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LM.C TOUR '09 in Europe : reportage sur le concert du 1er février 2009 à Paris

Nous sommes le 1er février, il fait froid et la jeunesse de Paris, de France, et même d’ailleurs s'entasse devant les portes de La Loco depuis des heures, parfois depuis la veille… Cette foule compacte, au moins au trois-quarts féminine et aux dominantes noires et rouges, se languit d’assister au concert de LM.C, duo japonais pop-rock coloré (et sponsorisé par Chupa Chups ?) formé en 2006 par Aiji, un vétéran du visual kei, et maya, chanteur autrefois guitariste de miyavi. Contrairement à beaucoup de groupes classés visu’, LM.C tourne relativement bien au Japon ; c’est donc une chance pour les fans français, de plus en plus nombreux, de les accueillir. Pour cette troisième date de leur première tournée européenne, la seconde en France, La Loco affiche complet depuis des semaines et ce sont près de 900 personnes (la plus grosse audience du tour) qui prennent d'assaut les premiers rangs, se jettent dans la fosse, couvrent les ailes et s'entassent dans les escaliers à l’ouverture des portes.

Tout ce beau monde à la "nyappy-attitude" (toute comparaison avec les entertainers d’AN CAFE - eux aussi soldout à l’Élysée-Montmartre en mars ! - ne serait pas fortuite) patiente, non pas sur un habituel ramassis de rock crasseux, mais sur des remixes, un brin psychotiques, des classiques des parcs Disney : It’s a small world, La parade électrique… Délicieuse et pertinente idée pour se mettre dans l’ambiance tandis que de gros ballons estampillés du logo "lapin-rock’n’roll-extraterrestre" LM.C décorent et se balancent au dessus de la scène, survolant l'incontournable arbre à Chupa Chups qui devance la batterie. Dans la salle, comme sur les planches, on affiche l’être aux grandes oreilles partout, sur les t-shirts, serviettes et autres banderoles. Nous sommes visiblement en terre conquise.

Dans un souci graphique omniprésent (et très contrôlé : pas de photo ni vidéo, y compris pour la quasi-totalité des media !), les membres du staff, l'un cagoulé, l'autre caché derrière un masque de catcheur mexicain, s'affairent aux derniers réglages avant de faire la loi aux abords de la scène. Même la sécurité est costumée ce soir ! Soudain, toutes les mains se lèvent pour battre le rythme de Rainbow magic orchestra, repris du très célèbre We will rock you de QUEEN. Quelques inquiétantes notes de violon et des chants de "petits lutins pervers" (façon Happy Tree Friends) parfont la mise en place de l'univers cartoonesque décalé de LM.C, à mi-chemin entre Punky Brewster et Beetlejuice. Sous le feu des spots rouges, verts, jaunes, roses et bleus, les trois musiciens de session font leur entrée : un batteur, un claviériste et un bassiste à haut-de-forme, mACKAz de HIGH and MIGHTY COLOR (le groupe étant en vacances en Europe) ! Le très attendu guitariste Aiji, acclamé comme un messie, leur emboîte le pas, suivi de maya qui s’empare du micro après avoir laissé brailler le peuple de longues secondes. Bondit alors au premier plan un désarçonnant personnage, l’acolyte à crête, l’homme masqué d'une tête de mort, bien connu des fans : DENKI-MAN. Dans son rôle de troisième larron et de chauffeur de salle, il brandit un gong et s'empresse de sonner le début de CHEMICAL KING-TWOON.



Le morceau, plutôt pop sur CD, devient plus rock sous les accords live d’Aiji et le public déjà très chaud se lance sans plus attendre dans un joli bordel bien français : hurlements stridents continus, brassage de population, gentils pogos… ça déménage. Bell the CAT et sa ligne de basse bien ronde, puis Galileo complètent le trio gagnant de cette explosive entame de concert. "Jump ! Jump !" ordonne maya et toute La Loco bondit. Aidé de ses notes, le grand blond peroxydé s'essaie rapidement au MC en français avant d’embrayer sur une série… plus molle, les trois seuls titres en demi-teinte du concert, à commencer par JOCKER. maya se dandine, se tourne et gratifie ses fans de menues danses des fesses qui soulèvent leur lot de cris hystériques. Pourtant, c'est définitivement Aiji qui gagne aux jeux de l'applaudimètre, ses rapides solos et contorsions sont ponctués d'une clameur digne d'un stade. Le travail d’amuseur de DENKI-MAN s’en trouve facilité et il se contente de marquer le rythme de ses mains. Cessant de suivre scrupuleusement l'ordre établi du dernier album, GIMMICAL*IMPACT!!, les Japonais optent pour des morceaux de GLITTER LOUD BOX : Le sample de BOOST BUSTERz est suivi de celui de @FUNNY PHANTOM@. maya tente de faire chanter le public entre deux coups d'œil dans le miroir pour vérifier ses mèches ou réajuster de deux millimètres sa mini-veste. Pire qu’une fille, il refait son check-up toutes les dix minutes ! Pendant ce temps, DENKI-MAN [NDLR : le lascar et ses mimiques nous feraient presque penser à Pubpub, le singe muet de Téléchat que les jeunes spectateurs n’ont certainement jamais connu…] montre la voie de la juste chorégraphie et Aiji... se contente d'être Aiji.

Alors que les boules à facettes scintillent et que des guirlandes de Noël étincellent dans la nouvelle obscurité, LM.C passe sans transition des riffs metal de ces premiers morceaux au son plus doux et pop de cosmology. Le public profite de ce calme instant pour reprendre son souffle, instant qui se prolonge le temps d'un nouveau speech du chanteur. Si maya persiste un moment à s'exprimer en français, il finit par abandonner ; au public de faire quelques efforts linguistiques ! maya sonde le niveau de japonais de son auditoire, tend le micro pour recueillir "aishiteru !" (je t’aime) et autres "arigatô" (merci) ; mais après un amusant échange, constatant que la discussion, bien qu'attendrissante, n'ira pas bien loin, il se dote d'une interprète : la responsable du label Soundlicious. Assisté, il se laisse aller à de grandes déclarations et exhorte les Parisiens à faire de ce show le meilleur de toute l’histoire de LM.C, ni plus, ni moins ! "Les Japonais font plus de bruit que vous" ose lancer l'insolent par défi, et les hurlements redoublent d'intensité pour atteindre le douloureux seuil de 120 décibels, le bruit d’un avion au décollage... pas mal pour 800 gamins déjà bien égosillés par trente minutes de concert. Aiji s'empare du micro pour surenchérir : le groupe attendait ce concert depuis sa signature en juillet 2008. Et c'est un autre avion qui décolle dans La Loco.



Les musiciens profitent de l'agitation générale pour enchaîner sur CRAZY A GO GO, une instrumentale taillée pour exciter une fosse. La salle est ainsi d'attaque pour l’un des tubes incontournables du groupe : OH MY JULIET. maya, en petit coquin, prend les mains des jeunes filles en chantant son refrain dégoulinant de mots d'amour, refrain excellemment repris par la foule pour l’un des climax de ce show. Impressionnant. Il est subrepticement interrompu par un amoureux jaloux qui grimpe sur scène et l'embrasse - sur la joue - avant de plonger dans la fosse, esquivant le staff, peu enclin à accepter ce genre de débordement mais totalement pris de court. Malgré cet incongru incident, le spectacle continue, un spectacle de qualité, il faut le souligner ! Le décor - bien que cheap par rapport aux lives nippons - et les éclairages colorés collent parfaitement à l'univers de LM.C, et la présence des Japonais aux manettes rend le son impeccable dans une Loco très décevante à ce niveau ces derniers temps (le problème serait donc humain et non matériel ?). Les réglages en sont tellement bons qu’ils trahissent quelques errements vocaux de maya. Enfin, nous ne ferons pas les bégueules, le guitariste de formation devenu chanteur improvisé est un excellent
front-man : il danse, chauffe son public, tend le bras vers la tentaculaire marrée humaine où flottent lettres, cadeaux et banderoles. maya prend presque tout d'ailleurs, glisse les lettres discrètement dans les poches de son bermuda panthère, et se pare des banderoles pour le plus grand plaisir de ses fans.

Le hit mignonnet Sentimental PIGgy Romance (repris en chœur dans une ambiance énorme), les très pop Yellow Beauty et 88 (un gros succès également) s'enchaînent, laissant le public se balancer un peu plus calmement. little Fat Man boy et LIAR LIAR lui redonne de l’énergie avec leurs rythmes plus enlevés et leurs mélodies plus festives ; et le set s'achève dans l'hystérie sur *Rock the LM.C*, trois mots repris avec rage par toute la salle qui ne veut plus laisser partir ses deux idoles.



Le concert aurait pu s'achever ainsi, le duo n'accordant jamais la joie d'un rappel à ses compatriotes lors des concerts au Japon. Il choisit pourtant de faire cadeau de deux morceaux à ses fans européens. Ce rappel, exceptionnel donc, nous permet d'apprécier le déhanché ultra sexy de l'homme à la tête de mort sur JOHN. maya fait hurler une dernière fois son public parisien, en français : "garçons !", "filles !", "tout le monde !" ; puis en anglais, "boys !", "girls !", assurant ainsi la transition vers le dernier titre de la soirée, BOYS&GIRLS. Pour leurs adieux, Aiji distribue ses médiators et maya des sucettes. Le duo, apparemment satisfait, s'attarde sur la scène, laissant à ses fans français le bonheur de savourer quelques instants de communion supplémentaire, avec la prise de photos de groupe en souvenir.


Les deux grands gamins de LM.C avaient ainsi ramené dans leurs valises de quoi métamorphoser le temps d'une soirée notre modeste salle de Pigalle en un petit monde coloré acide et faussement enfantin. Le décor était sur mesure, le staff masqué (et dansant !), le squelette dingo surexcité, les sucreries pour tout le monde, tout était là et réussi pour mettre des étoiles dans les yeux des fans. Le duo a promis de revenir, et nous pouvons affirmer avec certitude qu'il est déjà attendu. Comme pour AN CAFE, il faudra certainement leur trouver une plus grande salle !

Lorraine Edwards


Setlist :
SE
01 - CHEMICAL KING-TWOON
02 - Bell the CAT
03 - Galileo
-MC-
04 - JOKER
05 - BOOST BUSTERz
06 - @FUNNY PHANTOM@
SE
07 - cosmology
-MC-
08 - CRAZY A GO GO
09 - OH MY JULIET
10 - Z-MAN
11 - METALLY
12 - Boon!!
-MC-
13 - Sentimental PIGgy Romance
14 - Yellow Beauty
-MC-
15 - 88
16 - little Fat Man boy
17 - LIAR LIAR
-MC-
18 - *Rock the LM.C*
--ENCORE--
19 - JOHN
20 - BOYS&GIRLS


A lire également :
- Compte rendu de la conférence de presse LM.C à Paris le 2 février 2009
- Critique de GLITTER LOUD BOX (version européenne)


Remerciements : Soundlicious et RAGE TOUR
Photos live © Pony Canyon
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