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KOKIA en concert au BATACLAN le 20 janvier 2007 : reportage

Elle avait déjà charmé un auditoire complet l’année dernière à la même époque. Son retour avait enthousiasmé ceux qui avaient eu la chance de l’écouter, ceux qui n’avaient pu être là, et ceux qui souhaitaient découvrir son talent en live. Car si les albums de KOKIA s’écoutent avec une circonspection toute particulière, l’entendre force le respect quasi religieux. En ce samedi 20 janvier 2007, Paris Visual Prod. et Wasabi Records (le label musical de KAZE) avaient réuni adorateurs, fidèles et profanes en mal de chanteuses nipponnes pour une grande messe musicale dans la sainte salle du BATACLAN à Paris, pleine à craquer à cette occasion.

Au lendemain d'une conférence publique, d'un showcase et d'une séance de dédicace dans une FNAC parisienne, les premiers fans avaient commencé à camper devant l’entrée du lieu dès 14h, soit cinq heures avant l’ouverture prévue des portes. En raison du mauvais temps, celle-ci fut avancée de quelques dizaines de minutes, excellente initiative qui a permis aux 1200 spectateurs de patienter au chaud plus rapidement. Petit à petit la salle se remplie, les fauteuils trouvent leurs acquéreurs et les autres se massent au plus près de la scène. Quand les lumières s’éteignent -à l’heure- ce n’est pas le silence qui se fait, mais une clameur unanime qui s’élève du parterre humain. Mais KOKIA entame sa première chanson, pieds nus et robe sac comme à son habitude, alors que sa voix est encore couverte par les applaudissements.



Quelques notes de finesse dans un monde de brute

C’est qu’elle en impose, KOKIA, ses lèvres à peine entrouvertes dont s’échappe une voix puissante, forte mais aussi apaisante. À la différence de l’année dernière où elle avait débuté son concert par une séance mémorable de vocalise, cette année, accompagnée de son pianiste et arrangeur Sawachika Taisuke et de son guitariste Kazuhiro Matsuo (surnommé "Mush" en référence à sa coupe de cheveux), elle force la salle au silence avec A universe is… et so sad so bad en guise d’introduction.

Ces deux premiers titres, qui auront duré près de quinze magnifiques minutes, sont à couper le souffle et interprétés avec une sensualité extrême qu’on ne pouvait soupçonner chez KOKIA. À peu de choses près, on pourrait dire que KOKIA noue une relation délicate quasi intime avec son micro, à lui faire du pied dès qu’elle s’embarque dans des notes déchirantes de hauteur ou frissonnantes d’intensité. L’artiste ponctue ses prouesses vocales par des petits interludes durant lesquels elle discute avec la salle. Rassurée lors de sa première visite parisienne, elle a pris le temps de parler un peu en français, sinon à moitié en anglais, moitié en japonais quand les notions qu’elle souhaitait aborder n’étaient pas traduisibles dans la langue de Shakespeare, notamment quand elle revient sur sa relation conflictuelle avec sa grande sœur, pour introduire The story of two daughters. La salle exulte à chaque intervention de l’artiste, chacun y allant de sa petite phrase en japonais, et cela de façon plus ou moins agréable pour la quiétude du lieu (les fans français sont décidément très expressifs…). Ce public plus que chaleureux réussit même à tirer quelques larmes au guitariste en l’acclamant une bonne minute d’affilée, ce à quoi il ne semblait pas être habitué.

Entre ses ballades pétrifiantes de qualité, KOKIA emporte le public dans ses délires animaliers notamment avec Hope of an ugly duckling, durant lequel elle imite le canard sous les claps de son auditoire, ou le mémorable Pink no zou (l’éléphant rose) que KOKIA fait reprendre avec gaieté à tout le monde sur le fameux barrissement devenu "paon paon". À l’inverse de l’année précédente, le public interagit beaucoup plus, et KOKIA ne devant se concentrer que sur son chant, montre plus d’entrain sur scène. La venue de ses musiciens permet aux compositions d’être beaucoup moins statiques et laisse beaucoup plus de liberté à la chanteuse, sans parler de la richesse intrinsèque de vrais instruments. La configuration de la salle du Bataclan et ses aménagements en terme de lumière, ont également permis de donner une dimension véritablement merveilleuse à ce moment, les spots et les effets s’adaptant de façon appropriée à chaque partie du concert.

Dieu lui a donné la foi… euh, la voix !

(ou comment réussir à faire un parallèle foireux avec Mrs Winter dans un live report)
Au total, plus de deux heures d’un tour de chant magique et incomparable resteront gravées dans toutes les mémoires. Parmi les moments les plus forts : quand KOKIA évolue dans les notes de I believe -umi no soko kara-, ce sont tous les poils de nos avant-bras qui lui font une haie d’honneur. Pareillement, Cosy place, CHOWA ôto ou les vocalises arabisantes de Pink no zou en live, gagnent en intensité. Autre fait important de ce concert, comme Akino Arai en mars dernier, KOKIA a écrit une chanson qu’elle a chantée en français et dédicacée à tous ses fans !

Mais la talentueuse KOKIA serait-elle dans une phase mystique ? En effet, parmi les nombreuses chansons qu’elle a choisies d’interpréter ce soir, elle entonne avec une ferveur ardente des titres comme why do I sing ?, I believe –umi no soko kara, Remember the kiss et Music like a prayer où elle répète à qui veut bien l’entendre (toute la salle en l’occurrence) que Dieu est son mentor, que sa voix est un don divin et qu’elle est là pour prêcher la bonne parole. Les Japonaises sont modestes, alors que Madonna se tourne vers la Kabbale, Tom Cruise, John Travolta, Jennifer Lopez sont adeptes de la scientologie, KOKIA elle, est juste déiste. On ne voudrait même pas en savoir plus. Néanmoins, si les références divines passent très bien quand elles sont interprétées en japonais, cela passe un peu moins bien en anglais. Cela dit avec sa voix et sa technique parfaites, KOKIA peut tout se permettre. D’ailleurs, elle termine son concert avec Music like a prayer, une ode à la musique elle-même, dont elle fait reprendre les dernières phrases au public, dans un esprit de communion quasi religieux. La salle prie alors Sainte KOKIA de revenir au moins une dernière fois l’abreuver de sa voix, et elle s’exécute avec Arigatou, morceau qu’elle semble affectionner pour clore, une fois pour toute, ses concerts. Les deux seuls bémols dont on pourrait affliger la soirée sont d’une part, l’absence de KOKIA devant son piano (quel aurait été le bonheur si, comme l’année dernière, elle avait interprété Arigatou, seule devant son instrument !), et d’autre part la dominance des titres issus de son nouvel album ai ga kikoeru - listen for the love (titres moins enjoués qui en ont remplacé d’autres, beaucoup plus attendus et absents de la setlist).

Une salle sympathique, une artiste divine et talentueuse, des lumières magiques et environ 1200 spectateurs : un cocktail délicieux à siroter sans modération ! Aucun superlatif ne serait assez fort pour décrire des moments aussi sublimes alors mieux vaut encore rester simple pour en finir. On attend avec impatience la sortie du DVD live puisque pas moins de 19 caméras étaient présentes pour filmer le concert. Un premier, et trop court [NDLR : douze minutes tout de même !], montage de la soirée est déjà disponible sur
le site officiel de la chanteuse afin de donner une idée au dernier bataillon de sceptiques du talent de KOKIA.

Wendy Roeltgen


Setlist :
01 - A Universe is
02 - so sad so bad
03 - Hope of an ugly ducklin'
04 - cocoro
05 - A flower blooming under tenderness
06 - The story of two daughters
07 - why do I sing ?
08 - I believe – umi no soko kara
Interlude
09 - Warmth - listen for the Love
10 - something special!! -Paris me fait vibrer-
11 - Pink no zou
12 - CHOUWA ôto
13 - Awakening open your eyes
14 - Cosy place
15 - Remember the kiss - world edition
16 - Someday when you love someone
17 - Music like a prayer
Encore
18 - Arigatou


Remerciements : Paris Visual Prod.
Photos :
Wendy Roeltgen et Eric Oudelet
Toute reproduction ou réutilisation du reportage et/ou des photos est strictement interdite.

NB : Les photos live de KOKIA seront incluses dans l’article dès que possible, celles-ci sont toujours en cours de validation chez l’organisateur Paris Visual Prod.

Photo provisoire de KOKIA © KABUSHIKIKAISHA-ANCO/ANCO & CO

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