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MUCC WORLD TOUR "MUCC IN EURO 2006" : le concert parisien

Le 14 mai 2006, la première tournée mondiale de MUCC s’achève en France. Après leurs passages en Allemagne, à Bordeaux et à Marseille, MUCC est de retour dans la capitale pour sa dernière date sur le vieux continent. Les parisiens salivent à l’avance tant ce concert rock à la Locomotive promet : leurs compatriotes du sud leur ont rapporté sur les forums et par bouche à oreille l’ambiance de folie des concerts de la semaine, avec une performance quasi divine des quatre artistes.



Il fallait se lever tôt ce dimanche pour espérer être en première ligne : la tête de file était sur place depuis le petit matin. C’est seulement deux ou trois heures avant l’ouverture des portes que la queue commence à se faire réellement compacte… et à s’énerver. Ceux qui ont passé la journée les fesses sur le trottoir ne voient pas d’un très bon œil les arrivistes de la dernière minute qui se collent à eux l’air de rien. Alors ça se bouscule, ça crie, ça se marche dessus... Mais la Locomotive cache une arme ultime contre la foule trop excitée : la baraque à panini ! Des grandes portes noires de la boîte parisienne surgit un petit stand prêt à vendre des crêpes au Nutella à la foule qu’il éventre. Ca surprend, ça amuse, ça détend et au final c’est dans un relatif calme et une plutôt bonne humeur que les 700 spectateurs entrent dans la Locomotive.

"Are you ready ?"

Les lumières de la scène prennent une teinte rougeâtre, la salle impatiente hurle si fort que l’on n’entend à peine l’introduction de 6. Il n’y a pas de barrière pour sauvegarder le groupe du public surexcité, mais seulement une avancée haute d’un bon mètre cinquante accolée à la scène. Le premier rang est déjà affalé dessus et frappe de toutes ses forces les planches de bois, réclamant la venue des Japonais. C’est sous les acclamations que le groupe fait son entrée, un par un, levant les bras rapidement vers le public en signe de salutation. Sans plus de cérémonie, MUCC commence par Kuukyo na Heya, la deuxième piste du mini-album 6 (tout juste sorti en en édition française), parfaite pour un échauffement des vertèbres.

Fini le maquillage et les costumes "semi-visualesques", les quatre garçons sont en jean/t-shirt ou chemisette classieuse, pieds nus comme toujours. Les spectateurs et le groupe n’ont pas besoin de mise en condition pour rentrer corps et âme dans le concert et l’ambiance est rapidement bouillante. MUCC enchaîne vite les morceaux : akai sora, jubilatif, Zetsubô, intense, mais ce sont les premiers accords de Saishuu Ressha qui réveillent pour de bon les instincts braillards et agités du public parisien. C’est assurément un des meilleurs titres de Houyouku et c’est un plaisir de le voir jouer en live ce soir. Miya, concentré, le nez sur le manche de sa guitare, balance la tête lentement sur les arpèges légères des couplets mais il s’énerve soudainement, fonçant vers le fond de la scène en toupie, secouant les cheveux comme un dératé quand les riffs du refrain surgissent, lourds et puissants.



Cette première partie de concert a déchaîné la fosse. Pourtant, pour ceux qui ne connaissaient pas le groupe et découvraient les morceaux ce soir, elle fut un peu longue et répétitive car les morceaux relèvent tous plus ou moins du rock lourd. Pour les autres, ce fut un bonheur de pouvoir hurler les paroles avec le chanteur Tatsurô dans un yaourt de japonais révolutionnaire, secouer les cheveux sur les riffs lourds de la guitare de Houyouku, sauter sur les rythmes endiablant des titres des albums sortis en France, HomuraUta, Kuchiki no Tou et 6.

On danse !

La suite des événements met tout le monde d’accord, les fans inconditionnels comme les curieux de passage. MUCC se lance dans leurs morceaux les plus "skaïfiants" : d’abord, Tonbi et ses accords plaqués, puis l’excellente Media no juusei. Sur une basse ronronnant et une guitare discrète, Tatsurô, planté derrière son micro, délivre ses paroles le visage déformé par ses diverses mimiques. Il tend les bras au dessus d’un public ébahi par tant de charisme, puis les ramène contre son torse, serrant son T-shirt "FUCK OFF" entre ses mains. La salle est silencieuse et contemplative, les regards sont pendus aux lèvres du chanteur.

MUCC nous fait une petite surprise en jouant leur single à venir, Ryuusei. Le public parisien découvre ce titre surprenant, on perçoit quelques notes au clavier, quelques erreurs musicales diverses aussi (qui gâchent un peu le plaisir procuré par cette très bonne chanson), mais elles sont toutes pardonnées : MUCC est en train de nous offrir un concert magistral. La salle est d’ailleurs en pleine jouissance. Sur scène aussi, les messieurs semblent apprécier et sourient prudemment.

Sur Monster, c’est l’hystérie, Tatsurô se transforme en acrobate et grimpe aux échafaudages, au dessus d’un public ultra chaud qui ne demande qu’une chose : qu’il se jette dans la fosse. Miya et le bassiste Yukke se promènent sur toute la scène, descendent ensuite sur les avancées… Des dizaines de mains s’agitent pour attraper le bas de leur pantalon, effleurer un de leurs doigts de pieds… Satochi frappe sa batterie frénétiquement en remuant la tête, la bouche ouverte. C’est un musicien vraiment amusant à regarder, très expressif ! Les premières mesures de Mae e font exploser la salle, elle sait que ce morceau lui donne droit à une "danse de la fesse" et un morceau d’harmonica de la part de Tatsurô, mais aussi au balancement si caractéristique du bassiste. Et, en effet, Yukke fait le métronome, vacille, se languit contre sa basse qu’il tient presque à la verticale. Face à lui, le public fasciné le regarde jouer au doigt, puis slapper et prendre totalement le contrôle du morceau pour lui donner des airs de reggae, faire danser ses compatriotes et toute la Loco.



"Last song" annonce Tatsurô. Miya lance suimin dans un accord rageur. Le public sur les rotules, en sueur, en transe, continue de sauter, de lever les bras, de hurler. A la fin, les musiciens, en nage eux aussi, posent prestement leurs instruments en plein larsens. Le chanteur, les mains jointes sur la poitrine, s’incline. Ils quittent la scène après avoir jeter médiators et baguettes.

"Encore !"

A peine les quatre garçons disparus dans les coulisses, le premier rang reprend son roulement de tambour manuel sur les planches de l’avancée, leurs camarades du fond se chargent de hurler successivement le nom des Japonais. MUCC revient sans trop se faire prier et entame des morceaux plus enlevés : Yuu beni, de la punk country bien amusante et Namonamuki Yume, un morceau punky lui aussi, pratique pour sautiller. Mais c’est incontestablement Tsubasa qui marque cette fin de concert. La jolie ballade n’a pourtant rien d’extraordinaire, coincée parmi les titres de Houyouku, mais c’est sans compter sur l’impressionnante interprétation des quatre artistes ce soir. Les mains se lèvent pour se balancer sur le rythme lent de cette chansonnette et, quand les trois musiciens s’approchent de leur micro pour accompagner leur chanteur, la Loco ne peut que reprendre elle aussi le refrain en cœur, des étoiles des les yeux. Tsubasa devient en un rien de temps un des moments les plus émouvants de la soirée, on se croirait presque dans un clip de Mickael Jackson à faire une grande ronde autour de la terre… Le groupe nous quitte sur ce moment d’émotion après une nouvelle distribution de médiators et autres baguettes.

La salle reste dans la pénombre, et le public recommence son rituel sur les planches de l’avancée sans grande conviction. Quelques notes slappées de basse filtrent depuis les coulisses, surprenant la salle qui se faisait lentement à l’idée que le spectacle était fini. Le groupe revient sur scène et joue la fameuse chanson Daikirai dans une version inédite, sans doute celle que l’on retrouve en dernière piste du nouveau single Ryuusei. Ce titre est décidément toujours un pur instant de défoulement en live. Cette fois, c’est vraiment la dernière chanson et tout le monde met ses dernières forces dans le "headbanging", aussi bien dans la fosse que sur scène.


Bien moins timides que l’été dernier, les quatre compères se sont donnés à fond, sans retenue, et ont littéralement enflammé la petite salle parisienne. Ils nous ont montré tout leur talent, leur charisme mais aussi leur sourire ! S’il est agréable de voir une prestation de qualité, ça l’est encore plus de voir des musiciens prendre plaisir à jouer, et MUCC est un de ces groupes qui, sans faillir à l’excellence, n’hésite pas à montrer qu’ils sont heureux sur scène. Un retour triomphal et démonstratif d’une envie que d’autres ont semblé avoir perdue. On n’a plus qu’une seule chose à dire : à la prochaine !

Lorraine Edwards


La setlist du concert :
01 - Kuukyo no heya
02 - Akai Sora
03 - Zetsubou
04 - Saishuu Ressha
05 - Hari bote no otona
06 - Rojiura boku to kimi e
07 - Daremo inai ie
08 - Gentôsanka~Forty Six
09 - Tonbi
10 - Media no juusei
11 - Zutazuta
12 - Monochro no keshiki
13 - Ryuusei (new song)
14 - Aori~Monster
15 - Mae e
16 - Suimin
Premier rappel :
EN1 - Yuu Beni
EN2 - Namonamuki yume
EN3 - Tsubasa
Deuxième rappel :
En4 - Daikirai

L'interview de MUCC quelques jours avant le concert :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=221

Remerciements : Soundlicious et No Sphere
Photos : Eric Oudelet
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