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LM.C : compte rendu de la conférence de presse du 2 février 2009 à Paris

Au lendemain de son concert parisien complet à La Loco, parachevant le triomphe des étapes françaises de sa première tournée européenne, le duo LM.C signait quelques centaines de dédicaces à la Fnac Champs-Élysées… en un temps record ! Mais plus tôt dans l’après-midi, les deux excentriques Japonais au style à la fois rock, pop, électro voire hip-hop, avaient rendez-vous avec les media, notamment pour une conférence de presse de quarante-cinq minutes. Chupa Chups rouge ou bleue : peu importe votre choix, vous saurez tout ; suivez le lapin rose !

Vos deux concerts français ont été de gros succès. Partagez-vous cet avis ? Vous vouliez que le public de Paris fasse du show à La Loco le meilleur de LM.C. Est-ce que ça a été le cas selon vous ?

maya (chanteur) : Effectivement, c’est le meilleur concert du groupe à ce jour. Avant de monter sur scène, on sentait déjà l’énergie du public dans la salle et l’effervescence autour de cet événement. Hier, Paris a remporté la palme du meilleur concert LM.C !

Avez-vous été surpris par la vente de tous les billets pour ce concert (soldout) ?
Aiji (guitariste) :
Avant d’être surpris, on était tout simplement contents ! On ne pensait carrément pas avoir autant de fans ici. Et puis après la surprise est venue une forme d’inquiétude : allions-nous pouvoir assurer ?

Est-ce que vous vous attendez à des ventes similaires dans les autres pays européens visités ?
maya : On ne sait pas vraiment comment seront remplies les prochaines salles.
Aiji : On sait juste que la Finlande a été soldout en deux jours. Les billets partent bien ailleurs, mais ce n’est pas complet.

Juste avant de monter sur la scène de La Loco, étiez-vous anxieux ou plutôt détendus ?
maya :
Je me répétais dans ma tête, un peu comme si je me jetais un sort : "Je suis à Paris, je suis à Paris !". La tournée est assez dense, on n’a pas vraiment le temps de faire du tourisme, et donc pas le temps de visiter Paris ou d’autres villes. J’essaie par conséquent de bien me conditionner, de me visualiser dans tel endroit en me disant "Je suis dans telle ville" ; à Paris plus qu’ailleurs.
Aiji : Comme on n’a pas le temps de faire du tourisme, on se fait une image de chaque pays à travers les sensations particulières ressenties lors des concerts que nous donnons. Le but est que chaque concert soit réussi pour garder les meilleurs souvenirs possibles de chaque pays.

Est-ce que vous avez des petites habitudes avant de monter sur scène, ou des objets porte-bonheur qui vous suivent en tournée ?
maya :
Une fois que je suis habillé, maquillé, coiffé… Je me regarde dans le miroir et je me dis "Ha ! Aujourd’hui aussi, je suis classe !" [rires] Pas pour m’admirer, mais pour vérifier que je suis cool, dans le bon état d’esprit. Je rentre alors en quelque sorte vraiment dans la peau de mon personnage, prêt à monter sur scène.
Aiji : Avant chaque concert, j’échange quelques mots avec chaque membre de session.

Le public parisien a repris en chœur beaucoup de vos chansons. Ça vous a fait quel effet ?
Aiji :
Des gens qui chantaient japonais alors qu’ils ne sont même pas censés parler la langue, c’est déjà surprenant ; mais ça fait surtout trèèès plaisir, c’est aussi très émouvant. C’est une belle preuve d’affection.

En parlant de preuve d’affection, un garçon du public a bondi sur la scène de La Loco pour faire la bise à Maya. Vous avez eu peur ?
maya rit :
J’étais à fond dans la chanson et j’ai aperçu furtivement une silhouette noire glisser vers moi. J’ai cru que c’était Aiji qui perdait l’équilibre et qui tombait. En fait, j’ai mieux regardé et je me suis rendu compte que c’était quelqu’un qui était habillé comme nous. Je suis resté un instant figé par la surprise, c’était très inattendu et ça a été très rapide. Dommage que ce soit un mec ! [rires]

Est-ce que vous receviez des demandes de la part des fans européens avant la signature de cette tournée ?
Aiji : Oui, on a reçu beaucoup, beaucoup de demandes, de lettres… surtout de France !

A la fin de vos concerts européens, vous faites des rappels, alors que vous n’en faites pas au Japon. Pourquoi cette absence de rappel "à domicile" alors que vous revenez pour un vrai final en Europe ?
Aiji : Quand nous jouons au Japon, on peut dire au public à chaque fin de concert : "nous reviendrons bientôt, nous nous reverrons à tel endroit et à telle date". Il y a une continuité et une proximité avec les fans. En Amérique du Sud et en Europe, nous ne savons ni quand, ni où nous reviendrons. Il y a une certaine forme d’incertitude malgré notre envie de revenir, alors nous jouons deux ou trois morceaux supplémentaires en guise de cadeau. C’est un moyen de prolonger le concert, et de dire au revoir à tous les fans que nous voyons moins souvent.

Pensez-vous réussir à vous "imposer" et à durer en Europe, comme d’autres groupes qui ont réussi à percer en même temps que la musique japonaise gagne en popularité ?
Aiji :
On pense que la musique de LM.C a un avenir en Europe, ce serait mentir que de dire le contraire. On a réellement envie de s’implanter ici. [rires]
maya : Aux débuts du projet LM.C, on n’avait pas l’intention de conquérir le marché européen. Ce n’était pas un refus de venir, mais ça nous paraissait abstrait, pas vraiment concevable… Voir autant de monde lors des deux dates françaises, ça fait plaisir ! Et ça nous motive davantage à offrir plus de plaisir à tous ces fans en retour.
Aiji : C’était notre première tournée européenne… Le plus dur était de faire cette "première fois". Ce sera plus simple par la suite, on pourra frapper encore plus fort !

Maintenant que LM.C est bien lancé, pourquoi ne pas intégrer officiellement les membres de session ? [NDLR : à Paris, maya et Aiji était entourés de quatre autres artistes]
maya rit :
Au début, quand on a formé LM.C, on a cherché des membres pour constituer le groupe : bassiste, etc. Mais on n’a pas trouvé les bonnes personnes. Du coup, on a décidé d’avancer à deux en intégrant des musiciens de session pour les concerts puis pour les enregistrements. Finalement, comme on voit souvent nos membres de session, l’ambiance est devenue familiale et c’est comme s’ils faisaient partie du groupe. Pour le moment, on n’a pas l’intention d’officialiser leur intégration ; ça se fera éventuellement un jour mais il n’y a actuellement pas de projet dans ce sens. Qui vivra, verra.

Comment avez-vous rencontré et choisi ces musiciens ?
Aiji :
En fait, ce sont des amis d’amis, et comme les amis de mes amis sont mes amis… On a pris des gens avec qui on se sentirait bien sur scène.
maya : C’est une forme de casting sans être un casting : il fallait que ce soit de bons musiciens, mais pas seulement…
Aiji : Il fallait aussi qu’il y ait un bon feeling et qu’on forme un groupe uni.

Quel est le rôle de DENKI-MAN, le membre de session costumé qui avait un masque à crête à La Loco ?
Aiji : D’après vous, quel est-il ?
C’est un animateur, un déconneur qui vient faire la fête et chauffer le public…
Aiji et maya : Vous avez bien compris le rôle de ce personnage. C’est un peu le troisième membre de LM.C. Il met l’ambiance, il déconne sur scène, il peut tout faire ! C’est un peu la mascotte. On s’est dit que c’était bien d’avoir un personnage atypique de ce genre.





maya, au départ, vous étiez guitariste et vous êtes devenu le chanteur de LM.C par défaut. Est-ce que vous vous considérez aujourd’hui davantage comme un chanteur ou comme un guitariste ? Laisseriez-vous votre place de chanteur si la bonne personne que vous n’aviez pas trouvée se présentait ?
maya rit :
En effet, on a cherché des membres pour fonder le groupe et j’étais destiné à être guitariste. Malheureusement, on n’a pas trouvé les bonnes personnes et comme j’avais déjà fait le chant sur notre demo-tape, j’ai continué ! Si la bonne personne se présente, je lui laisse ma place de chanteur sans problème ! Il faut juste qu’elle convienne à nos attentes, qu’elle s’intègre parfaitement dans le projet ; il faut qu’on se dise "c’est le nouveau chanteur charismatique de LM.C". On reste ouverts à ce sujet.

Pourquoi ne pas chanter et jouer de la guitare en même temps, comme le font d’autres artistes ?
maya :
Je suis juste incapable de faire les deux en même temps ! [rires] Et puis… après avoir commencé à chanter, je me suis dit qu’il valait mieux se concentrer sur cet unique aspect pour que le rendu soit le meilleur possible.

LM.C, c’est tout un univers, stylé, très coloré… Comment avez-vous créé vos personnages et quelles ont été vos inspirations ?
maya :
Quand on monte sur scène, c’est un changement d’état d’esprit mais pas tellement de personnage, on reste nous-même. Pas de schizophrénie ! Il y a bien eu une réflexion au niveau du look vestimentaire, mais pas si poussée que vous pourriez le croire. On se questionne entre nous, juste pour savoir ce qui serait sympa ou classe à porter, ce qui serait visuellement accrocheur…

Comment est né le "lapin-logo" ? Qui a eu l’idée ?
maya :
On s’est inspiré d’un dessin que j’ai réalisé il y a longtemps, on l’a redesigné. Ce n’est pas forcément un lapin ! C’est un être à longues oreilles…

Comment créez-vous vos chansons ? Comment se passe la composition, l’écriture ? Quelles sont vos inspirations ?
maya :
Le processus est relativement rapide.
Aiji : On crée des morceaux complets chacun de notre côté. Quand on est satisfaits de nos créations  et qu’elles sont quasi-finalisées, on se les échange pour ajouter ou retirer des choses, afin d’optimiser chaque titre. On passe ensuite au studio pour enregistrer. Dès le début, c’est très poussé.
maya : J’écris les paroles en même temps que je compose mes propres morceaux. En ce qui concerne ceux d’Aiji, j’écoute plusieurs fois ses compositions et j’écris les textes à partir de là…

maya, est-ce que les textes de vos chansons vous concernent personnellement ?
maya :
Ça dépend beaucoup des morceaux, et de la musique. Parfois, je m’inspire de mon vécu, des émotions que j’ai pu ressentir ; d’autres fois, je raconte une histoire.

Du point de vue des textes, de quelle chanson vous sentez-vous personnellement le plus proche ?
Intense réflexion…
maya : J’aime toutes mes chansons et je me reconnais dans chacune d’elles. Je suis même étonné d’aimer autant chaque chanson de LM.C. Cependant, pendant OH MY JULIET. à Paris, qui a reçu un accueil génial, je me suis dit que c’est un titre que j’apprécie vraiment beaucoup.
Aiji, encore très hésitant : Je ne peux pas désigner un titre en particulier. A partir du moment où je passe un morceau à maya, ça veut obligatoirement dire qu’il me plait et me satisfait. Même s’il évoluera un tout petit peu, il continuera de me plaire.

Quelle serait votre chanson préférée, tous artistes et origines confondus ?
maya :
wooooo !...
Nouveau long moment d’introspection…
Aiji : Ça fait un peu "quel morceau tu veux écouter au moment où tu vas mourir ?".
Pas forcément, ça peut être un titre qui vous redonne régulièrement la pêche…
maya : Le premier CD qui me vient à l’esprit est le premier CD que j’ai acheté : le générique de l’anime Ranma 1/2. Ça me donne la patate. Bon, euh… Ne croyez pas non plus que je l’écoute en boucle, hein ! [rires]
Aiji : Bon, je suis incapable de citer un titre plus qu’un autre à ce niveau, mais la chanson que j’ai le plus écoutée en 2008 est No One d’Alicia Keys.

Aiji : Les journalistes français sont vraiment très sages !
maya : Ouais.
Rires.

Avez-vous retenu un mot français en particulier, un mot qui vous aurait marqué ?
Aiji : "
Merci".
maya : "Filles". [rires]

Vous devez beaucoup votre réussite au succès de vos clips vidéo. Vous travaillez depuis le début avec le même réalisateur. Comment l’avez-vous rencontré et comment travaillez-vous avec lui ?
Aiji :
On voulait travailler avec une personne jeune, à peu près du même âge que nous. On a visionné plusieurs vidéos, et on a choisi l’heureux élu. A chaque fois qu’on veut créer un clip, on amène un paquet d’idées qui partent dans tous les sens ; et le réalisateur réussit à canaliser tout ça et à apporter de la cohérence. Il apporte lui aussi ses idées, ses conseils… C’est quelqu’un avec qui on est assez complices, avec qui on peut facilement échanger et qui nous permet de développer régulièrement le monde de LM.C.

Est-ce vous qui décidez si tel ou tel clip doit être réalisé avec une technique d’animation ? Dans le cas de Sentimental PIGgy Romance, par exemple…
Aiji :
Pour ce clip en particulier, j’ai fait la musique, puis maya a fait les paroles. Ensuite, on s’est dit que ce serait bien que ce soit un dessin animé. Comme on ne connaissait personne pour en réaliser un, on en a parlé à notre réalisateur habituel et il nous a trouvé quelqu’un. Chaque conception de clip a sa petite histoire, mais on travaille globalement toujours de la même manière.

Un message à transmettre ou un dernier mot ?
maya :
Merci.
… (blanc) [rires]
maya : Quelques mots pour vous et pour les fans : les concerts étaient vraiment excellents et on serait extrêmement heureux de revenir. Continuez à écouter notre musique sur nos CD et envoyez-nous des lettres.
Aiji : On sera sûrement amenés à revenir en France, et il y aura certainement la sortie de nouveaux CD. On compte sur tout le monde (vous, les fans…) pour nous encourager et nous faire connaître en Europe. On s’en remet à vous !
maya et Aiji : "Merci beaucoup" ! [en français]


A lire également : live report et photos du concert LM.C à La Loco

Conférence de presse organisée par Soundlicious et RAGE TOUR à Paris le 2 février 2009, avec la participation d'Orient-Extrême, de Japan LifeStyle, de Nippon Project et d'un podcast de GOOM radio.
Propos recueillis par Eric Oudelet avec la participation de Camille Poulain.
Questions Orient-Extrême préparées par Julie Carvahlo, Eric Oudelet et Mayu.

Reproduction du compte-rendu et des photos strictement interdite.

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