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DIRTRUCKS Europe Tour 2008 : reportage à l'EDWIN PARTY du 5 septembre 2008 à Paris

Pour une marque qui peut se payer Brad Pitt pour sa campagne de pub, on pouvait espérer une soirée grandiose. Et en effet, pour le lancement de la marque japonaise EDWIN Jeans en France, on n’a pas lésiné sur les moyens. A l’entrée de l’église, lieu de vie atypique du manager d’EDWIN, un tapis rouge et quelques gardes du corps en costard accueillent les invités. Tenue correcte fortement conseillée : mannequins à frange et talons aiguilles évoluent parmi les buffets sushi. Au milieu de cette soirée VIP parisienne très chic : le groupe de rock féminin DIRTRUCKS, venu représenter la marque en musique en inauguration de sa tournée européenne 2008.

Le concert prend place sur une scène aménagée là où, vraisemblablement, aurait dû se trouver un autel. Les pièces de vie, devenues bar, ou coulisses pour les DIRTRUCKS, sont séparées de la fosse improvisée par des rideaux. Entre chapelle moderne, villa kitch et authentique salle de concert, le lieu en lui-même offre un cachet inattendu à la soirée. Une nouvelle opportunité pour les DIRTRUCKS, trio devenu quatuor, d’être découvertes par un public pas facile à conquérir... tout en se faisant offrir jeans et blousons.

Rock ! Rock ! for EDWIN

Les DIRTRUCKS ont donc été désignées pour la soirée comme égéries de la marque, répondant exactement aux critères recherchés : un groupe de filles qui a la classe, jouant un bon petit rock pas trop fort, pour préserver les vitraux de la casse. Pour les connaisseurs, la surprise de la soirée sera la performance des deux nouveaux membres du groupe, la chanteuse CELICA et la bassiste DETH-TOMO, qui prennent le double rôle de DEE. Ce changement, soldé par la sortie du nouvel album Coming Over Me/You, impose un style punk beaucoup plus appuyé, en particulier par la voix rocailleuse d’une vocaliste montée sur ressorts.



Abandonnant la kawaii rébellion de sa prédécesseur, CELICA débarque sur scène en hurlant. Le public reste globalement de marbre, poursuivant tranquillement sa discussion avec le voisin après avoir jeté, peut-être, un coup d’œil curieux à l’énergumène qui vient de débarquer. Seuls quelques enthousiastes applaudissent, pour la plupart galvanisés par la joliesse de ces dames, ou/et par les bouteilles de Pommery distribuées à volonté. Malgré le désintérêt manifeste de la salle, DIRTRUCKS entame son set avec énergie.

Comme prévu, cette énergie permet à la version live de compenser le manque de caractère des titres enregistrés, qui tentaient sans doute de coller de trop près un modèle punk-rock pré-établi. Dès Deep, CELICA laisse librement exploser une impétuosité qui, étouffée en studio, participait de la faiblesse de leurs nouvelles compositions. L’arrivée de DETH-TOMO, à l’inverse, n’est pas une révolution. Sans bouger de son bout de scène, elle assure une partie rythmique linéaire qui n’apporte rien d’inédit.

RUI, dont on avait déjà remarqué la prestance lors de leur première tournée européenne, a eu le temps, en deux ans, d’approfondir les relations intimes qu’elle entretenait déjà avec sa guitare. Elle multiplie ainsi les soli, en plaçant un, deux, trois par titres, et pendant les interludes. Dans son élan, elle se jette par terre, à genoux, allongée, sur le côté, dos à la scène, au milieu du public, hilare. Le côté too much du geste, s’il épouse parfaitement l’ambiance, téléporte la salle dans les années 90, sorte de réminiscence du rock made in California type Offspring... à la sauce nipponne.



Contrastant avec l’imperturbable SAE, fidèle à sa bouille pas commode, CELICA grimace, louche, trébuche et se trémousse. Ses mimiques volontairement grotesques rappellent la chanteuse pas nette des 54 Nude Honeys ; hormis le look, beaucoup plus soft chez les DIRTRUCKS, le rapprochement se fait de lui-même. Une attitude datée, donc, qui échappe de justesse au ridicule.

Pour ce qui est de la setlist, les nouveaux titres viennent se mêler aux reprises des hits de Yellow Rose (pour certains présents dans Coming Over Me/You). Pendant Rock ! Rock !, qui sollicite la voix de chaque membre, CELICA se rapproche de RUI, heureuse de pouvoir partager son micro : si l’on ajoute à ces démonstrations amicales l’excellente adaptation, voire réinterprétation des anciennes chansons, on pourrait affirmer que cette configuration profite bien mieux à DIRTRUCKS.

Il faudra néanmoins une bonne dose de persévérance et de culot à CELICA pour attirer un peu mieux les regards. Malgré la venue de multiples groupes japonais en France entre septembre et novembre, on espère pour DIRTRUCKS qu’elles seront dûment récompensées par l’atmosphère de leurs prochains concerts, cette fois ouverts au public : le 16 septembre à la Mécanique Ondulatoire de Paris (5 euros l’entrée !), le 27 novembre à Perpignan, le 28 à Castres et le 29 à Tarbes.

Aurélie Mazzeo


Setlist :
01 - Deep Inside My Heart
02 - YOUR D
EAD SOUL
03 - Rock ! Rock !
-MC-
04 - MOVE RIGHT
-MC-
05 - Float In Haze
06 - Shame
-MC-
07 - HEY YOU
08 – Catch me
-MC-
09 - COWBOY SONG
10 - The Rocker
11 - LIVING
12 - Coming Over Me


A lire également :
- Interview et reportage DIRTRUCKS en concert à Marseille le 6 octobre 2006
- Reportage DIRTRUCKS en concert à Paris le 25 octobre 2006
- Interview et reportage DIRTRUCKS en concert à Paris le 16 septembre 2008


Le site officiel de DIRTRUCKS : www.dirtrucks.com
Le site officiel européen d’EDWIN : www.edwin-europe.com
Photos :
Alice & Peter Punk
Remerciements : RAGE TOUR
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