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JAPAN EXPO 2012 : live reports et reportage J-Music - partie 3 sur 3

On termine notre grand dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012 par les live reports des invités d'honneur, Kyary Pamyu Pamyu et FLOW, et celui du tout premier artiste hip-hop japonais programmé au festival : le surprenant ViRGO aka HAMMER. De l'électro-pop, du rock et du rap oriental, on peut difficilement faire plus hétéroclite !

>> Revoir la première partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012
>> Revoir la deuxième partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012



Kyary Pamyu Pamyu


Kyary Pamyu Pamyu et son univers "monstro-kawaii" font le buzz depuis son premier clip PONPONPON aux dizaines de millions de vues, mis en ligne sur YouTube en juillet 2011. Sacrée tête de gondole internationale du Japon, la jeune mannequin et chanteuse électro-pop propulsée par Yasutaka Nakata (capsule, Perfume...) était invitée d'honneur mode du festival en 2012, et il était difficile d'échapper au tsunami. Défilé de mode, showcases, talk-show... La miss était partout, et les foules se déplaçaient en masse pour voir (ou apercevoir) la bête de cirque et sa farandole de couleurs. Kyary, c'est en effet tout un univers bariolé, enfantin, mais aussi grotesque et étrange, au service d'une musique digne de comptines de maternelle. On lui attribuerait le même public que Chantal Goya, c'étaient pourtant des ados et des adultes qui ont afflué par milliers à ses showcases, l'un au Live House, l'autre à la fin du défilé de mode HARAJUKU KAWAii!! in Paris. Dans les deux cas, même spectacle, même duo de backdancers et même courte setlist de cinq chansons. Dommage pour les fans qui en voulaient plus, mais suffisamment traumatisant pour le reste de la population...

Kyary Pamyu Pamyu en live à JAPAN EXPO, c'était avant tout le spectacle d'une chanteuse costumée par la délirante extravagance du quartier Harajuku, et des chorégraphies millimétrées exécutées avec le support de deux bondissantes Kyary Kids. Face à ce choc visuel et sonore, introduit par une musique disneylandesque, le spectateur lambda buggait, et les comptines électro-pop imagées l'emportaient irrésistiblement vers la 46e dimension. CANDY CANDY, PONPONPON et le récent Tsukema Tsukeru faisaient leurs effets, et on ne reprochait même rien au playback (Kyary était à bout de souffle pour prononcer deux mots pendant les MC, mais chantait très bien comme par magie quand la musique commençait) tant la danse monopolisait l'énergie des artistes et l'attention du public. Le réveil - et la chute - risquait pourtant d'être rapides car les compositions ultra-répétitives, la rythmique abrutissante et les flatulences instrumentales du Kyary show ont tôt fait de rompre le charme. Difficile de résister à ce qui devient une torture auditive, en particulier durant le cauchemardesque Kyary-ANAN. Nous n'en sommes pas morts, mais il fut par la suite difficile de trouver un membre du staff à sacrifier pour couvrir le véritable concert d'une heure trente (...) à La Cigale le 10 février 2013.

Les 25 minutes des deux showcases de Kyary à JAPAN EXPO ont paru trop courtes pour les fans du genre, quand la majeure partie de la foule en a eu bien assez pour découvrir le phénomène, parfois au prix d'une fulgurante overdose. Cher lecteur, choisis ton camp et module notre note en conséquence !







ViRGO aka HAMMER


Le public du Live House a voyagé le 8 juillet 2012 avec l'improbable rappeur ViRGO aka HAMMER, un personnage charismatique que l'on croirait tout droit sorti de Samurai Champloo, Kenshin ou Dragon Ball. En dehors du Sud-Coréen BABY JIN programmé en 2010, les organisateurs n'avaient jamais reçu de candidature d'artistes hip-hop, et ils lui ont donc donné sa chance.

Seul sur scène - du moins pendant la majeure partie des 45 minutes - ViRGO a chanté et dansé sur un univers instrumental riche, à la fois très contemporain et traditionnel, aux influences multiples : musique ancestrale japonaise, chinoise, hindoue, mexicaine, manouche, tribale... Toute la salle était intriguée par ce mystérieux et surprenant troubadour nippon qui parvenait à théâtraliser à lui seul le hangar du Parc des Expositions. Avec sa gourde de sake en bois ficelée à la ceinture, ou armé d'un katana pour exécuter quelques katas, le personnage avait un sacré flow. Il parlait aussi beaucoup entre ses chansons, et les non-japanophones regrettaient amèrement de ne rien comprendre. Un harassant travail de traduction simultanée aurait probablement casser le rythme et le charme du spectacle.

ViRGO aka HAMMER a fait intervenir la chanteuse et pianiste YUKIE pour deux ballades, dont une en duo. Magnifique dans sa robe de princesse orientale, elle ne fut pas aussi étincelante dans ses vocalises. Complètement à la rue au chant, elle saccageait le refrain de son titre personnel qui, à sa décharge, était autrement plus ambitieux et difficile à interpréter que ceux de Kyary - pourtant en playback.

On aime JAPAN EXPO pour la programmation de surprenants artistes totalement méconnus au talent ou aux univers remarquables, qu'on n'aurait vu nulle part ailleurs, ou qu'on n'aurait jamais eu la curiosité d'aller découvrir dans le cadre d'un concert payant. Bien que son showcase finissait sérieusement par lasser à cause de la boite à rythme et d'un flow monocorde, ViRGO aka HAMMER fait partie de ces belles et rafraichissantes surprises égarées au milieu d'abrutissants troupeaux d'idols et de pseudo-chanteuses playback-dépendantes.





FLOW


Deux ans après Morning Musume., JAPAN EXPO et Soundlicious reprogrammaient un vrai concert optionnel en marge des horaires d'ouverture habituels du festival, en soirée au Live House (un lieu pratique car déjà loué et affrété pour le week-end) : celui de FLOW, vendredi 6 juillet. Invité d'honneur musique de l'édition 2012, le groupe de rock nippon jouit d'une petite fanbase qui l'a connu grâce à ses fameux génériques de NARUTO ou Code Geass. Pour autant, pas de quoi remplir l'immense Live House : FLOW n'est pas un groupe populaire en Europe, le ticket à 37 euros n'était pas apte à attirer le chaland, et la distribution d'invitations n'a pas suffi à remplir convenablement la fosse. Pour ne rien arranger, un déficit d'information et d'indication transformait l'accès de la salle en parcours du combattant, et un déluge a douché les files d'attente en plein air. A moins de proposer une vraie star ou un artiste inédit de gros calibre, et à condition de ne pas compliquer à outrance l'accès à l'événement, la formule - intéressante - montrait clairement ses limites. JAPAN EXPO aura eu le bon sens de ne pas la reconduire en 2013 avec la concurrence externe de Perfume et °C-ute, qui avaient probablement de meilleur deals financiers dans Paris.

Le public présent en avait néanmoins pour son argent. Pendant deux bonnes heures, FLOW et ses deux frontmen chanteurs ont enchaîné les titres rock énergiques à l'aura positive, le genre de musique assez standardisée qu'on entend en générique de la plupart des animes pour garçons. Ceux de Code Geass, Eureka Seven et surtout NARUTO ont particulièrement excité les spectateurs, très actifs pendant toute la soirée, qui les reprenaient en chœur. Le groupe leur a offert l'avant-première du nouvel opening d'Eureka Seven AO, ainsi qu'une reprise de READY STEADY GO, générique de FULLMETAL ALCHEMIST et hit de L'Arc~en~Ciel. Plus bourrine que l'originale et évidemment acclamée, la version FLOW apportait enfin un peu plus de technique au jeu du groupe, très simpliste pendant l'ensemble du set.

FLOW n'avait en effet rien de flamboyant à proposer techniquement si ce n'est l'énergie de ses titres chantés par un binôme endurant malgré l'âge. Pas de solo de gratte, rien de bien percutant à la batterie... Comme la plupart des compositions et les rythmiques se ressemblaient, comme les voix étaient monotones, l'ambiance musicale toujours la même et le show trop cadré, la lassitude s'installait inexorablement pour quiconque n'était pas transcendé par les génériques de ses animes favoris.

Plaisant pour les fans de japanimation qui auront pu passer outre ses défauts, le concert de FLOW s'avérait finalement ennuyeux sur la longueur par son caractère répétitif et son manque de technicité. S'il a comblé les attentes d'un certain public, il ne restera pas dans les annales de JAPAN EXPO et son échec à la billetterie scellera peut-être le destin de la formule "concert optionnel".







>> Revoir la première partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012
>> Revoir la deuxième partie du dossier J-Music à JAPAN EXPO 2012



Dossier et photos réalisés par Eric Oudelet, Julie Carvalho, Camille Poulain, Colinda d'Andresy et Alice Barthélemy
Reproduction / réutilisation du reportage et des photos strictement interdite.
Remerciements : SEFA EVENT / JAPAN EXPO et Soundlicious











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