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KEISHO OHNO : interview à Paris le 11 février 2009 lors de la tournée SAMURAI SPIRIT 2009

KEISHO OHNO et ses musiciens ont entamé leur tournée européenne 2009, un voyage qui les a amenés à jouer le 11 février sur une jonque chinoise à Paris, la Dame de Canton. Armé de son tsugaru shamisen, instrument traditionnel à trois cordes, l’artiste nippon continue aujourd’hui son SAMURAI SPIRIT 2009 tour : Luxembourg le 13 février, Metz le 14, Bruxelles le 15, Villeurbanne le 17, Forcalquier le 18… pour revenir à Paris le 20 à l’occasion d’une représentation gratuite à l’OPA. Naturellement héritier des grands maîtres du shamisen, KEISHO OHNO y ajoute ses propres influences modernes, rock, électro… pour aboutir à un style percutant et groovy, aux sonorités typiquement nipponnes. Nous l’avons rencontré sur la Dame de Canton, bercée par la Seine, quelques heures avant sa première représentation française de l’année.

Orient-Extrême : Qu'est-ce qui vous a poussé à apprendre le shamisen plutôt qu’un instrument plus contemporain comme la guitare ?
KEISHO OHNO : J’ai commencé par apprendre le piano en étant petit, mais comme j’avais beaucoup de mal à bien jouer, j’ai demandé à ma mère si je pouvais essayer le shamisen. Elle en jouait et je trouvais le son très joli… Finalement, j’ai trouvé ça cool !

Orient-Extrême : Vous aviez quel âge à cette époque, quand vous avez débuté le shamisen ?
KEISHO OHNO :
Huit ans.

Orient-Extrême : Qu'est-ce qui vous distingue des autres joueurs de shamisen ? Comment définiriez-vous votre style ?
KEISHO OHNO :
Tout en respectant la tradition, mon style fusionne rock, punk, techno, house… L’addition de tous ces genres modernes forme mon univers musical personnel.

Orient-Extrême : Que jouez-vous, est-ce que ce sont des compositions personnelles ? Des reprises ? Des classiques japonais ?
KEISHO OHNO :
Mes concerts se découpent en deux parties : traditionnelle avec des compositions classiques nées il y a très longtemps, et personnelle avec l’interprétation de mes propres compositions. Il s’agit de montrer la progression en partant des classiques pour évoluer vers la musique moderne que je crée.

Orient-Extrême : Le shamisen est-il un instrument difficile à apprendre ? Quelles sont les principales difficultés ?
KEISHO OHNO :
D’après moi, c’est un instrument très difficile car parvenir à sortir les notes justes sur un shamisen est un exercice particulièrement ardu. J’ai besoin de m’entraîner tous les jours pour continuer à jouer correctement.

Orient-Extrême : Ce serait donc impossible d'apprendre seul et la présence d'un professeur serait nécessaire ?
KEISHO OHNO :
Hum… Je dirais que c’est possible, surtout à notre époque avec l’accessibilité des vidéos d’apprentissage. Mais je pense que ça prendrait plus de temps qu’avec un professeur.

Orient-Extrême : Pour vous, quelle est la différence entre un shamisen classique et votre tsugaru shamisen ?
KEISHO OHNO :
Le manche d’un tsugaru shamisen est plus long et plus rond. La caisse est également plus ronde est tout ceci donne un son plus dynamique que celui du shamisen traditionnel.

Orient-Extrême : Quel est votre public au Japon ?
KEISHO OHNO sourit :
Ce sont des femmes ! Des femmes en grande majorité. Ce sont aussi et avant tout des gens qui apprécient la sonorité du shamisen, qu’il soit traditionnel ou moderne.

Orient-Extrême : Des femmes de quelle tranche d’âge ?
KEISHO OHNO :
De vingt… jusqu’aux grands-mères ! [rires]

Orient-Extrême : Comment le shamisen est-il perçu par la jeunesse japonaise, les moins de vingt ans ? Est-il vu comme un instrument vieillot ou garde-t-il un statut noble ou contemporain ?
KEISHO OHNO :
Mes compositions originales ont réussi à plaire aux jeunes qui les ont écoutées, en particulier les jeunes qui n’avaient pas écouté de shamisen et qui n’avaient pas d’idées préconçues vis-à-vis de cet instrument. Pour eux, c’est comme un nouvel instrument et ils n’ont pas d’a priori négatif.

Orient-Extrême : Comment le public européen et américain accueille-t-il votre musique ?
KEISHO OHNO :
Les spectateurs américains assistent à mes concerts comme si c’était un match de sport. Ils sont très passionnés ! Les Européens paraissent très riches culturellement, ils sont très réceptifs mais, au fond, très passionnés également.

Orient-Extrême : Comment s'est passé le concert au Pays-Bas, première date de la tournée européenne 2009 ? C'était complet. Comment était le public ?
KEISHO OHNO :
J’ai commencé par interpréter des compositions traditionnelles et le public était assez pensif, calme… Au fur et à mesure, plus je glissais vers mes propres morceaux, plus les spectateurs s’excitaient et se passionnaient !



Orient-Extrême : Il y a à peine quelques jours, on découvrait dans votre blog que vous changiez de coupe de cheveux ! Est-ce exprès pour la tournée européenne ? C'est important ?
KEISHO OHNO :
Je ne m’occupais pas trop de mes cheveux jusqu’à présent. Pour la tournée européenne, j’ai fait couper un petit peu ! Les Européennes sont très portées sur la mode alors je voulais paraître propre ! [rires]

Orient-Extrême : Est-ce que vous avez une nouvelle fois emporté avec vous de la nourriture japonaise pour survivre durant votre voyage ? Trouvez-vous les prix toujours aussi chers chez nous pour manger ?
KEISHO OHNO :
J’ai emporté de la soupe miso ! [rires] En général, la nourriture n’est pas si chère que ça en France. Par contre, la nourriture japonaise y est très chère…

Orient-Extrême : Quels sont vos meilleurs souvenirs de concert ?
KEISHO OHNO :
J’ai joué lors d’une croisière sur la mer des Caraïbes. Je ne sais pas pourquoi, mais l’humidité était de 0% sur l’eau ! Comme les cordes du shamisen se transforment en fonction de la qualité de l’air, elles étaient devenues très tendues et n’avaient plus du tout la même sonorité. Je me suis fatalement dit que cet instrument japonais ne pouvait être utilisé que dans son pays de naissance. Dans tous les cas et en tenant compte de ces conditions, c’est beaucoup plus simple de jouer au Japon.

Orient-Extrême : Gros problème que cette altération des cordes en fonction de la température et de l’air… C'est vraiment la difficulté majeure lors des voyages ? Comment y remédiez-vous ?
KEISHO OHNO :
Oui… En Europe, l’air est moins humide qu’au Japon, alors j’essaie de préserver l’état des cordes en apposant une serviette humide dessus, ou en vaporisant un peu d’eau. Avec cette méthode, j’arrive à peu près à m’en sortir.

Orient-Extrême : D’une manière générale, les artistes japonais accordent beaucoup d’importance à leur look, ce qui nous amène à une question… Est-ce que les joueurs de shamisen doivent obligatoirement s'habiller avec leur traditionnel kimono ? Existe-t-il un code ou une tradition à ce sujet ?
KEISHO OHNO :
Je trouve le kimono plus cool, simplement plus coordonné avec le shamisen.

Orient-Extrême : Un message à l’attention du public et des personnes susceptibles d’assister à l’une de vos dates en Europe ?
KEISHO OHNO :
Venez assister à mes concerts, vous y découvrirez une sonorité inédite. Je comprends que ça puisse paraître difficile d’approche, que cet instrument traditionnel paraisse un peu inaccessible, mais vous verrez qu’il n’en ait rien. Le musique au shamisen est accessible et saura certainement vous toucher.



Le site officiel de KEISHO OHNO : www.keisho.info/france.html
Le MySpace officiel de KEISHO OHNO : www.myspace.com/ohnokeisho
A lire également : reportage à l'OPA et interview-bilan de KEISHO OHNO

Interview et photos réalisées par Eric Oudelet le 11 février 2009 à Paris
Remerciement : J-Music LIVE
Reproduction des photos et/ou de l’interview strictement interdites.

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