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MUCC - reportage sur le concert du 9 août 2005 à la Locomotive

Mardi 9 août, MUCC termine sa tournée européenne à la Locomotive, salle de concert de Paris qui a déjà reçu Kagerou et Moi dix Mois au cours de cette année riche en concerts from Japan. Si MUCC vient en cette douce soirée d'été se produire dans la capitale française, c'est pour promouvoir la sortie très prochaine dans notre beau pays d'un des albums phare de leur discographie, "HomuraUta". Ce n'est pas le plus récent (2002) mais c'est celui que le label Soundlicious a choisi, par coup de coeur, de distribuer en France avec un DVD bonus conçu spécialement pour nous, public français.
Le rendez vous est donc fixé à 19h00, le concert organisé par No Sphere débute vers 20h00 et sera suivi d'une séance de dédicaces réservée aux acheteurs de ce fameux album en prévente exceptionnellement ce soir là. L'after show se poursuivra jusque tôt dans la matinée…



Dans le calme

A 19h00 tapantes, les portes de la Locomotive s'ouvrent sur les quelques 400 personnes venues assister à ce premier concert de MUCC en France. Il n'y a pas foule, le mois d'août aurait été fatal même aux plus attendus des dieux de la scène nipponne. On évite ainsi les mouvements de foule hystérique et la troupe, qui a patienté sur le trottoir gentiment, entre et s'installe dans la petite salle sans se piétiner férocement.



Le rideau de la scène n'étant pas tiré, chacun peut admirer le staff japonais en plein travail en écoutant The Clash et autres groupes anglo-saxons. Le temps passe... jusqu'au moment où retentissent les premières mesures de "HomuraUta". La salle, prise de court alors que la scène n'est visiblement pas parée au concert, met quelques instants pour comprendre que le fond sonore a changé significativement avant d'exploser. Pourtant, le néant s'en suit... petite erreur ? Envie soudaine de tester la bande son ? Il faudra attendre 20h00 pour que les membres de MUCC fassent enfin leur entrée, un par un, sous les acclamations de la salle émoustillée par le faux départ vingt minutes plus tôt. Ils entament leur show sans autre forme de politesse par la piste intro de l'album vedette de ce soir.

Puis dans l'effervescence

La première partie du concert est placée sous le signe du lourd et du violent. Les morceaux de gros metal se succèdent sans autre interruption que les poses "réhydratation du chanteur". Les quatre compères de MUCC n'ont en aucun cas besoin d'un temps d'adaptation à cet environnement nouveau et donnent tout de qu'ils ont dès les premières notes du premier titre laissant la foule sur le carreau. Certes, elle sautille, secoue la tête, crie... mais il faudra attendre 3 ou 4 morceaux pour que l'ambiance dans la fosse fasse un tant soit peu honneur à la fougue des artistes sur scène.



Les 4 MUCC nous offrent donc un show de haute voltige. Tatsurô, malgré un son au micro pas toujours limpide, assure son concert avec brio : il tient sa voix aussi bien dans les parties chantées en voix claire que dans les cris et autres hurlements bestiaux. Il a, de plus, l'art et la manière d'occuper la scène, surjouant magnifiquement la souffrance de ses paroles, les genoux à terre, la main crispée au tissu de son t-shirt, partant dans de folles danses faisant gicler ses cheveux qui jusque là cachaient son visage. Il est impressionnant quand il s'accroche à son harmonica, se battant pour que le son de son instrument surpasse celui énorme de la guitare, de la basse et de la batterie couplées.

Efficace dans son jeu, Miya aussi attire grandement l'attention sur scène, transpirant la classe et l'assurance. Les mini-solos et arpèges disséminés entre les riffs puissants de guitare sont appréciés à leur juste valeur par un public qui ne cesse de manifester son enthousiasme entre slams et vagues d'applaudissement. La célèbre Zetsubô donne à ce guitariste l'occasion de nous montrer plus en détail son talent à titiller les 7 cordes de sa guitare. L'atmosphère s'électrise sur cette chanson dont le public reprend le refrain en coeur suivant Tatsurô dans ses cris. Yukke, relativement plus calme que ses deux camarades, semble totalement absorbé par son instrument n'oubliant pas pour autant de relever la tête de temps à autres pour gratifier son humble public de légers sourires. Discret sur les morceaux où sa basse l'est aussi, il semble pris de convulsions quand son tour gloire se présente, et montre qu'il peut s'énerver sur son instrument aussi bien que Miya. Satochi se déchaîne quant à lui avec le sourire. Son jeu est énergique, il entraîne son groupe et la Loco dans les rythmes frénétiques des compositions de MUCC. Son bonheur de jouer affiché est un plaisir pour le public.



C'est face à une salle au bord de l'apoplexie que MUCC entame le moment émotion du concert et joue dans un registre plus lent, plus mélancolique. On découvre alors "Zuta Zuta" en live. Si ce titre est beau sur CD, il est grandiose interprété sur scène de cette façon. Tatsurô est parfait dans son rôle de torturé perdu dans les limbes de la folie, pieds nus, le regard sombre sous ses mèches collées par la sueur, le corps secoué de mouvements saccadés, on le croirait enfuit d'un service de psychiatrie. Son maquillage, relativement léger mais d'un noir bavant, souligne l'ambiance glauque qui se dégage de cette mélodie lourde. Les musiciens, les yeux cernés de noirs, se métamorphosent le temps de cette chanson : finis les sourires et l'apparente bonne humeur, les expressions se durcissent, se renferment dans une intense concentration. Ils jouent le jeu de la souffrance autiste. La salle reste silencieuse autant que possible et chacun peut ainsi apprécier le timbre de voix si particulier de Tatsurô qui prend ici, en concert, une toute autre couleur, une toute autre chaleur.
Le public profite de l'enchaînement des titres relativement calmes pour récupérer un peu de son souffle, mais l'effervescence reprend de plus belle lorsque Tatsurô tente quelques mots dans un mélange d'anglais et de français. La communication est laborieuse laissant un public perplexe. Mais l'intention rend le personnage sympathique, voire amusant quand il se montre désemparé devant les blancs d'incompréhension de son auditoire. Dans cette petite salle à moitié remplie, MUCC se montre proche de son public et le concert a un côté intimiste pas désagréable.



La deuxième partie du concert est dédiée aux morceaux "swingants" façon MUCC et Tatsurô se lance dans des danses endiablées sur "Mae E", enflammant la salle d'un déhanché révolutionnaire. On se surprend à essayer de le suivre dans ses mouvements malgré le fort taux de concentration humaine devant la scène à ce moment du concert. Sur ces morceaux "jazzy", Yukke se laisse aller une bonne fois pour toute au sautillage sur place, mouvement très technique quand on est flanqué d'une basse mais négocié avec habilité. Il se fait fascinant quand il délaisse le médiator pour slapper nonchalamment sur "Daikirai" faisant raisonner sa basse d'un son clair comme on n'en avait jamais rêvé en live et encore moins dans cette salle au son souvent douteux. Cette chanson a l'effet d'un coup de 220V sur le public qui hurle à chaque fois que Tatsurô le pointe violemment du doigt crachant des "kirai" (ne pas aimer/hair) avec une conviction vexante en se rapprochant dangereusement du bord de la scène. On revient à la violence des morceaux de début de concert ; la boucle est bouclée, Tatsurô annonce la dernière chanson...

A peine le groupe sorti de scène, la salle lance le rappel et montre tout son enthousiasme à l'égard du groupe malgré une fatigue latente. MUCC ne se fait pas trop désirer et revient avant qu'une partie de son public ne s'écroule au sol à court d'énergie. Les premières notes de "Kugatsu mikka no kokuin" résonnent, les cris de joie accueillent cette chanson appréciée des habitués du groupe et un semi silence tombe. Silence respectueux face à cette magnifique chanson ou silence transcendantal pour cause d'hypoglycémie généralisée ?.. Un peu des deux sûrement, le concert fut tellement intense et cette dernière chanson tellement prenante...
Après cet unique rappel à chanson unique, MUCC quitte définitivement la scène de la Locomotive jetant médiators et baguettes disputés avec véhémence par les fans encore bien surexcités.



Les bonus de l'after

Le retour du groupe parmi le peuple de la Loco quelques minutes plus tard ne provoque pourtant aucune crise d'hystérie et la séance de dédicaces peut débuter tranquillement. Pendant une bonne heure, le groupe signe les digipacks de "HomuraUta" de tous ceux qui se présentent devant eux. Loin de bâcler leur tache, ils prennent le temps de faire des petits dessins pour accompagner leurs autographes, de serrer les mains, faire la bise aux impudentes qui osent la leur demander.
La soirée se poursuit par un quizz et un concours de cosplay gothic avec à la clef des posters dédicacés, des t-shirts, et des digipacks ! L'after show organisé par les associations Tengumi et Paradox se déroule dans la joie et la bonne humeur. Un événement réussi de bout en bout.



Le concert aura donc duré en tout et pour tout une heure et trente minutes. Une première partie n'aurait pas été un luxe pour l'allonger au moins d'une demi-heure. Pourtant, on pardonne et oublie vite ce détail tant le spectacle fut excellent. Au final, ils ont eu bien assez d'une heure et demi à eux seuls pour mettre à sac cette petite salle de Paris et sur les rotules 400 personnes. Les regrets persistants vont en direction de la set list à laquelle manque "Ame no Orchestra", le dernier single en date de MUCC. Les artistes ont bien évidemment favorisé les titres de "HomuraUta", album à l'honneur pour ce concert bien qu'ils n'aient pas oublié de placer quelques morceaux plus récents, nous dévoilant même une chanson de leur prochain album prévu pour novembre qu'on attend désormais de pied ferme. "See you next year" a-t-il dit. Ce sera avec le plus grand plaisir.

Lorraine Edwards


Set List du concert :
Homura uta
ranchu
daremo inai ie
zetsubou
Roji ura boku to kimi e
dakukuu
gentou sanka
Mama
Aka tsuki
Zutazuta
Monochro no keshiki
Mae e
Bouzenjishitsu
Suimin
Daikirai
9Gatsu 3ka no kokuin (rappel)


Crédits photo : Eric Oudelet
Remerciements : Fred de No Sphere et Sae de Soundlicious
Toute reproduction ou réutilisation du reportage et/ou des photos est strictement interdite.
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