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GOTHIKA en concert au Klub de Paris le 19 décembre 2007 : reportage et photos

La formation électronique GOTHIKA revient pour la première fois à Paris depuis son changement de nom (abandon "d’Euthanasie" suite aux difficultés de booking rencontrées en 2006…), un an donc après sa prestation au Palais Bar. La veille, le groupe a testé les bières belges et ce soir, il joue au Klub, salle sombre et underground située près des Halles, connue pour ses soirées et ses concerts gothico/feticho/metal.

Ouverture des portes à 21h00 : les quelques dizaines de spectateurs ayant fait le déplacement se dirigent au premier sous-sol du Klub. Une demi-heure plus tard, Agapesis, groupe belge qui accompagne GOTHIKA dans sa tournée européenne, monte sur la toute petite scène. Le public, un  peu frileux, se réchauffe subitement à la vision de la chanteuse, lookée électro-goth, qui, avec ses longs cheveux à rajouts rouges et son serre-taille en vinyle, ne laisse pas ces messieurs indifférents. La carte du mystère est entretenue par un masque dit "loup", vissé pour les premiers titres sur le nez de la demoiselle. Mélanie, de son petit nom, offre un chant saturé et en français… au rendu un peu bizarre : l’electronica gothique est souvent un style allemand voire anglo-saxon. Mais qu’importe, les habitudes sont faites pour être bousculées, parait-il. Son compère, qui fait sortir des sons électro de son synthé, c’est Jean-Pierre, au look lui aussi très alternatif. Derrière le duo, des formes psychédéliques sont projetées sur le mur. L’heure de spectacle sensuel malmène les hormones mâles par le jeu de scène pour le moins sexy de la généreusement dotée Mélanie, mais qui pourrait paraître peu convaincante aux habitués : peut-être que la jeune fille n’était pas particulièrement à l’aise sur une si petite surface, face à un public moyennement gothique. Un sacré paquet de morceaux très, très électro, trop pour ceux qui ont trouvé la performance quelque peu indigeste sur la longueur.



Aux alentours de 23h, Yoshiki (alias no.449, compositeur et synthé de GOTHIKA), les cheveux hérissés, s’affaire dans tous les sens sur scène : certains branchements posent problème… Et puis il enlève ses lunettes, s’installe face à son instrument, ferme les yeux, place ses mains devant son torse et semble entrer en méditation… Le spectacle peut commencer ! Le ton, à la fois malsain et attirant, est donné dès que les nappes de Nazareth, l’intro du nouvel et premier album 120 DAYS OF SODOM, démarrent (pour en savoir plus sur la réalisation du CD, lisez l’interview). Dee Lee (membre de session issu du groupe 2BULLET), un masque à gaz sur le visage et
habillé d’une tenue de camouflage noir & blanc, monte sur scène suivi de l’ambigu Andro, tout de vinyle et de résilles vêtu. Le public peu nombreux reste en retrait ; la campagne de promotion n’ayant pas attiré grand monde à ce petit événement qui aurait pourtant mérité l’attention de toute la population gothiko-technoïde de Paris. La séance de dédicaces qui s’est déroulée dans l’après-midi à la boutique HARAJUKU n’avait ainsi été programmée que quelques heures plus tôt, avec une affluence quasi-nulle… Andro, de profil pour le premier titre, est un euphémisme d’androgynie, justement, avec sa jupe longue, son eye-liner, son noir à lèvres et son col en vinyle avec mini-cravate intégrée. GOTHIKA enchaîne ensuite tous les titres du dernier album (retenons par exemple Beyond God and Evil, Alexa ou encore Hair Cut Millenium), mais aussi des productions Euthanasie comme Empire et Delusions a gogo !!. Puis, Andro déclare au public qu’il l’aime -dans la langue de Molière, s’il vous plait !- et l’invite à se rapprocher. Il suffisait juste de le demander : le vide devant la scène se comble en quelques secondes.



Au milieu du set, Andro et Dee Lee disparaissent et laissent Yoshiki narrer, en anglais, les quelques problèmes techniques qui ont retardé le concert. Pour décoincer l’auditoire et instaurer une certaine ambiance de camaraderie, Yoshiki demande aux personnes présentes au Palais Bar l’an passé de se manifester. Il fait ensuite la promo du merchandising (t-shirts et CD disponibles en fond de salle à prix attractifs) et, avant de s’éclipser à son tour, il invite, en bon Japonais, tout le monde à faire une friend request GOTHIKA sur MySpace.

Le groupe revient quelques minutes plus tard avec de nouvelles tenues : Dee Lee dans un style très chinois, de petits macarons dans les cheveux à la Pucca (NDMélody : je doute que la comparaison lui plaise…), Yoshiki a troqué son ensemble argenté et noir pour un ensemble plus sobre (un 18/20 pour la jupette intégrée au pantalon) ; et plus tard, arrive Andro dans un long kimono rouge, avec les fleurs roses qu’on lui connaît sur quelques photos promo, jouant avec une belle ombrelle. Dans une ambiance de plus en plus festive et en petit comité, ils jouent des titres tels que Sorry for my Birth, Angel’s Trumpet et Mitsu-Getsu-ka, qui sont tout de même de jolies perles du répertoire du duo tokyoïte (N@o a quitté GOTHIKA courant 2007).



Les lumières s’éteignent un peu avant minuit et demi, à regret puisque que le public commençait enfin à se libérer depuis quelques dizaines de minutes. Mais il se faisait tard, la première partie avait peut-être ramolli les esprits, et les derniers métro et RER n’auraient pas attendu, ni le rendez-vous qui attendait GOTHIKA le lendemain ! Quoi qu’il en soit, dans un style résolument vicious/électro, GOTHIKA a fait preuve d’une belle énergie et a offert une bonne prestation avec de beaux titres correctement interprétés. La voix, somme toute assez unique, d’Andro a de quoi émouvoir et transporter, encore plus sur scène que sur album. On saluera le placide Dee Lee, infortuné quand son matériel s’est effondré, mais tellement "zen" dans son attitude et efficace en backvoice. GOTHIKA mériterait certainement de jouer dans de plus grandes salles avec de véritables jeux de lumière, par exemple dans les festivals où le groupe va se rendre en Allemagne, entouré d’autres formations de la même mouvance qui joueront pendant des heures. Le public sera forcément dans un état d’esprit adéquat, qui collera à la musique à la fois sombre, dansante et souvent prenante de GOTHIKA.

Mélody Ikasu





Photos : Eric Oudelet
Reproduction/réutilisation interdite.
Remerciements :
Râmen-Events

A lire également :
- l’interview 2007 de GOTHIKA au Klub, juste avant le concert
- la critique de Queer Chronicle d’Euthanasie
- l’interview de Yoshiki avant la tournée 2006
- interview et reportage sur le concert Euthanasie à Marseille en 2006
- reportage sur le concert Euthanasie à Paris en 2006

Site officiel de GOTHIKA :
antimass.cool.ne.jp
Page Myspace de GOTHIKA : www.myspace.com/gothikatokyo
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