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Calmando Qual : reportage sur leur premier concert à Paris le 29 juillet 2006

Après une première série de concerts européens au mois de mars, Calmando Qual vient enfin à la rencontre du public français pour cette deuxième tournée ayant débuté par un festival en Allemagne. Ce groupe gothique relativement peu connu, né en 2001, a offert une prestation de qualité à un public parisien rassemblant une centaine de personnes déchaînées à la Scène Bastille. Retour sur ce concert intimiste où chacun pouvait se sentir proche de ce groupe fort sympathique.

Samedi 29 juillet 2006, sous une météo clémente, quelques fans et néophytes attendent avec impatience l’ouverture des portes de la Scène Bastille. C’est avec une bonne demi-heure de retard que le public rentre calmement et sans bousculade dans la salle : on savait tous très bien que ce petit monde allait pouvoir s’installer confortablement dans cet espace d’une capacité de 300 personnes. Certains vont tout de suite s’approvisionner au stand goodies (rapidement dévalisé), d’autres se précipitent devant la scène. La petite foule ne remplit pas la fosse, c’est certain : le public tient tout au plus sur trois ou quatre rangées devant la scène. Mais tous, fans comme non initiés, attendent avec impatience de voir Calmando Qual, ce groupe gothique hors du commun.

Une mise en bouche agréable

Mais avant cela, nous avons droit à une première partie assurée par Closer, jeune quatuor français influencé par le visual kei, qui chante en anglais et nous vient tout spécialement de La Rochelle. A part quelques problèmes de micro au démarrage, voire de réglages sonores plus généralement, la formation assure vraiment, avec tantôt des compositions énergiques et d’autres plus lentes. Closer réussit à chauffer la salle et certains de leur titres font fureur : Illusion, For your unpleasure, Mémoire de Rêve ou le très festif Awkward Girls. Bien que dépourvu de batteur (remplacé par une boite à rythme), Closer parvient à imposer son style et son ambiance, notamment grâce à une partie clavier live qui a pu s’exprimer dans un superbe titre solo. Bref, une vraie réussite contrairement à VIOLET STIGMATA qui avait vite lasser en ouverture du concert de deadman. Closer manque encore un peu de maturité et d’expérience au niveau des compositions et de la prestation scénique mais on ressent déjà un fort potentiel. S’ils continuent sur leur lancée et peaufinent leurs créations, ils iront très loin, d’autant plus s’ils trouvent un batteur de talent. En tous cas, ils semblaient très heureux de jouer devant un public aussi réactif, tout le monde sait que ce n’est pas facile de faire la première partie d’un autre groupe…




Calmando Qual entre en scène, la folie de tout un public

Après une petite pause, voici qu’entrent un par un les membres de Calmando Qual, chacun arborant un look plutôt soft comparé à ce que l’on pourrait attendre d’un groupe de leur acabit. Tous ont la particularité d’avoir le corps couvert de peinture (bras, mains mais aussi le torse pour le bassiste Kenka). Le quintet commence fort avec EGOISTIC WORLD, le public est tout de suite déchaîné, tout le monde headbangue, saute, et crie. Une sorte d’euphorie s’empare des spectateurs qui se montrent vraiment chauds. Malgré leur nombre restreint, le public français met réellement le feu ! Cela prouve bien toute la force de Calmando Qual et son aisance à enflammer un auditoire. Sans temps mort, on commence à entendre les premières notes électroniques de bokugaku. Tasc, le claviériste est vraiment très présent avec une attitude scénique assez agressive, dans le bon sens du terme. Quant au bassiste Kenka, il nous fait profiter de sa gestuelle totalement déjantée tout au long du concert.

Après bokugaku, nous avons droit à Paradox issu du single Moral Pollution. Le public pousse des hurlements en même temps que le chanteur Hibiki, comme pour affirmer sa présence. Il ferait presque autant de bruit qu’une salle pleine à craquer ! Une vraie communion entre Calmando et son auditoire s’instaure rapidement dans cette ambiance intimiste. De temps à autre, Tak fait effleurer les cordes de sa guitare au premier rang et Hibiki tend ses bras dans la foule. Devant les réactions enthousiastes, on comprend la joie du groupe, lisible sur visage d’Hibiki qui arbore de larges sourires quand le public se mettait à crier et lever les poings avec ferveur.
Une chanson très attendue se fait entendre après Paradox, il s’agit d’Insanity. Dès les premières notes du solo de basse de Kenka, on sait qu’il s’agit d’une des chansons préférées des fans. Hibiki nous gratifie d’un très beau jeu de scène, comme dans le vidéo clip, en jouant au schizophrène : tantôt il s’accroupit en se tenant la tête, tantôt il louche en ayant un visage d’aliéné. Cette chanson étrange en aura comblé plus d’un.
C’est au tour de erotic+grotesque+nonsense d’être jouée avec toujours ces sonorités électro interprêtées par Tasc. Hibiki prend une voix inquiétante. Au milieu de la chanson Tak nous sert un solo de guitare, tout simplement unique et beau. Après le sombre break down extrait lui aussi d’Heretical God, avec ses chœurs assurés par Tak, voici que résonnent calmement les premières notes de death song… Hibiki prend encore une fois une voix inquiétante. Par moment le morceau s’accélère puis reprend un rythme calme pour mieux repartir et arriver au refrain où Hibiki crie avec rage : "death song !!!!". Le chanteur profite du solo de guitare pour se balader de long en large sur la scène au rythme de la batterie de Shio en regardant fixement son public. L’apogée de cette chanson a mis tout le monde dans un état de frénésie intense. Une vraie symbiose. Alors que chaque membre du groupe se remet à jouer de son instrument. Hibiki crie en un seul souffle "yeaaaaaaaaaahhh ! ooooooohhhhh" ; puis il tend le micro à la foule qui répète immédiatement et à plusieurs reprises le fameux cri, ce qui ne manque pas de faire sourire le chanteur ravi de cette réaction. C’est le moment choisi par Hibiki pour présenter les différents musiciens du groupe, chacun nous gratifiant de jolis petits solos. Hibiki ponctue d’un "We are Calmando Qual !" et nous remercie d’un petit "Thank you".



Après ce petit interlude, le public est encore plus bouillant et des cris révélateurs se font entendre dès les premières notes électroniques d’hedonism, on sent tout de suite que cette composition est très appréciée. Sauts dans tous les sens, headbanging, pogo… tout le monde chante au refrain et crie en même temps qu’Hibiki. Du pur bonheur pour les fans, une ambiance de folie entretenue depuis le début. Le leader de Calmando Qual semble beaucoup apprécier les hurlements très graves et gutturaux venant de la fosse, et il ne se prive pas de nous le faire remarquer en faisant de même au milieu de certaines chansons.

Lors de ce concert, nous découvrons un nouveau titre au rythme énergique : emnity for God, avec une batterie bien pêchue, un solo de guitare magnifique au milieu du morceau et des cris semblant venir du fond des tripes du chanteur pour le refrain. Une très belle composition qui en laisse présager d’autres pour le futur…
C’est après cet inédit que le groupe quitte la scène et le public de se mettre aussitôt à scander : "Encoreee ! Encoreee !" prononcé à la japonaise ("Enncoléé !"). Tout le monde crie et tape des poings sur la scène pour faire encore plus de bruit. Calmando Qual ne va quand même pas nous laisser sur notre faim !?



S
oudain et après tout ce tapage, les musiciens réapparaissent triomphalement. Mais ce que les spectateurs ne savent pas encore, c’est qu’il s’agit de la dernière fois de la soirée qu’ils reviennent sur scène…
Hibiki annonce Born EQUAL Pain, autre grand classique connu des fans. La petite intro au piano se fait entendre, le public tape dans les mains tout en lançant des "ooyy ooyy" au rythme de la batterie, et reprend le refrain en chœur. Sur cette chanson, nous pouvons voir de quelle manière Tak produit ses bruissements étranges à la guitare, il utilise un simple petit bâton en bois pas plus gros que des baguettes de batterie (en était-ce une ?) qu’il passe sur les cordes de son instrument. Ce titre se termine sur les mêmes notes de piano apaisantes qu’en intro. L’ultime morceau de la soirée n’est pas là pour calmer les esprits, bien au contraire : ANTI FLAG nous offre un final de folie ! Hibiki demande dès le départ à la foule de sauter en criant "Jump ! Jump !". Le public ne se fait pas prier une seule seconde ! Une partie des personnes présentes ne connaissant pas Calmando et la version live de cette chanson (à moins qu’il ne s’agisse d’une auto-censure sur notre continent…), les poings des artistes ont remplacé les signes de mains tendues faisant penser au salut nazi lors des autres concerts du groupe. ANTI FLAG se termine et nous groupe quitte la scène, suivis de hurlements destinés à les rappeler. Kenka est le dernier à partir. Au milieu de la scène, il demande le silence pour dire dans la langue de Molière et avec un joli petit accent japonais : "Merciiiii !". Dans le public, chacun s’interroge pour savoir s’ils vont revenir… Tout est passé si vite, l’ambiance est tellement conviviale que personne n’a vu le temps passer, donnant l’impression que ce concert vient à peine de commencer. Ils n’ont joué qu’une heure quinze et c’est en toute logique qu’on peut espérer une suite… Et pourtant, il n’en sera rien.



Calmando Qual laisse néanmoins une excellente impression, que ce soit pour les fans ou aux personnes venues les découvrir. Ils valent vraiment le coup d’œil, et une telle proximité avec le public, une telle présence… c’est rare et ça s’apprécie. Seul le nouveau batteur Shio est resté un peu distant, semblant garder son sérieux en toute circonstance. Ils ont réussi là où certains ont échoué : faire entrer une grande part de leur public dans leur univers. On peut parier sur des émotions aussi fortes du côté du public que de celui des artistes. Nous avons assisté à un réel échange.

Après le concert, la plupart des spectateurs se sont donnés rendez-vous au bar Les Furieux, rue de la Roquette, pour une séance de dédicace. Même après la fatigue du concert, le groupe reste disponible et souriant pour signer à tous des autographes, se laisser prendre en photo et serrer des mains (et même faire quelques calins !..). Cette séance de dédicace a vraiment confirmé la sympathie qu’ils ont inspirée durant le live.



Ce concert (malheureusement ?) intimiste fut donc un événement riche en émotions. La prestation de Calmando Qual fut certes très (trop) courte mais intense, et on a apprécié la participation réussie de Closer en première partie qui a apporté une valeur ajoutée indéniable. L’ambiance passionnée et enflammée n’a jamais censé de monter tout au long de la soirée et on espère qu’ils reviendront très vite, avec un public plus nombreux pour une ambiance encore plus folle et déjantée.

Julie Carvalho


Setlist de Closer (première partie) :
01 - The Evil Gentlemen
02 - Remorses
03 - Illusion
04 - For your unpleasure
05 - In need
06 - Lunatics Loudspeakers
07 - Mind Mess
08 - Memoire de Reve
09 - Awkward Girl

Setlist de Calmando Qual :
01 - EGOISTIC WORLD
02 - Bokugaku
03 - Paradox
04 - Insanity
05 - erotic+grotesque+nonsense
06 - break down
07 - death song
- Session Time -
08 - Hedonism
09 - emnity for god
- Encore -
10 - Born EQUAL Pain
11 - ANTI FLAG




La conférence de presse de Calmando Qual :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=331

Photos du concert : Yuko de Kazane
Photos de la dédicace : Eric Oudelet
Remerciements : Kazane et Nanimato
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