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Jelly Beans à Chibi Japan Expo 2 et à Mon 1er Festival : reportage et interview les 1er et 2 novembre 2008

Passées quasiment inaperçues à JAPAN EXPO 2008 où elles n’avaient pu chanter que dans la salle karaoké, les Jelly Beans étaient de retour cet automne à Chibi Japan Expo aux portes de Paris, cette fois pour un vrai concert dans la grande salle de spectacle. Vous ne les connaissez pas ? Rassurez-vous, les Japonais non plus ! Ces jeunes chanteuses pop, apprenties idols, n’ont sorti qu’une poignée de singles à elles deux dans l’archipel. Elles misent apparemment sur la France pour se faire un nom, c’est beau de rêver.

Le duo Jelly Beans est composé de deux chanteuses, Yuki et Asakura Sakura, chacune menant sa carrière solo en parallèle. Quel que soit le single, personnel ou commun sous la bannière Jelly Beans, il s’agit de Jpop purement commerciale sans originalité, ce genre de CD que le marché nippon produit par centaines chaque année. A l’écoute, on ne s’amuse finalement qu’avec la face A du premier single du duo, DANSHI KINSEI, le reste n’égalant même pas les dernières productions Hello!Project (c’est dire…). Les costumes sweet lolita étonnamment choisis pour la France (pour surfer sur la mode visual kei alors qu’elle adoptent évidemment un style casual voire trendy au Japon) tendent à prouver que les filles n’ont pour le moment ni identité ni réelle personnalité à imposer, et sont prêtes à faire un peu tout et n’importe quoi pour attirer l’attention. Yuki, en bleu, se présente tout de même comme l’adepte de la "kawaii-attitude" ; et Sakura, en rose, est la plus girly / fashion avec son look de Shibuya-girl bronzée et décolorée (elle est aussi modèle pour des magazines de mode). Fidèle au poste à longueur de journées au stand du label ASLAN à JAPAN EXPO et Chibi Japan Expo, les filles ont évidemment répondu à un maximum de sollicitations, qu’il s’agisse de photos ou de dédicaces, pour s’attirer la sympathie des Français, sans laisser paraître une quelconque fatigue. Après avoir été un peu mises au rebut lors de JAPAN EXPO, elles ont eu la chance de fouler la scène principale de Chibi Japan Expo pour leur second concert français ; quarante-cinq minutes pour interpréter à deux les titres de Jelly Beans et des carrières solos devant quelques centaines de spectateurs. Ils ne feront pas trop la fine bouche car la Jpop live reste rarissime dans nos contrées.



Récré à 2

Il y avait pourtant à redire, que ce soit au niveau des petites chorégraphies hésitantes (étudiées mais peu rôdées), des compositions "Leaderprice", ou de l’horrible rendu criard et perceur de tympans de la voix suraiguë de Sakura… Mais l’enthousiasme et l’implication des filles appellent une certaine indulgence, d’autant qu’elles chantent juste durant toute la prestation sur leur accompagnent préenregistré, certainement le fruit d’une intense préparation physique dans les Karaoké-box de Tôkyô. A la condition sine qua non de rentrer dans le trip régressif adéquat (niveau maternelle / école primaire), on s’amuse de cette pop enfantine avec un entraînant et donc pertinent DANSHI KINSEI en introduction, le lobotomisant SUKI SUKI de Sakura (et ses fameux cuivres clownesques synthétiques, avec une danse assez hilarante qui rappelle le cultissime Fais la poule de Sebasto, sans le faire exprès…) ou avec NOGASHITA SAKANA HA OOKIIZO (sa boite à rythmes qui s’emballe, le public qui crie, les Jelly qui moulinent des bras et lèvent la jambe dans une chorégraphie désopilante…).

La récréation bat son plein, se riant du ridicule… ou pas, pour les paumés qui débarquent en plein show avant de repartir en courant ! Mais comme chacun sait, une récréation ne dure en principe qu’une vingtaine de minutes. Le délire finit par lasser au fil des titres poussifs : ASHITA E, Hikari, la paire teintée de rock en solde Oshiete! my teacher de Yuki / your smile avec leurs solos de guitare si clichés de la Jpop 90’s / début des années 2000, et même la chanson acidulée Jelly Beans avec ses cris de Pokemons… Mais ce qui retient davantage les spectateurs de marquer le rythme en criant à la demande des Jelly Beans (comme le font les troupeaux d’hommes louches aux concerts du H!P), c’est peut-être tout simplement ce parcage devant des chaises, alignées par rangées, loin en face d’une simple scène peu élevée. Yuki et Asakura Sakura ont beau appeler à sauter, à crier et à s’amuser (en français, s’il vous plait !), les Français, pour le coup "prisonniers" et surveillés par des agents à la mine patibulaire, se seraient certainement beaucoup plus lâchés debout dans une fosse. Optant pour une sécurité excessive après le joyeux capharnaüm de JAM Project la veille, les organisateurs éprouvent encore des difficultés à configurer judicieusement les salles de concert en fonction de la programmation, la position assise convenant par exemple idéalement à
YANEKA plus tard dans la journée.



Les trois quarts d’heure de délire Jpop se terminent par un bon choix, la ballade NANAIRO wonderful world, incluse au premier single de Jelly Beans. Elle ne casse peut-être pas trois pattes à un Canarticho, mais s’avère meilleure que les titres qui précèdent, et a le mérite de conclure sur une touche un chouia subtile et émotionnelle, toujours avec la même application au chant. Les filles annoncent vouloir revenir ; pourquoi pas, en attendant mieux (bref, presque n’importe qui) ! Et parce que l’on ne recule devant rien et que l’on aime les expériences surnaturelles, nous avons suivi Jelly Beans le lendemain à leur mini-concert auprès des enfants de Mon 1er Festival, un festival cinématographique pour les 2-12 ans, dans une salle du 10ème arrondissement parisien. Quelle sera la réaction d’un tel public face à l’inconnu de la pop japonaise ?

La Jpop cartonne à la maternelle !

Pendant que Chibi Japan Expo se poursuit à Paris-Est Montreuil, rendez-vous est donc pris vers midi le 2 novembre 2008 à L’Archipel, la petite salle qui programme des animes pour Mon 1er festival : Mon voisin Totoro, Nausicaä, Les contes de Terremer… et Princesse Mononoke dont la projection se termine à point pour voir déambuler deux Pikachus chantant dans une ambiance de kermesse... Les costumes-pyjamas de Yuki et Sakura font mouche auprès de l’extraordinaire audience composée d’une petite dizaine d’enfants et d’autant de parents, d’un discret papy gentleman, et du staff du ciné - histoire de combler un minimum le vide intersidéral.



Pour ce showcase d’une demi-heure, les deux grandes enfants japonaises que sont les Jelly Beans ont composé une setlist à base de génériques d’animes populaires, connus des plus petits : Pokemon, Totoro et Dragon Ball Z avec le fameux "opening" Chala Head-Chala ! Passée la surprise du débarquement de ces exotiques Pikachus vivants parlant une étrange et incompréhensible langue, le public est rapidement pris par le plaisir de la découverte des versions originales (on applaudit bien fort l’équipe euphorique de L’Archipel qui chauffe la salle), interprétées avec de larges sourires et force kawaiitude. Sakura serait-elle la plus douée au karaoké ? A moins qu’une fangirl de Pokémon ne sommeille en elle ?... Elle se passerait presque de son livret pour chanter, par cœur, Mezase Pokemon Master ; alors que Yuki, plus concentrée sur les paroles, se montre la plus énergique dans les chorégraphies (encore plus simplistes que la veille) à partir du générique de DBZ, son grand kiff vue l’énergie qu’elle déploie. Pas évident dans un tel déguisement sous la chaleur des projecteurs. D’une gentillesse très maternelle mais un peu gauche compte tenu de leur âge, les filles se révèlent réellement attendrissantes avec les enfants, répondent aux questions des parents sur la signification des textes (via la traductrice d’Euro Japan Comic), et posent pour des photos. Les grands yeux brillants de Yuki en disent long sur le merveilleux de cette expérience, un minuscule concert à l’autre bout de la planète pour une dizaine de petiots sans préjugés qui, s’ils n’ont pu reprendre en chœur que le facile refrain de Tonari no Totoro, se sont simplement amusés en faisant fi des paroles oubliées (pourtant dans l’unique chanson de Jelly Beans, NANAIRO wonderful world !) ou des parties graves assassinées (Chala Head-Chala)… Du fun, point barre. Et, pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, Yuki et Sakura ont joué leur retour à Chibi Japan Expo en Pikachu à Jan Ken Pyon (le jeu du "pierre, feuille, ciseaux") ! Effet garanti sur les trottoirs de Paris et dans le métro : Pikachu Yuki, la perdante du jour, devient l’attraction de tous les passants qui retombent en enfance !

On aura beau chercher en vain quel rêve un peu fou les amène à vouloir forcer le destin chez nous, à grands frais alors que même HALCALI piétine avec un son et une créativité incomparables, les Jelly Beans ont tout de même le mérite de divertir, et c’est bien là la fonction de base de tout artiste Jpop, non ? En attendant l’hypothétique venue des Jpop Queens (ou Princesses, on s’en contentera déjà !), Yuki et Sakura comblent un manque toujours avéré ; certes avec de modestes moyens, mais avec de la passion et un plaisir à partager. Il n’est pas dit que ces deux Pokemons chantant connaîtront un jour une évolution, mais on peut au moins les remercier pour leurs joyeux numéros. Et souvenez-vous : il aura fallu passer par BLOOD pour voir, seulement quelques années plus tard, le somptueux concert de L’Arc~en~Ciel au ZENITH

Eric Oudelet


Setlist Jelly Beans à Chibi Japan Expo 2 :
01 - DANSHI KINSEI
02 - Holiday
03 - SUKI SUKI
04 - NOGASHITA SAKANA HA OOKIIZO
05 - Oshiete! my teacher
06 - your smile
07 - ASHITA E
08 - Hikari
09 - Jelly Beans
10 - NANAIRO wonderful world

Setlist Jelly Beans à Mon 1er Festival :
01 - Mezase Pokemon Master (générique de début de Pokemon)
02 - Chala Head Chala (générique de début de Dragon Ball Z)
03 - NANAIRO wonderful world
04 - Sampo (générique de début de Tonari no Tororo)
05 - Tonari no Totoro (générique de fin de Tonari no Totoro)







Il y a foule ce samedi après-midi dans l’espace presse de Chibi Japan Expo 2 où les interviews s’enchaînent de toutes parts. Profitons de la pause entre la conférence d’Aoi et le concert de YANEKA pour faire plus ample connaissance avec les Jelly Beans, que nous avions invitées à la soirée Japan Fashion et revues à JAPAN EXPO en juillet dernier…

Orient-Extrême : Bonjour Yuki (en bleu), bonjour Sakura (en rose). Vous êtes encore nouvelles sur le marché de la Jpop et les Français ne vous connaissent pas du tout. Pouvez-vous vous présenter avec trois mots qui vous définiraient personnellement ?
Asakura Sakura :
Bonjour, je m’appelle Sakura et je dirais… mignonne, "diablotin"… et gyaru / japanese girl !
Yuki : Je suis Yuki de Jelly Beans ! Pour moi, les trois mots seraient fabriquer, chanter et communiquer.
Orient-Extrême : Et si vous deviez résumer le concept de Jelly Beans ?
Asakura Sakura :
Hum… "Cute girls" ! [rires]

Orient-Extrême : D’où vient ce nom, Jelly Beans ?
Yuki :
À la base, on chante en solo et on souhaitait avoir plus de force et d’impact en s’associant.
Asakura Sakura : Pourquoi ce nom ? Différentes couleurs, différents goûts… Ce sont les bons ingrédients de Jelly Beans !

Orient-Extrême : Depuis quand chantez-vous ?
Yuki :
Ça fait quatre ans que j’ai démarré en solo, mais j’avais déjà formé un groupe où je chantais au lycée.
Asakura Sakura : J’ai toujours aimé chanter, j’allais beaucoup au karaoké.

Orient-Extrême : Parlez-nous du déclic qui vous a incité à en faire un métier.
Yuki :
Au lycée, j’ai lu un livre d’une chanteuse que j’aimais, et j’ai un peu voulu l’imiter, devenir professionnelle à mon tour.
Orient-Extrême : De qui s’agissait-il ?
Yuki rit, un peu gênée de devoir se dévoiler :
C’était Ai Kawashima, une chanteuse et musicienne Jpop (qui faisait partie d’I WiSH avec nao).
Orient-Extrême : Et vous, Sakura ?
Asakura Sakura :
On m’a proposé de chanter, de faire un essai… Et je me suis dit "pourquoi pas !?". Je faisais déjà de la comédie, des choses de ce genre… et je commençais à avoir des contacts. C’est ainsi que j’ai rencontré le producteur qui m’a invitée à tenter ma chance dans la chanson.

Orient-Extrême : Yuki a déjà en partie répondu : aviez-vous ou avez-vous encore des modèles ?
Asakura Sakura, sans hésitation :
Namie Amuro. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, c’est vraiment bien.
Yuki : J’aimais SPEED !

Orient-Extrême : Vous venez en France essentiellement en tant que Jelly Beans. Est-ce que vous allez continuer vos carrières solos ?
Asakura Sakura :
Oui, on continue. On souhaite poursuivre tous ces projets en même temps.

Orient-Extrême : Vous composez la musique de vos chansons ?
Asakura Sakura :
On écrit les paroles et on compose aussi. C’est surtout Yuki qui s’occupe de cet aspect du travail.

Orient-Extrême : On reste surpris, pour ne pas dire perplexe, en voyant vos tenues sweet lolita, très différentes de votre style au Japon, que ce soit sur les photos, dans vos clips ou vos DVD… Pourquoi ce choix à chaque venue en France ?
Asakura Sakura :
On a entendu dire que ce look lolita marchait bien en France, et ça nous a incitées à nous habiller dans ce style. Si Yuki travaille surtout sur l’écriture et la composition, le côté visuel est plutôt mon affaire.

Orient-Extrême : Vous avez eu la chance de passer sur l’écran géant de Shibuya [NDLR : l’un des lieux les plus emblématiques de l’effervescent Tôkyô contemporain, un peu comme Times Square à New York]. Ça vous a fait quel effet ?
Les filles se réjouissent que nous ayons eu vent de cette anecdote.
Asakura Sakura : On n’avait vraiment pas l’impression que c’était nous, on n’y croyait pas ! C’était comme si on voyait d’autres personnes. C’est Yuki qui m’a appelée en direct quand elle nous a vues passer. Elle se promenait à Shibuya et m’a annoncée cette grande nouvelle par téléphone.

Orient-Extrême : Vous êtes à Paris depuis quelques jours. En avez-vous profité ?
Asakura Sakura :
La dernière fois, on était venues l’été pour JAPAN EXPO et on n’avait pas eu le temps de visiter. Cet automne, on a eu beaucoup plus de temps pour découvrir Paris, et on a pu visiter le Musée du Louvres et la Tour Eiffel de nuit [NDLR : photos à l’appui sur leurs blogs].

Orient-Extrême : Malgré votre première représentation dans la salle karaoké de JAPAN EXPO 2008, votre show de tout à l’heure sur la grande scène de Chibi Japan Expo 2 était votre premier vrai concert en France avec une réelle exposition médiatique, et vous passiez après une référence japonaise : JAM Project.
Asakura Sakura :
Vivre tout ça nous motive encore plus à faire des concerts et à continuer de chanter.
Orient-Extrême : Satisfaites des réactions du public français ?
Asakura Sakura :
Oui, c’était génial. En France, les spectateurs continuent de crier et d’applaudir après la fin d’une chanson, ça nous a beaucoup touchées.
Yuki : Ça fait chaud au cœur. Que d’émotions !

Orient-Extrême : Vous vous investissez beaucoup, vous vendez vous-mêmes vos CD à JAPAN EXPO et à Chibi Japan Expo… Au Japon, presque tous vos fans doivent être des hommes ; mais qui achète vos CD en France où les rapports sont différents ? Plutôt les filles ? Plutôt les garçons ?
Asakura Sakura :
C’est un public de la même génération que nous, à peu près autant de garçons que de filles.

Orient-Extrême : Sakura, vous allez donner votre premier concert oneman ce 9 novembre 2008 au Japon. Êtes-vous prête ? Comment préparez-vous cet événement ?
Asakura Sakura :
J’ai encore pas mal de travail de préparation à faire en rentrant à Tôkyô, mais le concert de tout à l’heure, ici en France, m’a donné beaucoup de courage.

Orient-Extrême : Avez-vous prévu de nouvelles sorties CD, que ce soit en tant que Jelly Beans ou en solo ? De nouveaux singles ou un premier album ?
Asakura Sakura :
Un single Jelly Beans va bientôt sortir, sûrement en décembre [NDLR : Nekketsu Cheer Girl, le 26 décembre 2008]. On a également un album en préparation, qui arrivera plus tard. Et je vais aussi sortir un single solo en décembre.
Yuki : J’ai moi aussi plusieurs CD en préparation : mon troisième single Rocket Dash, mon deuxième mini-album [NDLR : BLUE SPIRAL]… tout ça en décembre aussi, en principe.
Asakura Sakura : On pourra venir avec tous ces CD à notre retour en France !

Orient-Extrême : Ce retour est déjà prévu !?
Asakura Sakura :
On a très envie de revenir ! [rires]

Orient-Extrême : Et à part la musique, vous aimez quoi ?
Asakura Sakura :
J’aime la mode. Je viens de commencer une carrière de modèle pour des magazines japonais, et j’aimerais bien continuer dans cette voie.
Yuki : J’aime regarder des animes !
Orient-Extrême : Lequel ou lesquels en particulier ?
Yuki :
Hagane no Renkinjutsushi [NDLR : FullMetal Alchemist]. C’est sorti en France, je crois !?
Orient-Extrême : Oui, à la télé et en DVD. Merci pour cette interview !
Jelly Beans, en chœur :
"Merciiii" !



Photos : Eric Oudelet
Remerciements : Euro Japan Comic, Chibi Japan Expo et L’Archipel
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