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Kagerou X D'espairsRay COUPLING TOUR 2005 : reportage sur le concert à Paris et interviews

La population du parc de la Villette s'était étrangement diversifiée en cette fin d'après midi du 23 octobre 2005. Entre les promeneurs du dimanche et les footballeurs en herbe erraient toutes sortes d'individus vêtus de noir, de dentelles, de rayures... Tous rejoignaient le Trabendo, lieu d'un concert attendu réunissant deux groupes très appréciés sur le vieux continent pour avoir bien voulu gratifier les européens de quelques bons lives. Ce dimanche était la dernière date du COUPLING TOUR 2005 de D'espairsRay et Kagerou qui avait commencé au début du mois à Kanagawa, une dernière date qui promettait monts et merveilles aux fans de visual-kei de France.

Sur le parvis sous le soleil

Après une bataille contre le labyrinthe que représente le parc de la Villette, l'arrivée sur l'esplanade du Trabendo nous donne une vue magnifique sur la longue queue qui s'est amassée devant les portes de la salle depuis la veille au soir... L'attente se fait dans la bonne humeur et sans pluie contrairement à ce que la météo avait voulu nous faire croire. Le concert se déroulant à guichets fermés, ceux qui ne s'y étaient pas pris à l'avance pour acheter leur place, déambulent, déprimés parmi les bienheureux possesseurs du ticket qui leur permettra de rentrer dans la salle au moment venu.



Mais le moment ne vient pas, et l'attente s'allonge... heureusement les bribes de la balance qui filtrent à travers les portes sans cesse ouvertes/fermées aident à garder le sourire et à 19h30 passées, le gang de vigiles commence à faire entrer au compte-goutte la file d'attente.

Une fois à l'intérieur, on est surpris de découvrir une salle dont la fosse est coupée en deux par un nivelage de plus de 50 centimètres. Il se révèlera bien utile pendant le concert : la scène étant basse, les personnes du fond auront tout de même une belle vue sur le show. 20h passée, tout le monde est entré, l'interprète vient annoncer le début du concert et nous donne quelques recommandations simples : "faire attention à son voisin" "ne pas s'entretuer"... il chauffe un peu la salle et laisse place aux très acclamés D'espairsRay !

"Welcome to D'espairsRay's World"

La musique d'intro retentit et les membre de D'espairsRay font leur apparition sous des cris hystériques aussi bien féminins que masculins. Très vite les premières notes de Born résonnent pour le plus grand plaisir des fans de la première heure. Et ils seront gâtés tout au long du concert car D'espairsRay, loin de faire l'exclusivité à [Coll:set], son dernier album, pioche dans toute sa discographie, nous jouant Reddish, Garnet, Marry of the blood et bien d'autres titres tirés de leur premier opus BORN et de leurs singles... Une setlist idéale aussi pour ceux qui, venus à l'origine pour Kagerou, découvrent ce soir D'espairsRay dans de très bonnes conditions. On a de plus le plaisir d'avoir un son très correct malgré un ou deux larsens et le décès momentané de la guitare de Karyu.



L'ambiance dans la fosse chauffe rapidement, et les pogos commencent à agiter le milieu de la fosse pendant que quelques slammeurs se lancent sur la foule malgré les remontrances musclées des vigiles qui les attendent à leur arrivée (NDLR : les slammeurs, tout comme certaines personnes en plein malaise portées pour être évacuées, sont violemment repoussés. Ceux qui arrivent devant la barrière se retrouvent frappés et sauvagement trainés sur les côtés). Karyu, la langue pendante, semble sur le point de s'écrouler mais sourit sans cesse d'un rictus machiavélique. Il s'assoie, se relève, léchouille de temps à autre le pied de son micro, un guitariste bien amusant en somme. Il soutient HIZUMI dans son chant en nous offrant de jolis duos. HIZUMI tient sans problème la note et se lance de temps à autres dans de "grands discours" moitié anglais moitié japonais avec une voix tout droit sortie d'un film d'horreur. Peu importe si personne ne comprend le sens profond de sa pensée, le courant passe parfaitement entre le chanteur et son auditoire. Il tente à plusieurs reprises de faire chanter la salle, le vent lui répond sauf sur Grudge où le public connaît parfaitement sa leçon. Tsukasa, très concentré, se fait assez discret derrière sa batterie et il faut bien l'avouer, rares sont les chanceux qui ont pu le voir correctement. Zero, calme en apparence, nous fait de magnifiques démonstrations de chorégraphie de cheveux, bien aidé par ses longues nattes noires. Il est captivant quand il abandonne le médiator pour tâter du doigt les cordes de sa basse.

Au bout de plus d'une heure, la fin se fait sentir mais pas la fatigue, ni sur scène, ni dans le public. Les derniers instants de D'espairsRay sur scène se font donc dans le déchaînement et les bouteilles d'eau deviennent l'attraction principale. Hizumi et Karyu bénissent leurs fans en leur crachant dessus. Zero décide de désaltérer son public en se reconvertissant en fontaine humaine pour le plus grand bonheur des fans ravis que leur idole leur crache dans la bouche (?!). Ca amuse bien le garçon dont le sourire fait le tour de la tête au moins quatre fois. Le traditionnel lancement de médiators et autres baguettes annonce le départ du groupe et D'espairsRay quitte la scène sous les acclamations. Ils laissent dernier eux une salle chauffée à blanc.




L'image sans le son, le son sans l'image...

Après une bonne demi-heure d'attente à regarder les pauvres atlas du staff faiblir sous le poids d’un rideau de fortune, l'interprète revient signifier au public que l'heure du live de Kagerou a sonné. Il demande à tous de reculer d'un pas mais c'est peine perdue, aussitôt le rideau abaissé les rangs s'écrasent les uns sur les autres dans l'anarchie la plus totale. Une musique d'intro annonce la venue du groupe et chaque membre est ovationné. L'atmosphère est sensiblement plus électrique que lors de la prestation de D’espairsRay, les fans de Kagerou sont-il plus bruyants, hystériques ou simplement plus nombreux ? Ou bien est-ce le XII Dizzy joué en tête de liste qui enflamme à ce point le Trabendo ?

Le concert commence donc très fort mais malheureusement, le son à l'avant de la salle est catastrophique... la performance de Kagerou sera une véritable bouillie sonore. Il est même difficile pour les premiers rangs de reconnaître les différents morceaux tant le son est brouillon et certains ne pourront s'empêcher de sombrer dans l'ennui dans ces conditions.

Pourtant la setlist est de taille et c'est bien dommage de ne pas pouvoir en profiter ! Les meilleurs titres de Rakushu encadrent quelques morceaux extraits de leur dernier album Guroushoku : Te, classique mais efficace ; ragan, la ballade, loin d'être une merveille d'émotion, permet de faire une petite pause avant la petite chouchoute Zetsubou ni sayonara. Les artistes nous font le plaisir de rejouer le titre qui avait tant fait hurler la Loco lors de leur premier concert en France, Yuugure shazai, un petit bonheur qu'on n'espérait pas vu l'ancienneté du titre mais qu'on aura eu deux fois cette année.



L'avant de la salle se console devant le show qu'offre Kagerou, chacun assurant son live avec un naturel qu'on ne leur connaissait pas, et le groupe semble bien plus à l'aise ce soir devant le public du Trabendo qu'en février dernier.

Shizumi, orné de deux magnifiques cornes a une présence dingue malgré la batterie qui fait écran entre lui et le reste du monde, et nous prouve une fois de plus qu'il ne s'est pas trompé de vocation ! Yuana est toujours aussi sympathique à regarder, multipliant les mimiqus et autres grimaces, tournant sur lui même, il fait les cents pas dans son petit coin de scène. Kazu dégage une classe tranquille, pas excité pour un sou par le public déchaîné en face de lui, il joue sérieusement, concentré. Daisuke est, quant à lui, totalement en transe... Tordu en deux pendant la majorité de son show (les derniers rangs n'ont pas dû le voir souvent), il ne se relève que pour masturber les bouteilles d'eau qui passent entre ses mains et dans son caleçon. Il nous prouve encore une fois qu'il aime se rouler par terre avec une magnifique imitation de la tortue agonisante sur le dos. Comme HIZUMI, il tend le micro vers le public, mais beaucoup plus régulièrement... N'essayerait-il pas d'esquiver les aigus de certaines chansons ?

La fin arrive par surprise et en quelques instants, Kagerou lance médiators, baguettes et disparaît de la scène. Mais les lumières ne se rallumant pas, tous devinent qu'un rappel est prévu, la salle scande "Kagerou", frappe du pied, des mains... fait du bruit !

On peut toucher ?

Kagerou nous revient très rapidement, branché sur du 220W et transforme un simple rappel en une véritable tuerie. WRIST CUTTER repris en boucle avec fureur pendant près de 15 minutes. Daisuke plus déchaîné que jamais se vide les bouteilles d'eau sur la tête et semble s'être fait la promesse d'exciter son public jusqu'à la jouissance. Il commence par se déshabiller avec rage, ce qui suffit amplement à faire hurler la salle mais le garçon n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin et il abandonne son corps à la fosse. Trois fois en dix minutes ! Yuana suit l'exemple mais ressort de l'aventure un peu sonné. Les malins qui ont profité du chaos absolu se retrouvent devant les barrières qui séparent la scène du reste de la salle, et lorsque les musiciens s'approchent un peu trop du bord de la scène se mettant à porté de toutes les mains, c'est l'orgie... Avant de partir pour de bon, ils aspergent tout ce beau monde d'eau bien fraîche histoire de faire redescendre la température.





Première tournée japonaise de ce genre en Europe, on ne savait pas vraiment à quoi s'attendre mais on espérait le meilleur. Mais le meilleur n'est pas de ce monde, et les déçus parlent... Les adeptes de D’espairsRay s’indignent que leur groupe fétiche a en fait tenu le rôle de première partie à Kagerou et il est vrai que ce COUPLING TOUR favorisait légèrement ces derniers. Les fans de Kagerou aussi ont de quoi bouder aux vues du son atroce sur le devant pendant la prestation du groupe. Pourtant, personne ne semble faire la fine bouche, les deux groupes nous ont offert une belle prestation et ont enflammé le Trabendo pendant près de trois heures. Il est, de plus, difficile de garder un mauvais souvenir de ce concert tant les dernières minutes étaient intenses, pour ne pas dire apocalyptiques.

Lorraine Edwards


Setlist D’espairsRay :
01 - Intro
02 - BORN
03 - Reddish
04 - Marry of the blood
05 - Bloodymarry
06 - Grudge
07 - In vain
08 - Infection
09 - Garnet
10 - Forbidden
11 - yami ni furu kiseki
12 - Abel to Caine
13 - MaVERICK
14 - 'fuyuu shita risou'
15 - quarter void

Setlist Kagerou :
01 - Intro
02 - XII Dizzy
03 - Shibire Kokoro
04 - Meisou Honnou
05 - te
06 - Rasen Kubi
07 - Nikushimi no Hitori Shibai
08 - ochiba to kimi to boku to
09 - Ragan
10 - akatsuki
11 - zetsubou ni sayonara
12 - mourou epilogue
13 - 3.2.1
14 - junkan kikei shoujo A
15 - Yuugure no Shazai
Rappel
16 - Aidoru Gurui no Shinrigaku
17 - WRIST CUTTER




Samedi 22 octobre : retour sur la séance de dédicace


Samedi après-midi, à peine descendus de l'aéroport en provenance de Munich et après un passage express à leur hôtel parisien, Shizumi et Yuana (de Kagerou) et Hizumi et Zero (de D'espairsRay) se rendent au Hard Rock Café pour une séance de dédicace. Le planning est très serré et c'est avec trente minutes de retard que les quatre artistes déboulent en voiture devant les quelques 300 fans qui patientent depuis plusieurs heures sur le trottoir. La foule afflue aussitôt autour des véhicules, l'hystérie contenue ne sera que sonore, Shizumi, Yuana, Hizumi et Zero rentrent facilement (mais prestement) dans le restaurant.



Malgré de gros problèmes de gestion des files d'attente et de multiples fraudes dues à l'insuffisance de cloisonnement, tout le monde peut rentrer dans le calme et faire signer posters, CD, DVD et même guitares. Les musiciens reçoivent quelques cadeaux de leurs admiratrices (des peluches…) et posent parfois un court instant pour une photo volée, interdite par un staff vigilant, mais les fans sont prêtes à tout pour un cliché personnel… Quelques filles ressortent déçues de ne pas avoir rencontrer leur membres favoris, mais la session s'est globalement bien passée, sans incident et tout le monde est reparti avec un souvenir.

Eric Oudelet




Lundi 24 octobre : interviews


Lundi midi, le lendemain du live au Trabendo, Orient-Extrême retrouve quatre des huit acteurs de la soirée pour deux interviews presque simultanées. Salle de gauche : Daisuke et Shizumi, chanteur et batteur de Kagerou, sont soumis à l'interrogatoire de miss Lorraine. Salle de droite : Karyu et Zero, guitariste et bassiste de D'espairsRay, rencontrent l'auteur de ces quelques lignes (NDLR : Eric). Visiblement, la nuit a été courte pour tout le monde, interviewers compris…











Remerciements :
Free-Will-Europe
Réalisation du reportage : Lorraine Edwards
Réalisations des interviews : Lorraine Edwards & Eric Oudelet
Crédit photos : Eric Oudelet
Toute reproduction/réutilisation partielle ou totale du reportage, des photos et/ou des interviews est strictement interdite.

Site officiel Free-Will-Europe :
www.free-will-europe.com
Site officiel Kagerou : www.kagerou.jp/
Site officiel D'espairsRay : www.despairsray.jp/

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