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miyavi en conférence de presse à JAPAN EXPO 2008 : compte rendu

Journée chargée pour miyavi le samedi 5 juillet 2008 au festival JAPAN EXPO, la veille d’un concert à guichets fermés à L’Olympia. Le guitariste japonais, créateur de son propre style rock appelé Neo Visualizm et jouissant d’un bonne popularité en France, était chargé de l’entracte musical du spectaculaire défilé de mode Laforet HARAJUKU, avant d’enchaîner les interviews privées avec les télévisions et les magazines papier… pour terminer sa journée par deux conférences : l’une publique, et l’autre - juste avant, dans un timing serré - réservée à la presse et aux radios. En espérant mieux se faire comprendre, l’artiste a décidé de s’exprimer en anglais. En voici le compte rendu.


Bonsoir miyavi, quelles sont vos premières impressions sur  le showcase que vous avez donné plus tôt dans l’après-midi au milieu du défilé Laforet HARAJUKU Collection’08 in Paris ? Qu’avez-vous pensé des réactions du public ?
miyavi :
C’était génial. Nous avons travaillé davantage que prévu pour assurer le show, et c’était réussi, à l’exception de la sonorisation qui était horrible. Je savais que les fans avaient pour consigne de rester assis par mesure de sécurité [NDLR : beaucoup ont fini par se lever et même monter sur leur chaises !], mais leurs réactions étaient terribles.



La tournée européenne se termine demain soir à L’Olympia. Avez-vous eu le temps de faire du tourisme dans les différents pays traversés ? Quelle étape avez-vous préférée ?
miyavi :
Huummm… j’ai bien aimé voyager dans tous ces pays, mais plus particulièrement en Suède, c’était vraiment très beau. On s’est baladé en voiture et j’ai vu des choses magnifiques : la mer, un château à Stockholm… Je me rappelle aussi de superbes paysages nuageux. C’était lumineux, beau et propre… Berlin était aussi sympa, on a fait le tour de la ville et il y avait beaucoup de choses à voir. Mais la Suède était vraiment la meilleure étape.

Est-ce que ces visites touristiques vont devenir des sources d’inspiration pour la suite de votre carrière ?
miyavi :
Sur le moment, non. Avec ces voyages permanents et les concerts, on n’a le temps de rien et je n’ai pas encore eu l’occasion de recycler ce récent vécu dans mon travail. Cependant, j’ai rencontré beaucoup de monde (staff technique, organisateurs…), découvert différentes cultures de différents pays, entendu beaucoup de langues et j’ai vu beaucoup de choses. J’emmagasine ces expériences et nous verrons plus tard…

A la veille de votre dernier concert européen et avant de passer aux dates asiatiques, quel serait le premier bilan de cette tournée mondiale ?
miyavi :
En effet, la tournée européenne se termine, et nous allons prochainement aller jouer en Asie et au Japon. J’ai déjà donné beaucoup durant les précédents concerts. Le planning est serré et difficile à endurer… C’est dur, surtout ces derniers jours, mais je suis surpris et impressionné par l’engouement des fans, si enthousiastes et si nombreux à former de longues files d’attente pour me voir ; et cela pendant des jours, parfois une semaine… Cette ambiance est très excitante, ça me transcende et j’aime ça. Je ferai de mon mieux pour être à la hauteur des attentes des fans.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris chez les fans européens par rapport aux fans japonais ?
miyavi :
C’est sûr, ils sont différents, plus libérés et surtout beaucoup plus expressifs que les fans japonais. Pour moi, les Japonais sont loin d’exprimer aussi bien ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent. Ici, la foule est toujours à fond, c’est la folie et c’est carrément excitant.



miyavi, vous êtes un chanteur, mais aussi un guitariste. Est-ce que vous pouvez nous raconter votre première guitare ?
miyavi :
Il n’y a pas de raison particulière qui m’ait amené à la guitare. Quand j’avais environ 15 ans, je voulais être joueur de foot professionnel et j’étais dans une bonne équipe au lycée ; mais je me suis blessé et j’ai du abandonner la carrière que j’avais envisagée. Je n’avais plus rien à faire et je traînais alors avec mes amis ; c’est à cette période que j’ai commencé à jouer de la guitare, sans le moindre but précis. En fait, je me suis d’abord orienté vers la basse car, dans mon esprit de l’époque, c’était mieux que la guitare qui n’était qu’acoustique. Et puis finalement, en testant, j’ai trouvé la guitare beaucoup plus rock, c’est aussi un instrument qui met son utilisateur en avant, alors j’ai choisi la guitare. Au moment où j’ai touché ma première guitare, je me suis imaginé sur scène, sous les projecteurs et devant la foule… J’ai joué do, ré, mi, fa, sol, la, si, do… et ce fut l’instant clé où j’ai pris ma décision : je serai guitariste.

Concernant l’après tournée mondiale, avez-vous déjà des idées sur vos futures créations ou vos futurs concerts ?
miyavi sourit :
Oui, j’en ai, mais je garde cela secret. Pour le moment, je souhaite juste me reposer, dormir chez moi. Dormir dans un bus qui remue sans arrêt… j’en ai marre ; alors je ne rêve que de mon lit. Bon, j’ai tout de même déjà pensé à l’avenir : il n’est pas nécessaire de changer, mais je souhaite faire évoluer ce que j’ai déjà fait, et expérimenter de nouvelles choses.

Quelles sont vos influences ? Qu’aimez-vous ?
miyavi :
Ça dépend du moment ! Depuis longtemps, je m’imprègne de beaucoup de styles : rock, hip-hop, blues, funk… Puis j’ai pu apprécier la culture américaine quand j’étais à Los Angeles. J’en ai évidemment profité pour étudier l’anglais. A mon retour, j’ai réalisé que je devais davantage me focaliser sur notre musique traditionnelle, à nos talents identitaires / caractéristiques du Japon, dans le but d’établir une équité musicale en mettant en relation les gens de tous les horizons et en amenant le Japon au même niveau que mes autres influences (pas en retrait).

La compréhension et donc le langage sont très importants ?...
miyavi :
Oui, bien sûr ! Pour que les gens me comprennent, le plus important est que je puisse d’abord moi-même les comprendre. C’est pour cela que j’ai choisi de m’exprimer et de dialoguer en anglais. Je ne vais pas attendre que mes auditeurs se mettent à apprendre le japonais et à étudier la culture japonaise. Je devais essayer de faire ce pas vers eux. Je profite aussi de ce tour du monde pour améliorer mon anglais, j’essaie de le pratiquer le plus possible avec tous les gens que je rencontre et ceux qui participent à la création de mes spectacles. Mais d’un autre côté, c’est un peu déprimant [dit-il en souriant] car quand je parle japonais, le public s’excite beaucoup plus que quand je parle anglais. Quand je demande "Minna, genki desu ka ?" [NDLR : "Comment allez-vous ?", en japonais], c’est la folie ! Je travaille dur et ils préfèrent le japonais…



Est-ce que vous faites la distinction entre les périodes de concerts où règne la suractivité et les moments plus calmes alloués à la composition et à l’écriture ? Est-ce que votre vie se découpe en périodes ?
miyavi :
Ah, c’est une très bonne question. Je suis catalogué comme artiste visual kei alors que j’essaie d’être "miyavi" tout le temps. Mon univers, ma façon de vivre… Ce sont des choses personnelles et uniques qui me caractérisent. Il n’y a aucune différence entre la personne que je suis sur scène, et la personne en dehors de la scène. Où que je sois, avec n’importe qui (staff, technicien, étranger…), je reste le même, je ne me soucie pas de mon apparence. Un jour, on m'a livré un truc chez moi, à mon appartement au Japon, j’ai été pris par surprise, et bien que je sois en sous-vêtement, j’ai ouvert et je suis resté le miyavi naturel et cool.

Fin de la conférence de presse, tout le monde se précipite aussitôt vers l’amphithéâtre où des centaines de fans attendent la conférence publique


Photos de la conférence de presse : Eric Oudelet
Photos du showcase miyavi à JAPAN EXPO : Eric Oudelet et Sophie Héry
Reproduction/réutilisation du compte rendu et/ou des photos strictement interdite.
Remerciements : J-Music LIVE & R:ID


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