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Aoi en concert à JAPAN EXPO 2008 : reportage

Pour cette neuvième édition de JAPAN EXPO, le premier concert de rock visuel est confié à Aoi, petit nouveau de cette scène musicale japonaise à la mode en Europe. Le jeune homme, extrêmement calme voire rêveur en conférence de presse, va devoir se réveiller pour présenter aux Français(es) ses récentes créations personnelles. Accompagné de ses musiciens de session, il lui faut convaincre l’Europe pour conforter le lancement de sa carrière, notre continent étant devenu un marché important pour les représentants d’un genre peu populaire dans l’archipel.

Officiellement actif depuis un peu plus d’un an, Aoi a préalablement fondé BOUNTY, un groupe dont la faible notoriété n’a pas vraiment dépassé les frontières japonaises. En solo (parallèlement depuis fin 2007), la discographie d’Aoi compte deux singles et un album. C’est dans ces quelques CD au style gothico-rock-light pour midinettes que l’artiste a pioché pour dresser la setlist de ce jeudi 4 juillet 2008.

Il est 15h15 lorsque les visiteurs sont lâchés dans le J.E.’s Live House, surveillés de près par un service de sécurité légèrement renforcé, calmant déjà les ardeurs des jeunes filles qui voulaient arriver en trombe dans le hall. En un instant, une muraille exclusivement  composée d’adolescentes se dresse devant la scène ; la moyenne d’âge la plus basse de tous les concerts du week-end. 15h30, le vrombissement d’un orage résonne, suivi d’une douce mélodie et de discrets piaillements d’oiseaux : TERRA… Quatre musiciens montent sur les planches, puis une poursuite éclaire l’arrivée du chanteur à la fine silhouette, tout de noir vêtu ; une tenue qu’il porte en vidéo et sessions photos, des plumes noires sur les épaules frôlent son visage maquillé.



Coupant court aux habituels shows rythmés de ses congénères (comme le bulldozer machine le lendemain), la prestation d’Aoi débute dans une ambiance propice au relâchement, voire au recueillement, sur un tempo très lent avec un chant lyrique et plaintif d’une grande légèreté. Amis metalleux et amateurs de gros son, la sortie vous est toute indiquée. Pas mauvais sur un tel morceau nécessitant maîtrise, finesse et puissance, le petit Aoi fait néanmoins souffrir les tympans, même au fond de la salle, lorsqu’il pousse un peu sur sa voix ; la faute à un volume élevé desservi par la réverbération excessive de ce hall métallique. Sur TERRA, l’échos rappelle le chant d’une baleine ; avouez que l’effet contraste avec sa source, filiforme, frêle et élégante.

VISION, premier single à la composition plus dansante et surtout plus rock (la mélodie de fond au synthé restant plus discrète qu’en studio), fait réagir le public, vraisemblablement familiarisé à ce titre très réussi (l’un des meilleurs !) grâce à la diffusion du clip sur la chaîne spécialisée Nolife. Aoi joue avec les bandes de tissus pendues à son pied de micro, s’enroule dedans, semble un peu stressé dans son rôle d’apprenti poseur gracieux, mais qui ne le serait pas pour une première prestation à l’étranger avec un public méconnu à conquérir ? Il se penche ensuite sur ce même pied de micro, prend un air rebelle… pas vraiment crédible entre les plumes, le rock soft et le coté enfant de chœur déchu du performer. Mais il semble vivre le moment à fond, ce qui force le respect. Coté public, les filles aux yeux qui brillent ne sont pas insensibles au jeune homme qui s’ébouriffe la crinière. Elles le font savoir par des mains jointes en forme de cœur et de nombreux cris entre les chansons, pendant les solos de guitare, et avec des "aishiteru" [NDLR : "je t’aime"] déchirants.



"Bonjour ! Bonjour Paris ! Je m’appelle Aoi. Enchanté". Des hurlements retentissent dans toute la salle. Petit moment d’humour peut-être, les quelques coups portés sur la batterie après les mots du chanteur en français rappellent la fin des sketches comiques... "Je suis très content d’être ici avec vous ce soir". Ce n’est pas le soir ? Ça ne choque pas grand monde, alors passons. Aoi a l’air amusé des réactions du public lorsqu’il parle - plutôt bien, il faut l’avouer - notre langue. L’investissement personnel ne passe pas inaperçu et le charmeur gagne des points mérités.

New Code puis GHOST IN THE SHELL, un petit tube en live, poursuivent la série des titres au refrain accrocheur. Même durant ceux-ci, les musiciens restent plantés derrière leur retour de scène respectif, à leur place marquée d’une petite croix sur le sol, Avec le champ laissé libre, le chanteur commence à prendre confiance et arpente la scène de gauche à droite, le pied sur le matériel de sonorisation. Les musicos avaient-ils pour ordre de ne surtout pas lui voler la vedette ? Tout porte à le croire. Si le bassiste et sa simili chemise semble débarquer de Startrek, le batteur et les deux guitaristes arborent un look "visu" plutôt sobre. Ces guitaristes paraissent néanmoins frustrés de ne pas pouvoir bouger : alors que l’un sautille sur place avec l’air de beaucoup s’amuser (même dans le mettre carré qui lui est accordé), l’autre fouette l’air de ses longs cheveux et s’étire en tous sens derrière son instrument.



Pour le cinquième titre joué cet après-midi, le trépidant frontier, Aoi tombe la veste, remet ses longues mèches auburn sur son visage, les défait, les remet… parce qu’il le vaut bien, certainement. Fier de son brushing donc, il continue à faire craquer les filles, qui dansent, sautent et crient sans le lâcher des yeux. La voix d’Aoi, un peu dans la veine d’un Juka, tient la route. Ce qui n’est pas toujours évident pour un artiste qui pousse autant sur ses cordes vocales. Le coté lyrique peut agacer certains, séduire d’autres. Par moment, le mélange rappelle un peu le groupe Versailles, en moins violent, moins pêchu, et avec une voix plus efféminée et une technicité nettement moindre côté instrumentalisation. Les chansons s’enchaînent sur une bonne demi-heure, Aoi prend ses marques et aguiche les filles, grand classique du visual kei, se lèche les lèvres, regarde les premiers rangs dans les yeux… Les spectatrices semblent conquises, même si elles prennent beaucoup trop de décibels en pleine face.



"Ça va Paris ?" (Eh oui, Villepinte, c’est forcément bien moins glamour !), "Ça va tout le monde ?". Les cris retentissent pendant qu’Aoi enlève les cheveux qui lui obstruent la bouche. Un autre coup de cymbale retentit et le chanteur présente chaque membre un par un avant de finir : "Et moi je m’appelle Aoi. C’est la première fois que je viens en France. C’est bien plus beau que je le pensais. Le temps qu’on a passé ensemble est un trésor pour moi. C’est la dernière chanson, elle s’appelle LUMIERE". L’audience reste abasourdie : quel bon français ! De telles phrases ne s’apprennent pas dans les loges cinq minutes avant d’entrer en scène, nouvelle preuve de l’attention portée par Aoi à ce voyage promotionnel. Le public en apprécie d’autant ces efforts à parler la langue de Molière, et salue la performance vocale (bien que l’ingénieur son aurait du y aller plus doucement sur le volume). On retiendra surtout l’incontournable single VISION, ou encore le final LUMIERE. Débuts français réussis et assez prometteurs pour Aoi, mais sa sensibilité et son rock à fleur de peau le réserve à un public bien particulier.

Mélody Ikasu


Setlist :
01 - Terra
02 - VISION
03 - New Code
04 - GHOST IN THE SHELL
05 - frontier
06 - replay
07 - LUMIERE





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Photos : Eric Oudelet, CINE QUA NON, Sania et Sophie Héry
Remerciements : JAPAN EXPO
Reproduction/réutilisation des photos et/ou du reportage strictement interdite.




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