Quand j’étais enfant, j’ai pu en entendre beaucoup et souvent.



Animateur : Dans le monde entier, on trouve beaucoup de gens qui collectionnent les musiques de films. C’est presque un genre à part entière. Y a-t-il des films qui vous ont marqué par leur musique ?
Kenji Kawai :
Personnellement, je n’en écoute pas, mais j’apprécie le travail de Dave Grusin [NDAnimateur : un des compositeurs de Sydney Pollak].

Animateur : Un film se distingue dans votre filmographie : Avalon. On en retient davantage la musique que les images. La création de cette bande originale a-t-elle différé des autres ?
Kenji Kawai :
En effet, dans le cas d’Avalon, toute la musique a été composée avant de disposer des images. Travailler ainsi était difficile, mais j’ai eu beaucoup de commentaires et de dessins de la part du réalisateur.
Animateur : Le réalisateur a-t-il adapté les images à votre musique ?
Kenji Kawaii :
Pas particulièrement puisque le script était déjà très précis.

Animateur : Vous avez composé la B.O. de deux films français : Samurai et Bloody Mallory. Où avez-vous créé leurs musiques et comment se sont déroulées ces aventures ?
Kenji Kawai :
Une réunion préliminaire s’est déroulée en France, après laquelle je suis rentré au Japon pour travailler dans mon studio. Internet nous permettait ensuite d’échanger des fichiers démo mp3 pour progresser.

Animateur : Vous travaillez seul ou avec des collaborateurs ?
Kenji Kawai :
En tant que compositeur, je suis seul dans mon bureau. Mais je suis aussi assisté d’ingénieurs et d’autres personnes qui s’occupent de la gestion de mon entreprise.

La bande annonce de Gundam 00 sur lequel travaille actuellement Kenji Kawai est alors projetée…

Animateur : Vous travaillez donc actuellement sur Gundam 00 ?
Kenji Kawai :
Oui, je n’ai composé que quelques morceaux pour le moment. J’en suis au tout début.
Animateur : Vous vous attaquez à un monument de la culture japonaise… Êtes-vous fan de Gundam ?
Kenji Kawai :
Pas réellement.
Animateur : Pourquoi avoir travaillé seulement maintenant sur cette franchise ?
Kenji Kawai :
J’ai été désigné et appelé par le réalisateur.

Animateur : Comment se déroule le travail pour une telle série ? Devez-vous rendre chaque semaine la musique d’un épisode ? Le rythme est-il le même que l’équipe de production visuelle ?
Kenji Kawai :
Des décisions fermes sont tout d’abord prises concernant les thèmes principaux. Cette part représente 40% du travail car il s’agit des morceaux qui se répéteront. Le reste se fait par la suite, au fur et à mesure, mais il n’y a pas de rendu précis à la semaine ou autre.

Animateur : Cela signifie-t-il que certains morceaux sont finalisés avant même d’avoir un rôle précis, et que la production les intègre ensuite à sa guise ?
Kenji Kawai :
De temps en temps, certains morceaux ne sont pas utilisés. Cela dépend de la production, mais aussi des doubleurs qui donnent leur avis sur la pertinence des musiques par rapport à la série.



Le dernier quart d’heure de la conférence est alloué aux questions du public.

Public : Vous êtes parti de l’Université de Tokai pour aller étudier la musique à la Shobie Music. Pourquoi en être parti seulement après quelques mois ? Était-ce pour fonder Muse ?
Kenji Kawai :
J’ai arrêté en cours parce que la faculté ne m’intéressait pas. Je n’allais plus en cours et je trouvais inutile de continuer ces études dans ces conditions.

Public : Vous avez composé dans beaucoup de styles différents pour beaucoup d’instruments différents. Pensez-vous avoir fait le tour de la question ou reste-t-il des domaines que vous souhaiteriez explorer ?
Kenji Kawai :
Je ne choisis pas ce que je compose, cela dépend des commandes. Je suis ouvert à toute proposition mais je n’ai pas de chose plus particulière qu’une autre à réaliser pour le moment.

Public : Entre les œuvres plutôt historiques comme Seirei no moribito et d’autres plutôt S.F. comme Ghost in the Shell, que préférez-vous ?
Kenji Kawai :
J’aime les deux. J’apprécie tous les genres, sans préférence particulière.

Public : Travailler sur tant de projets dans des univers si différents… Est-ce une source de créativité vitale pour vous en tant qu’artiste ?
Kenji Kawai :
Je pense que c’est quelque chose de très stimulant.

Public : Parmi tout ce que vous avez fait, quelle est votre œuvre préférée ?
Kenji Kawai :
J’en apprécie beaucoup, mais si je ne devais en choisir qu’une, ce serait Fujin Monogatari.

Public : Où avez-vous trouvé l’inspiration, en 1988 pour Vampire Princess Miyu, d’une fusion de sons traditionnels et plus modernes ? Est-ce que cela vient de groupes de l’époque comme Dead Can Dance ?
Kenji Kawai :
Je n’ai eu aucune référence ou influence. L’héroïne Miyu étant très japonaise, symbolisant le Japon ancien, elle induisait donc la présence de musique traditionnelle.

Animateur : Y aurait-il des groupes ou artistes pop qui vous inspireraient de quelque manière que ce soit ?
Kenji Kawai :
Non.

Public : Quelles ont été les inspirations de Ghost in the Shell, et plus particulièrement de la célèbre musique qui accompagne la première séquence ?
Kenji Kawai :
Oshii Mamoru m’avait demandé une musique très primitive avec des percussions. C’était déjà une première orientation obligatoire. Il m’a de plus précisé que je devais utiliser le taiko, un tambour japonais, mais je trouvais que cela n’était pas suffisant. J’ai donc rajouté une chorale. J’avais par hasard à ce moment-là un CD de chœurs et je trouvais l’association très réussie et idéale. Ce type de chant folklorique n’existait pas au Japon, cela m’a beaucoup frappé. J’ai donc obtenu une chanson japonaise avec un style folklorique, avec du taiko et des chœurs… C’était un mélange inédit.

Public : Je ne crois pas que vous ayez déjà participé à une comédie musicale. Est-ce que c’est un exercice qui vous intéresserait ?
Kenji Kawai :
Ce type de projet m’intéresserait beaucoup.

Animateur : Enfin, quels sont vos projets à venir ?
Kenji Kawai :
Une chose est certaine, je n’ai pas de projet de comédie musicale en vue. Actuellement, c’est le concert qui m’attend au Japon qui me préoccupe. Ce sera mon premier, mais aussi mon dernier. C’est quelque chose d’exceptionnel.
Animateur : Pouvez-vous nous expliquer brièvement ce qu’est ce concert ? Pourquoi le premier et le dernier ?
Kenji Kawai :
On m’a soumis beaucoup de propositions de concert, par exemple pour Ghost in the Shell, Avalon… mais il était très difficile de réunir tous les musiciens. C’est donc un projet de grande envergure qui se concrétise. Nous jouerons INNOCENCE, Avalon, Death Note, Seven Swords, etc.

Animateur : Bonne chance à M.Kawai pour son concert et merci à tous d’être venus.


Photos et propos recueillis par Eric Oudelet.
Reproduction/réutilisation des photos et de la retranscription interdite.
Remerciements à MANGA EXPO 2.
Le site officiel de MANGA EXPO :
www.manga-expo.com
Le site officiel de Kenji Kawai : www.kenjikawai.com
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