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AN CAFE : reportage sur le concert parisien à l'occasion du LIVE CAFE - TOUR'08 NYAPPY GO AROUND THE WORLD

Il fait encore nuit quand Pigalle se remplit de jeunes gens habillés de rose et de rubans, de barrettes et de collants rayés. Non, il ne s’agit pas d’une soirée post-ramassage d’œufs de Pâques qui se serait éternisée ; les fans d’AN CAFE se sont levés tôt ce 24 mars 2008, quelques-uns auraient même campé sur place tout le week-end ! Complet depuis des mois, rempli en quelques jours seulement, le concert du quintet AN CAFE à La Locomotive de Paris promet d’être intense et passionné. Cette unique date française du LIVE CAFE - TOUR'08 NYAPPY GO AROUND THE WORLD réunit les cafekkos de France et de Navarre, impatients d’accueillir pour la première fois l’un des groupes visual kei les plus colorés et les plus choupis du Japon (on parle ici d’oshare kei), mais aussi le groupe V.K. le plus attendu dans notre pays depuis the GazettE ! Sortez paillettes, moumoutes et peluches kawaii ; embarquement immédiat dans une Locomotive bondée et bariolée !

Il est 15h15 précises lorsque les premiers fans se ruent dans la salle en hurlant et brandissant un Donald Duck en peluche (emblème du chanteur miku qui imite ce personnage à la perfection). En trente minutes à peine, l’air devient quasi irrespirable : plus un centimètre carré n’est libre et on retrouve des fans partout, accrochés aux poteaux, montés sur le bar pourtant barricadé, accrochés par grappes aux balcons… Il fait chaud et chacun des presque mille spectateurs se retrouve collé à ses voisins. Peut-être devrait-on plutôt dire "voisines" car la proportion de filles est grande, collégiennes ou lycéennes dans leur écrasante majorité. Oui, les fans d’AN CAFE -les cafekkos- sont jeunes, à l’image de l’expression écrite du groupe usant des smileys à foison, comme sur les chats ou sur MSN (des codes graphiques on ne peut mieux adaptés à la clientèle !). Dans la fosse, la foule, obsédée par l’idée d’approcher ses idoles, est particulièrement compacte, transformant la longue attente en calvaire, comme d’habitude fatal aux petites natures…



Quand les spots s’éteignent vers 17h00, le public s’enflamme, se consume… on ne sait plus : c’est l’apocalypse totale ! Une intro assez entraînante retentit. Encore faut-il l’entendre, tant les jeunes filles présentes, les jeunes garçons aussi -tout de même étonnamment nombreux-, s’époumonent. Dans un vacarme couvrant la sono entrent successivement le batteur teruki, yu-ki le claviériste au look disco à la DJ OZMA, l’ébouriffé kanon et sa basse (à cet instant précis, des cordes vocales ont du lâcher, tant la foule s’est mise à hurler), takuya le guitariste aux airs de Johnny’s puis, enfin… non pas Annie Cordy, mais… le chanteur miku, la "blondinette" au k-way rose ! miku et ses bottes "supra kawaiiesques à têtes de mort / smileys" ! Et surtout, miku et son short léopard, laissant ses gambettes blanches comme la neige et épaisses comme des stylets de Nintendo DS en proies aux groupies très entreprenantes des premiers rangs. Jeunes oui, innocentes, non ! Les premières notes de Maple Gunman lancent la surprise partie géante, une boom-goûter-rock’n’roll, pop voire parfois dance (!), qui ne manquerait alors que d’une boule à facettes.



L’ensemble du public, uni et synchro comme jamais jusqu’aux recoins les plus obscures, saute et danse le parapara inauguré par miku et yu-ki dans une incroyable coordination digne des concerts japonais, dans un de ces joyeux capharnaüms qui font la fierté française. Ça chante et surtout, ça sourit. Que de bonheur apparent… Contagieux ou pas, les smiles s’emparent de tous les visages, d’autant plus lorsque le chanteur s’essaie à l’anglais pour s’excuser malicieusement : "I
can't speak english very well but i will do my "besto"… Everyone, je t’aime", conclusion répétée deux ou trois fois. Risible ou irrésistiblement mignon, les avis divergent. Les cafekkos ont l’air aux anges… alors point de mauvaise langue. Les titres s’enchaînent vite, sans temps mort, et la pauvre peluche Puccasienne version rock-trashouille qui pend du pied de micro se fait chahuter dans tous les sens par le leader de la troupe, transporté par toute l’énergie insufflée par la salle. Au fond de la scène, yu-ki, habillé en… pyjama rose bonbon et coiffé d’une touffasse blonde à laquelle il a scotché ses lunettes de soleil en plastique, détonne "légèrement" ; mais il tient bien son rôle d’entertainer totalement décalé. Il joue de son synthé comme en studio, épate la galerie avec ses chorégraphies (Véronique et Davina secrètement réincarnées ?) et, en comique-pince-sans-rire-muet, semble complètement paumé, désorienté et intimidé dès qu’il s’agit de réagir avec spontanéité à un petit imprévu.



Le nouvel album GOKUTAMA ROCK CAFE (sorti quelques jours plus tôt chez GAN-SHIN, en avant-première européenne et avec du contenu exclusif !) est déjà bien repris par le public qui chante non-stop. Assez impressionnant, tout comme l’interprétation exemplaire offerte par AN CAFE, servie pour couronner le tout par d’excellents réglages sonores ; situation de plus en plus rare à la Loco ces derniers temps et donc d’autant plus délectable ! A l’inverse de l’hystérie provoquée par Cherry saku yuuki!!, on relèvera juste quelques rares titres moins appréciés, comme orange dream. Cette chanson plutôt calme fait un peu retomber l’ambiance, même si le chant de miku tient bien le coup ; ce qui n’est pas simple sur ce genre de compositions. Pas évident de fédérer avec un morceau "émouvant", peut-être un peu mou du genou après une telle frénésie en sautillements.

Petit striptease scripté ou chaleur devenue insoutenable, qu’importe ; le vocaliste tombe la veste pour laisser apparaître un t-shirt "WE ARE BAND OF PREPPIE MAKE LOVE NOT WAR"… Parfois, il vaut mieux laisser à chacun le soin de traduire... ou pas... Le jeune homme remet les fans dans l’ambiance en hurlant plusieurs "NYAPPY" (contraction de "NYA" et "HAPPY" qui a largement dépassé le simple cadre du groupe), marque (pas encore) déposée et cri de guerre repris en chœur par la foule électrisée qui n’attendait que ça. Les mains se transforment en lapins, comme avec kana lorsqu’elle chante usagi. Quoi de plus logique que de profiter de cet instant d’accalmie (toujours relative car le cafekko aime s’époumoner) pour faire les présentations et ainsi tenter de lâcher les quelques mots de français appris dans la journée ? Chacun y va de sa petite phrase, à commencer par le batteur : "Enchanté, je souis teruki, j’aime paris, je vous aime tous, amusez-vous bien, merci
" ; puis yu-ki : "Bonjour, merci d’être venus, amusez-vous bien, merci". kanon dédicace son intervention aux otakus passionnés de japanim’ en mimant l’envoi d’une boule d’énergie façon Dragon Ball Z : "Hey hey hey ! Bonjour. KA-ME-HA-ME-HA !!!". Quel succès ! takuya invite ensuite à mettre l’ambiance et miku finit par annoncer la reprise des festivités : "Do you want more ?". Un peu comme une magical girl, armé d’un tambourin en forme d’étoile, c’est reparti pour le parapara, avec Tekesuta Kousen !...



A la fin de Snow Scene, fausse last song, le groupe prend momentanément congé alors que La Locomotive entière scande son nom. A leur retour, les cinq Japonais ont troqué leurs costumes du récent clip Cherry saku yuuki!! au profit des t-shirts noirs de la tournée. Le très lucratif stand goodies, emporté par une tornade quelques minutes plus tard, aurait connu le même succès foudroyant sans cette publicité. Après deux titres plutôt connus (dont kakusei heroism ~THE HERO WITHOUT A ‘NAME’~) et quelques "show me you are happy, show me your smile", Smile Ichiban Ii Onna retentit dans une ultime hystérie totale. Sur scène comme dans la salle, ça transpire sérieusement. Les cinq garçons ne semblent pas avoir envie de partir et passent ainsi plusieurs minutes à saluer le public, à sourire entre eux, à la foule, à toucher quelques mains, à dire merci, jusqu’à immortaliser l’instant par une photo de groupe officielle devant le public ; une tradition japonaise rare lors des tournées occidentales, que Versailles respectera deux semaines plus tard au même endroit le 6 avril.

On aurait cependant pu connaître le pire lors de ce final : l’incontestable chouchou kanon, happé par les premiers rangs [NDLR : mais que l’on soupçonne tout de même d’avoir accepté cette opportunité pour tenter un slam], est tombé de son mètre soixante deux dans la fosse aux lionnes. Les filles sont ravies d’avoir le bassiste sur elles, et même très rapidement
"sous elles" puisque kanon disparaît dans la masse qui s’écroule sur elle-même comme un soufflé… Un homme à la mer ! Ni une, ni deux, les deux armoires à glace chargées de la sécurité sautent à pieds joints dans le tas pour extirper le bridé de ses prédatrices. L’action aurait pu coûter quelques jambes ou quelques bras, mais aucun mort à déplorer finalement, et cette mésaventure aura bien fait rire miku !



Ému, AN CAFE quitte la scène de son petit exploit en lançant un "we will come back", retour dont personne n’oserait douter aux vues de l’énorme succès de cette après-midi. On imagine déjà une ambiance aussi phénoménale dans un lieu à la capacité probablement plus adaptée comme l’Élysée Montmartre ou le BATACLAN. D’après les propos recueillis, personne n’a oublié l’ancien guitariste Bou, mais tout le monde salue les performances des deux arrivants : le charismatique yu-ki et le plus discret takuya. Les récalcitrants diront que trop de NYAPPY tue le NYAPPY, mais tue aussi et surtout les tympans ! Bouchons auditifs hautement recommandés, et pas prioritairement pour se protéger de la musique… On pourra trouver la production d’AN CAFE (un rock simpliste, aux déclinaisons tantôt pop, tantôt électro-dance, rappelant parfois Nami Tamaki ou T.M.Revolution) répétitive, voire lobotomisante ; leurs fans n’en ont cure ; et force est de constater que le groupe n’en manque pas, du moins jusqu’à épuisement de ce qui pourrait s’apparenter à un effet de mode… qui ne demande cependant actuellement qu’à s’amplifier. L’avenir nous le dira. Prochain rendez-vous français pour les NYAPPY-style-addicts : ayabie le 29 mai 2008 à Paris, toujours à la Loco.

Mélody Ikasu


Setlist :
01 - Maple Gunman
02 - Wagamama Koushinkyoku
03 - Baby King
-MC1-
04 - Cherry saku yuuki!!
05 - Koi no dependence
06 - orang
e dream
07 - -Etc. THE WORLD-
08 - NYAPPY in the world 3
-MC2-
09 - Tekesuta kousen
10 - Koritsu hospital
11 - Snow Scene
-ENCORE-
12 - kakusei heroism ~THE HERO WITHOUT A ‘NAME’~
1
3 - BondS ~kizuna~
1
4 - Smile Ichiban Ii Onna

A lire également : l’interview d’AN CAFE juste avant le concert parisien
Le site officiel d’AN CAFE : www.ancafe-web.com

Photos : Eric Oudelet
Reproduction/réutilisation des photos et/ou du reportage strictement interdite.
Remerciements : GAN-SHIN FRANCE



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