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JAPAN EXPO 2010 : le dossier Asian Music avec tous les live reports (partie 2 sur 2)

Quand les ados déguisés en personnages de manga, les trentenaires en sailor fuku, les émos et les gothic lolitas envahissent les transports en commun, tout Paris est au courant : JAPAN EXPO rouvre ses portes ! Le Disneyland éphémère de la pop-culture japonaise, exilé depuis 2006 aux Parc des Expositions Paris-Nord Villepinte pour répondre à l’afflux de visiteurs, a cette année encore  battu son propre record européen en accueillant 173.000 festivaliers sur quatre jours, du 1er au 4 juillet. A l’affiche côté musique : une vingtaine d’invités en concerts, conférences ou dédicaces. Parmi eux, quelques célébrités telles que les Morning Musume. et deux membres de X JAPAN, des valeurs sûres comme SEIKIMA-II et DOPING PANDA, des nouveaux venus, des opportunistes et une ribambelle d’inconnus qui réservent toujours leurs lots de bonnes surprises. La programmation étant devenue particulièrement dense, impossible de tout voir. Que fallait-il ne pas rater et que fallait-il zapper ? La réponse dans notre dossier.

Vous allez lire la seconde moitié de notre grand reportage. La visite du festival, de ses stands, et la première moitié des compte-rendus des concerts et showcases vous attendent dans la première partie de notre dossier Asian Musique à JAPAN EXPO 2010.




√thumm
3 juillet - J.E. Live House

Inconnu au bataillon, c'est le groupe √thumm (Root thumm), venu de Nara, qui a donné le rythme en début de troisième journée. Composé de la chanteuse lio aux synthétiseurs, du guitariste sujin et du batteur shimaaru sans son déguisement de jappy la mascotte, le trio surfe sur un genre très à la mode, l’électro-pop, et revendique s’inspirer de Perfume, capsule et bien sûr YELLOW MAGIC ORCHESTRA. Ça promettait une bonne ambiance au Live House !

C’est effectivement 40 minutes de musique colorée et festive qui ont fait danser la salle sur des sons très synthétiques. La voix de lio était largement trafiquée au vocoder. Cette technique, utilisée depuis plusieurs dizaines années par Kraftwerk, puis Daft Punk entre autres, est redevenue ultra-tendance en Asie, en particulier en Corée du Sud. Au fil des chansons, le procédé paraissait certes trop omniprésent ; il était toutefois indispensable pour masquer les capacités très limitées de la chanteuse… Heureusement, ça passait très bien, notamment sur l’excellent Magic Love, aussi irrésistible que les plus grands hits actuels du genre. Si l’électro-pop convient probablement mieux aux clubs et boîtes de nuit, plus adéquats pour danser, √thumm a su s'adapter à l'immense salle du J.E. Live House et créer une ambiance bon enfant. On se souviendra notamment du guitariste faisant tourner sa serviette au-dessus de la tête, tel un Patrick Sébastien japonais, de ses kamehameha et de ses échanges comiques avec le public sur la cuisine japonaise (sushi, yakiniku…).

Malgré son caractère répétitif, la musique de √thumm a marqué les esprits grâce à son énergie et à son efficacité. Elle est taillée pour le live. L’album YAMATOPIA paru le 28 juillet a d’ailleurs confirmé le potentiel du trio en incluant de nouvelles petites bombes. Ajoutons à cela un plaisir manifeste de jouer devant un public, et des efforts de communication en français… Les festivaliers étaient conquis. √thumm a tenu son pari, à l'image de jappy, contraction de japan et happy, les spectateurs sont ressortis heureux et divertis. Dommage que le concert parisien du 4 juillet à la Scène Bastille, tout aussi électrisant, se soit soldé par un flop monumental à la billetterie.

Photos Root thumm à JAPAN EXPO


GIBIER du MARI
3 juillet - J.E. Live House

JAPAN EXPO ose chaque année programmer un artiste pour "public mature" ; une initiative toujours décevante en terme de fréquentation, mais inversement bénéfique pour la richesse du plateau musical et souvent synonyme de qualité. En 2010, c’est le groupe GIBIER du MARI qui sort de l’anonymat grâce à sa leader : la célèbre chanteuse, actrice, comédienne et écrivain Mari Natsuki. Désireuse de s’attirer la sympathie des fans d’animes, elle s’est transformée en Yubâba, la sorcière du Voyage de Chihiro qu’elle a doublée pour le studio Ghibli. Si le superbe cosplay a fait son effet, il est vite devenu encombrant, pour ne pas dire complètement hors de propos durant le concert. Passons. Que GIBIER DU MARI se soit tiré une balle dans le pied dès le début de son set, c’est hélas plus ennuyeux.

La longue et insupportable introduction, avec une boucle interminable et d’horripilantes jérémiades miaulées par Mari, a fait fuir la moitié des âmes charitables qui ont daigné rester dans la salle après √thumm. Ne restaient que 200 ou 300 téméraires pour apprécier un concert jazz/ soul old school, savoureusement teinté 70’s. De vieux souvenirs refont surface : Jackson Five, Starsky et Hutch… à chacun ses ambiances et musiques références à l’écoute des sept titres interprétés. En final, LINDA LINDA, la plus pop et moderne qui n’est autre qu’une reprise d’un classique punk de THE BLUE HEARTS, fut la chanson la plus plaisante. Quant au reste, hormis les bons solos de guitare et de synthé "Charly Oleg style", la musique de GIBIER du MARI fut un peu trop répétitive et le chant peu agréable. Une déception.

Photos GIBIER du MARI à JAPAN EXPO


Aso Natsuko
3 juillet - scène principale

On aurait pu fortement douter de l’intérêt de cet énième showcase d’idol, avec une jeune chanteuse inconnue au Japon, propulsée là grâce à son rôle de présentatrice dans une émission diffusée en France sur Nolife. Pourtant, la prestation de la petite Aso Natsuko, samedi sur la scène principale de JAPAN EXPO, a plutôt agréablement surpris.

Il y avait de quoi être décontenancé par l’arrivée (tardive, on ne remerciera pas l’organisation du World Cosplay Summit) de "Nacchan", attifée d’un short en jean et du t-shirt à son effigie. Si l’on apprendra plus tard que ses bagages avaient été momentanément perdus à l’aéroport, on ne pouvait qu’apprécier cette inattendue simplicité qui a le don de recentrer l’attention sur la prestation et les capacités de la chanteuse, plutôt que le décorum qui aurait pu l’accompagner (NDLR : au hasard, encore un costume sweet lolita ?).

Du coup, on retiendra de ce showcase Jpop qu’il fut bien sympathique. Certes, aucune des trois chansons interprétées, à grands renforts de chorégraphie des bras et des mains, ne présentait de difficultés vocales majeures, mais Nacchan a joué son rôle d’idol mignonette jusqu’au bout, sans couac. Elle a même réussi à retenir l’attention de la salle venue en majorité s’installer pour voir le défilé du World Cosplay Summit. On regrettera éventuellement le sponsoring un peu trop affirmé de la chaine Nolife venue supporter sa pouliche : sa présentatrice japonaise-vedette traduisait les interventions d’Aso Natsuko, mais son énergie et sa tenue bardée de logos mangeaient littéralement la timide chanteuse peu expansive. Reste à savoir si on aurait préféré un tour de chant plus rythmé à ces quelques mots et sentiments partagés, presque simultanément traduits.

photos Natsuko Aso à JAPAN EXPO 2010


WOTAKU WORLD WAVE
3 juillet - Salle Activités 1

Sans prétention et étranger au star-system, le duo formé par la chanteuse-danseuse Jun Miyazawa et le DJ Miwaku No Kunio se donne pour simple objectif de festoyer avec les otakus en reprenant en playback de célèbres génériques d’animes ou des hits Jpop. Le show joue principalement sur son aspect participatif, et sur les chorégraphies des deux animateurs qui n’ont pas peur du ridicule, en particulier le DJ dont les approximations et ratés sont souvent sources de rigolades….

Amusante et fort distrayante à Chibi Japan Expo l’an dernier en dépit d’une salle assez désertée, la farce a tourné court le 3 juillet à JAPAN EXPO. Dans le tumulte assommant du hall principal, le duo a fait intervenir de nombreux guests anonymes, français et japonais, avec des prestations parfois si misérables qu’on en regretterait les pauvres musiciens aux instruments mal accordés dans le métro. Entre les pseudo-Johnny’s aussi gracieux et vifs qu’un Magloire dansant la lambada, et les troupeaux d’otakus nippons sortis de nulle part pour s’adonner à du wotagei endiablé, il y avait de quoi s’interroger. La salle d’activités venait-elle d’être prise en otage ? Le DJ apparemment shooté était-il conscient et maître de la situation ? On n’a pas attendu la réponse pour filer en douce ! Une animation assommante que seuls les fans les plus hardcore ont pu apprécier.

photos WOTAKU WORLD WAVE à JAPAN EXPO


LONG SHOT PARTY
3 juillet - J.E. Live House

Ne tergiversons pas : LONG SHOT PARTY fut LA révélation live de JAPAN EXPO 2010 : un véritable triomphe populaire ! Inconnu en France, ce groupe de ska japonais tourne déjà depuis plus de dix ans dans son pays et cette expérience lui a permis de façonner un set fougueux et irrésistible de bout en bout, avec un sens aigu l’animation scénique. Aussi inattendu qu’imparable.

Les fans de visual kei étant venus en avance pour voir ViViD, LONG SHOT PARTY s’est d’emblée retrouvé face à un public nombreux et compact, qu’il fallait convaincre… Sans perdre une seconde, le sextet a abattu sa carte maîtresse : une version courte de Distance, générique de NARUTO Shippuden. Bingo ! Ce titre rock, enjoué et rythmé a immédiatement saisi l’auditoire, épaté par le dynamisme des artistes, leur bonne humeur communicative et l’impressionnante qualité du son qui mettait en exergue les cuivres. Coup de foudre à JAPAN EXPO et tonnerre d’applaudissements. Il fallait tenir 45 minutes à la même cadence et LONG SHOT PARTY l’a fait avec un professionnalisme exemplaire.

Très mobiles et démonstratifs sur scène, le saxophoniste kj et le trompettiste ken iikawa se mouvaient en véritables guitar heros, avec une prestance et un jeu absolument étincelants ; autant que leurs instruments ! On se régalait de les voir enchaîner l’un après l’autre des sections solo avec le guitariste et le bassiste (un blondinet qui a tapé dans l’œil à plus d’une jeune fille dans la fosse), davantage en retrait. Troisième homme des chorégraphies, sasaji qui chantait en anglais, gardait le plus souvent sa position centrale de frontman pour haranguer la foule qui ne se faisait pas prier, impressionnante par sa réactivité et son enthousiasme. On aurait pu craindre un public sectaire, car a priori davantage passionné par le visual kei, mais il a littéralement craqué pour LONG SHOT PARTY et ses mélodies colorées, incroyablement accessibles et prenantes. Même les titres les plus typés ska, avec des rythmes syncopés, ou la séquence ballade, ont récolté un franc succès, mérité. Le set s’est terminé en folie sur des rythmes rock voire punk qui poussaient au headbanging. En bouquet final : la version complète du générique de NARUTO. Elle clôt ce concert en apothéose avec une foule hystérique qui chavirait de bonheur, hurlait et applaudissait à tout rompre pour faire durer le plaisir et garder ses nouveaux chouchous sur scène. Merci à JAPAN EXPO pour cette découverte !

Photos LONG SHOT PARTY à JAPAN EXPO


Usagi no Namihey
3 et 4 juillet - Stand CoFesta

Spectacle anthropologiquement fascinant que celui offert par Usagi no Namihey et son public. C’est simple, à part à JAPAN EXPO, où pourrait-on voir ensemble de si jeunes enfants (surveillés par leurs parents émerveillés, la larme à l’œil) et de jeunes adultes danser et crier dans un délire commun, aux frontières du réel !?

Invitée du stand CoFesta pour des showcases de 30 minutes et absente du programme officiel, Usagi no Namihey est venue d’Akihabara pour donner des leçons de wotagei aux festivaliers. Cette danse improbable proche du parapara, en plus sportif avec des mouvements du bassin et des sauts par exemple, est pratiquée au Japon par les fans lors des concerts d’idols telles que les Morning Musume. ou en conventions. A JAPAN EXPO, les wotas (terme nippon référant aux fans d’idols) français, actuels ou en devenir, se sont agglutinés par dizaines autour d’Usagi, comme des disciples hypnotisés par la chanteuse en tenue de soubrette, oreilles de chat clipsées sur la tête et cartable rose d’écolière sur le dos, ou habillée en sweet lolita rose bonbon selon le jour. Elle chantait faux, parfois très faux, mais le public fanatique n’en avait cure, pris dans une transe frénétique qui laissait les curieux pantois. Un trip régressif hallucinant, une scène bien évidemment surréaliste pour le commun des mortels, et certainement un grand moment de plaisir pour les passionnés les plus hardcore. Certains wotas français bien outillés (bâtons lumineux) se sont particulièrement illustrés dans l’exercice, "comme des pros" a commenté Usagi no Namihey, très émue.


YOSHIKI & TOSHI (membres de X JAPAN)
4 juillet - J.E. Live House

En plus des Morning Musume., JAPAN EXPO était fier d’inviter YOSHIKI et TOSHI du mythique groupe X JAPAN, rockstars du siècle dernier. Incroyable : le showcase a bien eu lieu, sans annulation ni retard ! Le chanteur TOSHI et le leader, compositeur, batteur et pianiste YOSHIKI incarnaient l’événement du dimanche et ont rassemblé plusieurs milliers de fans et de spectateurs venus du monde entier. Ce fut de loin le plus gros succès d’audience en 2010, avec un J.E. Live House rempli comme pour AKB48 et Kanon Wakeshima l’an passé, si ce n’était davantage !

Pendant midi, la foule était si dense à attendre devant la salle que les organisateurs ont dû la parquer en partie et en urgence dans un couloir non ventilé surchauffé par la concentration de la lumière. Cette ultime épreuve accablante pour les fans tassés et étouffés par la canicule aurait malheureusement pu aboutir à un drame bien fâcheux. Avant l’arrivée des artistes déifiés, le public en liesse enfin massé devant la scène s’est ému devant une vidéo résumant la résurrection de X JAPAN jusqu’aux concerts estivaux de YOKOHAMA, Entre hurlements d’excitation et larmes tirées par les passages musicaux les plus émouvants, l’atmosphère était surnaturelle, mystique, unique… On pouvait presque palper la magie qui emplissait le Live House. X JAPAN est passé maître dans l’art de capitaliser sur son passé épique afin de décupler l’émotion et l’excitation de ses shows au présent.

Malgré la grandeur de la salle, c’est dans une ambiance intimiste et sur une musique majestueuse qu’est apparue, décontractée, la moitié de X JAPAN. Hystérie totale et moment historique. Sans leurs guitaristes et leur bassiste, TOSHI -placide- et YOSHIKI -humble- ont choisi d’offrir un mini-concert piano-voix de quatre titres. Sur FOREVER LOVE, doucement repris par les fans respectueux, on découvrait avec stupeur un TOSHI serein au meilleur de sa forme, absolument impeccable vocalement. Oublié les déraillements douloureux du retour au Tokyo Dome en 2008, la puissance et la justesse de son chant font voler nos craintes pré-concert en éclats, bien que son côté criard mette régulièrement à mal les tympans. TOSHI confirme brillamment sur les envolées lyriques de ROSE OF PAIN pour ensuite laisser YOSHIKI au piano nous envoûter d’un ténébreux et frissonnant solo de transition vers la version ballade de I.V.. Là, le public est réellement devenu acteur à part entière du show, formant un duo très émouvant avec TOSHI. La salle s’embrase et hurle sur les premières notes d’ENDLESS RAIN dont le refrain sera chanté en français, comme l’annonçait le teaser diffusé sur internet. Prisonniers de leurs émotions et de leur envie de reprendre ce titre en cœur et en V.O. depuis tant d’années, les fans ont cependant peiné à chanter en français, malgré l’aide bienveillante de TOSHI. Finalement, mieux valait se laisser aller et "faire comme à la maison" : YOSHIKI s’arrête discrètement de jouer, puis TOSHI se tait, laissant le public chanter seul, a capella et dans la langue originale, comme dans les concerts géants donnés par X JAPAN au Japon. Instants exceptionnels. YOSHIKI essuie les larmes qui coulent derrière ses lunettes de soleil et finit par s’éclipser avec son ami TOSHI dans un tonnerre d’applaudissements. Un véritable triomphe. Ils ne reviendront pas, la diffusion dans la pénombre du très rock Born To Be Free, nouveau titre qui fait brutalement réaliser l’exclusivité des ballades, captive les spectateurs et permet aux deux larrons de quitter tranquillement les lieux.
Façonné pour combler les fans et bouleversant d’émotion, quitte à lasser et laisser les nouveaux venus au bord de la route (qui enlèveront un point à la note), ce showcase mémorable aura presque réussi à dissimuler le trop faible nombre de titres interprétés.

Photos YOSHIKI & TOSHI (X JAPAN) à JAPAN EXPO


ANIPUNK
4 juillet - J.E. Live House

Gages d’un succès assuré, les génériques d’animes sont incontournables à JAPAN EXPO et ANIPUNK fut invité pour la première fois en France afin de reprendre les plus grands hits du genre en V.O., à la sauce punk comme son nom l’indique. Lookés en motards badass, veste en cuir sur les épaules, les Japonais donnaient le ton ; ne manquaient plus que les effluves de bière et la puanteur des clopes pour être totalement plongés dans l’ambiance. En démarrant à l’improviste à peine les derniers réglages effectués, le quintet sème le trouble et ce départ résumera tout leur set : un grand bazar brouillon, précipité et mal exécuté.

Brut et brutal, le son d’ANIPUNK ne s’embarrassait pas de fioritures, et la justesse devait être le cadet de leurs soucis. Régulièrement à la rue au chant, GERU-C parvenait toutefois à sortir un couplet ou un refrain à peu près correct de temps à autres, mais l’ensemble sonnait souvent désespérément faux. Une horreur. Les génériques d’Evangelion, Dragon Ball ou Hokuto no Ken furent massacrés, aplatis dans le flow ou la hauteur des notes, et quelques secondes de concentration furent nécessaires pour les reconnaître. Ceux de Versailles no Bara ou Mazinger Z s’en sont mieux tirés, et Pegasus Fantasy de Saint Seiya a fait un carton malgré la qualité toute relative de l’interprétation. Priorité au rythme et là, le batteur n’était pas manchot ! La frénésie du set, l’énergie du groupe et l’effet "nostalgie" des génériques ont sauvé in extremis ANIPUNK. En guise de brillante distraction, ce fut une bruyante déception.

Photos ANIPUNK à JAPAN EXPO


SEIKIMA-II
4 juillet - J.E. Live House

Tandis que les fans de Visu’ et de J-rock s'accordaient d’avance pour faire du showcase de YOSHIKI et TOSHI l'évènement de JAPAN EXPO, il aura fallu attendre la fin de cette ultime journée pour qu’un concert mette vraiment le feu au Live House, un live si énorme qu’il faisait presque oublier la symbolique apparition de X JAPAN. En effet, le fameux groupe japonais de heavy metal SEIKIMA-II, né en 1982 et dissout le 31 décembre 1999, est revenu des enfers pour une messe noire exceptionnelle à JAPAN EXPO, au grand plaisir de ses disciples et des (jeunes) innocents à convertir.

La musique, tout comme la prestation scénique, ont atteint des sommets. Enfin un VRAI concert ! Des mélodies efficaces, un jeu très technique à la guitare, une bonne humeur omniprésente, de longs interludes théâtraux à couper le souffle et à mourir de rire… On sentait la maîtrise et l'expérience d’un groupe de haut niveau qui savait comment ensorceler son auditoire. Parfait dans son rôle de maître de cérémonie, le chanteur et comédien DEMON KOGURE captivait par ses sketches et ses rires démoniaques. Plus charismatique que jamais, il instaurait une ambiance dont les démons des légendes pourraient être fiers. Tout au long du concert, il a pu établir un véritable échange avec le public grâce à un anglais maîtrisé, des jeux de mots et de multiples tirades plus savoureuses les unes que les autres usant d’un français remarquable.

Le show infernal a duré plus d’une heure vingt au grand dam des organisateurs, pris en otage par les démoniaques Japonais. SEIKIMA-II, qui a accordé d’inattendus rappels, ne voulait plus quitter la scène et le public, conquis et époustouflé, en demandait toujours plus. Franchement, dans ces conditions, on aurait signé pour l’enfer éternel !

JAPAN EXPO 2010 a commencé par le pire et fini par le meilleur. Vous regrettez de ne pas avoir vécu l'un des plus grands concerts cette édition, et même de l’année toute entière ? Une séance de rattrapage est prévue : le spectacle de SEIKIMA-II a été filmé pour un futur DVD.

Photos SEIKIMA-II à JAPAN EXPO


A voir également :
- la première partie de notre grand dossier Asian Music à JAPAN EXPO 2010
- le compte rendu de la conférence de presse YOSHIKI & TOSHI à JAPAN EXPO
- le compte rendu de la conférence de presse Morning Musume. à JAPAN EXPO
- le compte rendu de la conférence publique ViViD à JAPAN EXPO
- la vidéo et l'interview de Baby Jin



Dossier réalisé par Eric Oudelet, Camille Poulain, Julie Carvalho et Wendy Roeltgen
Photos : Eric Oudelet, Yohsuke Ishikawa, Wendy Roeltgen, Camille Poulain
Remerciements : SEFA / JAPAN EXPO
Reproduction/réutilisation des photos et/ou du reportage strictement interdite.

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