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Lost Color People en concert à JAPAN EXPO 2008 : reportage et interview

JAPAN EXPO 9 ouvre les esprits et aiguise les oreilles en faisant découvrir Lost Color People. Ce groupe de presque dix ans de carrière, qui a énormément de concerts mais seulement deux albums studio à son actif (!), s’est déplacé au festival juillettiste internationalement reconnu pour profiter de sa forte affluence (130.000 visiteurs en 2008) et rendre sa musique accessible au plus grand nombre. A JAPAN EXPO, la gratuité des concerts attire les foules ; une rampe de lancement idéale dont a bien profité Dio en 2007, et dont LCP espère s’inspirer en sortant parallèlement un premier album live via J-Music Distribution. Seul bémol, la programmation du concert le vendredi 4 à 11h30, un horaire peu propice aux sonorités jazzy et à l’ambiance feutrée que requiert l’écoute d’un groupe aussi pausé et talentueux.

Après quelques soucis techniques pour le VJ (Visual Jockey), les cinq Japonais entrent en scène, accompagnés d’une jolie claviériste de session, japonaise également. "Bonjour, nous sommes Lost Color People !" lance courtoisement le chanteur casquetté Ono avec le sourire. Le public français ne dépasse pas les trois cent personnes, mais se montre très ouvert, chaleureux et applaudit vivement chaque titre, chaque solo. Ono s’équipe parfois d’une guitare sèche, ce qui donne un rendu acoustique à une musique lounge déjà pleine de sincérité et de références jazz, funk, soul… que du bon ! Durant la prestation, le VJ diffuse sur les deux écrans géants des vidéos totalement psychédéliques, qui collent à la perfection aux morceaux joués sur scène. Norio, guitariste principal et responsable du label LCP Records créé par le groupe, a des airs de Carlos Santana, au niveau de la chemise à motifs et des petites lunettes, mais aussi et surtout par son jeu, très précis, fluide et méticuleux.



Le public, qui a bien voulu délaisser les sempiternelles emplettes du matin au profit de ce concert "découverte" atypique, n’est pas déçu et se régale de ces compositions raffinées, serties de solos bien maîtrisés typés "Amérique des années 70" (un gage de talent et de belle culture mélodique). Cette musique accessible et simplement prenante, pas du tout élitiste, transporte chaque spectateur dans "l’univers Lost Color People" avec douceur et facilité. "Je suis très content d’être là avec vous" déclare le chanteur, suivi d’un "Arigato, ARIGATOOOO" (NDLR : merci) avec un immense sourire aux lèvres aussitôt adopté par le reste du groupe. Dans la salle comme sur scène, tout le monde savoure l’instant. Ono, bien qu’un peu intimidé au départ, communique beaucoup, bouge et tente de faire participer le public qui réagit lui aussi timidement, avant de se laisser aller progressivement. "Tout le monde ! Chantons !", et l’auditoire réceptif coopère avec plaisir, chante et tape dans ses mains, applaudit vivement et salue l’indéniable classe musicale de chaque membre de LCP. Parmi les cinq titres interprétés, Connectors (l’une des compositions phares) est plus particulièrement apprécié des spectateurs qui, pourtant, découvrent là cette formation totalement inconnue dans nos contrées.



Avec la double prestation de BETTA FLASH (plus proche du lyrisme de KOKIA), Lost Color People apporte une autre touche de rêve, d’évasion et d’inattendu à JAPAN EXPO. Une très authentique et agréable surprise, originale, au sujet de laquelle on ne pourra émettre qu’un éventuel reproche : l’horaire. Faire jouer un groupe en fin de matinée n’est pas l’option la plus souhaitable dans son intérêt : le festival n’est pas encore comble, les estomacs crient famine pour les lève-tôt qui ont campé depuis l’aube… Dans le cas de LCP, le soleil essayant de percer les parois du hall donne également une ambiance étrange à un concert qui aurait gagné à bénéficier d’une atmosphère plus intimiste, d’une salle cosy à mille lieues de la folie ambiante.



Nous garderons cependant un très bon souvenir des quelques dizaines de minutes passées en compagnie des Lost Color People. La last song est annoncée : Fake it!. Pleine de solos, de rythmes, d’émotions, elle fait onduler les corps. Un flûtiste vient même accompagner le groupe sur quelques mesures. D’un moment pareil, après une ovation de plusieurs minutes, on ressort apaisé, heureux et détendu. Aux portes du J.E.’s Live House, le contraste est saisissant avec la ruche hyperactive qu’est devenue JAPAN EXPO à l’heure du déjeuner ! Le prochain concert de la journée sera lui aussi autrement plus mouvementé : JAPAN EXPO rassemble son service de sécurité pour canaliser machine et son public de fans surexcités

Mélody Ikasu


Setlist :
01 - Dekkai Taiyo
02 - Fumin
03 - Yosoyuki no kao
04 - Connectors
05 - Fake it!











Interview Lost Color People le 4 juillet 2008 à JAPAN EXPO

Lost Color People est un groupe OVNI à JAPAN EXPO où plus de la moitié des visiteurs a moins de 25 ans. Loin des paillettes, de l’eye liner des visualeux et des robes gothic Lolita, les cinq Japonais présentent une musique apaisante, funk, soul, jazzy… un havre de paix offert par des musiciens de talent. C’est en fin d’après-midi, après une seconde journée marathon et la présentation de la conférence machine, que nous les retrouvons.

Orient-Extrême : Bonsoir LCP. Pouvez-vous vous présenter ?
Muko : Muko, pour Mukoyama Hideto, bassiste et compositeur.
VJ Math : Je suis le VJ.
Norio : Je suis guitariste et je m’appelle Norio Mochizuki.
Ono : Hideaki Ono, chanteur.
Shuichi : Shuichi Akiyama, batteur.
Hideaki : Nous sommes Lost Color People ! Merci à tous d’avoir assisté à notre concert.

Orient-Extrême : Parlons de votre style, assez éloigné des goûts favoris des jeunes Français en matière de musique japonaise. Qu’est-ce qui vous a amené vers le jazz, le funk et la soul music ?
Norio : Nous n'avons pas "choisi" notre style. Il est la résultante de nos caractères et de nos expériences personnelles ; c’est le fruit involontaire de ce mélange d’expériences individuelles.

Orient-Extrême : Avez-vous été influencés par des artistes ? Si oui, lesquels ?
Muko : Il y a en a trop, ce serait impossible d’en citer un plutôt qu’un autre !
Ono : Personnellement, je citerais le guitariste, chanteur et compositeur américain Lou Reed.

Orient-Extrême : Le public français est plus friand de pop et de rock japonais. Quels seraient, selon vous, vos arguments pour convaincre ?
Norio : La musique est un art et un langage qui dépassent les frontières, peu importe la nationalité ou la couleur de peau. Même si on ne peut pas définir notre musique exactement, ou nous mettre dans une catégorie précise, nous pensons que le public français peut être sensible à notre travail. Tout est une question de mélodie et de rythme, et je pense que nos créations cool et groovy sauront toucher le coeur des Français.



Orient-Extrême : Au Japon, certaines de vos musiques instrumentales ont été exploitées en fond sonore sur des DVD d’idols… Vous est-il arrivé de refuser un contrat pour ce genre de produits ? Si c'est trop osé par exemple…
Norio et Ono sourient.
Norio : Nous ne refuserons jamais une proposition d’idol ! [rires]

Orient-Extrême : Vous avez fondé votre propre label, LCP records, et avez signé deux groupes. Pouvez-vous nous les présenter ?
Norio : Effectivement, nous avons signé avec deux groupes. Le premier, Essence, est un duo acoustique, plutôt mélodique, très sophistiqué et avec un son clair. Nous voulons vraiment les faire connaître ; nous avons travaillé avec eux et ils le méritent. L'autre groupe s'appelle Glove Senses, ils sont accrocs au son méticuleux et ne cherchent pas la popularité. Ce sont des maniaques ! Ils ne font pas trop de concerts mais nous sommes convaincus que ça vaut le coup de les découvrir. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi ces artistes et pris la décision de sortir leurs CD.

Orient-Extrême : Pourquoi y a-t-il eu de si longs délais entre la formation du groupe en 1998, le premier album Connectors en 2003 et le second Fake it! en 2005 ?
Norio : Nous donnons davantage d'importance aux prestations live, et nous travaillons par conséquent nettement moins sur la sortie des albums. C’est cette préférence des concerts qui a motivé le choix de LCP LIVE!, le disque que nous avons apporté à JAPAN EXPO. Il s’agit de notre troisième album, et c’est un enregistrement live.

Orient-Extrême : Vous collaborez avec des membres de session pour les concerts, entre autres pour celui d'aujourd'hui. Comment les avez-vous recrutés ?
Ono : Nous cinq, ici présents, constituons la base originale du groupe. Cependant nous travaillons souvent avec un réseau qui regroupent de nombreux artistes avec qui nous collaborons régulièrement. Dans le cas du concert à JAPAN EXPO, nous avons cherché les musiciens les plus adéquats pour cet événement.

Orient-Extrême : Math, vous êtes le Visual Jockey du groupe. Vous restez en régie pour diffuser des vidéos complètement psychédéliques sur les écrans des salles. Elles sont créées en direct selon la musique produite par les autres membres. On y voit des mots en japonais ; ce sont les titres des chansons ?
VJ Math : Oui, ce sont tout simplement les titres, en effet.

Orient-Extrême : Est-ce votre première visite à Paris ?
Muko : Oui. Pour moi, Math et Shuichi, c’est la première fois. Paris est vraiment une ville formidable !
Orient-Extrême : Avez-vous pu visiter ?
Math et Muko, en chœur et avec enthousiasme :
Nous allons visiter plus amplement dès demain !





Le MySpace officiel de LCP avec vidéo live : www.myspace.com/lostcolorpeople
Le site officiel de LCP : www.lcpweb.net

Photos : Eric Oudelet, Sophie Héry, Kevin Racinoux et CINE QUA NON
Remerciements : J-Music LIVE, JAPAN EXPO et Emiko pour la traduction
Reproduction/réutilisation des photos, de l’interview et/ou du reportage strictement interdite.



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