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KOKIA : conférence publique, showcase et dédicaces à Paris le 19 janvier 2007

Peu d’artistes réussissent à sublimer sur scène leurs productions studio, KOKIA fait partie de ces exceptions capables d’envoûter tout un auditoire par leur seule voix. Loin d’être très connue dans son pays, la demoiselle a néanmoins chanté à guichet fermé devant 400 spectateurs parisiens en janvier 2006, et récidive cette année en remplissant le BATACLAN à la capacité trois fois plus importante. KOKIA, c’est une voix sublime que l’on a pu écouter dans le film d’animation Origine, et que l’on a à nouveau savouré religieusement en petit comité avant son concert 2007. En effet, la veille de celui-ci, le 19 janvier, KOKIA donnait rendez-vous à plus de 200 fans dans une FNAC parisienne pour une entrevue, un showcase gratuit et une séance de dédicace…

Avec près d’une heure d’avance sur le programme, l’Espace Rencontres de la FNAC Italie 2 a rapidement fait salle comble. Plus de 200 personnes se sont sagement entassées devant la scénette qui accueillait la chanteuse. Tout le monde debout, les grands devant et les petits derrière… Il fallait arriver deux heures plus tôt pour pouvoir apercevoir KOKIA timidement assise dans son fauteuil. La chanteuse montrait une fébrilité toute japonaise, mais le public très expressif et entièrement conquis l’a rapidement rassurée avec de chaleureux applaudissements. Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu complet de la conférence publique qui a ouvert ce petit événement proposé par Paris Visual Prod. On peut remercier le public pour sa pertinente participation, car les sujets préalablement préparés trahissaient une invraisemblable très approximative connaissance du travail de KOKIA.

Dans un deuxième temps et dans ce cadre intimiste, KOKIA a interprété cinq titres parmi ses plus populaires, en compagnie de son guitariste : DANDELION, Aï no Melody, Chowa oto - with reflection, Someday when you love someone et Remember the kiss… devant un parterre de fans hypnotisés, dorénavant assis sur la moquette. Pendant une trentaine de minutes, une partie de la FNAC semblait transportée dans une autre dimension. A quelques mètres, dans les rayonnages, de nombreux curieux se laissaient aussi charmer et, à défaut de pouvoir approcher la chanteuse dissimulée par une forêt de spectateurs, se précipitaient vers le staff de la grande surface culturelle pour en savoir plus sur cette révélation ! "Euh… C’est une Japonaise, mais on n’en sait pas plus." Voilà la seule réponse donnée par les quelques vendeurs et le service de sécurité. Pas de publicité, pas d’affiche, pas de PLV, pas de projection au rayon télé, aucune tête de gondole garnie de son nouvel album ai ga kikoeru distribué par Wasabi Records (quelques CD figuraient bien dans le rayonnage adéquat, encore fallait-il savoir de qui il s’agissait)… On peut dire que KOKIA a perdu de nouveaux adeptes (et pas que des otakus, loin de là !) et Wasabi Records des acheteurs inattendus. L’organisation n’était vraiment pas optimale.

C’est toujours dans un grand calme et avec une impressionnante autodiscipline que chacun a pu enfin faire dédicacer un CD, un poster ou encore un DVD. Pour prolonger le rêve, rendez-vous est pris le lendemain au BATACLAN.

Eric Oudelet




COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE PUBLIQUE A LA FNAC Italie 2

La présentatrice : Vous avez chanté YUME GA CHIKARA [NDLR : sorti le 23 juin 2004], un hymne pour encourager les sportifs japonais aux Jeux Olympiques d'Athènes. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
KOKIA : C'est un morceau qui a été écrit pour encourager les athlètes japonais lors des Jeux Olympiques de 2004, mais aussi pour tous ceux qui soutiennent et supportent ces athlètes.
La présentatrice : Que signifient son titre et ses paroles ?
KOKIA : "Yume" signifie "rêve", et cette chanson incite à poursuivre ses rêves, aussi petits soient-ils, jusqu'au bout.
La présentatrice : C'est une sorte de "Just do it" ?
Le traducteur : Exactement.

La présentatrice : Pourquoi autant de vos chansons sont utilisées dans les films d'animation et animes ?
Après un titre déformé lors du premier sujet, cette seconde question, absolument pas pertinente car fondée sur une affirmation incorrecte, provoque les premiers grondements du public…
KOKIA : Hum... ce n'est pas vrai, surtout au Japon…
La présentatrice, un peu confuse mais souriante : C’est surtout comme cela que l’on vous connaît !
Tout le public manifeste encore plus bruyamment son désaccord en huant cette déclaration. KOKIA semble un peu perdue. Après quelques instants de silence, le temps de laisser passer l’orage, l’entrevue reprend…

La présentatrice : Par ailleurs, est-ce que vous regardez vous-même des animes ?
KOKIA : Pas tant que ça. Cela m'arrive, mais sans plus.

La présentatrice : Racontez-nous, qui sont vos fans ?
KOKIA : Et bien, ils sont là !...
La foule crie alors avec enthousiasme, ce qui illumine le visage de la chanteuse, ravie de cette ferveur.

La présentatrice : Quelle est la différence entre vos fans japonais et vos fans français ? Quelle distinction faites-vous entre un concert à Tôkyô et un concert à Paris ?
KOKIA : Les Japonais et les Français n'ont pas du tout la même façon d'exprimer leur engouement, comme aujourd'hui, par exemple ! Les Français sont très expressifs alors que les Japonais sont beaucoup plus introvertis, même s’ils apprécient ma musique de la même façon que les Français.
Le traducteur chauffe la salle en jouant sur la fibre nationale. La foule ne se fait pas prier pour hurler.

La présentatrice : Quels sont vos projets pour l'année 2007 ?
KOKIA : Après le concert de demain, je vais retourner au Japon. Je vis à Tôkyô et je fais des concerts principalement là-bas. Mais cette année, je voudrais faire des concerts à travers tout le pays, même dans les petits coins perdus. Ensuite, je vais partir en Irlande pour enregistrer quelques morceaux.
La présentatrice : Vous avez déjà une idée sur vos éventuels collaborateurs ?
KOKIA : Oui, des musiciens locaux qui font de la musique traditionnelle.
La présentatrice : Et qu'est-ce qui vous a donné envie d'aller en Irlande ?
KOKIA : Ce n'est pas tant moi qui voulais aller en Irlande, mais plutôt les personnes autour de moi qui répétaient sans cesse "Je voudrais y aller ! Je voudrais y aller !". Donc, j'y suis allée en tant que touriste et, quand je suis revenue au Japon, j'ai reçu plusieurs propositions pour enregistrer quelques morceaux avec des musiciens locaux.

La présentatrice : Vous auriez déclaré que la musique est un langage universelle. Que vouliez-vous dire ?
KOKIA : La musique est en effet un langage universel : je viens chanter en France, alors que je ne parle pas bien français et qu'il n'y a pas beaucoup de Français qui comprennent le japonais, mais malgré cette barrière de la langue, lors de mon premier concert à Paris, le public semblait réceptif et j'avais l'impression de comprendre son engouement et tout ce qu'il me disait.

La présentatrice : Vous avez écrit une chanson en français, est-ce que vous pourriez la chanter un peu ici, juste avant le concert ?
KOKIA : Maintenant ? Non, ce n'est pas possible... Mais demain au concert, oui ! Je la chanterai !

La présentatrice passe alors le micro au public pour une nouvelle série de questions.

Public : Aura-t-on l’occasion de voir vos concerts français en DVD, notamment celui de l’année dernière ?
KOKIA : J’ai l’intention de faire un DVD live du concert de demain au BATACLAN.

Public : Allez-vous sortir un jour un album "piano / voix" ?
KOKIA : Oui, j'aimerais justement faire ce genre d'album. En fait, il y a longtemps déjà que je compose pour le piano. Je sortirai bientôt un tel album, mais je ne sais pas quand exactement. Très prochainement, c'est sûr ! Et puis, demain au concert, vous pourrez vous procurer les partitions dédicacées d’Arigatou.

Public : Est-ce que l’on peut vous inviter à dîner ?
KOKIA : Ok. [rires de toute l’assistance]

Public : Cette année, vous êtes revenue à un statu "indies", vous n'êtes donc plus sous un label "major". Est-ce plus facile ou plus difficile d'être indépendant ? [NDLR : en présence de nombreux collaborateurs et professionnels nippons, on se doute que la réponse de KOKIA ne sera pas forcément sincère…]
KOKIA : Et bien… Maintenant, je suis très occupée et je manque de temps. Mais l'avantage est que je peux chanter ce que je veux, et transmettre les messages et les émotions que je souhaite.

Des spectateurs essaient de se manifester au fond de la salle, masqués par une forêt humaine puisque tous sont debout devant KOKIA, absence de chaise oblige…

KOKIA : Je suis petite, je ne vois pas bien tout le monde...
Demain, je vais chanter Pinku no zou ! [avec le public] Paon paon, paon paon...

Public : Cela fait deux années de suite que vous venez. Est-ce que vous pensez revenir régulièrement ? On prend vite l’habitude de vous voir et on aime beaucoup ça…
KOKIA : Bien sûr ! Si l'occasion se représente, je reviendrai avec plaisir.
Public : L’année prochaine !?
La présentatrice : Non, peut-être pas dans un an.

Public : "Konnichiwa". Avez-vous envisagé une future collaboration avec des chanteurs ou des musiciens français ?
KOKIA : J'aimerai bien, mais je ne sais pas avec qui...

Public : Pourquoi venir en France ?
KOKIA : Parce que les Français m'ont demandé de venir !

Les spectateurs applaudissent l’initiative. Au fond, l’un d’entre eux, la barbe grisonnante et le bonnet solidement vissé sur la tête, émet le souhait de poser une question. La foule compacte s’écarte pour le laisser avancer…

Le doyen des spectateurs : Désolé, je n’ai pas de question, je voulais seulement me rapprocher pour la voir. [rires et applaudissements du public]
KOKIA lui fait signe en riant : Hello.
Le traducteur : Franchement, c’est un beau gosse !
Le doyen des spectateurs : Est-ce que vous allez chanter Chowa demain ?
KOKIA : Oui !

Public : Avant votre concert de l'année dernière, est-ce que vous vous étiez déjà intéressée à la France ?
KOKIA : En fait, j'étais déjà venue plusieurs fois en tant que touriste. J'ai beaucoup d'amis qui vivent ici. J’adore la France. Hier, le guitariste et le pianiste qui m’ont accompagné pour jouer au concert m'ont dit qu'ils adoraient eux aussi.

KOKIA quitte alors la salle sous les applaudissements et les cris du public. Elle reviendra quelques minutes plus tard interpréter une demi-douzaine de titres, accompagnée de son guitariste.



Retranscription réalisée par Lorraine Edwards. Toute reproduction est strictement interdite.
Le site officiel de KOKIA : www.kokia.com
Notre portrait de KOKIA publié fin 2005 :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=105
La critique de ses quatre premiers albums :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=critiques&article=106
Son message vidéo avant sa seconde venue "officielle" à Paris :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=actu&article=518
Le reportage sur son concert au BATACLAN :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=635

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