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BLACK LINE en concert à Paris : reportage à la Boule Noire et compte rendu de la conférence de presse

Il y a quelques années, le groupe de visuel kei Dio - distraught overlord avait marqué les esprits en France, non pas pour sa musique - assez proche d'un concert de machines à laver - mais pour ses shows survoltés, ses orgies metalesques où les Japonais s'offraient corps et âme aux mains baladeuses des jeunes fans. On retrouve un savant dosage de ces ingrédients chez BLACK LINE, nouveau projet de Mikaru et Syu (ex-Dio), dans un registre moins sérieux, moins "costumé" et plus délirant, comme en témoigne l'humour de la compagne promotionnelle online, qui lorgnerait quant à elle du côté de la Kpop...

C'est en effet par une surprenante exposition online quasi-quotidienne que BLACK LINE a fait la promotion de sa toute première tournée européenne, un an et demi après sa naissance chaotique. Des road movies et photos postés sur les réseaux sociaux par le tourneur TORPEDO PRODUCTIONS permettaient aux fans de visual kei et de rock japonais de suivre les tribulations de Mikaru, Syu, Jun et Yudai avant et pendant le tour, que ce soit en concert ou dans leur vie quotidienne, en train de danser GANGNAM STYLE au supermarché ou de rigoler à la laverie. Impensable chez la plupart des visualeux paranos de leur image, cette démarche rappelle davantage celle de certains artistes occidentaux ou des idoles Kpop hyper hype depuis 2 ou 3 ans. Sur Internet, les agences sud-coréennes ont en effet pour habitude d'abreuver sans discontinuer les fans d'informations, de photos et de vidéos plus ou moins idiotes pour maintenir l'attention du public et le dynamisme des carrières des artistes, même en suspens. Le producteur français TORPEDO PRODUCTIONS, qui se lance aussi dans la Kpop après avoir recruté une spécialiste qui travaille dans le milieu depuis quelques années, semble s'être bien inspiré puisque la campagne a créé une réelle curiosité (quelles seront les pitreries de BLACK LINE au prochain pays ?), augmentant sensiblement le capital sympathie du jeune quatuor, pour obtenir in fine des ventes de billets régulières au fil de la tournée et des remplissages satisfaisants. Ce n'était pas gagné par les temps qui courent... Là, vous allez surement rétorquer : "Pour adhérer au concept avec autant d'autodérision, les BLACK LINE seraient-ils toujours japonais !?". Et bien oui ! Ils n'ont tout simplement pas de manager aux techniques archaïques pour verrouiller leur communication. Les quatre compères en vadrouille s'amusent et improvisent avec insouciance. On aurait d'ailleurs aimé jouer un peu plus avec eux en conférence de presse ; celle-ci a été désespérément courte, là aussi comme chez les Coréens de S.M. ENTERTAINMENT. Pour une fois, c'était le mauvais exemple à suivre.


Compte rendu de la conférence de presse BLACKLINE à Paris


Syu : Bonjour, nous sommes BLACKLINE. C'est notre premier voyage à Paris et nous vous remercions pour votre accueil.
Yudai : Je suis Yudai, le guitariste. Aujourd'hui, c'est presque notre dernier concert en Europe, la fin de notre parcours de trois semaines. Nous allons faire le maximum !
Syu : Je suis le batteur Syu, leader de BLACK LINE. Personnellement, ça fait quatre ans que je ne suis pas venu à Paris. La ville n'a pas changé, elle reste toujours aussi belle. Je suis très ému d'être de retour. [NDLR : Syu se faisait appeler Denka quand il jouait avec Dio]
Mikaru : Je suis le chanteur Mikaru. C'est la cinquième fois que je viens à Paris, je me souviens plus particulièrement de ma participation à JAPAN EXPO. J'adore Paris et je suis fier d'être là ce soir.
Jun : Je suis Jun le bassiste. C'est ma première fois à Paris et franchement, j'aimerais bien visiter cette ville, surtout la Tour Eiffel ! Malheureusement, le temps nous manque et je suis un peu déçu, mais bon...

Presse : Bonsoir BLACK LINE. C'est votre premier concert à Paris et il s'agit d'une spéciale, une Xmas Special Party. Vous avez donné très peu d'informations aux fans sur les surprises prévues. Pouvez-vous nous révéler quelques détails en avant-première ?
Yudai :
On ne va pas tout dévoiler, mais voici un indice : on va devenir les cadeaux de Noël.
Syu : Dans notre spectacle, vous allez voir des choses que probablement aucun artiste japonais n'a fait avant nous.

Presse : Le père Noël récompense les enfants sages par des cadeaux. Pensez-vous avoir été assez sages pour en mériter ?
Yudai :
Bien sûr !
Syu : On a passé ces 365 derniers jours en pensant à Noël, dans l'esprit de Noël ! Alors, évidemment, on a été très sages !
Mikaru : Pour pouvoir recevoir le cadeau du Père Noël, je me suis même abstenu de boire du sang.
Jun prend un accent de paysan : C'est moi le Père Noël !
Presse : Quel cadeau souhaiteriez-vous recevoir ?
Yudai :
L'amour !
Syu : De la gentillesse.
Mikaru : Une femme nue.
Jun : Une grosse pêche. [NDLR : une bonne paire de fesses !]



Presse : Mikaru, vous êtes apparemment un vampire et beaucoup de filles dehors aimeraient sûrement être vampirisées... Est-ce qu'elles ont leur chance ce soir ?
Mikaru :
Je le déclare officiellement devant vous : ce soir, trois fans se feront vampiriser avant la fin du concert.

Presse : BLACK LINE a maintenant un an. Quel bilan tirez-vous de cette année ?
Syu : Durant cette année, il y a eu des hauts et des bas. On s'est parfois un peu perdu, mais on voit enfin clairement notre objectif commun. En résumé, 2012 était l'année de la recherche de notre identité.

Presse : Est-ce que votre venue pourrait inciter d'autres artistes japonais à venir se produire en France et en Europe ?
Yudai :
A notre retour, on parlera de cette expérience autour de nous, à nos amis musiciens bien sûr. On leur dira que ça nous a apporté beaucoup. Si on peut revenir avec eux un jour, c'est encore mieux !

Presse : Demain, la première tournée hors Japon de BLACK LINE s'achève. Quel est votre bilan ? Avez-vous des anecdotes particulièrement marquantes à raconter ?
Yudai :
Dans mon entourage, tout le monde m'a prévenu : si tu sors du Japon, tu n'auras que des problèmes ! C'est vrai que ça a "bien" commencé : la guitare et la basse n'ont pas été livrées à temps. Finalement, on s'est amusé de ces soucis et on a voulu poursuivre la tournée en restant toujours optimiste. Ça nous a beaucoup servi et BLACK LINE a mûri grâce à cette tournée.
Syu : Pour ma part, ce n'était pas ma première tournée, même si ça l'était en tant que membre de BLACK LINE. J'ai retrouvé des fans qui sont venus nous voir en tant que BLACK LINE, on a aussi rencontré de nouveaux fans. Pour moi, c'était surprises et émotions tous les jours.
Mikaru : C'est vrai que les conditions sont très difficiles pour cette tournée, ça n'a rien à voir avec ce qui se passe au Japon, que ce soit les horaires, les plannings, la nourriture... par plein d'aspects. Malgré cela, chaque soir quand on joue devant nos fans, on se rend compte que c'est 1000 fois mieux qu'au Japon. Ça nous fait oublier tout le reste. Chaque soir, on discute aussi entre nous sur la possibilité d'aller jouer ailleurs dans le monde.
Jun : Je sors du Japon pour la première fois et j'ai été très ému face aux réactions du public européen. Ça me fait trop plaisir de voir de telles ambiances et j'ai hâte d'être à ce soir.

Presse : Avez-vous emporté un objet personnel pour vous aider à surmonter les moments difficiles pendant la tournée ?
Yudai :
De la soupe miso !
Syu : Rien de particulier. Je ne vois pas la tournée comme une expérience difficile à vivre. Au contraire, je m'amuse. En fait, je voudrais juste rester avec les autres membres du groupe pour profiter de ces moments.
Mikaru : J'aimerais bien me saouler tous les soirs, mais ce ne serait pas raisonnable. Du coup, j'ai emporté un petit roman à lire.
Jun : J'adore le cinéma, les films... Je savais que je n'aurais pas le temps d'y aller, alors j'ai téléchargé un film à regarder sur mon téléphone portable, et je le regarde pour me relaxer.



BLACK LINE Xmas Special Party à la Boule Noire


Alors que BLACK TIME improvisait des poses lors d'un inhabituel photocall pour la presse, exercice là aussi judicieusement pompé chez les Coréens, 200 fans trépignaient d'impatience sur les trottoirs pluvieux de Pigalle. Ils, ou plutôt elles pour la grande majorité, allaient vite se réchauffer dans l'antre de la Boule Noire. Le duo français Klink Clock a efficacement assuré la première partie avant que BLACK LINE ne largue les amarres à bord de son bateau pneumatique gonflé à la bouche...

On nous avait promis du jamais vu pour la Xmas Special Party, ce fut effectivement le cas avec Mikaru voguant sur les flots humains dès les premiers titres du concert. C'est d'ailleurs la performance la plus marquante de la soirée où on a retrouvé un son rock /métal et quelques ballades visualesques, interprétés par des musiciens au look sobre. L'autre attraction inoubliable du show était sans conteste le final orgiaque et interminable dans la grande tradition de Dio, durant lequel Mikaru torse nu s'est délicieusement vautré et prélassé dans le public. Les fans, pour certaines en soutif et mises en appétit par les tablettes de chocolat du chanteur, ne se faisaient bien sûr pas prier pour les déguster par tous les moyens possibles. Les deux gratteux, les mains prises par leurs instruments (de musique),ont participé autant que possible à cette communion récréative et tactile rythmée par le batteur et leader Syu. De l'amusement, un grand défouloir, des invitations aux gâteries et à b***er (en français, s'il vous plait)... on en attendait pas moins des ex-Dio qui ont su s'inspirer du modèle Kpop (SUPER JUNIOR ?) pour se faire connaître et produire un show drôle, mais évidemment plus trash que chez les Coréens. Un peu d'organisation, des gags mieux ficelés et un concept davantage compréhensible ne feraient cependant pas de mal à ce joyeux délire trop improvisé.



Si la musique de BLACK LINE a éventuellement sonné un poil plus mélodique et moins bourrine que Dio, on ressort du concert la tête vide, sans souvenir du moindre refrain, du moindre couplet. Par charité en cette période de Noël, on s'abstiendra de commenter le chant pour se dire que, finalement, on ne s'attendait ni à un miracle, ni à une révélation. Mission accomplie pour BLACK LINE et sa fête débridée qui ont su tirer quelques larmes aux plus émotifs, y compris aux membres du groupe eux-mêmes lors d'adieux - ou plutôt d'au revoir puisque le quatuor a promis de revenir - réellement touchants.






Photos et compte rendu par Eric Oudelet
Reproduction / réutilisation strictement interdites.
Remerciements : TORPEDO PRODUCTIONS et Lamia pour l'interprétariat en conférence





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