Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ZIQ
Critiques
Personnalités/Evénements

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

MATENROU OPERA : interview au printemps 2008 après un premier concert à Paris le 6 avril 2008

Tout jeune groupe de visual kei, mais pas pour autant composé de débutants, MATENROU OPERA avait accompagné Versailles et ses artistes expérimentés lors d’une première tournée européenne passant par Paris le 6 avril 2008. Les premières compositions de MATENROU OPERA, aux sonorités symphoniques tranchées par la dualité des chants clairs et gutturaux, avaient déjà retenu notre attention en deux singles, et la prestation live fut une confirmation, accueillie comme il se doit par un public sauvagement démonstratif qui s’est adonné au pogo. Par manqué de temps, nous n’avions pu nous entretenir avec le groupe lors du voyage, mais celui-ci nous a accordé une longue interview à son retour au Japon.

Orient-Extrême :
Pouvez-vous tout d’abord présenter le concept artistique de MATENROU OPERA ?
sono : "MATENROU" (gratte-ciel) de MATENROU OPERA désigne l’aspect contemporain de notre musique. Nous voulions traduire musicalement ce qui représente la société actuelle, comme les grands immeubles, ce genre de choses… ainsi que la musique plus ancienne comme l’opéra. Notre son combine la lourdeur de la musique actuelle à la clarté que l’on trouve dans la musique plus ancienne. C’est de là que vient le nom MATENROU OPERA et c’est aussi devenu le concept du groupe.

Orient-Extrême :
Quand et comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment le groupe s'est-il construit ?
sono :
Après la dissolution de notre groupe Munifan, moi et yu, le batteur, avons tout de suite remonté une autre formation. Puis yu a demandé à un bassiste de sa connaissance, yo, de nous rejoindre.
yu : Au même moment, un guitariste et un claviériste sont arrivés et on a commencé notre activité en mai 2007. Ils ont fini par arrêter en novembre, puis anzi (guitariste) et ayame (claviériste) leur ont succédé en décembre. On a commencé officiellement MATENROU OPERA en janvier de cette année avec cette formation.

Orient-Extrême : C
hacun d'entre vous… qu'est-ce qui vous a poussé vers "le genre" du visual kei ?
sono :
La musique que j’écoutais avant, c’était plutôt du visual kei. Par conséquent, la musique qui s’est construite en moi y ressemble. C’était naturel que nous fassions partie de la scéne visual kei. Sans y réfléchir, nous nous y sommes retrouvés.
Orient-Extrême : Vous en écoutiez depuis votre enfance ?
sono :
Oui, c’est cela.
ayame : Comme je pensais que le visual kei pouvait le mieux exprimer ma vision du synthétiseur, je me suis lancé dans ce genre.
yu : Moi aussi, j’écoutais du visual kei depuis longtemps ; mais je voulais surtout jouer avec sono. Je crois bien que… puisque sono a fait du visual kei, je l’ai suivi.
anzi : Pour ma part, j’ai toujours fait du hard rock, de la musique dans ce genre-là. En ce qui concerne le visual kei en lui-même, je l’ai commencé avec MATENROU OPERA. Il n’y a pas de raison particulière au fait que j’ai commencé à faire du VK, mais le destin a fait que je sois arrivé dans le même groupe que yu, en pensant jouer de la guitare avec lui comme batteur. C’est donc naturellement que je suis entré dans le groupe. Et je pense que, dans l’expression du monde de MATENROU OPERA, le visual kei a une part importante aussi.
yo : Il n’y a pas de raison particulière au fait que je fasse du visual kei. Le seul groupe dans lequel je veux jouer de la basse, c’est MATENROU OPERA.

Orient-Extrême :
Comment créez-vous votre musique ? Qui compose ? Qui écrit ? Dans quel ordre ?
sono :
Jusqu’ici, c’est moi qui composait principalement les morceaux ; mais récemment, ayame et anzi ont également écrit. Je pense qu’au fur et à mesure, tous les membres du groupe composeront. Pour ce qui est des paroles, c’est moi qui les écrit et cela continuera sûrement ainsi.

Orient-Extrême : Quelle est la première étape : l’écriture de la musique ou celle des paroles ?
sono :
La musique, mais parfois les deux en même temps.

Orient-Extrême :
A ce jour, vous n’avez que très peu de chansons à votre actif. On sent néanmoins, dès Ruriiro de egaku niji, une évolution musicale qui vous place, par le côté symphonique par exemple, dans la lignée de groupes tels que Versailles. L’influence de KAMIJO et la "SAS family" ne doit pas être anodine ?
sono :
Il n’y a pas spécialement d’influence. Si l’on cherche un peu… comme j’écoute la musique de KAMIJO depuis un petit moment, il serait logique que je sois influencé. Mais cela ne veut pas dire que je mette intentionnellement des éléments de Sherow dans notre Ruriiro, par exemple.

Orient-Extrême :
On sent un changement musical entre la première sortie single et la seconde. Est-ce que la direction que prend ce deuxième single indique celle que vous comptez prendre pour vos prochaines sorties ?
sono :
Nous n’avions pas l’intention de changer de direction, mais les membres ont changé et cela doit sûrement s’entendre, en effet.

Orient-Extrême :
Dans Boukyaku celluloid, on reconnaît la toccata de Bach. Pourquoi ce clin d’œil ?
ayame :
Effectivement, nous avons inséré une partie de Bach. Ce n’est pas spécialement pour un hommage à Bach, mais… quand on parle d’influence… j’aime personnellement Bach. J’aime Bach et Tchaïkovski et j’espère que leurs influences se ressentent dans les morceaux.

Orient-Extrême :
Sur le single Ruriiro de egaku niji, vous utilisez plusieurs fois un système de double voix : voix claire et deathvoice. Ce n’est pas si courant dans le visual kei alors que c'est récurent dans le metal européen. Est-ce que vous comptez développer davantage ce puissant échange dans vos futures chansons ?
sono :
Oui, on l’utilisera davantage à partir de maintenant. C’est moi qui assure les deux voix !

Orient-Extrême :
A propos de prochaines sorties, un mini-album sort bientôt ?
sono :
Oui, GILIA sort même en Europe à la fin du printemps !
yu : J’espère que plein de gens l’écouteront.

Orient-Extrême : Est-ce que l’on pourra voir des extraits de la tournée européenne sur le DVD de GILIA ?
yu :
Les images de la tournée en Europe ne sont pas dans le DVD de GILIA.

Orient-Extrême :
Pouvez-nous nous raconter brièvement comment s'est passée la tournée européenne ? Quels ont été les moments forts pour chacun d’entre vous ?
anzi :
Nous avons raconté cela dans notre blog : lors des concerts en Finlande et en Suède, il y avait un mets alcoolisé appelé Salmiakki… J’ai été surpris par son goût. C’était même un choc. Quand j’ai demandé plus d’infos aux gens du pays, ils m’ont dit que c’était le même genre de nourriture que les japonais s’amusent à faire manger aux Européens qui viennent au Japon, comme le natto ou les umeboshi. J’ai tout de suite compris, et je me suis dit que les Européens étaient très forts à ce jeu. Pour nous, ce goût, c’était "c’est quoi, ce truc ?".
Orient-Extrême : Il n’y avait que de l’alcool ?
anzi :
Il y avait de l’alcool, mais aussi des bonbons, des chewing-gum… C’est un truc noir. En Finlande, ça avait la forme d’un alcool, mais en Suède, on l’a mangé sous forme solide.
yo : J’ai été surpris par la beauté des villes des pays d’Europe.
ayame : Je vais un peu reprendre ce qu’a dit yo. Dans les villes européennes, il reste des vieux bâtiments et de vieilles traditions, mais il y a aussi des éléments d’architecture moderne. Il y a beaucoup d’endroits ou les deux cohabitent, et cela correspond tout à fait au concept de MATENROU OPERA. Dans le sens où les choses modernes et les choses classiques s’assemblent, j’ai pensé que l’Europe et son style convenaient parfaitement à MATENROU OPERA.
sono : Quelque soit le pays ou nous sommes allés, j’ai eu l’impression que les gens étaient fiers de dire qu’ils aimaient leur pays. Et j’étais très content que des gens qui ont cette fierté écoute notre musique.
yu : Évidemment, c’est la chaleur du public qui m’a marqué. L’atmosphère y est totalement différente. Personnellement, j’étais plus particulièrement fasciné par l’Europe car c’est le continent des gens qui font du hard rock et du heavy metal. Et puis, il y a beaucoup de groupes que j’aime en Europe. Pouvoir aller dans un endroit ou je voulais vraiment aller, ce n’était que du bonheur. Et puis, la bière était bonne !

Orient-Extrême : Je crois que
jamais un public n’avait été aussi enflammé pour une première partie de concert visual kei en France. Bravo à vous pour votre succès. Qu’avez-vous pensé de ce concert parisien ?
sono :
Le fait que le public soit nombreux nous a marqué évidemment. Qu’il s’éclate à ce point librement, ça nous a fait plaisir.
ayame : Plus généralement, sur toute la tournée, tout le monde était enthousiaste, et j’ai l’impression qu’on nous a donné de la chaleur.
yu : Les gens étaient vraiment sympathiques.

Orient-Extrême :
Parlons brièvement de vos sempaï de Versailles… Leur est-il arrivé quelque chose d'amusant durant cette tournée ? Nous demanderons à nos lecteurs de ne le répéter à personne ;)
Le groupe au complet :
Désolés, nous n’avons malheureusement rien qui nous vienne à l’esprit…

Orient-Extrême :
Parlons maintenant de votre blog. Tout le monde participe à son écriture ?
sono :
Oui, tous les membres écrivent et l’auteur des lignes apparaît en bas des posts.

Orient-Extrême :
Vous y parlez d'un shooting en Europe. Pouvez-vous nous en dire plus ? S'agissait-il de photos pour un prochain CD ? D'un clip ?
sono :
Il s’agissait de photos pour un magazine vendu en Europe.

Orient-Extrême : V
ous aviez tourné votre premier clip au Japon en mars. De quel titre s’agit-il ?  Sur quel support peut-on le voir ?
sono :
C’est le morceau alkaloid showcase. On l’a tourné pour le DVD qui est vendu avec le mini album GILIA.

Orient-Extrême :
Vous disiez dans votre blog que vous aviez envie de goûter au vin français. C’est fait ? Verdict ?
yo :
C’était bon. Et puis j’ai été surpris par la différence de prix avec le Japon. Ce n’était vraiment pas cher !
anzi : C’est moins cher que l’eau, non ? J’ai été choqué par ça.

Orient-Extrême :
Vous parlez, toujours dans le blog, plusieurs fois de Nightwish. Êtes-vous fans ?
sono :
Oui, c’est un des groupes que j’aime.

Orient-Extrême :
Une chose est aussi certaine, vous êtes fans de X JAPAN. Que pensez-vous de leur retour et du concert au Tokyo Dome auquel vous avez assisté ? On dirait que ce concert vous a particulièrement marqué.
sono :
C’était un concert extraordinaire. X JAPAN est le groupe qui m’a donné envie de faire de la musique, alors j’étais vraiment très ému.

Orient-Extrême :
L’un de vous a également écrit qu’il aime particulièrement Ayumi Hamasaki. Quel est son CD ou sa chanson préféré ? Savez-vous que c'est l'artiste féminine asiatique la plus populaire en France ?
ayame :
Celui qui aime Ayumi Hamasaki, c’est moi. Ce que je préfère, c’est la chanson HEAVEN ; et si on me demande pourquoi j’aime cette chanson, je dirais que j’adore le monde qui transparaît dans le synthétiseur léger et dans la voix d’Ayumi. Et évidemment, oui ; je sais qu’elle est connue à l’étranger !

Orient-Extrême 
: Si on vous donnait un budget illimité pour votre musique. Que feriez-vous en premier ?
ayame :
Je voudrais que les membres du groupe et tout le staff viennent en France et fassent une tournée dans tout le pays.

Orient-Extrême 
: Un dernier mot pour le public français ?
MATENROU OPERA :
Nous reviendrions sûrement dans ce magnifique pays qu’est la France, alors attendez-nous !



Le site officiel de MATENROU OPERA : http://opera.syncl.jp
Le reportage sur le concert de MATENROU OPERA et Versailles à Paris le 6 avril 2008 :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=1608

Interview réalisée par Aurélie Mazzeo et Eric Oudelet au printemps 2008, après le 1er concert parisien du 6 avril à la Locomotive
Traduction : Lorraine Edwards et Gwenaelle Durand
Remerciements : J-Music LIVE et Sherow Artist Society
Visuels © Sherow Artist Society
Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême