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deadman first tour in Europe : reportage sur le concert à Paris

Samedi 28 janvier 2006, le Trabendo reçoit à nouveau un groupe de visual kei : après le concert événement du Coupling Tour de Kagerou et D’espairsRay, c’est au tour de deadman de faire son show dans la salle du parc de la Villette. Leur dernier album, in the direction of sunrise and night light, nous ayant laissés perplexes, on les attend sur leur prestation de ce soir et espère que les messages qui fleurissent depuis quelques semaines sur les forums, louant leur performance scénique, se vérifieront.




En attendant deadman…

Il n’y a pas foule sur l’esplanade du Trabendo, tout au plus trois cent personnes parquées entre deux rangés de barrières de sécurité grossièrement arrangées. Contrairement aux habitudes, les adeptes de visual kei ne sont pas venus à l’aube faire le siège de la salle, le froid saisissant de ce mois de janvier les en a sans doute dissuadés et le gros de la troupe arrive à peine une heure avant l’ouverture des portes. Plus ou moins ponctuel, No Sphere fait entrer la foule et VIOLET STIGMATA, groupe gothique, selon les termes du flyer distribué sur place, et accessoirement groupe assurant la première partie de cette soirée, monte sur scène à 20h00 pétantes.

Les quatre garçons tout de noir vêtus ont un visuel un peu caricatural, longs manteaux et chapeaux hauts de forme, on s’attend au pire mais leur premier morceau surprend agréablement et le public décide de ne pas bouder cette première partie. Malgré un chant qui peine à rester dans la justesse, le groupe nous offre du rock violent soutenu par des mélodies au synthétiseur entraînantes. On adhère pour ce soir, même si on sait bien, au fond, qu’on ne deviendra jamais des fidèles du groupe.
Le chanteur ne semble pas vraiment à l’aise sur scène ou, peut être, est ce juste de la maladresse ; il livre une bataille intense avec le fil de son micro et évite à plusieurs reprises la collision avec ses camarades guitariste et bassiste qui font d’incessants allers-retours, le moins qu’on puisse dire est qu’ils occupent la scène. Pourtant on se lasse rapidement, c’est très répétitif, et on supporte de moins en moins l’anglais gueulard du chanteur. VIOLET STIGMATA part tout de même la tête haute, leur dernier morceau étant aussi sympathique que le premier.

La salle se rallume, les esprits se dispersent et les messieurs de No Sphere débarrassent la scène des instruments laissés pour morts de VIOLET STIGMATA alors que le staff japonais installe les ceux de deadman et procèdent à quelques réglages. Le staff ..? Pensez-vous ! Les deux nippons qui trifouillent avec dextérité basse et batterie ne sont autres que Kazuya et Toki montés sur scène dans la discrétion et l’anonymat le plus total. aie se fait plus remarquer que ses collègues grâce à sa chemise disco haute en couleur mais ne soulève pas pour autant les foules, seul Mako arrive à sortir l’assistance de son hébétude grâce à une entrée en scène spectaculaire : il tremble de tous ses membres, ses articulations semblent se déboîter à chacun de ses pas, ses yeux comme révulsés et ses lèvres cyanosées par le maquillage nous donne l’impression qu’il est en pleine crise d’épilepsie. Etrangement les lumières sont encore allumées et le restent pendant tout le premier morceau… choix du groupe ou problème de timing ?

Un show de caractère

La setlist, écrite au gros feutre noir est scotchée par terre au niveau du public, la première piste : rip roll soil. Les premières mesures de ce morceau swinguant suffisent à électriser la salle qui plonge dans l’excitation et l’agitation bien connue des concerts de visual kei. Curieusement, il n’y a pas de barrière "anti-débordement de fans en folie" et rapidement, le premier rang se retrouve affalé sur la scène, heureux de pouvoir tripoter les fesses, les cuisses, les genoux, les mollets, les doigts de pieds de Mako. Le malheureux subit les mains entreprenantes de fans qui parfois s’égarent vers les hauteurs de son entrejambes l’obligeant à reculer prestement si il ne veut pas que ça tourne à l’orgie. Il doit aussi supporter la lubie étrange d’une fan toquée à vouloir lui délacer ses bottes et finit par lancer entre deux chansons un "please back" appuyé, manifestation d’un caractère bien trempé qui participe à son personnage sur scène. C’est que le chanteur a un charisme démentiel, troublant qui subjugue toute la salle. Son physique lui même a quelque chose d’impressionnant, la maigreur se voit jusqu'à son visage dont les traits secs sont accentués par le maquillage. Ses grosses mèches noires qui ne laissent qu’apparaître un œil, exorbité, au regard froid ou affolé selon la chanson ne sont pas sans rappeler Sadako.



On découvre que deadman soigne particulièrement sa représentation et le chanteur n’hésite pas utiliser tout un tas de "gadgets" qu’il a préalablement déposés devant la batterie de Toki pour illustrer ses histoires de malades mentaux et d’hommes enchaînés. Ainsi, aux premières notes de Maze Room la salle est plongée dans le noir et Mako s’empare d’une lanterne, il éclaire son visage, plus effrayant que jamais, on ne voit que son oeil blanc et ses faux cils, blancs eux aussi, puis balançant la lanterne par le fil, il se penche au dessus de la foule : effet garanti, le public est fasciné. Sur Thought the looking Glass, morceau piquant de no alternative, il commence par mimer un lapin et finit par reprendre grossièrement une marche militaire frappant des pieds la scène sur le rythme de la batterie de Toki. Il cherche aussi à nous traumatiser un peu en ponctuant le refrain du salut hitlérien mais le public ne réagit pas à cette provocation et continue de se déchaîner en une masse compacte, l’esprit vidé.

Les musiciens restent quant à eux très tranquilles et on ne retiendra pas grand-chose de leur performance. Toki est transparent, sa batterie tout juste éclairée semble ridiculement petite perdue au fond de la scène. Kazuya est très concentré, alternant jeu au doigt et médiator, il ne porte guère d’attention à son public et s'il attire quelques regards admiratifs ce n’est guère que grâce à sa belle petite gueule. aie est le plus vivant du trio de musiciens, il est bien plus impliqué dans le show : il fait les chœurs, a quelques crises d’excitation, surveille l’assistance...



Une setlist divisée

Le concert de ce soir nous permet de découvrir les morceaux de in the direction of sunrise and night light sous un jour nouveau : le live les leste du son aseptisé de l’enregistrement studio en leur donnant un peu de consistance. L’interprétation est irréprochable aussi bien pour les musiciens que pour Mako qui passe du grave à l’aigu avec une facilité déconcertante. Mais l’ambiance générale reste relativement calme ; après quatre premiers titres remuants, deadman alterne les chansonnettes douces de in the direction of sunirse and night light et les ballades de leur précédents disques ; ainsi this day. this rain et additional cause for sorrow succèdent à la très jolie Doris kara no tegami. Ce n’est pas désagréable de se laisser porter par la voix de Mako et les arpèges de aie mais on n’aimerait bien de temps à autre pouvoir se lancer corps et âme dans une danse capillaire redoutable fatale à nos vertèbres. Comme ci le groupe avait entendu notre prière, Mako lâche la dizaine de mains qui s’étaient glissées dans la sienne alors qu’il chantait son énième ballade et les trois musiciens font résonner les premières notes de 25, premier titre de 701125. L’atmosphère se tend en reconnaissant le morceau, et en une fraction de seconde, au premier riff puissant de ce morceau ronronnant, la fosse s’enflamme de nouveau après une pause de plus d’une demi heure à tanguer mollement ; deadman nous offre des bombes de no alternative, quo vadis, jukeisha no nikki… mais aussi des titres beaucoup plus anciens comme oboeru sakana ou re:make. Sur scène, les musiciens se lâchent enfin ; Kazuya sort de son étrange mutisme et décolle pour de bon son regard de son instrument, se risquant même à s’approcher de la fosse.

Le groupe termine son live sur Arizuka, Mako la chante les mains immaculées de faux sang et se fait un plaisir de s’en barbouiller le visage, Toki se "barre" à peine son boulot fini, Kazuya pose sa basse sans un regard de plus pour son public du soir et aie débranche le jack qui reliait sa guitare à l’ampli d’un coup sec ; le silence retombe. La salle hurle pour le rappel, on venait à peine de commencer les choses sérieuses que deadman quitte la pièce, pas même le temps d’un slam ou d’un pogo. Les quatre compères reviennent sous les applaudissements, nous gratifient d’un ultime morceau, Lunch Box et disparaissent à nouveau. Les lumières se rallument, cette fois ils ne reviendront plus. Les fans de deadman résignés désertent les lieux après être passés au stand des goodies.




Les titres de in the direction of sunrise and night light ont été transformés ainsi interprétés, avec tant de hargne et de passion. Le pseudo rock qui nous laissait amorphes à l’écoute du CD devient violent en live et les ballades, soutenues par le jeu scénique inventif et personnel de Mako nous paraissent désormais moins fades. Pourtant, l’album reste bien en dessous des compositions passées du groupe et cette soirée a souligné le gouffre béant qui sépare les gentilles chansons de leur dernier album des anciens morceaux, prenants, mordants. Ainsi, on remercie le groupe de nous avoir offert une setlist qui piochait allégrement dans leur discographie sans se borner à in the direction of sunrise and night light.

Lorraine Edwards


Setlist :
01 - Rip roll soil
02 - Raison d’être
03 - Dim Quiet
04 - Body Bag No
05 - Kunou no naka no tegatai sonzai
06 - Maze room
07 – Follow the night light
08 - Fragile Sandy
09 - Asteria Bullet Stain
10 - Himawari
11 - Doris kara tegami
12 - Taion
13 - This day. This rain
14 - Additional cause for sorrow
15 - 25
16 - Jukeisha no nikki
17 - Alice
18 - Oboreru sakana
19 - Quo vadis
20 - Re:make
21 – Ariduka
Rappel :
22 -
Lunch Box

La conférence de presse ayant eu lieu la veille du concert :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=137

Remerciements : No Sphere
Photos : Eric Oudelet
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