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girugämesh stupid tour'08 in EURO : reportage et interview le 27 janvier 2008 à Paris

Ce 27 janvier, ce sont les metalleux japonais de girugämesh qui jouent à Paris pour la première fois depuis leurs débuts en 2003, à l’occasion d’une tournée intitulée stupid tour’08 in EURO. Sept cent cinquante places ont été vendues, un chiffre assez impressionnant pour un groupe qui "débute" dans notre pays, puisque au moins égal à celui de la seconde venue de MUCC.

Selon les informations glanées sur place, douze heures avant le concert, les premiers fans étaient déjà devant les portes de la Locomotive !  Si ce dimanche après-midi est un moment idéal pour se retrouver "entre visualeux" à côté du Moulin Rouge (et de son public très "classique" qui n’est pas prêt d’oublier le look des fans de rock nippon), les habitués doivent faire un peu de place à un public plus sauvage et adepte des pogos. Eh oui, girügamesh, c’est du lourd ! A 16h30, l’heure du goûter (!?) les portes s’ouvrent et les premières jeunes filles courent comme des folles jusqu’au graal : la scène. Très vite, la salle se remplit d’une audience mixte, et les photographes et cadreurs désespèrent devant l’absence de barrière, et donc de fosse à photographes. Le public est déjà quasiment encastré dans la scène qui est tout de même très haute, notre travail s’annonce rock’n’roll



girugämesh finit par arriver ; d’abord Ryo (batterie), suivi de Nii (guitare) et ShuU (basse). Le public se met à hurler et Satoshi, le chanteur, débarque en se léchant la lèvre, ce qui n’a pas échappé aux jeunes demoiselles. Ces dernières seront d’ailleurs "chauffées" par ShuU le bassiste qui, tel Toshiya de Dir en grey, sait très bien les aguicher avec ses regards enflammés, ses déhanchés et des coups de langues. Tout le monde a les mains (souvent habillées de mitaines) en l’air et apprécie le concert en bougeant dans tous les sens… parfois un peu trop : un véritable amas humain, grouillant, gesticulant, sautant et hurlant, avec quelques frictions musclées en prime. Le groupe, en costards noirs, l’élégance dans la sobriété, comme souvent, a juste besoin de jouer pour rendre le public au bord de la folie. Satoshi n’aura pas besoin de communiquer ; un show sans fioriture, donc. Après quelques gros riffs, il fait facilement 40 degrés dans la salle. Satoshi met son pied sur les retours pour hurler. Visiblement très attendu, girugämesh se donne à fond malgré la fatigue de la tournée qui commence à peser lourd sur les épaules. Ceci explique aussi peut-être le côté rudimentaire de ce show coup-de-poing qui ne s’embarrasse pas de blabla.



Les mouvements dans la fosse ne font que s’amplifier. Entre vagues incessantes et pogo (voire stage-diving pour un ou deux téméraires qui ont dû se faire très mal en tombant car pas vraiment rattrapés…), on se croirait presque au concert de System Of A down, KoRn ou autre groupe de neo metal américain bourrin (influences occidentales de girugämesh). Ryo, qui est peut être bien le plus souriant, n’hésite pas entre les chansons à se lever et regarder le public de plus haut en lui demandant de hurler à coup de grosse caisse. Et cela fonctionne très bien ! Shadan et Deceived Mad Pain, entre autres, ont déchaîné la foule. Dès que qu’un membre du groupe s’approche du bord de la scène, c’est l’hystérie totale ; à l’image de Satoshi lorsque les premiers rangs s’accrochent à sa chaussure ! Après avoir repris en chœur Jarring Fly, un solo de basse ne calme pas la foule, enthousiaste pour les anciens titres comme pour les nouveaux alors que le dernier album éponyme n’est disponible en France que depuis quelques jours (on sait tous que les fans n’ont pas attendu sa sortie européenne pour se le procurer).

Real my place est le titre qui crée l’événement ce soir… euh, cette après midi… et qui met fin, pour le groupe comme pour les fans, à tout brushing et tout maquillage soigné. La force de girugämesh réside surtout dans la maîtrise du rythme, et il faut avouer que c’est le vecteur principal qui donne le plus envie de bouger. Cependant, des compos plus calmes (oui ,oui, ça se trouve dans le répertoire de girugämesh), comme Kowarete iku Seka sont les bienvenues et donnent une certaine force au concert, un coté proche du solennel, mais en tous cas prenant, accompagnés de lumières bleues ou violettes pour l’ambiance.



Petite surprise pour ceux qui découvraient le groupe en Europe et qui n’auraient pas lu de précédentes reviews : une reprise du thème de Mission:Impossible façon Limp Bizkit, laisse des sourires sur les visages et les souvenirs d’un grand moment. Owari To Mirai est un des titres les plus connus ici et tout le monde chante, crie, tape dans les mains, headbangue, c’est assez impressionnant. Satoshi laisse chanter "Zutto Zutto" au public, ravi de partager cet instant-clé de la chanson avec ses auteurs. Le chanteur se débrouille très bien en live et sa voix est très puissante, au milieu d’un rendu sonore discutable, oscillant entre le "pas trop mal" et la "grosse bouillie peu identifiable" selon le placement. Sur des chansons comme Stupid, on pourrait croire qu’il a avalé Corey Taylor de Slipknot, le challenge n’était pas évident mais Satoshi l’a relevé avec brio. Les cris assez perçants du public se font entendre à chaque silence entre deux chansons. Si ça s’arrête, Ryo se venge sur sa grosse caisse et les plus jeunes s’époumonent à nouveau. Le dernière titre joué ce soir n’est pas une surprise : Kaisen Sengen. Contre toute attente, après avoir balancé dans la fosse bouteilles d’eau, cordes de basse (arrachées devant nos yeux), serviette éponge estampillée girugämesh et autres médiators, Satoshi saute sur le public. Suivi de Shuu et Ryo ! Fort heureusement un vigile était là pour récupérer les Japonais qui auraient pu être kidnappés en moins de 20 secondes tellement les fans étaient chauds et ravis d’avoir le groupe contre eux.



Après une vingtaine de titres tout de même, quelques solos, des rappels vite expédiés et plusieurs "sank you" lancés par Satoshi et "I WANT A CIRCLE PIT !" comme à son habitude, les lumières se rallument et une longue file d’attente se forme devant le merchandising. Il est 19h. Une soirée étudiante est prévue à 20h à la Locomotive. Si les avis divergent sur le show (davantage prenant pour son ambiance que pour les subtilités de la musique, ici au rendu confus), quelle surprise de voir un public si démonstratif et surtout si nombreux pour un groupe somme toute assez jeune (deux albums seulement) et qui n’en est qu’à sa première date française ! Un tel engouement est à saluer et démontre une nouvelle fois une forme de démocratisation de la scène J-rock. Les plus fragiles sont prévenus pour un potentiel retour : la violence sonore et physique (car la fosse était très énervée) de girugämesh en a blessé plus d’un, qui ne s’attendait peut-être pas un pogo digne des concerts de métal qui tache. Et pourtant, on ne peut pas dire que les "giru" font dans la dentelle !

Mélody Ikasu







Interview française exclusive de girugämesh à la Locomotive le 27 janvier 2007

Le second album de girugämesh vient de sortir en France, et ce premier concert à Paris était l’occasion pour les media hexagonaux de présenter à tous ce quatuor musicalement musclé. La branche française du label GAN-SHIN n’aura rien pu y faire, le tourneur européen twisted talent a un peu oublié d’inclure les journalistes français au planning… En tant que premier arrivé, Orient-Extrême fut donc le seul servi. Pour une fois, se lever tôt et sacrifier sa journée n’aura pas été vain ! A la suite des balances et après un entretien avec un magazine étranger, ShuU et Nii, respectivement bassiste et guitariste plutôt extenués de girugämesh, nous reçoivent sur les banquettes de la Loco.

Orient-Extrême : Bonjour messieurs ! Comment décririez-vous la musique de girugämesh à tous les amateurs de rock et de metal qui ne vous connaîtraient pas ?
ShuU : Nous composons et réalisons nos titres avec le maximum de classe et d’authenticité. Nous nous découvrons en "real time" (NDLR : en anglais). Nous essayons de faire quelque chose de fun et de classe.

Orient-Extrême : Pouvez-vous nous en dire plus sur les débuts du groupe ainsi que sur l’arrivée de Satoshi ?
Nii : A part Satoshi, nous sommes tous les trois amis d’école.
ShuU : Satoshi a joué dans un live house de notre ville, c’est là que nous l’avons connu.

Orient-Extrême : Quelle ambiance souhaitiez-vous développer dans vote second album, Girugamesh ?
ShuU : Sans aucun objectif de réussite commerciale, nous voulions juste nous montrer tels que nous sommes. Il est le reflet direct de notre état du moment.

Orient-Extrême : C’est un album éponyme, il doit donc avoir une importance particulière à vos yeux ?
ShuU : Comme nous voulions vraiment faire album stylé qui nous représente bien, cela paraissait évident de l’appeler Girugamesh. Avec autant de morceaux aussi pertinents vis-à-vis de notre concept, il ne pouvait pas porter d’autre nom.

Orient-Extrême : Sur l’album précèdent, 13’s reborn, c’était la colère qui avait été un des moteurs de la composition et des paroles, qu’en est-il pour celui-ci ?
ShuU : Oui, nous ne nous sommes pas calmés en soi, mais cette fois, nous avons rassemblé les chansons sur le principe d’un live, disposées comme s’il s’agissait d’une setlist. Les titres se veulent pêchus et optimisés pour faire bouger les gens. L’aigreur des compositions des premiers enregistrements n’est plus là, mais ça reste très puissant tout de même.

Orient-Extrême : Comment s’est passée cette tournée européenne jusqu’à maintenant ?
ShuU : Tout se passe bien. Si tout continue comme ça, c’est véritablement un rêve qui se réalise.

Orient-Extrême : Attendez-vous plus particulièrement quelque chose du public français que vous allez découvrir ce soir et qui est connu pour être expressif ?
ShuU mime un enchevêtrement avec ses doigts qui sautent dans tous les sens : Nous voudrions que tout le monde se mélange comme ça, et que nous ayons tous un bon souvenir de cette soirée. Nous voulons que nous nous amusions tous ensemble !

Orient-Extrême : Allez-vous jouer ce soir votre reprise de Glamourous Sky de Mika Nakashima ? Avez-vous eu des retours de Mika ?
ShuU :
Une prochaine fois.
Aucun commentaire sur… les éventuels commentaires de l’interprète original…

Orient-Extrême : On a entendu plein de choses sur les origines du nom du groupe, pouvez-vous nous dire exactement pourquoi vous vous appelez ainsi ?
ShuU : Il n’y a pas de sens caché, nous aimions juste la sonorité du mot.

Orient-Extrême : Avez-vous des projets précis pour l’avenir du groupe et que peut-on vous souhaiter ?
ShuU : Pour le futur, nous aimerions devenir un groupe international, un groupe qui dépasse les frontières. Nous aimerions aider tout le monde à communier dans la bonne humeur.

Orient-Extrême : Nous savons que vous appréciez énormément X JAPAN, que pensez-vous de leur retour et serez-vous au Tokyo Dome fin mars ?
ShuU : Ces soirs-là, nous avons également des concerts prévus, c’est très dommage. Cette reformation nous touche beaucoup, en tant que fans. Nous serions très curieux de voir ce que ça donne.

Orient-Extrême : Une dernière question ! Si vous deviez collaborer avec, au choix, un des cinq artistes que nous allons vous proposer, lequel choisissez-vous : DJ OZMA, Ai Otsuka, le ténor Masafumi Akikawa, Gackt ou AKB48 ?
Finir par AKB48 fait rire tout le monde, staff compris, et plus particulièrement ShuU.
ShuU : AKB48 ! [rires]
Nii, timidement mais avec le sourire : Ai Otsuka.

Orient-Extrême : Merci beaucoup, bon concert.
ShuU et Nii : Merci.

Quelques secondes plus tard, les deux membres de girugämesh discutent hors interview…

Nii : mais… c’est qui AKB48 ?
ShuU sourit : Un girlsband à la Morning Musume.
Nii : Aaaaaaaahh… [rires]



Interview réalisée par Mélody Ikasu avec la participation d’Eric Oudelet
Photos du concert girugämesh à La Locomotive : Eric Oudelet
Reproduction/réutilisation des photos, du live report et/ou de l’interview strictement interdite.
Remerciements : GAN-SHIN FRANCE.
Photographs by the courtesy of GAN-SHIN FRANCE
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