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Kana : interview de l'idole gothic & sweet lolita à la sortie de son concert parisien, le 24 février 2007

L’idole japonaise des gothic & sweet lolitas se produisait hier soir, samedi 24 février 2007, à la Locomotive. Après un showcase karaoké au Glaz’Art en 2006, Kana -Moon- fait à nouveau danser et chanter ses fans costumés dans une ambiance surnaturelle, à mi-chemin entre l’île aux enfants et un live enfumé de hardos chevelus. La grosse surprise de la soirée revient à son orchestre 100% frenchy, composé de musiciens issus de la petite scène underground locale. Ils ont insufflé plus de puissance aux mélodies pop-rock de l’artiste, mais aussi de technicité lors de solos bien sentis. Nous en reparlerons dans un prochain reportage. Une heure après la fin du concert, Kana, reposée et toujours accompagnée de son fidèle lapinou poilu (voir photo ci-dessus), nous a rejoints sur un banc…


Orient-Extrême : Bonsoir Kana, comment vous sentez-vous après ce concert, le premier de la tournée européenne 2007 ?
Kana : C’était la première fois que je faisais un vrai one man à Paris, avec des musiciens, et j’ai pu communier avec les fans qui sont venus me voir. On a dansé, on a chanté tous ensemble alors je suis très heureuse.

Orient-Extrême : Hormis le fait que vous ayez été accompagnée par des musiciens français, est-ce que vous avez senti quelque chose de différent par rapport à votre premier concert en France, au Glaz’Art, le 8 octobre 2006 ?
Kana : Effectivement, la dernière fois, cela ressemblait davantage à un karaoké. Ce soir, il y avait de vrais musiciens pour rendre les morceaux plus péchus et plus vivants. Hormis cela, j’ai pu avoir une setlist plus longue et plus de temps pour m’amuser et danser avec les fans. J’ai donc ressenti beaucoup plus d’émotions et de plaisir que la première fois, qui était plus un petit showcase qu’un concert.



Orient-Extrême : Ce showcase ne date que de cinq mois, vous êtes revenue très vite pour faire un concert à Paris, ce 24 février 2007. Êtes-vous tombée amoureuse de notre pays et du public français ?
Kana : L’année dernière, je me suis beaucoup amusée malgré l’absence de musiciens et les difficultés dues à la langue. Les fans français ont chanté avec moi, même s’ils ne comprenaient pas forcement le japonais. Cette fois aussi j’ai ressenti beaucoup de choses, alors oui, j’aime beaucoup la France…

Orient-Extrême : Ce soir à la Locomotive, vous avez interprété de nouvelles chansons : deux en français et une en anglais. Comment sont-elles nées ? Quelles ont été vos inspirations ?
Kana : Quels étaient mes sentiments quand je les ai écrites… Eh bien, quand je suis venue en 2006, malgré la barrière de la langue, tout le monde chantait avec moi et donc, à mon tour, j’ai voulu faire un effort et apprendre le français. J’ai alors commencé à écrire des chansons en français et en anglais à l’aide de dictionnaires, puis j’ai demandé à mes amis français de m’aider à les finaliser [NDLR : leur écriture s’est achevée ces dernières semaines].

Orient-Extrême : Et au sujet des thèmes ?
Kana : J’ai procédé comme pour mes chansons en japonais, j’ai écrit mes sentiments, ce que je ressentais. Par exemple, pour la chanson chocolat, même si je me dis tout le temps que c’est mauvais pour moi, je ne peux pas m’empêcher d’en manger beaucoup !

Orient-Extrême : Depuis votre dernier album Spade sorti début 2005, vous vous êtes faite très discrète au niveau musical. Lors d’une interview l’an dernier, vous avez affirmé avoir besoin de cette pause pour mieux vous connaître. Est-ce qu’aujourd’hui, Kana sait qui est Kana ?
Kana : Effectivement à l’époque de Spade, j’essayais de me connaître mieux, mais cela fait un certain temps maintenant. Depuis, j’ai rencontré beaucoup de gens, je me suis intéressée à d’autres cultures… et j’ai écrit ces chansons en anglais et en français. J’ai évolué, je pense, sans pouvoir affirmer me connaître parfaitement pour autant.

Orient-Extrême : Pensez-vous donc sortir un nouveau CD prochainement ? Avec les nouvelles chansons en français et en anglais ?
Kana : Je vais encore un peu travailler mon accent avant d’enregistrer en studio les nouvelles chansons ; mais oui, je vais faire un nouvel album.

Orient-Extrême : Sera-t-il officiellement distribué en France ?
Kana : Hummm… Oui, ce serait bien… [murmure-t-elle en regardant malicieusement le traducteur / responsable de JVStore et GAN-SHIN FRANCE].

Orient-Extrême : Vous vous faites dorénavant aussi appeler "Moon". Est-ce simplement dans le souci de vous adapter au marché international ou y a-t-il une autre raison ?
Kana : Effectivement, quand je me suis rendue compte que j’avais une possibilité de me produire au niveau international, je me suis dit qu’il me fallait un nom de scène, et la Lune me convenait assez bien. Elle a plusieurs facettes comme moi : je fais des peluches, des habits, je dessine, je chante… et on retrouve le symbole lunaire partout dans ce que je fais [Kana nous montre ses diverses broderies et son pendentif en forme de lune…]. Donc, pour plus de facilité et de clarté, j’ai décidé de prendre "Moon" comme nom de scène. "Kana" reste mon vrai nom.

Orient-Extrême : On vous appelle également "Moon", maintenant, au Japon ?
Kana : Pour les chansons qui ne sont pas en japonais et qui seront distribuées là-bas, oui, je me ferai appeler "Moon".

Orient-Extrême : Vous travaillez régulièrement avec le magazine de mode japonais Gothic&Lolita Bible, pouvez-vous nous expliquer plus en détails en quoi consiste votre collaboration avec cette revue pour laquelle vous êtes model, et ce qu’elle représente pour vous ?
Kana : Les habits que je porte dans ce magazine sont ceux que je fais moi-même ; bien que, de temps en temps, je présente aussi des vêtements d’autres créateurs. Dans tous les cas, ce sont toujours des tenues que j’ai personnellement approuvées. Le fait que Gothic&Lolita Bible m’offre quelques pages pour montrer ce que je fais, ce qui me plait, cela m’est très important. C’est une expérience "qui fait partie de moi" ; mais ce n’est pas forcement l’essentiel dans ma carrière, je fais beaucoup d’autres choses.

Orient-Extrême : Vos costumes de scène et les tenues que vous avez portées dans vos clips sont-ils aussi vos créations ?
Kana : Au début, je portais des vêtements confectionnés par d’autres, mais toujours réalisés d’après un design que j’avais préalablement créé. Puis, au fur et à mesure, en prenant de l’expérience et en acquérant le savoir-faire, j’ai commencé à les fabriquer moi-même.

Orient-Extrême : Vous collaborez aussi avec le magazine français JAPAN VIBES qui édite votre bande dessinée Les ailes de la Lune - les histoires à suivre de Moon. Comment est né ce projet ?
Kana : Je voulais que le public français me découvre d’une autre manière que par la musique. Alors, j’ai pensé que, par le biais de dessins et d’une histoire représentant mes chansons et moi-même, publiés dans un magazine, cela permettrait aux Français qui ne connaissent pas bien mes chansons de me découvrir et de mieux me comprendre.

Orient-Extrême : Ces histoires seront-elles aussi publiées au Japon ?
Kana : Non, je le fais uniquement pour la France. Et je ne pense pas qu’elles paraissent un jour au Japon.

Orient-Extrême : Votre entreprise Kanaichigo~SHA vous permet d’éditer vos albums mais aussi toutes vos autres créations : peluches, bijoux… Est-ce qu’un jour, vous pourriez aussi distribuer d’autres artistes (musicaux ou autres) avec votre label, ou bien vous est-il exclusivement réservé ?
Kana : Humm… [NDLR : Kana réfléchit longuement] Je crois que je ne me projette pas beaucoup dans le futur, donc je ne saurais dire oui ou non. Mais je pense que je suis très exigeante, donc il faudrait que cette personne soit très motivée et se donne énormément de mal… Est-ce qu’une telle personne apparaîtra un jour, je ne sais pas… Je vis l’instant présent et ne fais pas vraiment de projet…

Orient-Extrême : Que deviennent vos deux peluches fétiches, les pandas Toraboruta et Miika, que l’on voyait dans vos clips ?…
Kana : Quand j’étais jeune, je ne parlais pas, je ne savais pas m’exprimer et je n’avais donc pas d’ami. Mais je voulais devenir forte et les pandas ont l’air forts avec leurs yeux cernés de noir. C’est pourquoi je me suis acheté ces peluches pandas. Ensuite, j’ai commencé à chanter. Je sortais tout juste de cette sorte d’autisme, alors je gardais les peluches avec moi pour les concerts et les clips vidéo, pour avoir leur force. Mais maintenant, comme j’ai plus d’assurance, je les ai un peu mises de côté. Je fais moi-même de nouvelles peluches, différentes, comme ces lapins que j’aime beaucoup. Mais je n’ai pas abandonné mes pandas pour autant, ils sont dans ma chambre, au dessus de mon lit… et il y en a actuellement 17 !

Orient-Extrême : Haa… Ce n’est pas tant que ça, j’en connais une qui en a plus de 150 dans son lit… Hum. Revenons dans votre monde en parlant cette fois de cinéma. Il était question de votre participation au film Natsumi-san, inspiré d’un essai d’Ôtsuki Kenji, avec pour co-star Tomohiro Jun…
Kana : En fait, il y a bien eu un projet de ce nom, pour lequel on m’a contacté et dans lequel je devais jouer… Le film n’est finalement jamais sorti… et il vaut mieux ne pas en parler.

Orient-Extrême : Accepteriez-vous tout de même un autre rôle dans un film à l’avenir ?
Kana : Oui, bien sûr, si une nouvelle occasion se présente.

Orient-Extrême : Avez-vous vu le film Kamikaze Girls ?
Kana : Non, je ne l’ai pas vu. En fait, je suis comme je suis, et je n’ai pas envie de voir le jeu d’acteur de qui que ce soit.

Orient-Extrême : Cela fait une semaine que vous êtes à Paris. Nous savons que vous avez beaucoup répété avec vos musiciens. Avez-vous tout de même pu vous balader un peu ?
Kana : Non, je n’ai pas eu le temps, je n’ai fait que répéter avec le groupe pour le concert d’aujourd’hui. Mais maintenant, j’ai envie de visiter beaucoup de musées et de monuments pour connaître la ville en profondeur.


Notre reportage sur le concert de Kana à la Locomotive :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=713
Kana sera en dédicace à la boutique parisienne Tokyo Arena le 5 mars 2007. Référez-vous à la news pour plus d'informations.

Interview réalisée le 24 février 2007 à Paris par Eric Oudelet, avec la participation de Gwenaelle Durand.
Traduction : Jonathan Pavius
Remerciements : JVStore
Toute reproduction est strictement interdite.
Visuels © Kana -Moon-
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