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DIRTRUCKS : reportage sur le concert privé du 25 octobre 2006 à Paris

Elles parcourent les routes d’Europe depuis des semaines, elles nous ont séduits lors de leur concert à Marseille… Les trois charmantes jeunes rockeuses de DIRTRUCKS achèvent leur première tournée à l’étranger ce mercredi 25 octobre 2006 au Baron, à Paris. La consécration des débutantes ?



En cette nuit du 25 octobre, DEE, SAE et RUI terminent leur première tournée marathon en Europe par un concert privé au Baron, petit bar au passé sulfureux, situé non loin des Champs-Élysées. Le combo rock japonais est comblé par ce long périple : elles débutent leur carrière en ayant déjà parcouru toute l’Europe après avoir fait les USA et l’Australie, elles ont commencé par remporter un grand succès en France, et ont rassemblé jusque 400 spectateurs lors d’un concert en oneman en Europe de l’Est. Tous les albums réservés pour la tournée ont été vendus dans l’hexagone, entraînant de nouveaux pressages en urgence pour les autres pays. Les acheteurs du CD "first press" détiennent donc un véritable collector ! ...encore disponible en petite quantité chez J-Music Store. Le groupe et leur tourneur pensent déjà à une nouvelle tournée en 2007.

Le Baron accueille donc leur dernière prestation live de l’année sur le vieux continent. Le public est sélectionné sur invitation, on ne retrouve que peu de passionnés ou de véritables amateurs de rock. A la place, quelques dizaines de bobos parisiens à l’esprit déjà embué s’affalent dans les banquettes rouges, baignées dans l’obscurité, à la seule lumière des bougies. Les trois artistes, toujours aussi souriantes et sympathiques depuis notre rencontre à Marseille, ne commencent à jouer qu’après minuit. Autant dire qu’il fallait avoir un moyen de locomotion ou se payer un taxi pour voir le show dans son intégralité, les métros et RER ne veillent pas aussi tard.



Quelques cris et applaudissements accompagnent les premiers riffs… assourdissants. Le son est si fort malgré la petitesse de la salle (on ne dénombre qu’une quarantaine de spectateurs) qu’il est impossible de se parler et de partager ce moment. Le rock de DIRTRUCKS, très simple dans ses compositions (en résumé, un groupe sympathique pour passer une bonne soirée), s’avère accessible et mélodique, mais saboté par des larsens et des réglages sonores… inexistants ? Les chants de DEE et RUI sont absolument inaudibles, la puissance sonore des cordes si élevées qu’elle en devient désagréable, un véritable rouleau compresseur. Difficile d’apprécier la performance de DIRTRUCKS dans ces conditions assommantes. Pourtant, les trois petites Japonaises assurent le spectacle avec une setlist remaniée par rapport au concert de Marseille : la guitariste RUI brille de charisme et n’hésite pas à headbanguer et à fouetter l’air de ses longs cheveux –des poses et un visage expressif sublimes- ; plus le concert avance et plus SAE martèle sa batterie avec une force impressionnante, tandis que DEE, bassiste et lead vocal, le regard perdu dans l’ombre de sa casquette, tente de communiquer avec les spectateurs dans un très bon anglais. Ceux-ci ne font preuve que d’un enthousiasme poussif. Les quatre ou cinq photographes présents leurs font comprendre qu’il se passe quelque chose, mais c’est davantage le physique des trois demoiselles qui semble susciter l’envie. Pour l’un de ses bons solos, RUI se jette à genou par terre, aussitôt sauvagement enlacée par un bobo en rut qui la baise au cou avant de la lécher bestialement jusqu'aux oreilles… Les morceaux s’enchaînent et la petite dizaine de spectateurs la plus affamée décident de squatter debout, juste devant les DIRTRUCKS, se réservant le show pour eux seuls au grand damne des spectateurs assis tout autour de la pseudo scène. Les potiches en minijupe alignées au premier rang à droite continuent de siroter leur champagne. Les autres tirent sur leur clope… Finalement, tous ces gens ont l’air de planer, si lascifs au milieu de ce concert assourdissant… Ce n’était probablement pas le meilleur public ni le lieu le plus approprié pour finir en apothéose une tournée pourtant magnifique pour un groupe tout juste âgé d’un an.



Que de regrets ! C’est le cœur serré que l’on rentre tristement chez soi à la fin de ce dernier live de DIRTRUCKS en Europe. En invité privilégié de la soirée, on attendait beaucoup de cet ultime concert, qu’il confirme la réussite de la tournée du tout jeune trio nippon. Las, le public parisien passionné dont la fougue est réputée jusqu’au Japon a été remplacé par quelques bourgeois paumés insensibles aux efforts attendrissants de DEE, SAE et RUI. Avec cette ambiance détestable et une musique sabordée par la sono, c’est toute la soirée qui fait naufrage. DIRTRUCKS, on n’attend que votre retour, dans une vraie salle de concert et avec un vrai public.

Eric Oudelet


Photos : Eric Oudelet
Remerciements : T BONE PRODUCTION
Toute reproduction et/ou réutilisation partielle ou totale des photos et/ou du reportage est strictement interdite.
Le site officiel de DIRTRUCKS :
www.dirtrucks.com
La page MySpace de DIRTRUCKS : www.myspace.com/dirtrucks
L'interview de DIRTRUCKS à Marseille : www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=420

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