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CATSUOMATICDEATH à JAPAN EXPO 2008 : reportage sur le concert du 6 juillet

Après l’annulation de X JAPAN, la neuvième édition de JAPAN EXPO a sauvé l’honneur avec une dizaine de concerts découverte, invitant des groupes de tous horizons, pour la plupart nouveaux ou inconnus, mais souvent issus de la mouvance rock. CATSUOMATICDEATH, à mi-chemin entre le punk et le grunge, s’est avéré être une excellente affaire, unique représentant d’un rock sans attache. Après une première partie très peu visuelle, ce groupe inattendu a offert un show surexcité et hors du commun, deux fois plus long que les concerts des "gros bonnets" Ra:IN et machine.

Depuis la création de CATSUOMATICDEATH, le membre fondateur et permanent ACEKAY, au chant et à la guitare, a forgé l’identité de son groupe, distordant tous les moules existants dans le monde de la musique. Virulemment opposé à la vénalité de certaines autres formations, de visual kei par exemple, il a adapté look et musique à sa vision conceptuelle, évoquée plus en détails en conférence de presse. Accompagné de ses membres de session YUKA (batterie), et YUZO-BOY (basse), il comptait bien affirmer cette identité unique devant le public du J.E.’s Live House, plutôt nombreux -mais néanmoins circonspect dans la file d’attente- pour une matinée ce 6 juillet 2008. D’où, sans doute, le choix d’offrir en intro à leur showcase un échantillon du titre Catsuo 337 : les membres de CATSUOMATICDEATH hurlent le nom de leur groupe sur une batterie forcenée, une basse nerveuse, et une guitare saccadée. Le concert peut commencer, avec tout un univers à défricher…



La première partie du set familiarise l’auditeur à la musique de CATSUOMATIC. Sans autre effet visuel que les chapeaux haut-de-forme anglais et kimonos sombres (les mofuku), le groupe entame Charlie VS Sammy, et ses airs de garage rock. ACEKAY le Catsuomann installe sur des riffs roublards sa voix criarde. Malgré l’énergie incroyable de YUKA, qui joue de la batterie avec autant de force que l’un de ces messieurs metalleux, le premier titre est un coup de baguette dans l’eau, et le public ne se manifeste pas encore. On aurait pu le prévoir : humbles inconnus dans le monde de la J-music en France, CATSUOMATICDEATH n’avait pas encore fait beaucoup d’émules auprès des amateurs. Il faut donc attendre que la salle dépasse le stade de la découverte pour que l’ambiance se réchauffe et que les sourires des membres du groupe se communiquent de visage en visage.

Heyday reçoit déjà un meilleur accueil, ici et là, on reprend en chœur avec YUKA et YUZO-BOY les "heyday" du refrain. L’air de rien, plantés derrière leurs instruments, les CATSUOMATIC honorent les longues compositions d’ACEKAY, toutes en progression, break, explosion, et retour au calme. Manifestement ravi de jouer devant les Français qu’il découvre lui aussi avec enthousiasme, ACEKAY se jette par terre et, avec une technique mystérieuse, effectue des roulades avec sa guitare. Il en perd d’ailleurs son chapeau, une chance pour ceux qui espéraient apercevoir la moitié supérieure de son visage.



Juste avant Kyrie Eleison, ACEKAY redevient sérieux et prend la parole dans un anglais parfait. Il explique que le sentiment de n’avoir pas de port d’attache (il se dit "de corps japonais" mais "d’esprit occidental") a donné naissance à cette triste ballade. Le rythme lent de cette dernière est ponctué par le public, qui tape vigoureusement dans ses mains. La version live de Kyrie Eleison, un ton en dessous de la version studio, conserve sa sublime langueur, mais change de dimension : à présent que sont connues les raisons de la composition du titre, Kyrie Eleison devient aux oreilles de l’auditeur un hymne quasi mystique. Le live se présente dès lors comme un manifeste des talents de compositeur d’ACEKAY, cohérent à tous les points de vue. Sur scène comme en studio, il parvient à ne jamais rompre le fil conducteur en jouant par exemple du larsen et des distorsions pour combler les moments creux, entre et dans les titres.

Le retour aux chansons plus nerveuses, avec Where is my Enemy, marque un tournant dans le concert ; les corps se réveillent, et on a enfin droit à un show sur deux niveaux : musical et visuel. YUZO-BOY, jusqu’à présent plutôt statique, accroche son chapeau à son micro et commence à s’agiter, arpentant la scène et levant les yeux vers les premiers rangs. ACEKAY, quant à lui, se déchaîne comme un beau diable sur sa guitare comme s’il était en transe : les longues parties instrumentales sont un pur plaisir auditif, délicieux défouloir ponctué par la rageuse batterie d’une YUKA inépuisable. L’heure de l’apothéose sonne lorsqu’ACEKAY recommence à crier : la tension est à son comble, CATSUOMATICDEATH s’assure de nouveaux fans. End of the Silk Road et son air made in seventies auraient pu clôturer très dignement un excellent set ; mais le groupe réserve d’autres surprises...



On avait déjà soupçonné ACEKAY d’être atteint de folie (ou de génie, ce qui fonctionne souvent ensemble) lorsqu’il était grimpé sur les barrières de sécurité, tenant debout par miracle malgré les mains voraces tendues vers lui. Mais peut-être sommes-nous simplement surpris par les libertés que s’accorde le leader, bien peu soucieux de son image. Rares sont ceux, en effet, qui décident à la fin d’un concert d’inciter puis de préparer les photographes, pros et amateurs, à déclencher leur appareil lorsque chaque membre aura pris la pose la plus stupide qui soit. L’autodérision se faisant discrète chez un certain nombre de groupes nippons, elle ne pouvait être que mille fois appréciable. Comme pour prolonger le sourire, CATSUOMATIC confie les rappels à son public : le trio va lui-même chercher dans les premiers rangs trois jeunes spectateurs qu’il fait monter sur scène. "Je vais leur apprendre comment on joue CATSUOMATIC !" crie ACEKAY en anglais. Ainsi, les membres éphémères jouent un accord en hurlant dans les micros les paroles de Catsuo 337 : "Catsuo, Catsuo, Catsuo de Catsuo !" Dans une effervescence jouissive -et alors que le créneau horaire accordé par les organisateurs est explosé (plus d’une heure de concert !)-, le nom du groupe est repris par tous pendant un long moment. Un nom qu’il ne faut pas oublier. Un nom qu’on aimerait revoir très vite à l’affiche d’une salle de concert française. Il incombe désormais à J-Music Distribution de lancer le premier disque de CATSUO dans l’hexagone à la rentrée, pour que cette bonne surprise ne reste pas qu’un one-shot live.

Aurélie Mazzeo


Setlist :
01 - Catsuo Intro
02 - Charlie VS Sammy
03 - Heyday
04 - Daphne
05 - Kyrie Eleison

06 - Where is my Enemy
07 - End of the Silk Road

EN - Catsuo 337







A lire également : la conference de presse de CATSUOMATICDEATH à JAPAN EXPO 2008

Photos : Eric Oudelet et Sophie Héry
Remerciements : JAPAN EXPO
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