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MUCC & Soundlicious - conférence de presse du 9 août 2005

MUCC, la conférence de presse

9 août 2005, deux heures et demi avant le concert de MUCC, une conférence de presse est organisée à la Loco. Les quatre membres du groupe rock japonais, un peu intimidés pour l’occasion, répondent pendant trente minutes aux questions des journalistes avant de partager quelques anecdotes amusantes sur leurs premiers pas à Paris.

Le premier sujet abordé concerne la version française de HomuraUta (quatrième album japonais du groupe). La First Press, disponible en avant-première ce jour-là, se présente sous la forme d’un digipack trois volets qui contient le CD, un DVD vidéo et un livret. On peut être étonné que ce ne soit pas le dernier album qui sorte en France, mais il s’agit d’un choix coup de cœur du label français Soundlicious. MUCC a été très attentif au respect du design original et espère que les traductions ont été les plus fidèles possibles. Les textes de leurs chansons semblent avoir une grande importance : ils s’étonnent que des européens reprennent les paroles en concert et espèrent, non sans sourire, que ces fans ne se trompent pas en chantant. Ils ont également apprécié le DVD vidéo réalisé par Soundlicious qui répondait parfaitement à leurs attentes. Sortie officielle de l’édition française de HomuraUta : le 10 octobre 2005.



Le projet du concert à la Locomotive est né d’une demande de la France : alors que Soundlicious finalisait la réalisation du digipack, No Sphere a organisé l’événement parisien. Visiter la capitale et y donner un concert… le groupe était emballé par l’idée et bien décidé à faire bonne impression. Afin d’assurer la promotion de leur album, de nombreuses chansons issues de HomuraUta auront été jouées le soir-même à la Loco. MUCC s’était récemment produit en Allemagne lors du Wacken. Le célèbre festival de metal les a invités cette année et ce fut là encore un succès personnel pour le groupe qui s’habitue à côtoyer les formations étrangères. L’Allemagne est décidément une scène incontournable du metal en Europe, mais c’est aussi un pays où on aime la bière et MUCC ne s’est pas privé ! Pour l’anecdote, le guitariste Miya, n’ayant pourtant jamais goûté cette boisson, avoue s’être découvert un sérieux penchant pour la Despé. Satochi le batteur préfère toutefois la bière japonaise qu’il juge plus fraîche que celles qu’il a pu apprécier ici.

MUCC est surpris par l’accueil enthousiaste du public. Au Japon, les différents acteurs du marché ne se rendent pas du tout compte de l’intérêt et de la demande croissante des européens pour leur production musicale en général. Le chanteur Tatsurô confie qu’ils en entendaient vaguement parler, mais cela restait très flou et abstrait. Ce n’est qu’une fois arrivés en Europe que la réalité est devenue concrète, ils ont alors vraiment pu se rendre compte du phénomène. Ravi de constater cet engouement, MUCC souhaite déjà revenir à Paris et découvrir d’autres pays européens, avant même leur prestation. Ils déclarent cependant vouloir continuer de créer en se concentrant sur le marché japonais.

Dans quel genre classer MUCC ? L’époque visual-kei étant révolue depuis longtemps, le service marketing s’est penché sur le sujet pour aboutir à un nouveau terme : le shock rock. Il désignerait une sorte de mélange metal/punk/gothic… Qu’importe, le groupe préfère jouer et se moque bien des étiquettes qu’on peut lui coller. Peu d’informations ont filtré quant au prochain album. Celui-ci proposerait un son nouveau et moins "classable", mêlant diverses influences. Depuis la conférence de presse, on a appris qu’il serait repoussé à novembre 2005 et précédé du maxi-single Saishuu Ressha le 19 octobre. Sans rentrer dans les détails (à découvrir sur le DVD de HomuraUta), les musiciens nous exposent ensuite brièvement leurs inspirations. Tatsurô aime les sonorités et mélodies traditionnelles japonaises, c’est pour cette raison qu’il a parfois recours à un harmonica. Miya confirme la volonté commune de préserver un côté naturel et authentique dans leur musique pour éviter de tomber dans le piège du "tout électrique". Satochi a pour sa part beaucoup écouté de heavy metal occidental : Megadeath, Guns N’Roses, Metallica et en particulier Halloween.

Tatsurô, Miya, Yukke et Satochi partagent ensuite leurs toutes récentes péripéties parisiennes. Tatsurô s’est dit amusé de découvrir Full Metal Alchemist à la télé de l’hôtel. La veille du concert, le groupe est resté tard dans la nuit devant le Sacré-Cœur après avoir dîné dans un restaurant japonais tenu par des Chinois (sushi et sashimi délicieux paraît-il). Ils ont accompagné des guitaristes amateurs dans la rue en mettant beaucoup d’ambiance. Tatsurô a aussi écrit une nouvelle chanson qui fera partie du prochain album. Le bassiste Yukke raconte à son tour sa mésaventure, il parle peu mais au moins il fait rire tout le monde à chaque fois. Alors qu’il se promenait dans le quartier Pigalle (la Locomotive se situe juste à côté du Moulin Rouge), un gérant de sex-shop bien baraqué aurait tenté de le faire rentrer de force dans son établissement… Heureusement, le brave Yukke s’est débattu et aurait réussi à prendre la fuite. On ne saura jamais à quel supplice il a échappé. Les musiciens retournent finalement dans les loges après avoir relevé le défi lancé par un journaliste : parler un peu en français. "Excuse-mooooaa", "au revoir", "merci" et le "Zidane" de Yukke (prononcé "Djidane" comme le héros de Final Fantasy IX) seront les derniers mots acrobatiquement articulés par les artistes pour cette conférence.




Soundlicious : présentation du label et de l’édition française de HomuraUta

MUCC se préparant pour le live, Sae, responsable de Soundlicious, a pu présenter son label et l’édition française de HomuraUta devant un parterre plus restreint de journalistes.

Au départ, Sae souhaitait créer une entreprise servant d’intermédiaire entre sociétés japonaises et françaises. Finalement, c’est le projet jusqu’alors onirique de la création d’un label qui s’est concrétisé. Soundlicious est né, avec pour objectif d’établir un pont entre les deux pays dans le domaine musical. Le digipack français de HomuraUta est le tout premier bébé de la jeune équipe qui travaille déjà sur d’autres CD et DVD. L’accueil de ce premier album aura évidemment son importance pour la suite des événements… On a cependant appris qu’un DVD hip-hop sortirait en fin d’année, mettant en scène un groupe français s’étant produit lors d’un festival japonais. Soundlicious s’est d’ailleurs spécialisé dans deux genres musicaux : le rock et le hip-hop. Puisque les grands groupes japonais sont inabordables financièrement, le label fonctionne par coup de cœur, comme ce fut le cas pour MUCC. Avec le concert de Paris (et le DVD), Soundlicious cherche à toucher les amateurs de rock et les amoureux du Japon qui ne connaissaient pas le groupe. D’autre part, le but du label n’est pas de lancer un album puis de passer à d’autres artistes, mais de suivre ensuite l’évolution des groupes qui ont suscité l’intérêt. C’est dans cette optique que le concert de Paris a été filmé, pour pouvoir proposer un jour les meilleurs moments en DVD, peut-être dans un digipack similaire à celui de HomuraUta.

Celui-ci aurait pu sortir beaucoup plus tôt dans l’année. Trouver des financements n’est pas chose facile et le premier partenariat envisagé s’est malheureusement soldé par un échec. La version française de HomuraUta, disponible en exclusivité pour le concert, sortira finalement le 10 octobre 2005, distribuée en partie par No Sphere. Soundlicious s’est efforcé de rester le plus proche possible du packaging japonais, mais à cause d’un coût trop important, le gaufrage a néanmoins du être abandonné. Le boîtier cartonné trois volets contient le CD audio, un DVD vidéo et un livret "volant". On ne peut pas le fixer à l’intérieur et c’est d’autant plus regrettable que le travail fourni pour ce dernier est remarquable : design adapté dans l’esprit original, paroles traduites en français et transcrites en romanji pour pouvoir chanter sans connaître les caractères japonais… Le DVD a été entièrement réalisé par l’équipe de Soundlicious qui s’est déplacé pour l’occasion au Japon afin de réaliser des interviews dans une ambiance très décontractée. En ajoutant le live filmé au Liquid Room d’Ebisu (Tôkyô) et le clip de Zetsubô, on obtient plus d’une heure de vidéo (sous-titrée français) : idéal pour découvrir le groupe, son parcours, ses motivations, ses influences, ses réalisations les plus récentes interprétées en live (le dernier album Kichiki no tou venait de sortir), ainsi que le staff technique qui les entoure. Un produit qualitatif très encourageant pour la suite.

Vous souhaiteriez voir des artistes japonais distribués en France, ou même invités pour un live ? Rien ne vous empêche de faire connaître vos envies et d’envoyer vos pétitions à Soundlicious, Sae a assuré que toutes les propositions seraient étudiées. Si vos souhaits concordent avec les coups de cœur du label, avec un peu de bonne volonté à l’autre bout du monde… qui sait ce qui pourrait arriver !

Eric Oudelet


Informations et contacts Soundlicious : www.soundlicious.com
Remerciements : Sae de Soundlicious
Reportages et photos : Eric Oudelet
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