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MOON -kana- bunny tour 2007 : interview et reportage à la Maroquinerie de Paris

MOON -kana- est devenue en quelques mois la chanteuse japonaise la plus présente, physiquement, sur le marché J-Music français. Après plusieurs concerts dont un dîner-showcase au très cosy QIN près des Champs-Élysées, la voici ce 16 décembre 2007 dans une salle des hauteurs de Paris, la Maroquinerie. Plus adéquate que la Locomotive qui avait dû déplacer sa précédente performance dans son petit sous-sol faute d’audience suffisante, la Maroquinerie et ses quelques 500 places offrent la capacité d’accueil idéale à un public souvent costumé mi-kawaii mi-gothique. Bienvenue à la boom pop-rock des Lapinours !

Alors que Kana se prépare et donne quelques interviews en compagnie de ses trois musiciens français et de ses lapins en peluche, les fans (des -parfois jeunes- adolescents) ont déjà investi la rue Boyer dans l’après midi.. A 19h, même si la Maroquinerie n’est pas tout à fait remplie, tout le monde est sur le qui-vive.

Sur ce bunny tour 2007 organisé par JVStore, c’est Lahannya qui ouvre le concert de kana. Cette chanteuse anglaise est accompagnée de musiciens allemands lookés metalo-goth et, sur les flyers disponibles à l’entrée, on apprend que la presse l’a comparée à Lacuna Coil, Evanescence, The Gathering… Une fille au chant, donc, et des chevelus énervés autour. L’accueil se fait à peu près chaleureux, même si l’on sent que le public attend sa petite poupée avec impatience. La musique à la fois lourde et mélodieuse, portée par le chant anglais de cette très jolie demoiselle aux cheveux bleus (dont le charme ne laisse pas insensibles les représentants des deux sexes !), n’est pas désagréable du tout et le public se laisse peu à peu prendre au jeu. La souriante vocaliste s’exprime entre les morceaux dans un français plutôt bon, ce qui surprend agréablement les spectateurs qui n’en auraient jamais espéré autant. Sur les quarante-cinq minutes, un titre à retenir : Payback, qui représente bien l’énergie, la mélodie et le côté plus metal du quatuor. Seul petit bémol, la voix de Lahannya ne tient pas toujours très bien [NDE : un euphémisme ?...  Cette faiblesse vocale live est d’autant plus dommageable car on tient là une artiste aux créations très prometteuses]. Les petits soucis de Lahannya sont cependant gommés par sa présence, sa bonne humeur et sa très jolie silhouette, prise dans un serre-taille du plus bel effet. Très certainement l’une des meilleures premières parties récentes d’un concert J-Music en France.



Sortez vos peluches, kana va entrer en scène ! En effet, environ 300 personnes se sont déplacées pour voir cette petite extraterrestre kawaii, et beaucoup sont venus armés de leur usagi en peluche, "fait main" (ou pas). Les musiciens débarquent, esprit plutôt "pandas-gothiques" (et pas "pandas-kaïra", c’est important) que "lapins-calin" (voir l’interview de la bande…). Quelques sons de guitare et kana descend de son astre les rejoindre sur scène : "Konnichiwaaaaaaa, let’s sing together, the next song is USAGIIiiii". Elle crie faux et les non-habitués peuvent avoir peur. Les autres (nombreux) hurlent avec enthousiasme. Car usagi est un titre très apprécié. Chorégraphie à l’appui, tout le public danse et chante à l’unisson. A-t-il répété avant de venir !? Dans une ambiance Gloubiboulga Night, tout le monde crie "usagiiiiiii" et fait le lapin avec les mains ; si si, c’est possible !



Dans son charmant costume, kana crie, kana chante, on ne sait plus trop… mais kana sourit ! Dans un style Jordy au féminin, mais avec quelques années de plus, elle saute, virevolte et invite tout le monde à en faire de même. Elle déborde d’énergie et de joie. "Merci d’être venus aujourd’hui" lance-t-elle. La miss a encore appris quelques mots de français et l’audience adore ça. Les amis des musiciens français se manifestent après le deuxième titre et il faut avouer que c’est Marco, le batteur, le plus réclamé des mâles cachés dans la fosse, derrière le parterre de fans. Si ces débordements sonores pas très respectueux pourraient heurter la Japonaise de la Lune, celle-ci apparaît plus amusée que froissée ! Après plusieurs intermèdes de ce genre, elle se retourne vers Marco et lui demande… "friends ?", ce qui fait rire tout le monde ; car le public est attendri par Kana. Dès qu’elle parle comme une petite fille, tout le monde est gaga ! Enfin, lorsqu’on apprécie le style…

La petite fée, toute de noir et blanc vêtue, avec un mini chapeau haut-de-forme posé sur sa longue chevelure blonde, nous présente aussi son ami le lapin en peluche : "C’est moi qui l’ai fait". Et les fans fondent : trop kawaii ! Elle oublie ce qu’elle veut dire, y compris le nom de l’énergumène poilu, mais personne ne lui en veut : elle est vraiment trop mignonne. "Maintenant c’est chocolat !" Cette fascination première pour kana (en bien ou en mal, elle capte indéniablement l’attention) en éclipserait presque un décalage hallucinant : cette grande fifille est entourée de musiciens metalleux ! De vrais-faux ténébreux chevelus (ou pas) plutôt stylés (et doués). D’un côté : l’adorable et innocente kana ; de l’autre, les zicos qui, tant par leur look que par leur musique, semblent plus sortir d’un concert de Pantera que de chez Casimir. Mais pas le temps de s’appesantir, la demoiselle enchaîne avec LE tube hebi ichigo. Entre la magie enfantine de la chanteuse et le style quasi Marylyn Mansonien des musiciens, une vision étrange, à la limite d’un délire de Tim Burton, vient à l’esprit. Nous assistons à l’Ecole des Fans spécial Chantal Goya mais avec un problème technique, on a échangé l’orchestre : ce n’est plus Pino Latuca au piano, mais les enfants spirituels de Slayer qui mènent le jeu !



kana essaie de papoter en français. Son désormais légendaire "melussiiii", pour dire merci, est devenu un classique, mais elle sollicite également l’aide du public. Elle a faim et demande ainsi, en anglais, la traduction de "stomac" (voir photo). Quelques minutes pour apprendre le mot "estomac", ça peut sembler long, ça ne rend rien à raconter, mais à vivre (toute la Maroquinerie en train d’hurler "estomac", et d’applaudir lorsque kana parvient à répéter correctement après quelques "estoba"), ça vaut le détour. Le public est déchaîné, pas uniquement par la musique qu’il aime énormément (le dernier album tsuki no usagi passe mieux en live qu’en version studio, heureusement…), mais aussi par le show qu’offre la jeune fille. Que ce soit au rythme des cris de la chanteuse, des accords endiablés de Guillaume ou de Christophe et aux coups de Marco sur sa batterie, le public est très, très présent.



Pendant que l’elfe lunaire est partie se repoudrer la truffe, les garçons qui l’accompagnent jouent et étalent leurs techniques en solo. Le son de la Maroquinerie ne rend pas hommage à leur talent mais ils assurent le show et le public les suit. kana revient dans un costume blanc et lumineux, une lune brodée sur la brassière et plumes dans les cheveux. Habillée comme cela, elle ressemble vraiment à Chii dans Chobits. A retenir, les sympathiques et conviviales présentations des musiciens, la moitié du public en train de faire le lapin pendant butokai ainsi que le retour de la vengeance d’usagi, la même chanson qu’en début de concert, mais dans une version encore plus animale… kana se transforme pour le final en lapinou tout rose et -ô surprise- des bonnets de père Noël du plus bel effet se vissent sur les têtes des gratteux. Les p’tits gars ne manquent pas d’humour et c’est plutôt sympa. En tous cas, le groupe apporte un plus indéniable.



Dans une ambiance de goûter d’anniversaire endiablé, MOON -kana- sait faire réagir son public. Il lui suffit de "parler", en français, en anglais, ou des mots simples en japonais, et tout le monde la comprend, l’applaudit, crie. Elle semble fière dès qu’elle ouvre la bouche, dès qu’elle annonce une chanson, comme une petite fille. Et elle a raison, ses dizaines de fans sont pendus à ses lèvres et sont conquis par le style très, très décalé de la Japonaise. La petite princesse électrisée a trouvé son public en France, pas aussi nombreux que pour d’autres groupes moins originaux, mais c’est indéniable. Si le dernier titre, particulièrement criard, aurait pu en laisser quelques uns sur le tapis, chacun rentre heureux chez soi après une heure et demie de show, ou squatte la rue, espérant approcher kana à sa sortie. En ayant peut-être bien fait le deuil de ses tympans et avec les paroles d’usagi qui trottent longtemps dans le crâne, on se doute que le la miss reviendra encore dans notre belle contrée.

Mélody Ikasu


Setlist :
01 - usagi
02 - Kabi
03 - Chocolat
04 - hebi ichigo
05 - Dragon
MOON -kana- Change of clothes (Performance of band)
06 - Chimame
07 - butoukai
08 - Maid
09 - MOON WINGS
10 - tenku
11 - Lapin
12 - Uchuuhuku
13 - Papichan
14 - yume no kuni
15 - Niku
16 - Kuuchuu buranko
17 - tsukishiro
ENCORE
18 - Bunny song
19 - usagi









Interview de MOON -kana- et de ses musiciens juste avant le début du concert à la Maroquinerie

Orient-Extrême : Bonsoir kana, on te voit désormais de plus en plus souvent à Paris, mais la dernière fois, au moment de JAPAN EXPO 2007, tu n’avais toujours pas pu visiter la capitale. As-tu pu rattraper ton retard ?
MOON -kana- :
Bonsoir, j’ai juste eu l’occasion de prendre le tramway, la ligne T3, et je me suis perdue à un pont... Je n’ai eu le temps que de faire cette petite balade.

Orient-Extrême : Ton dernier album est désormais disponible dans les bacs en France, et il inclut des titres en français : Chocolat et Lapin. Puisque tu ne parles pas notre langue, comment les as-tu écrits ?
MOON -kana- :
Je souhaitais établir un lien particulier avec le public français. J’ai écrit les paroles en japonais, que j’ai essayé de traduire du mieux possible avec un dictionnaire. Ensuite, un ami [NDLR : sourires ou rires discrets de tout le monde, y compris du traducteur et responsable de JVStore…] m’a aidée à faire des phrases qui se tenaient à peu près.

Orient-Extrême : Pourquoi avoir choisi des musiciens français pour constituer le MOON band ?
MOON -kana- :
Ce sont les amis de cet amis. [NDLR : re-rires de tous dans la salle : staff, musiciens, etc.]
Orient-Extrême : Français et Japonais ont des cultures et des comportements différents. La collaboration n’a pas été trop difficile ?
MOON -kana- rit [et le traducteur aussi !] :
Oui, il y a eu des petits problèmes, des petits incompréhensions de temps en temps [rires]. Mais ensemble, comme on arrive tous à faire la musique que l’on souhaite faire, au final, tout va bien.
Orient-Extrême : Allez ! Une petite anecdote !
MOON -kana- :
Quand le traducteur n’est pas là, il arrive qu’il y ait des malentendus et on s’énerve un peu… Mais tout va bien, on s’est réconcilié hier ! [rires]

Orient-Extrême : Un de tes lapins est venu t’accompagner à l’interview, est-ce que les autres vont bien et est-ce qu’ils sont nombreux à te suivre en voyage ?
MOON -kana- :
Oui, voilà un de mes nombreux amis… J’en ai tellement que leurs noms m’échappent un petit peu… mais je pense que c’est Charlotte. Elle va très bien et ses amis aussi, ils ne sont pas malades en voyage.

Orient-Extrême : On ne voit plus tes pandas, ils restent désormais au Japon ?
MOON -kana- :
Oui, ils sont tous à la maison. Comme ils ne m’ont pas demandé pas de sortir, ils sont restés là-bas. [rires]

Orient-Extrême : Tu as pu jouer devant plusieurs publics européens. Qu’en retiens-tu ? Quelles sont tes impressions ?
MOON -kana- :
J’en suis très heureuse, en particulier d’être allée pour la première fois en Finlande. J’y ai revu des fans que j’avais déjà rencontrés auparavant. Je suis aussi contente d’être allée chanter en Angleterre et d’y avoir découvert un public un peu différent des autres. Quand je suis allée en Angleterre pour la toute première fois, j’avais pu assister à un concert, et le mien a eu lieu dans la même salle, complètement par hasard !

Orient-Extrême : Suite à tes premiers concerts en Europe, tu as fait des chansons en français, en anglais… Est-ce que tu penses désormais en faire de nouvelles dans d’autres langues, en finnois ou en espagnol par exemple ?
MOON -kana- :
Ooohh… Je ne sais pas… [NDLR : sur un air pas très optimiste]

Orient-Extrême : Cela fait longtemps que nous n’avons pas vu de nouveau clip… Doit-on s’attendre à quelque chose, prochainement ?
MOON -kana- :
J’aimerais vraiment en faire un au début de l’année 2008.

Orient-Extrême : Est-ce que tu continues d’être mannequin pour des créateurs japonais ?
MOON -kana- :
De temps en temps.

Orient-Extrême : On constate une grande différence entre l’atmosphère des anciens clips (de la tristesse, un côté plaintif, pas de sourire…) et l’ambiance festive des concerts actuels. Est-ce parce que kana a changé et est devenue heureuse, ou existerait-il deux kana : une pour un travail de composition en studio et une pour la fête en concert ?
MOON -kana- :
Les concerts sont, pour moi, une opportunité unique de communiquer avec mon public et de faire la fête avec lui. C’est pour cela qu’ils doivent être amusants. Même si j’y interprète une chanson triste ou moins joyeuse, j’essaie toujours de faire en sorte que ça bouge. Il faut que tout le monde s’amuse et j’évite les choses larmoyantes. Dans les clips, je mets au contraire l’accent sur les sentiments que j’ai ressentis au moment de créer la chanson, c’est donc mis en scène.

Orient-Extrême : Entre la musique, la mode, les peluches… As-tu le temps de faire autre chose ? Du shopping ? Écouter de la musique ? Jeux vidéo ?...
MOON -kana- :
Huuummm… Non, mes activités, mes distractions… c’est mon travail. [NDTraducteur : elle écoute Madonna, mais je pense que vous le saviez déjà]

Orient-Extrême : Est-ce que tu te sens accomplie ou est-ce que tu as encore des projets ou des rêves qui te tiennent particulièrement à cœur ?
MOON -kana- :
Je ne suis jamais satisfaite, j’ai toujours envie de faire mieux dans tout ce que je fais déjà. Ma seule satisfaction, ce serait d’être en vie.

Orient-Extrême : Le concert débute bientôt, as-tu appris de nouveaux mots en français ?
MOON -kana- tire plus ou moins discrètement une feuille enfouie sous ses affaires avec quelques mots inscrits dessus :
"C’est moi qui l’ai fait". [rires]

Orient-Extrême : Un dernier petit mot pour tes fans avant de faire la place aux musiciens ?
MOON -kana- :
Je suis kana et je chante sur les lapins ! Venez chanter avec moi !

Le MOON band s’installe autour de kana…

Orient-Extrême : Bonsoir messieurs, une petite présentation ?
Guillaume :
Je suis Guillaume et je joue de la guitare
Marco : Moi, c’est Marco et je fais la batterie.
Christophe : Christophe, je fais la basse.

Orient-Extrême : Jouer avec kana, ce n’est pas ordinaire… C’est sympa ?
Guillaume :
Oui, c’est très sympa, on s’éclate bien. C’est assez différent de ce que nous avons l’habitude de faire puisque nous sommes dans l’ensemble plus "metal". Nous n’avons pas tous la même position vis-à-vis de kana. J’habite personnellement au Japon et j’ai eu l’occasion d’enregistrer sur le dernier album tsuki no usagi.
Marco : Avec Christophe, nous sommes du côté français. Concernant tsuki no usagi, on a reçu les chansons un peu plus tard et on les a travaillées à deux en studio afin d’être au point pour la tournée. La répétition s’est bien passée, sans souci majeur. Pour l’instant, tout se passe très bien, pareil pour les concerts.
Guillaume : On habite loin les uns des autres, mais on a tout de même un parcours commun dans la mesure où j’ai joué avec Christophe dans un même groupe il y a dix ans… voire douze ou quatorze, c’est très vieux… J’ai aussi joué avec Marco dans Spirit of Seven, un groupe de metal. Même si on est loin, on est très proche musicalement.
Christophe : Je pense que ce lien d’amitié doit se ressentir sur scène puisque nous avons eu des expériences communes. C’est grâce à cela que tout se passe bien. On ne se voit pas que pour jouer de la musique et c’est important.
Guillaume : On aime bien boire des coups.
Orient-Extrême : Ah… le Piano Vache…

Orient-Extrême : Vous êtes plutôt "panda-kaïra" ou "lapin-calin" ?
Guillaume [rires] :
Ça dépend avec qui.
Petit blanc et tout le monde éclate de rire.
Christophe :
Dommage qu’il n’y ait pas "panda-metal" parce que "panda-kaïra", j’aime pas trop. [rires]
Orient-Extrême : "Evil-panda" alors ?
Tous ensemble :
Ouais. Ça, c’est mieux, on prend. [rires]

Orient-Extrême : Enfin, est-ce que vous avez déjà joué avec kana au Japon ?
Marco :
Non, pas encore.
Christophe : On espère que, prochainement…
Guillaume : Pour l’instant, rien n’est programmé.
Orient-Extrême : Merci à tous et bon concert.




Interview : Mélody Ikasu et Eric Oudelet
Photos : Eric Oudelet
Remerciements : JVStore et plus particulièrement à Jon pour la traduction.
Reproduction/réutilisation des photos et/ou du reportage strictement interdites.

A lire également :
- Reportage et vidéo MOON -kana- en showcase au QIN (8 juillet 2007)
- Reportage MOON -kana- en concert à la Locomotive (24 février 2007)
- Interview MOON -kana- à la Locomotive (24 février 2007)
- Reportage MOON -kana- en showcase au Glaz’Art (8 octobre 2006)

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