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deadman first tour in Europe : conférence de presse

La veille de leur premier concert en Europe, deadman se prête au jeu de la conférence de presse. Dans une salle du premier étage du Hard Rock Café à Paris, désormais habituée à recevoir nos stars nipponnes, les cinq garçons sont alignés en rang d’oignon, cernés d’interprètes parées à dégainer leur dictionnaire électronique. Face à eux, une dizaine de journalistes, dont deux représentants d’Orient-Extrême, armés de dictaphones. Après avoir servi une collation aux Japonais déshydratés, le staff de No Sphere annonce le début de la conférence. Round 1.


Premier round : la conférence de presse

Presse : Pourquoi avoir choisi "deadman" comme nom ?
Mako :
Le mot "deadman" renvoie à l’image d’un homme emprisonné par une camisole. Ainsi enchaîné, il incarne l’idée d’enfermement physique et moral de l’Homme. Il s’agit aussi de l’enfermement de notre pays, au niveau politique par exemple, de son repli sur lui-même.

Presse : Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Mako :
Je voulais exprimer ce que je ressentais et j’ai choisi la musique pour ça.
Kazuya :
Lorsque j’étais à l’école, j’ai fait de la musique et petit à petit, je me suis rendu compte que j’étais fait pour faire de la musique.
aie :
Quand j’étais petit, il y avait plein de musiciens que j’admirais comme CHAGE and ASKA (NDLR : www.universal-music.co.jp/kittymme/c-a) donc j’ai eu envie de faire de la musique moi aussi.
Toki :
Quand j’étais étudiant, il y avait beaucoup de musiciens autour de moi et donc je suis rentré dans la musique comme ça.

Presse : Kazuya, quel est votre parcours avant d’entrer dans deadman ?
Kazuya :
Moi et Toki on avait chacun de notre côté un groupe. En fait, on se connaissait depuis 7 ans environ et on a fini par se regrouper et jouer ensemble.



Presse : Comment avez vous ressenti l’annonce de votre concert en Europe ?
Mako :
J’étais surpris puis très content.
Toki :
Quand j’ai appris qu’on allait jouer en Europe j’ai été très content parce que je me suis senti un peu reconnu en dehors du Japon.

Presse : Qu’attendez vous de cette tournée européenne ?
Mako :
On n’a pas d’attente particulière, on vient jouer notre musique et c’est tout.

Presse : Allez vous faire votre show de la même manière qu’au Japon ?
Kazuya :
Oui, pareil.

Presse : Pensez vous que la barrière de la langue change votre rapport avec le public ?
Mako :
Même si le public ne comprend pas notre langue, il y a tout de même un esprit, des sentiments, des émotions qui passent par la musique, et cela suffit en soi.

Presse : Que signifie le titre de votre précédent album, 701125 ?
aie :
C’est en rapport avec un écrivain japonais, mais je me rappelle plus du quel… Mishima Yukio !
Traductrice :
701 est aussi la signification du jour de la mort au Japon (NDLR : 701125, soit le 25 novembre 1970 est la date où Mishima Yukio s’est donné la mort par seppuku -suicide rituel- dans les quartiers du Ministère des armées face aux caméras de télévision, c’est un événement qui a marqué beaucoup de Japonais).

Presse : aie compose les morceaux et Mako écrit les paroles, est-ce les compositions de aie qui inspirent les paroles de Mako ou l’inverse ?
Mako :
C’est d’abord les compositions et après j’écris les paroles.

Presse : Tous les titres de votre dernier album sont en anglais, est-ce un désir de s’exporter ?
aie :
Non, c’est juste pour la forme et cela n’a rien à voir avec l’envie de s’exporter.

Presse : Est ce qu’un label européen s’est dit intéressé pour distribuer un de vos CD ?
Un petit problème de traduction se pose, Mako, très patient et plein de bonne volonté, cherche à comprendre avec ce qu’on lui montre sur les écrans de dictionnaires électroniques…
Mako : On aimerait bien qu’on nous demande mais pour l’instant personne ne s’est manifesté.



Presse : Mako est le seul à avoir conservé un look visual kei, est ce pour créer un personnage ou par simple goût vestimentaire? Pourquoi les musiciens ont-ils abandonné ce look ?
Mako :
J’ai gardé ce look la pour m’exprimer et m’extérioriser mais les autres font ce qui veulent, chacun est libre. (rire)

Presse: Y a-t-il un thème récurrent dans les paroles de vos chansons ?
Mako :
On ne peut pas vraiment parler d’un thème récurrent, et je ne peux pas résumer tout en un seul mot… D’une façon générale, nos chansons parlent de gens psychologiquement malades ou instables. Je m’attache à l’idée d’instant. Les gens, contrairement aux dieux, sont mortels ; il suffit d’une crise cardiaque pour qu’ils disparaissent (Mako se lance ensuite dans une grande explication un peu obscure malgré les gestes). J’essaie d’exprimer le fait que je me sens par rapport aux autres comme un simple mortel par rapport aux dieux. Je me sens comme un humain "misérable" et impuissant face à un dieu.

Presse : Vous parlez beaucoup de mort, de dieu… Est-ce que vous vous inspirez de livres comme la Bible ou des films qui parlent de religion (pour les paroles comme pour la musique) ?
Mako :
Oui, on s’inspire des religions : le christianisme, les écrits du shintoïsme…

Presse : Est-ce que vous avez lu la Bible ?
Mako :
Oui mais je pense qu’elle varie selon les pays, il y a des versions un peu différentes…

Presse: Quelles sont vos influences musicales ?
aie :
On en a plusieurs mais surtout Kurt Cobain (NDLR : le chanteur décédé de feu Nirvana) ! Et il y a aussi Buck Tip.

Presse : Est-ce que la tournée européenne sera filmée et fera l’objet d’un DVD vidéo bonus ou d’un premier DVD live à part entière ?
Mako :
Non… (NDLR : le concert parisien aura pourtant été filmé par plusieurs caméras, un extrait vidéo est d’ailleurs proposé sur le site officiel du groupe)

Presse : Connaissez-vous le groupe qui joue en première partie de votre concert, Violet Stigmata ? Vous avez pu écouter ce qu’ils font ?
Mako :
On en a eu un aperçu tout à l’heure.

Presse: Si vous pouviez jouer avec un groupe étranger, ce serait avec qui ?
aie :
Nirvana !
L’interprète lui fait remarquer que Kurt Cobain est mort, ce qui fait rire tout le monde.
aie : Je sais mais je n’en connais pas beaucoup alors… Metallica !

Presse : Depuis que vous êtes en France, est-ce que quelque chose vous a marqué ?
Mako :
La ville est belle mais comme nous venons juste d’arriver, nous n’avons encore rien vu.

Presse : Qu’est–ce que vous voulez voir en France ?
Mako et Kazuya se parlent et quelques noms fusent : l’Arc de Triomphe, Notre-Dame, la Tour Eiffel, les écluses... puis Mako reprend la parole.
Mako : En fait, moi, je m’intéresse surtout aux monuments religieux, mais pas uniquement aux monuments chrétiens.



Presse : Votre dernier album est relativement plus mélodique que le précédent, est-ce une évolution de votre musique ou une simple période d’accalmie ?
aie :
Ce n’est pas calculé. Ça vient naturellement… comme chier. Ce qu’on a à l’intérieur de nous, on le fait sortir ! On l’exprime sans réfléchir. On ne sait pas à l’avance si ça donnera un morceau violent ou pas.
Mako :
Ça vient du cœur… pas dans le sens de "l’Amour", c’est vraiment quelque chose qui vient de notre âme, de nos tripes.

Presse : Quels sont vos projets après cette tournée ?
aie
: En rentrant, on a une tournée au Japon mais sinon, on n’a pas de projets précis, pas de single en préparation.

Propos recueillis par Lorraine Edwards et Eric Oudelet.



Deuxième round : la séance de dédicaces

Les journalistes sont invités à quitter les lieux après une petite séance photo. On distribue un marqueur noir à chacun des cinq messieurs qui se réinstallent derrière leur bureau de fortune. Le groupe, entouré de leur staff et des organisateurs, sont prêts à affronter les dizaines de fans qui se sont entassés dans l’escalier du Hard Rock Café.

Pendant plus d’une heure, deadman dédicace posters, jaquettes de CD, places de concert, guitares… Ils dessinent des lapins, des chats, ils composent même quelques haiku… le groupe se plie à toutes les exigences de ses fans.
Mako, très professionnel, tend la main à quiconque se présente devant lui et, soucieux de bien faire, demande systématiquement où il doit signer. Les trois musiciens le suivent dans le rituel de la poignée de main et s’appliquent pour que la si précieuse signature ne bave pas et soit un minimum visible malgré la couleur de leurs marqueurs, noirs comme la majeur partie des supports qu’on leur présente. Kazuya et aie subissent la "malédiction de la photo qui a mal vieilli" : Kazuya, sans se vexer, signe sur TAKAMASA, l’ancien bassiste de deadman et aie, sous les moqueries de ses camarades et du staff japonais, gribouille sur sa version féminine, celle de l’époque où le groupe entier arborait un look visual kei.



Une séance de dédicaces comme celle-ci, avec un groupe agréable malgré la fatigue que l’on devine, ne peut qu’être sympathique. Chacun est reparti avec ce qu’il était venu chercher, une signature et une poignée de main ; certains pourront même se vanter d’avoir échangé quelques mots avec leur favori grâce à la présence des interprètes. Quelques malins ont essayé de passer plusieurs fois, faisant durer la séance toujours un peu plus, mais une fois repérés la séance est déclarée terminée. Fin du deuxième round, rendez-vous le lendemain pour la bataille finale au Trabendo.

Lorraine Edwards


Toute reproduction partielle ou totale du compte rendu de la conférence et/ou des photos est strictement interdite.
Photos : Eric Oudelet
Remerciements : No Sphere et deadman
Le site officiel de deadman : www.deadman.jp
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