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JAPAN EXPO 2012 : live reports et reportage J-Music - partie 2 sur 3

Après avoir dressé le bilan J-Music de JAPAN EXPO 2012 et être revenu sur les showcases de Momoiro CLover Z, MAN WITH A MISSION, Tanaka Kôhei et Iwao Junko, Idoling!!! et Prof Sakamoto, on poursuit notre série de live reports au Live House avec une seconde partie entièrement rock en commençant par la révélation Hemenway. Vous verrez ensuite comment l'un des deux groupes de visual kei programmés cette année-là est rentré dans l'histoire de JAPAN EXPO...

>> Revoir la première partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012
>> Voir la troisième partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012


Hemenway


Qui avait déjà entendu parlé de Hemenway avant cette édition 2012 de JAPAN EXPO ? Pas grand monde, mis à part quelques fans d’anime qui ont pu découvrir By my side en tant que générique de NARUTO Shippuden, ou Escape dans Eureka 7 AO. D'autres, fans de Corée du Sud, ont été attiré par l'origine coréenne de deux membres, alors que Hemenway s'est formé à Boston aux USA en 2010 pendant le séjour à l'étranger des quatre étudiants.

Officiellement lancé au Japon fin 2011, Hemenway a su enflammer le public deux jours de suite au J.E Live House, notamment le dimanche où le mangaka Naoki Urasawa a rejoint le groupe durant la dernière partie de son showcase pour trois chansons. Les spectateurs étaient donc surtout là le 8 juillet pour voir l’auteur de 20th Century Boys montrer ses talents de musicien, mais le groupe de rock a créé la surprise du week-end à lui seul dans un style rappelant NICO Touches the Walls, L’Arc~en~ciel ou encore ASIAN KUNG-FU GENERATION, avec une forte musicalité, une vibration et une richesse impressionnante dans les arrangements aboutissant à deux showcases jouissifs et déstabilisants, tant les compositions surprenaient parfois, minute après minute, entre refrains porteurs et errements vocals sur des instrus déstructurées.

La participation exceptionnelle d'Urasawa n’a pas empêché les Hemenway de se donner à 200% sur scène pour montrer tout l’étendu de leur talent. Et du talent, ils en avaient à revendre, notamment Charm, le charismatique guitariste fou à lunettes embuées qui déchaînait le public et grattait les cordes de son instrument avec une rapidité et une technicité impressionnantes. Il était tellement à l’aise dans ses prouesses techniques et ses nombreux solos, que cela en était déconcertant. Il sautait dans tous les sens, se roulait par terre, jouait avec sa guitare dans le dos ou avec les dents, le tout agrémenté de grimaces plus hilarantes les unes que les autres.

Bien entendu, le showman Charm n’était pas seul sur scène. Dans la lumière, le chanteur/guitariste Isaac a également beaucoup de présence et un très joli timbre de voix claire qu'il n'hésite pas à mettre à l'épreuve en grimpant haut dans les aigus. Toshi et Ogaching, les deux derniers membres du groupe, restaient plus effacés derrière ces deux personnages haut en couleur.

Hemenway, c'était une énergie, une spontanéité et un sens du spectacle indéniables, épatants pour un si jeune groupe. Si l'on écarte MAN WITH A MISSION à la réputation déjà flatteuse, Hemenway fut la révélation musicale de JAPAN EXPO 2012, un groupe à suivre et qui devrait créer avec le temps sa propre empreinte musicale, pour peut-être atteindre les sommets à l'instar de ONE OK ROCK et des autres formations précitées.








Anli Pollicino


Anli Pollicino, jeune groupe de visual kei sans réel background amené par B7Klan, a drainé une foule incroyable pour son unique showcase samedi 7 juillet après-midi. Parmi les milliers de spectateurs, beaucoup d'adolescents et d'émos fans du genre, mais aussi bon nombre de festivaliers en avance pour Kyary Pamyu Pamyu. Les premiers se sont visiblement bien amusés, en particulier en tentant de reprendre la chorégraphie enseignée par Anli Pollicino, ou en headbanguant quelques secondes durant les séquences "metal" de Streets Smarts et Slave Machine, les autres ont trouvé le temps très, très long, à subir les 45 minutes d'un spectacle calamiteux.

A moins d'être sourd, les gratteux très mobiles qui haranguaient la foule à longueur de show n'ont pas fait illusion bien longtemps, le dynamique batteur non plus. On s'ennuyait ferme à l'écoute des compositions rock fadasses de débutant, dépourvues de la moindre étincelle technique ou d'un solo capable d'éveiller notre attention. Anli Pollicino a réussi a rendre plus molle que l'originale sa reprise rock de You Spin Me Round de Dead or Alive, mais le pire du pire, le summum du ridicule, c'était la "performance" vocale du chanteur Shindy. Ce croisement d'Amanda Lear et d'une Liliane Bettencourt botoxée sous amphétamine n'a pas réussi à chanter juste plus de deux secondes de suite, beuglant comme une vache maniérée des fausses notes pendant trois interminables quarts d'heure. Devant un parterre de journalistes avachis d'ennui contre les barrières, il détruisait le modeste travail de ses musiciens. Pire que le pire de Momoiro Clover Z, Shindy intronise à lui seul le showcase d'Anli Pollicino dans le hall of shame de JAPAN EXPO, détrônant facilement HITT et même NEEKO.




 


Daizystripper


DaizyStripper était l’un des deux boysbands groupes visual kei invités à Japan Expo 2012. Les amateurs du genre avaient déjà découvert ce quintet âgé d'environ 5 ans cette année-là. Malgré tout, DaizyStripper restait relativement peu connu chez nous avant un événement récent : un de leur titre est devenu générique de fin de l’anime Yu-Gi-Oh!, ce qui a ouvert les portes de l’exportation. Nous avons donc assisté avec curiosité au second showcase en clôture du festival le dimanche, alors que le premier avait inauguré le Live House 2012 le jeudi avec la même setlist.

Le public - essentiellement féminin - et les fans étaient au rendez-vous, joyeux et enthousiastes, mais l'affluence était étonnamment décevante pour du visual kei, très injustement inférieure à Anli Pollicino. Rien de préjudiciable pour l'ambiance : les jeunes fans connaissaient leurs partitions et chantaient en chœur les titres phares du quintet.

Ce qui pouvait choquer de prime abord, voire agacer les néophytes, c'était la voix de Yu-giri tant elle était nasillarde et aigüe. Juste après son arrivée sur scène, on aurait d'ailleurs juré qu'une main invisible lui avait brusquement attrapé l'entre-jambes après qu'il ait prononcé quelques syllabes sur un ton plus "masculin" en semi-off. Si on arrive à passer outre son timbre particulier - presque un plaisir après avoir subi l'affligeant Shindy d'Anli Pollicino - on finissait par se rendre compte que DaizyStripper déployait beaucoup d'énergie sur scène avec des guitaristes très expressifs aux attitudes de poseurs. Musicalement et techniquement, rien d’impressionnant mais cela restait propre, dynamique et joyeux dans les mélodies. Mayu, guitariste leader un peu effacé, plaçait quelques solos bien accrocheurs et faisait de ce showcase un bon petit divertissement.

Les amateurs de "l'ancienne ère" du visual kei et de boys-love auront certainement souri lors des différents fan-services : Yu-giri et le bassiste se sont embrassés tandis que le second guitariste a volé un autre smack sur la bouche au chanteur quelques minutes plus tard. Il est vrai qu'aujourd’hui, les visualeux se font beaucoup moins de bisous et autres joyeusetés issus du "code des musiciens de visual kei", et c'est d’autant moins courant après 5 ans de carrière. Ça a ravi beaucoup de fans, heureuses de les voir aussi interactifs avec elles.

DaizyStripper est un petit groupe sympathique qui a l'air de s'amuser sur scène. S'il ne se démarque pas musicalement de ses homologues, son plaisir de jouer -juste- et sa bonne humeur communicative ont fait passer un bon moment.







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Dossier et photos réalisés par Eric Oudelet, Julie Carvalho, Camille Poulain, Colinda d'Andresy et Alice Barthélemy
Reproduction / réutilisation du reportage et des photos strictement interdite.
Remerciements : SEFA EVENTS / JAPAN EXPO

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