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KOKIA live in Paris : Bonjour Paris Bonjour mon ami

Les amateurs français de pop japonaise en ont rêvé, Paris Visual Prod l'a fait. Fini de jalouser le récent triomphalisme exacerbé des fans de Visual Kei, légitimement heureux de constater que leurs appels ont été entendus (il faut dire qu'avec le succès déclinant qu'ils rencontrent au Japon, les groupes de Visu n'ont pas grand-chose d'autre à faire que de passer nous voir…)! Avec la venue de KOKIA en France, l'heure de gloire de la J-music a enfin sonné. A ceci près que cette fois les gothic lolitas hystériques (par chance très peu nombreuses) furent loin d'être les seules à pleurer : car l'incroyable performance vocale de l'artiste aura valu larmes inopinées à bon nombre des 400 spectateurs, tous peu avares en superlatifs à leur sortie de l'auditorium Saint Martin. Chronique d'un moment de grâce…

Quel meilleur choix pouvait-on faire, pour juger de la capacité de mobilisation des fans de Jpop français, que celui de KOKIA, l'une des plus grandes voix féminines de l'archipel ? Avec ce premier concert à Paris, l'artiste a placé la barre très, très haut, et ce live peut d'ores et déjà être considéré comme une référence. Sur le plan du succès tout d'abord, avec un concert à guichets fermés dont les 400 places sont parties sans grande difficulté, et une satisfaction unanime de l'ensemble des spectateurs. Sur le plan de la prestation également, tant KOKIA s'est sublimée pendant les 98mn qu'aura duré le spectacle. Pas grand-chose à redire sur l'organisation quasi-irréprochable : à peine quelques spectateurs ont-ils regretté une mauvaise visibilité due à la disposition du piano derrière lequel était située KOKIA, ainsi que les traductions parfois approximatives de Thomas, toutefois très bien compensées par son excellent rapport avec l'artiste et le public. Avec un tarif de billetterie abordable que l'on ne peut que louer (pourvu que ça dure…), un cadre absolument parfait doté d'une acoustique on ne peut plus adéquate, et aucun problème majeur le jour J avec un staff discret mais efficace et disponible, l'organisation de Paris Visual Prod est donc à consacrer comme un modèle du genre. Dommage toutefois que les best-of promis quelques jours plus tôt n'aient finalement pas été disponibles, et que les goodies se soient avérés peu nombreux : outre la déception des fans qui auraient aimé pouvoir bénéficier au moins d'un poster, voilà un sacré manque à gagner pour la production qui en aurait sans doute écoulé un bon paquet.

Premières notes, premiers frissons

21 Janvier 2006 - 17h15, entrée de KOKIA sur scène, pieds nus comme à son habitude, vêtue d'une robe de couleur mauve parsemée de plusieurs broches et autres bijoux argentés. L'artiste salue la salle qu'elle jauge rapidement d'un regard pas complètement rassuré. Prend place au micro, tandis que débute l'accompagnement de la chanson a gift sur une bande son. Prend une grand bouffée d'air… Et sans effort, commence sa chanson sur une voix chaude, claire et puissante, légère et aérienne. Il aura suffi de quelques secondes à l'ensemble des spectateurs pour comprendre qu'ils s'apprêtent à vivre une expérience musicale absolument divine : la maîtrise vocale de l'artiste en live, dès les premières notes de la première chanson, est tout bonnement bluffante. Et contraste incroyablement avec le côté pétillant et kawaii de l'artiste lors de ses nombreux speechs tout au long du concert. Car KOKIA a voulu faire de cette prestation un véritable échange : désireuse d'inviter le public dans son univers, elle s'adresse à lui directement, en japonais (traduit par Thomas, avec qui l'artiste fait preuve d'une sympathique complicité non dénuée de cynisme), mais aussi en anglais et même pour quelques mots en français. La salle est évidemment sous le charme.

Faute de moyens pour faire venir un orchestre complet, KOKIA est seule sur scène avec un piano pour un live à grande majorité acoustique. Le résultat est à la hauteur, et les fans auront dès les premières minutes la surprise de découvrir quelques morceaux inédits en CD. Uchuu ga est de ceux là, un morceau très émouvant sur lequel KOKIA nous livre une interprétation pleine de nuances, exploitant pleinement son potentiel vocal exceptionnel (notamment sur plusieurs passages en vocalises qui donnèrent la chair de poule à plus d'un) tout en s'accompagnant au piano. Abasourdi, le public semble presque culpabiliser à l'idée de troubler l'ambiance solennelle instaurée par KOKIA en l'espace de quelques minutes, et ses premiers applaudissements se font timides. Au moins aussi imposantes, Tenshi et Futari no musume (une autre inédite sur CD) seront toutefois sanctionnées d'encouragements plus nourris.


Respirez l'air de la forêt !

KOKIA, on le sait, revendique un univers musical singulier, mêlant les influences orientales et les odes à la nature, les chansons imposantes et les morceaux intimistes. Une nouvelle piste inédite que la chanteuse interprète en jouant du piano à pouces sur fond de bruitages forestiers vient nous en fournir une nouvelle preuve, avant que dandelion ne scotche encore la foule grâce à une prestation a capella tout bonnement incroyable. Mais c'est bien sûr avec I believe ~umi no soko kara~, un peu plus tard, que KOKIA s'assurera l'adhésion totale du public. Aucun superlatif ne pourra décrire la qualité exceptionnelle de la performance offerte par l'artiste sur ce qui est la chanson préférée de ses fans japonais, tant sur le plan de l'émotion que sur celui de la prouesse vocale tout simplement phénoménale. Il suffisait toutefois de regarder autour de soi après ces quelques minutes de communion absolue pour jauger de l'impact énorme du morceau : partout les applaudissements fusaient, tandis que les larmes coulaient sur d'innombrables joues, y compris celles de plusieurs personnes du staff français et de la sécurité. KOKIA : 1 – Kyo, Mana et les autres : 0.

La carte de l'émotion n'est toutefois pas la seule que KOKIA possède dans sa besace. Avec The Power of Smile d'abord, dans sa version réarrangée (pour le best-of) façon Bossa Nova aux airs très parisiens, KOKIA entraîne le public dans une ballade où celui-ci, désormais lâché, l'accompagnera en frappant dans ses mains. Avec Pinku no Zou ensuite, la grande surprise de ce live, que KOKIA aura réussi à faire passer du statut de morceau insipide sur l'album trip trip à celui de moment cultissime. La scène surréaliste du public français ponctuant, à sa demande, les paroles de KOKIA de "PAON PAON!" restera sans nul doute parmi les meilleurs souvenirs des spectateurs de ce concert ! Après un jeu de questions/réponses bon enfant dans lequel KOKIA confiera son désir de revenir avec un orchestre complet, l'artiste enchaîne avec "eiga no corner", autrement dit le coin de promo pour les chansons du film Giniro no kami no Agito : Chouwa oto ~with reflection~ et Ai no Melody, toutes deux interprétées avec une maîtrise toujours impressionnante sur bande sonore instrumentale.

Le concert se concluera sur deux cadeaux à l'attention du public. Tout d'abord la nouvelle version de Arigatou, la toute première chanson de KOKIA, superbement interprétée au piano pour le plus grand plaisir des fans du premier album de l'artiste. Et après une disparition éclair de KOKIA le temps d'un rappel aussi court qu'enthousiaste, un time to say goodbye des plus émouvants, également au piano, vient mettre une superbe touche finale à un tableau de maître d'une valeur déjà inestimable. KOKIA salue alors la foule avant de s'éclipser furtivement, sans affronter la standing ovation bien méritée que lui réserve le public en remerciement de cet époustouflant moment de grâce.


Pour un coup d'essai c'est donc une franche réussite que ce premier concert parisien de KOKIA, que l'on espère suivi de beaucoup d'autres. Voilà qui s'avère fort engageant pour l'avenir de la pop japonaise en France. Il faut toutefois relativiser la portée de l'évènement : car KOKIA n'est pas n'importe qui, et s'il est certain qu'elle remplirait sans trop de problème une salle plus grande, il serait bien imprudent de croire que la performance est à la portée du premier artiste Jpop venu. A la manière des artistes Visual Kei dont certains ont ou vont essuyer des échecs cuisants à leur arrivée en France, il va sans dire qu'après la prestation d'une artiste aussi talentueuse que KOKIA le public pop français, exigeant et moins porté sur le culte de la personnalité que celui du Visual, risque fort de ne pas se déplacer en masse pour venir écouter n'importe quel nom à consonance nippone. Souhaitons donc que les producteurs français sauront faire les bons choix ! Prochain test toujours pour Paris Visual Prod avec Akino Arai, un pari déjà autrement plus risqué. On attend ça avec impatience.

Kévin Petrement


Je ne connaissais pas du tout Kokia avant de la découvrir sur scène. Je m'attendais à un concert pop classique avec un groupe de musiciens et une chanteuse, j'ai eu la grande surprise d'assister à la superbe performance acoustique d'une artiste à part entière, seule avec sa voix et son piano. Kokia, c'est plus que de la musique. Un charme naturel déroutant, une chaleur et une gentillesse communicatives, un sourire magnifique, le tout agrémenté d'un véritable talent artistique, que ce soit sa voix suave et puissante ou ses mélodies aériennes au piano. La grande force de Kokia réside dans le fait qu'elle arrive à faire passer des émotions intenses dans ses chansons. On ne peut pas rester de marbre en l'écoutant. Je ne comprenais pas les paroles, mais rien que l'intonation de sa voix accompagnée de ses douces mélodies ont su faire vibrer mon coeur et me donner le frisson. C'est très rare qu'un artiste, à la première écoute de l'une de ses chansons, me transmette autant de sentiments au point d'en pleurer. Kokia est passionnée, et c'est sans aucune difficulté qu'elle arrive à nous faire passer ses messages emprunts d'amour, de mélancolie et d'espoir. Cette enfant de la nature nous offre avec sincérité et joie une partie d'elle-même, voila pourquoi on s'accapare ses chansons avec plaisir et jalousie, emprisonnant en nous la petite dose de bonheur angélique que Kokia accepte de nous donner avec générosité.Je suis heureuse d'avoir fait partie des privilégiés qui ont eu la chance de la voir lors de son premier concert européen.

Gwenaelle Durand



Setlist :
01 - a gift
02 - Prologue ~Remember me~
03 - Uchuu ga
04 - Tenshi
05 - Futari no musume
06 - Titre inconnu (accompagnement au piano à pouces)
07 - dandelion
08 - The Power of Smile ~a gentle breeze~
09 - Pinku no zou
10 - I believe ~umi no soko kara~
11 - Remember the kiss
12 - Chouwa oto ~with reflection~
13 - Ai no Melody
14 - Arigatou
ENCORE : time to say goodbye
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