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Plastic Tree en concert à Paris à la Locomotive le 9 juillet 2006 : reportage

Le 9 juillet 2006 vers 21h30, Thierry Henry rate de peu un deuxième but français et l’étage de la Locomotive (une boîte de nuit de la capitale) frémit sur la transversale malheureuse. Au rez-de-chaussée, c’est l’entrée en scène de quatre Japonais, petits models aux cheveux mi-longs, qui fait hurler le peuple entassé sur cinq ou six rangs dans la fosse, mais aussi dans les escaliers entourant la salle. En ce jour de patriotisme intense, seules quelques 300 personnes ont fait l’effort de se déplacer pour ce grand groupe de la scène rock nipponne qu’est Plastic Tree, un effort largement récompensé.


Pop rock dans tous ses meilleurs états

Plastic Tree prend place sur la scène parisienne alors que l’intro électro de Crash Pot attise l’excitation de la salle. Les japonais commencent leur concert timidement reclus au fond de la scène l’air hagard, seul le chanteur semble à son aise face aux autochtones hystériques qui s’égosillent de bonheur à ses pieds : Ryûtarô, en costume noir de petit garçon, a séduit instantanément son assistance avec ses manières de gamin, son air innocent et ses sourires presque indécents. Il se pend à son micro et laisse s’échapper les premiers mots de ce titre tranquille. Mais son chant est aussi frêle que son apparence et son filet de voix perce tout juste à travers l’instrumentation. La balance n’est pas bancale, le chanteur n’a tout simplement pas de coffre… On se console les oreilles avec la belle performance des trois musiciens et les excellentes mélodies pop rock qui s’enchaînent, Cell. entraînante et obsédante, Sanbika enlevée et énergique, Melancholic piquante. Le spectacle qu’on nous donne à voir se charge ensuite de nous faire oublier les faiblesses vocales du mignon chanteur.

Après un début de festivité sautillant, le groupe calme le jeu avec la très jolie Harusaki Sentimental. La voix de Ryûtarô, enfin audible clairement sur l’accompagnement au piano, charme le public terré dans un silence religieux. Cet instant de douceur est aussi un petit moment d’émotion ; comme si la fosse n’était pas assez fascinée, le Japonais s’accroupit au bord de la scène et chante les yeux dans les yeux avec les heureux du premier rang qui se bénissent intérieurement d’avoir eu le courage de faire le pied de grue devant les portes de la salle sous le soleil de la journée. De quoi donner des palpitations à certains et certaines !
Les deux musiciens à cordes jusqu’ici très discrets, le regard perdu entre les fentes des planches de la scène, osent lever les yeux vers leur cour. Constatant qu’elle leur est toute dévouée, ils se lancent avec le sourire aux lèvres à la conquête des devants de leur piédestal. Tadashi, oublie un peu les cordes de sa basse quand un ballon de baudruche fait irruption sur scène (?) et fait quelques échanges de balles avec les sportifs de la fosse. De l’autre côté, Akira, lorsqu’il n’est pas plié en deux, la guitare au niveau des genoux, s’improvise chauffeur de salle ; on applaudit, on lève le point, on crie, on fait de l’aérobic, des abdos fessiers… Hiroshi derrière sa batterie a plus de mal à se décoincer, mais les acclamations du public qui hurle son nom aussi fort que ceux des leaders, lui arrachent quelques sourires timorés.

La suite du concert est une grande démonstration de pop rock, la setlist pioche dans le meilleur de la longue discographie du groupe : Planetarium du single du même nom (2001), Monophobia de l’album Puppet Show (1998), Danse Macabre de Cell. (2004), Ghost de leur dernier album, Chandelier sorti fin juin. Ils nous font passer des chansonnettes légères aux mélodies sombres à la mélancolie latente, des sons électro aériens aux riffs puissants, ils mélangent sans complexe la frappe énergique d’une batterie pop à une guitare quasi néo métal, un chant fluet presque enfantin aux ronronnements sourds de la basse. Dans ce milk shake général, on ne sait plus trop ce qu’on doit faire, sautiller joyeusement partout, headbanguer accroché à une barrière, hurler, pleurer..?

Jusqu’à l’épuisement

Le temps passe discrètement et la fatigue alourdie les bras, colle désagréablement les pieds au sol. Sur scène, les quatre artistes continuent leur show toujours aussi énergiques et passionnés ; Akira nous interdit tout bonnement de baisser les bras et Ryûtarô nous donne la cadence à suivre en gigotant dans tous les sens et sautillant de droite à gauche… S’ils ne souriaient pas à éblouir les spots, on serait tenter de croire qu’ils essaient de nous achever ! Nous, public meurtri par des points de côté de plus en plus violents, en venons à souhaiter une pause… Notre souhait s’exauce alors que les Japonais entament leur deuxième heure de live ; ils nous abandonnent à notre misère physique et disparaissent dans les coulisses, satisfaits et toujours en forme !

Après dix courtes minutes, les garçons nous reviennent frais et changés, en particulier Ryûtarô emballé négligemment dans un grand yukata rouge, les cheveux noués. Ainsi en costume d’apparat, il fait presque de l’ombre à son camarade guitariste en plein solo sur Kiss me kiss me kiss me. Trois titres plus tard, les membres Plastic Tree nous abandonnent de nouveau et c’est en t-shirt/jeans qu’ils reviennent finir leur concert, une tenue décontractée pour un groupe qui a pris ses aises durant ces deux heures de concert. Ils sont désormais tellement déridés, qu’ils en deviennent bavards ! Ryûtarô nous explique qu’ici, c’est la France et que son t-shirt vient de Tôkyô, Akira préfère gentiment nous prévenir de la défaite des footballeurs bleus (enfin blanc pour l’occasion) et entre tous ces discours décousus en franco-anglo-japonais, on arrive tout de même à saisir l’essentiel : les chaleureux remerciements et leur joie d’être ici ce soir.

Ryûtarô à son public : "Merci bok' !"

On pensait assister à un concert tranquille, du bon pop rock sauce nipponne dans les oreilles, mais Plastic Tree en a décidé autrement et nous voilà transpirants à descendre douze litres d’eau tiède qui sent la javel. Les deux heures passées à sauter, gesticuler, brailler, danser, chanter… ont mis à rude épreuve nos petits muscles peu habitués au sport d’endurance. Pourtant personne ne se plaint, comblé par le show, enchanté par la musique et fasciné par ce groupe charismatique. Plastic Tree a imposé son ambiance toute particulière, des morceaux mélancolique qui flottent dans l’air joués par des Nippons plein de charme qui affichent leur bonne humeur et s’amusent avec leur public. On espère maintenant ardemment qu’ils leur reprendra l’envie de faire un concert dans notre hexagone, ou pourquoi pas une petite tournée comme il est devenu récemment coutume chez leurs compatriotes visualeux.

Lorraine Edwards


Setlist :
01 - Crackpot
02 - Cell.
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03 - Sanbika
04 - Melancholic
05 - Sink
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06 - Harusaki sentimental
07 - Uwa no Sora
08 - comic youth
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09 - Planetarium
10 - Monophobia
11 - National Kid
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12 – Kaibutsu-kun
13 - puppet talk
14 - Dance Macabre
15 - Ghost
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Encore 1
16 - Kiss me kiss me kiss me
17 - Hate red, dip it
18 - Yume no Shima
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Encore 2
19 - Honjitsuha seiterinari
20 - namida Drop
21 - Psycho Garden

Remerciements : No Sphere
Compte rendu de la conférence Plastic Tree à Japan Expo le 8 juillet 2006 :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=294



Photos de la conférence présentées sur cette page : Elie Demichelis
La reproduction et/ou réutilisation de ces photos est strictement interdite.
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