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PIERROT DICTATORS CIRCUS FINAL -BIRTHDAY- : reportage au concert du 25 octobre 2014 au SAITAMA SUPER ARENA

Pour tous les musiciens et amateurs de rock du Japon, c'était les deux dates à ne manquer sous aucun prétexte, le genre de grand rendez-vous du visual kei qui déplace les fans à travers le pays et à travers les océans : PIERROT était de retour pour deux concerts exceptionnels les 24 et 25 octobre 2014.

Formé en 1994, le groupe s'était brutalement séparé en 2006 avec des tensions internes mal dissimulées, laissant des milliers de Followers (nom des fans de PIERROT) orphelins, sans espoir à l'époque. Aussi, la surprise était énorme lorsque, le 14 avril 2014, date anniversaire de la séparation, le groupe donnait mystérieusement rendez-vous devant le Studio Alta de Shinjuku, à Tôkyô. L'annonce de la reformation pour deux concerts, faite sur l'écran géant du building, avait suscité autant de surprise que de joie auprès des fans amassés sur le parvis. PIERROT promettait donc deux concerts uniques au SAITAMA SUPER ARENA les 24 et 25 octobre.

Ce rendez-vous donné plus de six mois à l'avance laissa à chacun le temps de s'organiser pour être là les jours dits. Orient-Extrême était sur place le 25 octobre pour observer les fans arriver en avance afin de faire le plein de goodies et mieux se retrouver dans la communauté PIERROT. Beaucoup étaient déjà présents la veille, des fans du Japon mais aussi de l'étranger, dont certains n'ont pas hésité à faire le voyage exprès.

A 16h, la foule s'engouffrait dans le SAITAMA SUPER ARENA, une salle de 30.000 places quasiment remplie, et les lumières se sont éteintes à 17h précise. Le public attentif s'est levé, a attendu... puis les écrans se sont allumés et le son a résonné dans l'enceinte du bâtiment quand soudain le groupe est apparu sous les cris des fans. Sur le plan vestimentaire, le bassiste Kohta et le batteur Takeo (désormais membres d'Angelo) l'ont joué sobre mais cool, avec un faux air de Han Solo nippon pour Kohta. Les guitaristes Jun (fondateur d'ALvino) et Aiji (membre de LM.C) étaient un peu trop fashionables pour aller faire leurs courses, tandis que le leader Kirito (également membre d'Angelo) a opté pour un vinyle rouge à jupette… assez habituel chez le chanteur.




Sur scène, le groupe a enchaîné rapidement les premiers morceaux en commençant par HEAVEN. La musique et le chant étaient en place, rien à redire, mais il semblait manquer quelque chose... Dans la salle, le public jouait aussi le jeu, et même les fatigués de la veille profitaient à 100% de cette deuxième représentation à la setlist alternative, remplaçant certains hits par des titres rares. Néanmoins, ce concert bien carré s'avérait tout simplement trop plat, parfaitement linéaire. Pour ne rien arranger, PIECES connaissait une interprétation moins plaisante et Shinkei ga wareta samui yoru souffrait de dissonances évidentes. Après ce démarrage décevant, un doute s'installait : allait-on gâcher ce qui serait peut-être l'ultime concert de PIERROT ?

La première pause musicale a permis de souffler et à Kirito de prendre le micro pour des salutations et des remerciements formels. Le chanteur en profite surtout pour interpeler la foule et la réveiller, comme si elle n'attendait que ça. En réponse, les voix se sont élevées et les cris ont commencé à tonner : "Saitama !? YEAH !!! SAITAMA !?! YEAAAH !!!!!".




La musique est repartie et on peut dire que le concert a réellement commencé sur NEOGROTESQUE. Le SAITAMA SUPER ARENA s'est vite réchauffé et cela a peut-être a aussi transcendé le groupe. Avec la métamorphose de l'atmosphère, PIERROT prenait vraiment possession l'immense scène que Kirito, Jun, Kohta et Aiji parcouraient de long en large, allant encourager et provoquer des Followers plus que réceptifs. Des premiers rangs jusqu'aux gradins, tout le monde chantait et dansait, reprenant les chorégraphies que personne n'a oubliées.

On passait du rire aux larmes lors de la seconde pause. Sans être précis, Kirito a évoqué les huit années qui viennent de passer : "Il y a huit ans, je n'aurais jamais imaginé que ce concert puisse avoir lieu", "C'était comme si le temps s'était suspendu, et que le rêve reprenait". Il a alors commencé à répéter "ce n'est pas une promesse et je ne ferai pas de promesse" avant de déclarer "De la même façon que je ne pensais pas ce concert soit possible il y a huit ans, je ne peux rien promettre mais la musique de Pierrot ne s'arrêtera pas ici". Les pleurs coulaient dans le public, l'instant était vraiment particulier et chacun voulait croire en cette déclaration ambigüe sans oser espérer. Les membres de PIERROT, tous plus acclamés qu'applaudis, ont successivement pris la parole. Aiji, qui s'est trompé dans l'appellation des fans, s'est retrouvé contrit durant toute la suite du concert, et même au-delà puisqu'on l'a retrouvé le soir-même effondré de remords sur Twitter dans un tweet à la limite de l'auto-flagellation, où il a platement présenté ses excuses auprès de tous les fans de PIERROT.

Sur le coup, que personne n'ait voulu relever la bourde, ou que personne n'ait voulu jeter des pierres, l'entrain n'en était aucunement altéré. Le concert a repris de plus bel et l'ambiance n'a cessé de gagner en intensité, avec une alchimie et une belle complicité retrouvées sur scène. Aiji, bien que plus réservé, était régulièrement sollicité par ses partenaires qui l'interceptaient au milieu de leurs courses en travers la scène. Les fans se régalaient aussi de voir Kohta et Aiji jouer dos à dos, avant qu'ils ne courent faire face au public sur l'aile gauche pendant que Kirito et Jun narguaient les spectateurs de droite, tout cela avant de rejoindre Takeo.



On ne pouvait rêver meilleure entente pour cette reformation. Certains diront qu'il s'agissait peut-être juste d'une comédie destinée à satisfaire le public. PIERROT, en plus d'être un des meilleurs groupes de visual kei de sa génération, est d'ailleurs aussi un collectif d'excellents acteurs. Difficile alors de ne pas remettre en cause la sincérité de cette complicité, mais nous espérons quand même que les cinq membres auront vécu un véritable moment de retrouvaille musicale.

De retour pour les rappels après s'être éclipsé quelques instants, Kirito s'est lancé dans un nouveau discours, remerciant les fans et ses partenaires pour ces deux journées exceptionnelles et invitant à chacun à profiter de l'instant présent. Devant les fans pendues à ses lèvres, le chanteur pesait désormais le poids de ses mots. Il s'excusait du sérieux de ses paroles avant de relancer la musique sur un sourire. L'effervescence était à son comble et Kohta en oubliait de commencer à jouer sur HUMAN GATE, ce qui n'a pas manqué de faire sourire avec bienveillance les 30.000 spectateurs autour de lui. Le set se terminait sur CHILD et, au delà de l'interprétation, la chanson était totalement investie par des musiciens bouleversants d'émotion. La voix de Kirito, intense, troublée, poignante et puissante, prenait au corps et étreignait les cœurs.




Rassemblé devant la scène, PIERROT a voulu remercier une dernière fois ses fans, mais les Followers d'une même voix claire et synchrone ont réclamé un nouveau rappel, sans laisser le temps au groupe de quitter les lieux. PIERROT s'est concerté, en cercle au pied de la batterie. Comédie ou réelle improvisation ? On les imaginait mal finir sur un morceau aussi triste que CHILD, aussi magnifique la chanson soit-elle. Kirito a fini par reprendre la parole et a prévenu que le prochain titre serait la der des der. La musique de Kumo no Ito retentit, comme le cadeau d'un petit sursis volé durant lequel chacun s'est laissé emporter. On criait, on chantait, on sautait. Personne ne voulait s'arrêter. Sur les derniers riffs, le public retenait son souffle avant de tout de suite réclamer un rappel, comme un refus de laisser le groupe s'échapper. Malheureusement, Kirito fut plus intransigeant et demandera amicalement aux fans de biens vouloir se comporter convenablement en acceptant l'inéluctable. PIERROT tira sa révérence sous les applaudissements du SAITAMA SUPER ARENA.

Il aurait fallu mettre un point final ici, peut-être. Mais sur les réseaux sociaux, Twitter et Amebla de la grande famille du visual kei, la fin du concert PIERROT DICTATORS CIRCUS FINAL -BIRTHDAY- n'a fait que lancer un affairement passionné. Les mots prononcés ce soir-là ne sont pas passés inaperçus et une fervente agitation attend une hypothétique suite, non prévue mais pas impossible d'après les propos et la comparaison de Kirito.


Colinda d'Andresy





Setlist :
01 - HEAVEN
02 - Shingetsu
03 - ENEMY
04 - Adolf
05 - Nonai moruhine
06 - Screen1 TORIKAGO
07 - Makkana Hana
08 - Fukai nemuri ga sametara
09 - ANSWER
10 - PIECES
11 - Shinkei ga wareru atsui yoru
12 - NEOGROTESQUE
13 - Yuuyami Suicide
14 - MAGNET HOLIC
15 - MAD SKY -kôtetsu no kyûseishu-
16 - Barairo no Sekai
17 - ATENA
18 - Clear Sky
EN1
01 - LAST LETTER
02 - BIRTHDAY
03 - SUPER STRING THEORY
04 - DRACULA
05 - SEPIA
06 - HUMAN GATE
07 - CHILD
EN2
01 - kumo no ito

Photos © MYSTIC CHILD Co.,LTd.
Reproduction / réutilisation du reportage strictement interdite.












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