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MAXIMUM THE HORMONE : interview le 7 novembre 2008 à Paris

Popularisé au Japon par son single Koi no Mega Lover qui fut classé 9ème à l'Oricon en 2006, le quatuor punk MAXIMUM THE HORMONE s'est en partie fait connaître dans nos contrées grâce aux génériques de l'anime DEATH NOTE : What's up, people?! et Zetsubou Billy. Le groupe vient maintenant saluer ses fans européens à domicile et enchaîne une dizaine de dates en deux semaines en Angleterre, en Allemagne, en France et en Espagne. La veille du concert parisien déjà complet, les quatre artistes (aussi décomplexés et drôles que leur management nippon est rigoureux et intraitable) nous reçoivent peu avant leur séance de dédicaces, très peu fréquentée à cause d’une obligation d’achat visiblement peu appréciée.

Orient-Extrême : Commençons par parler un peu des débuts du groupe. C'est vous, NAO et DAISUKE-HAN qui avez formé MAXIMUM THE HORMONE en 1998. Parlez-nous de ces débuts…
MAXIMUM THE RYOKUN (guitariste chanteur) et DAISUKE-HAN (chanteur) :
Dès le début, nous étions quatre !
NAO (batteuse et chanteuse) : Pour nous, la vraie formation du groupe s’est faite au moment où nous avons été réunis tous les quatre.
DAISUKE-HAN : Le "précédent groupe" avec NAO avait le même nom que l'actuel, mais nous considérons qu'il est différent. MAXIMUM THE HORMONE est réellement né à l’instant où nous avons été un quatuor.
Orient-Extrême : Ce groupe était si différent de l'actuel ?
MAXIMUM THE RYOKUN
 : Ce sont de veilles histoires...
DAISUKE-HAN : Nous préférons parler de ce qui s'est passé à partir du moment où nous avons été quatre.
NAO : Même au Japon, nous faisons en sorte de ne pas trop parler de ce qu'était le groupe avant l'arrivée de MAXIMUM THE RYOKUN et de UE-CHANG.

Orient-Extrême : Cela fait maintenant près de dix ans que le groupe existe dans sa formation actuelle et il a dû beaucoup évolué. Quels ont été les plus gros changements selon vous ?
DAISUKE-HAN :
Tout d'abord, il ne reste plus beaucoup de place libre sur le bras de UE-CHANG [DAISUKE-HAN tire la manche du bassiste pour montrer son bras noir de tatouages et tous explosent de rire]. Il n'y a même plus un seul petit interstice. Ça, c'est le plus gros changement. Et ensuite...
UE-CHANG (bassiste et chanteur) : Et toi, tu as bien pris dix kilos.
DAISUKE-HAN : Vingt kilos, même !
MAXIMUM THE RYOKUN : Alalalalalala, il y a dix ans...
DAISUKE-HAN : Oui, il y a dix ans, j'étais très mince et maintenant, [DAISUKE-HAN soulève son t-shirt] ça fait comme les Pyrénées, regarde !
MAXIMUM THE RYOKUN : Oui, moi aussi. [il soulève son t-shirt à son tour, et tous les deux passent un moment à comparer leurs bourrelais en se marrant]

Orient-Extrême : Et vous, NAO, seule femme parmi ces hommes. Comment gérez-vous votre place au sein d'un groupe punk/métal au son aussi lourd, massif et violent ?
NAO :
Je n'ai pas vraiment conscience de tout ça.
Orient-Extrême : C’est amusant de trouver une femme à l’origine et au centre d’un groupe aussi sauvage.
NAO : Oui... Je me dis juste que c'est mieux quand les gens se disent "Oh ! C'est une fille à la batterie !" plutôt que "Mouais, c'est une fille à la batterie". Enfin, le principal est surtout qu'ils remarquent que je suis une fille
 ! [rires]

Orient-Extrême : Parlons de votre venue en Europe et du 2008 EURO TOUR. C'est la première fois que vous faites une tournée à l'étranger. Vous aviez des appréhensions, des attentes particulières avant votre départ ?
DAISUKE-HAN :
Nos appréhensions ? Tout d'abord, comme nous n'avons pas sorti de CD en Europe…
NAO finit la phrase : Nous nous demandions qui pourrait bien venir aux concerts, qui pourrait nous connaître...
DAISUKE-HAN : Évidemment, c'était une peur mais d'un autre côté, ça faisait partie de ce qui nous intéressait : quel genre de gens viendraient ? Quelles réactions auraient-ils ?

Orient-Extrême : Quel a donc été votre public en Allemagne et en Angleterre où vous avez fait six dates ? Comment vous a-t-il accueilli ?
DAISUKE-HAN :
En Allemagne et en Angleterre, il y avait vraiment toutes sortes de personnes : des metaleux, mais aussi des gens qui ne viennent pas forcément souvent en concert ; par exemple, des gens qui se sont déplacés parce qu'ils sont fans d'animes (nous avons fait quelques génériques, tout particulièrement DEATH NOTE). Mais tout le monde frappait dans les mains, headbanguait, chantait avec nous. Nous n'étions pourtant jamais venus en Europe, même pas une fois ! Que tout le public chante… ça nous a vraiment  touchés. Et puis demain, nous faisons notre premier concert en France. Je pense que le public aura une réaction différente. Chaque pays est différent et j'attends de voir ça avec impatience.

Orient-Extrême : Comment imaginez-vous le public français ?
Après un moment de réflexion, tous commencent à baragouiner :
Froushfroushfroushfroush...
Orient-Extrême : Le français !?
Tous :
Oui ! C'est comme ça que nous l'imaginons !
NAO, en français : "Je veux des croissants".
Tous explosent de rire, puis commencent une description des Français : Ils sont calmes ! Ils sont bien propres sur eux ! Ils sont élégants !
Orient-Extrême : Vous les voyez différents des Anglais et des Allemands ?...
NAO :
Nous ne savons pas encore. Nous verrons ça demain.
DAISUKE-HAN : C'est ce qui est intéressant.
NAO : Oui, ça promet d'être sympa.

Orient-Extrême : A propos des concerts… Les cassures et changements de rythme, ainsi que les rythmes syncopés sont souvent les points les plus difficiles à gérer dans un groupe. Vous multipliez ces exercices à longueur de show, est-ce pour vous aussi l’une des principales difficultés à gérer sur scène ?
NAO :
En fait, nous faisons pas mal de choses difficiles, vous en pensez quoi ?
MAXIMUM THE RYOKUN : Quand on est sur scène, on ne pense pas vraiment à tout ça.
NAO : Et de toute façon... Nous avons Bon Jovi qui joue à notre place, derrière en backstage. [rire] Enfin bref, effectivement quand nous jouons, nous ne pensons pas que nous sommes en train de faire quelque chose de difficile.
DAISUKE-HAN : Nous sommes pris dans l'énergie de la musique, dans nos émotions.

Orient-Extrême : Comment composez-vous aujourd’hui vos morceaux ? Comme vous chantez tous les quatre avec des timbres et des styles bien particuliers, est-ce que vous pensez les voix de chacun comme de véritables instruments ?
MAXIMUM THE RYOKUN :
C'est moi qui compose les morceaux. En ce qui concerne le chant, j'aime beaucoup de choses différentes : les jolies mélodies, les sons très heavy, les cris… et je veux utiliser tout ça. Alors, si par exemple, je veux une voix très féminine, je mets de côté mes couilles et j'imagine que je suis une fille pour obtenir cette voix-là.

Orient-Extrême : La question suivante concerne un morceau qui date un peu, "Policeman FUCK" (Policeman F**K, tiré du premier album Mimikajiru, sorti le 23 octobre 2002)…
DAISUKE-HAN sourit :
C'est bon, on peut en parler ! C'est un morceau d'un des albums qu'on a fait à quatre ! Pas de problème.
Orient-Extrême : Merci.  Il y a quelques années, vous avez donc intitulé un de vos morceaux Policeman F**K. En France, le groupe NTM avait aussi utilisé ce genre de propos dans une de ses chansons et ça avait fait scandale.
Tous :
Ah bon ???
Orient-Extrême : Comment est reçu ce genre de propos au Japon ?
MAXIMUM THE RYOKUN
: C'est vrai qu'au début, ce titre... Il y a aussi un morceau qui s'appelle Pato-car Moyasu ("Cramez les voitures de police") dans le même album, et le Policeman F**K en est une sorte de réponse ou de suite. C'est vrai que c'était un peu limite…
NAO : Au Japon, on ne peut dire ni "policeman fuck", ni sortir un morceau qui a pour titre "policeman fuck". Donc, nous avons un peu triché selon les CD et le statut indépendant / major. Il y a des expressions comme celle-ci qu'on change…
Orient-Extrême : De la censure ? Il y a beaucoup d'expressions que vous devez changer ?
Tous :
Ouiiii !!! Plein !
NAO rit : A chaque fois, nous devons changer des choses pendant les enregistrements.
DAISUKE-HAN est mort de rire et montre du doigt un membre du staff qui se cache dans son manteau.
DAISUKE-HAN : Pour Policeman F**K, comme nous étions encore indépendants, il n'y a pas vraiment eu de problème.
MAXIMUM THE RYOKUN : Et puis, si ça a eu très peu d'impact sur le public japonais, c'est qu’il n'y avait pas grand monde qui nous écoutait à cette époque-là.

Orient-Extrême : Ça veut dire que dans le dernier album, vous n'utilisez plus ce genre de mots et de discours choc ?
Tous :
Si, plein ! C'est encore pire, même ! C'est dangereux ! DANGEUREUX !
MAXIMUM THE RYOKUN, le seul à rester anormalement sérieux : Par exemple, "Poa".
DAISUKE-HAN se calme soudainement : Oui, "Poa".
NAO : "Poa" est un verbe qui signifie "tuer". C'est un mot qui fait partie du vocabulaire employé par la secte Aum. [NDLR : "Poa" est un concept bouddhique signifiant "supprimer", "rédemption". Le terme avait été employé par le gourou Asahara Shôkô pour parler des attentats au gaz sarin dans le métro de Tôkyô qu'il avait orchestrés avec des membres de sa secte en mars 1995].
Orient-Extrême : Pourquoi utiliser un mot de la secte Aum ?
MAXIMUM THE RYOKUN
: Il y a plein de raisons, c'est difficile à expliquer. Ce mot n'est pas forcément très répandu au Japon, donc... Comment dire...
DAISUKE-HAN : Au Japon, on ne peut pas prononcer ce mot à la télévision par exemple. Il y a comme un code de déontologie et c'est interdit. En concert, on peut... C'est assez étrange.
MAXIMUM THE RYOKUN : En fait, j'adore utiliser les termes employés par la secte Aum, comme le gaz sarin.
Orient-Extrême : Il y a une raison ?
MAXIMUM THE RYOKUN
: Oui, mais ça n'a rien à voir avec la secte Aum ! Ce qui nous intéresse, c'est l'aspect violent et extrême du culte. Les mots, eux aussi, sont chargés de cette violence.
Tous : Nous ne sommes pas des membres de la secte !
NAO : C'est vrai que ce sont des mots qu'il ne faut pas prendre à la légère et qui ont un sens fort. On semble s'amuser avec, mais on les utilise pour leur sens profond.

Orient-Extrême : Avant de nous séparer, nous voudrions prendre des nouvelles de la santé de DAISUKE-HAN. Vous allez bientôt vous faire opérer pour un kyste aux cordes vocales. Vous n'avez pas quelques inquiétudes, comme un quelconque changement dans votre voix après l'opération ?
DAISUKE-HAN : Ce qui va changer, c'est... mon visage. Il va grossir et mes yeux aussi ! Et mes jambes vont s'allonger également.
MAXIMUM THE RYOKUN : Ça aura sûrement aussi un effet sur moi, mais à l'inverse mes jambes vont rétrécir.
NAO : Il n'y aura pas de problème ! En tout cas, c'est gentil de s'inquiéter pour lui et son opération.
DAISUKE-HAN : Oui, merci !


Interview réalisée par Lorraine Edwards et Eric Oudelet à Paris le 7 novembre 2008.
Remerciements : J-Music LIVE et Emiko
Le site officiel de MAXIMUM THE HORMONE :
www.55mth.com
Visuels ©
Nippon Television Music Corporation

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