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Baby Jin à JAPAN EXPO 2010 : interview et extraits vidéo du showcase

Un Sud-Coréen à JAPAN EXPO ? Ce ne sont plus les anciennes tensions entre les deux nations, mais la rivalité actuelle des deux industries musicales, le protectionnisme japonais et la fierté coréenne qui faisaient douter de la faisabilité d’une telle programmation. Pourtant, le chanteur Rap/R&B Baby Jin a pu se produire en showcase sur la scène principale du festival le 1er juillet 2010. Autre grosse nouveauté : il est le premier artiste urban music de l’histoire de JAPAN EXPO, style pourtant majeur à l’échelle planétaire, y compris en Asie. Malgré son statut de parfait inconnu sous nos latitudes et son unique single datant de 2008, le vent de fraîcheur qu’il a fait souffler au festival nous a poussés à le rencontrer ; le personnage étant de plus producteur, à la tête de l’agence Star Village.

f(x) et EPIK HIGH en représentation au MIDEM, Baby Jin (de son vrai nom Yun Jin Hyuk) en showcase à JAPAN EXPO… Les choses s’accélèrent en France depuis début 2010 et les quelques invités Kpop de l’année suscitent déjà de nombreux espoirs. Outre les opérations internationales de sondage lancées par les agences coréennes, c’est un fait : plusieurs entrepreneurs français travaillent dans l’ombre au développement de ce marché potentiel, en pleine explosion si l’on se réfère -entre autres- aux statistiques de fréquentation des media, aux courbes de google trends et à la multiplication des soirées en Europe. Il apparait aussi que les labels et producteurs J-Music "historiques" sont hors-jeu sur le coup, trop focalisés à traire au maximum leurs licences et/ou pas assez aware pour suivre l’évolution du marché et les nouvelles passions des consommateurs. On n'est jamais mieux servi que par soi-même : exactement comme au début de la vague J-Music, des jeunes ultra-motivés se jettent à l’eau et retroussent leurs manches pour négocier, cette fois avec les Sud-Coréens. Parmi eux, KBM Entertainment est parvenu à placer Baby Jin au programme de JAPAN EXPO. Le chanteur sera-t-il à la Kpop ce que BLOOD fut au visual kei et à la J-Music en France et en Europe ? La question restera en suspend concernant JAPAN EXPO puisque les professionnels japonais mettent déjà la pression pour endiguer l’invasion naissante de leur vitrine promotionnelle, en commençant par le contenu Kpop des associations, cibles faciles…

Nous commenterons la prestation live de Baby Jin dans notre prochain dossier-bilan JAPAN EXPO (profitez ci-dessous des extraits vidéo rapportés par notre équipe !) ; revenons à présent sur l’entrevue qu’il nous a accordée deux jours plus tard. Grand gandin frimeur d’apparence, Baby Jin s’est montré disponible, sincère et joueur. Des qualités particulièrement appréciables quand on a l’habitude des marionnettes japonaises lobotomisées et muselées par leurs managements.










Orient-Extrême : Baby Jin, vous êtes producteur, chanteur, rappeur… et vous avez commencé votre carrière de mannequin en 2005. Comment avez-vous démarré ? Une audition ?
Baby Jin :
Au départ, Je voulais juste être mannequin. J’ai participé à des castings et un célèbre créateur coréen m’a sélectionné.

Orient-Extrême : Qu'est-ce qui vous a ensuite donné envie de faire carrière dans la musique ?
Baby Jin :
Peu de personnes connaissent bien la culture coréenne, alors je veux la faire découvrir au public. Je vais faire de mon mieux pour présenter nos nouveaux sons, de la musique de qualité.

Orient-Extrême : En France, on ne vous connait pas. Quelle est votre formation musicale ? D’où venez-vous ?
Baby Jin :
Bonne question ! Je viens du monde du hip-hop, mais j’essaie de m’ouvrir à d’autres univers musicaux pour créer de nouveaux sons. La musique électronique française est la meilleure du monde, c’est pour ça que je suis venu ici. Je voudrais en profiter pour me faire connaître et essayer de lancer ma carrière. Quand j’étais jeune, j’avais un état d’esprit hip-hop, je voulais vivre comme les blacks, avoir le même style de vie que les afro-américains. Je trainais avec mes potes et je fumais avec eux de temps en temps… mais c’est du passé. Aujourd’hui, ma boite de production Star Village peut tout faire : musique, composition, management… On va devenir une bonne équipe de prod’, on espère atteindre le niveau de Daft Punk par exemple.

Orient-Extrême : Vous êtes le premier artiste musical sud-coréen à se produire à JAPAN EXPO. Compte tenu de la rivalité entre les deux nations, qu’est-ce que ça vous fait ?
Baby Jin :
Aaaah… Au départ, les organisateurs de JAPAN EXPO ont cru que j’étais japonais [rires]. Mais c’est cool, j’aime le Japon aussi. Je me sens bien.

Orient-Extrême : Comment avez-vous vécu votre showcase du 1er juillet à JAPAN EXPO ?
Baby Jin :
Beaucoup de gens ici sont des fanatiques absolus du Japon, mais ils sont curieux de savoir qui est Baby Jin. Le public m’a mis à l’aise, et j’ai largement pu discuter avec les spectateurs dans JAPAN EXPO. J’ai vraiment bien vécu cette première.

Orient-Extrême : Que pensez-vous des réactions des Français et surtout des Françaises ?..
Baby Jin :
C’est un sentiment difficile à exprimer, j’en garde intérieurement un bon souvenir. C’était bien.



Orient-Extrême : Juste après l’annonce de votre participation à JAPAN EXPO, un certain nombre d’internautes françaises vous a aussitôt comparé à Rain. Comment le prenez-vous ? Est-ce que Rain est un exemple ? Un futur concurrent ?
Baby Jin :
Wahouuuuu ! D’accord, dans ce cas, je vais beaucoup m’entraîner en danse et… [il se met à imiter la respiration exagérée de Rain en live]. Ça me fait plaisir, je vais m’efforcer d’atteindre le niveau des meilleurs artistes français, comme David Guetta et Daft Punk. J’en suis complètement fan. Ils ont un son mainstream qui plait partout dans le monde et ils sont géniaux.

Orient-Extrême : En tant que chanteur, vous n’avez sorti qu’un single personnel. Cependant, vous avez interprété trois chansons au showcase, dont une inédite : Ya my star. Peut-on s’attendre à l’arrivée d’un nouveau single ou d’un premier album ?
Baby Jin :
Ya my star était une version remixée spécialement pour JAPAN EXPO. Elle n’est pas sortie en single. Ça arrivera prochainement, peut-être. Dans mon équipe, j’ai des chanteuses géniales et trois producteurs supplémentaires. Ensemble, on va gravir les échelons du succès. Ça arrive, préparez-vous !

Orient-Extrême : Et côté vidéo, un clip déjà tourné ou en préparation ?
Baby Jin :
Ma carrière ne fait que commencer, alors pas tout de suite… mais ça viendra ! Pour l’instant, je ne me prends pas la tète, je profite de la vie.

Orient-Extrême : Vous avez travaillé sur la chanson Cleopatra de Lee Hyori, qui était son premier single numérique. Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre intervention dans ce projet ?
Baby Jin :
Vous connaissez UPT ? [NDLR : Uptown, un groupe de rap coréen né dans les années 90] Le leader est un fameux producteur coréen avec qui j’ai travaillé. Il m’a proposé de collaborer avec lui. Il avait besoin d’un producteur doué pour une nouvelle chanson. Il est réputé mais il n’avait pas les capacités pour la faire. Il recherchait un bon groove et du bon sound beat. C’est pour ça qu’il m’a choisi.

Orient-Extrême : Prévoyez-vous de produire d’autres chansons pour des artistes connus ?
Baby Jin :
En ce moment, je suis en contact avec Rain. Vous connaissez Rain ? C’est le producteur de MBLAQ. On va peut-être travailler ensemble, ce serait du bon business. D’un autre côté, on dialogue avec avex au Japon, on est en train de négocier pour faire quelque chose avec la Lee Hyori japonaise, KODA KUMI.

Orient-Extrême : La Kpop essaie de percer en Occident, en particulier aux USA. Ça vous paraît possible ?
Baby Jin :
Oui, peut-être. La Kpop s’écoute facilement et n’est pas réservée ou accessible qu’aux fans.

Orient-Extrême : Est-ce que certains producteurs ou artistes vous paraissent mieux armés pour percer aux USA et éventuellement en Europe ?
Baby Jin :
Hum, peut-être… 2PM ? MBLAQ ?... et Baby Jin, non ? [sourire]



Orient-Extrême : En France, les fans de musique asiatique parviennent à accéder aux vidéos des principales émissions TV et festivals sud-coréens. Leurs programmations donnent l’impression que le marché musical sud-coréen se destine surtout à un public très jeune, et même très féminin avec beaucoup de boysbands et de girlsbands. Est-ce vraiment le cas ? Quelle est votre opinion sur ces choix de médiatisation ?
Baby Jin :
En fait, cette situation n’est pas bonne pour la culture coréenne. En tout cas, c’est mon avis ! Actuellement, la plupart des artistes médiatisés ont moins de 30 ans. Perso, j’aimerais entendre du rock, des ballades rock ou du heavy metal, mais ce n’est pas possible parce qu’en Corée, on se concentre surtout sur les pop-idols, féminines ou masculines. Ce n’est probablement pas une bonne situation.

Orient-Extrême : On a assisté à une déferlante de chansons sud-coréennes pour la Coupe du Monde de Football [NDLR : l’événement bat son plein au moment de l’interview]. Vous aimez ce sport ?
Baby Jin :
Oui, j’aime le foot, mais pas à la télé. Je préfère jouer, j’adore les sports qui bougent, les sports de combat : MMA, muay thai, K1…
Orient-Extrême : Que pensez-vous de l’équipe sud-coréenne ?
Baby Jin :
Elle s’améliore.
Orient-Extrême : Votre pronostique sur la victoire finale ?
Baby Jin :
Huummmmm… L’Espagne, peut-être. Ou la France ?
Orient-Extrême : On est déjà éliminé !
Baby Jin :
[rires]
Orient-Extrême : Pour en revenir aux multiples chansons sud-coréennes spéciales Coupe du Monde 2010, quelle serait votre préférée ?
Baby Jin :
A vrai dire, je n’écoute pas de musique coréenne en ce moment. Alors je ne peux pas vous répondre.

Orient-Extrême : Merci pour cette entrevue, un dernier mot pour nos lecteurs ?
Baby Jin :
Merci d’avoir lu mon interview, je vais faire de mon mieux pour sortir de nouvelles chansons qui déchirent. "Tchic !" Merci.



A lire :
- Baby Jin de retour à Paris le 8 mai 2011 pour un showcase à Korean Connection
- Baby Jin et Mellow:D, l'interview à Korean Connection 2011

Interview réalisée par Camille Poulain et Eric Oudelet le 3 juillet 2010.
Photos et vidéo du showcase : Eric Oudelet et Lorraine Edwards
Remerciements : KBM Entertainment et JAPAN EXPO
Toute reproduction/réutilisation du compte rendu, des photos et/ou de la vidéo est strictement interdite.




A voir : reportage JAPAN EXPO 2010

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