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Kyary Pamyu Pamyu ''100% KPP WORLD TOUR 2013'' à La Cigale le 10 février : reportage sur le concert parisien

Un univers hyper coloré et délirant mélangeant kawaii, monstres et autres bizarreries absurdes, une musique enfantine et obsédante produite par l'enchanteur de l'électro-pop japonaise Yasutaka Nakata (Capsule, Perfume...), tels sont les ingrédients tape-à-l'œil du phénomène nippon Kyary Pamyu Pamyu. Révélée au monde par son clip PONPONPON sur Youtube (un buzz à 43 millions de vues), invitée vedette "mode" du festival JAPAN EXPO 2012, la chanteuse et créatrice de 20 ans inspirée par Gwen Stefani, Lady Gaga et Katy Perry se lance en 2013 dans une tournée mondiale qui a débuté par deux dates européennes supervisées par Soundlicious. La nouvelle petite icône internationale de la pop japonaise a-t-elle fait honneur à son pays face à la déferlante coréenne (voire chinoise) et fait taire les pessimistes déçus par les derniers lives Jpop ? On fait le point après le débrief du concert donné le 10 février à Paris, à La Cigale.

A 55 euros, le prix du ticket a fait bondir d'effroi et tourner court les hésitations d'un bon nombre d'indécis. Trop succincts, chers et low-cost dans leur production (Buono!...), en particulier face à la concurrence coréenne, les concerts Jpop en France se traînent depuis quelques mois une réputation peu flatteuse qui a certainement porté préjudice à Kyary et incité Soundlicious à rassurer les fans sur les réseaux sociaux. L'agence a cependant dû proposer une remise de 30% aux abonnés de la chaîne Nolife, vitrine de la chanteuse en France via l'émission Japan in Motion, pour remplir aux deux tiers la salle parisienne. On remarquait la présence d'un public familial japonais, notamment d'une ribambelle d'enfants, habituellement absents de ce genre de concerts ; peut-être révélatrice à notre échelle de la popularité croissante de Kyary auprès du grand public nippon. Somme toute, rien de comparable à la quasi-émeute de TEEN TOP (Kpop) au Trianon la veille (une salle semblable à 1200/1300 places), mais la fréquentation honorable et l'ambiance conviviale ont permis à tous de passer une soirée "confortable", et ainsi profité d'un spectacle bien plus léché qu'on n'osait l'imaginer.





Kyary Pamyu Pamyu a en effet voyagé jusqu'en Europe avec deux danseurs et deux danseuses magnifiquement apprêtés, et impressionnants dans la maîtrise de leur art. L'œil était en effet souvent davantage attiré par leur gestuelle endiablée et leurs mimiques que par la star de la soirée. Kyary n'a pas ressorti son imposant costume de mammouthosaure arc-en-ciel du Kouhaku Uta Gassen, mais a ravi les fans par quelques tenues colorées plus légères, lui donnant l'aise nécessaire pour chanter et danser pendant près d'1h30. Comme un seul homme, le public a repris la chorégraphie des plus grands hits pop de sa courte discographie, en particulier des titres comme PONPONPON, le Burtonien Fashion Monster, ou même l'horripilant Kyary-ANAN qui aurait fait des ravages en boucle à Guantánamo. Kyary Pamyu Pamyu, c'est un peu l'improbable croisement entre les comptines de maternelle, la musique électronique, Mon Petit Poney et Beetlejuice. Le prochain single Ninja ri Ban Ban et ses sonorités traditionnelles caricaturales, chanté en avant-première, a lui aussi démontré son insidieuse efficacité au fil des secondes, de la traverse de son pont instrumental aux refrains. Peut-être pas aussi marquant que PONPONPON ou Fashion Monster, il rend néanmoins impatient de découvrir le clip évoqué en conférence de presse.



En plus de ces cinq ou six chansons les plus populaires aux refrains entêtants, Kyary a évidemment pioché dans le reste de sa courte discographie pour combler l'heure et demi de concert ; et là, c'est beaucoup moins drôle... Comme dans l'album, les compositions sans âme viennent hanter le set et rompre le charme par leur triste répétitivité. Après un début entrainant, on vagabonde dans le ventre-mou du concert malgré la succession rapide des chansons. Heureusement, la production a intelligemment glissé quelques animations scéniques et vidéo hilarantes pendant les interludes. Un lapin en peluche géant à tétons rouges s'est dandiné en exhibant son cœur KPP floqués sur ses fesses, et des clips-sketchs vidéo parodiques complètement fous avec des combats et moult têtes d'ahuris ont provoqué à la fois grands éclats de rire et incrédulité totale. Jouissif dans sa mise en images stylisée et parfois incompris dans son extrême absurdité, l'humour très particulier a dans tous les cas marqué les esprits.



Enchaînement non-stop des chansons, chorégraphies de groupe, animations, humour, sketchs vidéo à la direction artistique affirmée... le 100% KPP WORLD TOUR 2013 ravit par la qualité globale de son package et dans ses intentions. Inédites chez nous en Jpop, elles ont toutes déjà été exécutées à la perfection pendant 3h30 dans l'époustouflant SUPER SHOW 4 du boysband coréen SUPER JUNIOR au ZENITH de Paris. Malgré toute la bonne volonté manifeste de l'équipe de Kyary, on pestait contre un point particulier : les longs textes écrits dans un français incompréhensible, dans une typo empâtée, trop petite, et par conséquent illisible. C'est d'autant plus regrettable que Kyary Pamyu Pamyu n'en est pas à ses premières expériences à destination des Français, qui étaient, elles, exemptes de ces erreurs.



Malgré l'aide quasi-permanente du playback (mieux vaut ça que le rendu live de girigiri safe...), les boulettes textuelles des films et les chansons de remplissage, le concert de Kyary Pamyu Pamyu a la Cigale a ravi les fans. Compte tenu des moyens déployés dans la captation vidéo, ils peuvent même rêver d'un DVD plus ou moins complet de ce concert. Toutes les attentes du public ont été comblées, que ce soit dans l'interprétation des meilleurs titres, les chorégraphies ou les costumes féériques. Les séquences vidéo drôles et stylées, et l'enchaînement rapide des titres et animations qui maintient l'excitation même pendant les breaks, sont autant de bonnes surprises qui amènent pour la première fois la Jpop à un niveau de production enfin comparable - avec modestie - aux shows Kpop européens. Que ce soit en danse, en habillage ou en durée, le concert de Kyary Pamyu Pamyu égalait ainsi sans problème celui du boysband TEEN TOP au Trianon (ce dernier s'étant déroulé dans une ambiance volcanique autrement plus explosive). L'investissement et le travail de préparation font particulièrement plaisir à voir, en espérant que de prochains artistes s'en inspirent et évitent les shows au rabais quand ils affichent des prix si élevés. Celui de Kyary n'en reste pas moins abusivement cher avant réduction, et son remplissage moyennement satisfaisant repose la question de l'avenir de la J-Music en France, alors que les media japonais s'étaient enfin donnés la peine de couvrir le concert, et que Canal+ a offert une visibilité inespérée à Kyary et à la Jpop dans ses Grand et Petit Journal. Pour en revenir à Kyary, la chanteuse disposera sûrement d'ici un ou deux ans d'un nombre suffisant de bons titres pour proposer un set plus homogène qualitativement, mais son timbre de voix et la répétitivité si caractéristique des compositions basiques jusqu'alors fournies par Yasutaka Nakata continueront vraisemblablement d'horripiler le plus grand nombre. Musicalement, Kyary Pamyu Pamyu, on aime ou on déteste...


Eric Oudelet








A voir sur Orient-Extrême :

- la conférence de presse Kyary Pamyu Pamyu à Paris
- le flashmob PONPONPON de Kyary Pamyu Pamyu à Paris

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Photos © Orient-Extrême
Remerciements : Soundlicious








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