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Furyo en concert à Mang'Azur : reportage et interview le 15 avril 2007 à Toulon

Indubitablement, le concert de Furyo fut l'un des événements phares de la deuxième édition du festival Mang'Azur, le 15 avril 2007 à Toulon. Entré depuis sept ans dans l'ingrat milieu de la reprise musclée de génériques d'animes, le pendant français des bridés déjantés ANIMETAL se produisent principalement dans les conventions, devant un public d'emblée acquis, toujours prêt à reprendre les paroles de ses génériques préférés... Au programme, une setlist diversifiée pour un son qui, malgré les problèmes techniques, a su témoigner d'une expérience dûment acquise par des musiciens talentueux et leur chanteuse à la voix puissante.

Contrairement au concours de cosplay, où les portes ont dû être fermées avant même le début du défilé, l'auditorium du Palais Neptune n'est pas même rempli à moitié ce dimanche matin. Pourtant, Furyo est sur le point de se produire devant un public impatient qui, dans l'attente, se demande avec espoir si le générique français ou japonais qu'il affectionne particulièrement sera joué. Après une sobre entrée en scène, la basse embraye sur les premières notes de Haruka Kanata, second opening de Naruto, habituellement interprété par Asian Kung-Fu Generation. Si l'instrumental reste fidèle à la chanson d'origine, la voix de Caro (la bassiste brune des derniers concerts à JAPAN EXPO) change considérablement la donne, et donne une toute autre ampleur aux titres qui nous avaient habitués à une voix masculine. Pourtant, loin de nous dépayser, ce changement nous invite à revisiter nos classiques, tout en découvrant un tout autre charme aux génériques de notre enfance... Inévitablement, les openings de Hokuto no Ken (Ken le survivant), Tortues Ninja, Pokémon, Capitaine Flam ou de l'indétrônable Saint Seiya ont l'effet escompté : le public est debout, et Caro, qui passe entre les rangs avec son micro, parvient après deux tentatives à inciter chacun à réellement prendre part au concert. Même si les paroles des couplets sont rudement éprouvées, les refrains prêts-à-scander aident au maintien de l'ambiance survoltée qui règne dans la salle.

Survoltée est bien le mot : les plus téméraires se voient même accorder le droit de venir pogotter devant la scène. D'abord interrompus par la sécurité du fait d'une vivacité impromptue, ceux qui désirent se défouler un peu sont finalement autorisés à se jeter gaiement les uns sur les autres, dans la limite du raisonnable. Un vrai concert de metal, en somme, car Furyo reste fidèle à lui-même, faisant basculer les chansons les plus "calmes", comme Olive et Tom ou We Gotta Power de Dragon Ball Z, dans l'univers agité du hard rock.

Cela dit, le groupe ne se cantonne pas aux vieux classiques du genre, puisqu'il s'autorise également à reprendre les OST d'animés plus récents, dont Alumina de Nightmare (Death Note), Rose d'Anna Tsuchiya (Nana), ou encore Ichirin no Hana de HIGH and MIGHTY COLOR (BLEACH). Au milieu d'une setlist si variée, les deux titres Week End et X de X Japan ne viennent même pas briser l'enchaînement quasi évident des chansons ; et bien qu'il ne s'agisse pas de génériques, le public semble connaître tout aussi bien le répertoire du groupe légendaire. Avec la même énergie, il scande "X !" en levant les bras en croix, visiblement pas démonté par le grand contraste entre le chant de Toshi et celui de Caro, ici loin d'être prête à faire vocalement le poids.



Malheureusement, et même si la vocaliste mérite quand même que l'on loue la puissance et la justesse de son chant, l'éclairage ne privilégie que ses allers-retours sur scène, laissant dans la pénombre les musiciens en plein solo, négligeant par conséquent les cinq autres membres du groupe, pourtant tout autant talentueux. A défaut de pouvoir les apercevoir, il faut donc tendre l'oreille, et se délecter de la performance... quand elle n'est pas interrompue par les problèmes techniques qui privent un guitariste de son. Ces petits détails mis à part, les musiciens fascinent par leur technique et leur pêche, particulièrement avec le thème de Guile (Street Fighter II) entièrement instrumental. La présence d'un unique titre non chanté est, au vu de la qualité de celui-ci, particulièrement dommageable, le côté The Black Mages version jeux vidéo aurait mérité d'être plus largement exploité...

En somme, ce concert presque sans anicroche confirme les talents d'un groupe qui commence à se faire un nom, en dépit d'un jeu de scène toujours limité. Furyo s'est approprié un style difficile à représenter, qui vise un public bien défini et qui présente certaines difficultés quant aux droits d'auteurs ; mais cela ne l'empêche pas d'exceller dans le genre, redonnant un peu de couleurs aux vieux titres poussiéreux, et ravissant les fans de metal, d'animation... ou des deux !

Aurélie Mazzeo


Setlist :
01 - Naruto (Haruka Kanata)
02 - Cutie Honey
03 - Olive et Tom
04 - Hokuto no Ken (Ai wo Torimodose)
05 - Tortues Ninja
06 - X Japan (Week-End)
07 - Street Fighter 2, Guile's Theme
08 - Nana (Rose)
09 - Mask
10 - DBZ (We gotta power)
11 - Ken le survivant
12 - Death Note (Alumina)
13 - Castlevania
14 - Pokémon (générique français)
15 - Bleach (Ichirin no Hana)
16 - Capitaine Flam
17 - X Japan - X
18 - Jayce et les conquérants de la lumière
19 - Saint Seiya (Pegasus Fantasy)





L’INTERVIEW DE FURYO

Quelques minutes après le concert, les membres de Furyo nous accordent une courte interview et nous expliquent avec passion l'histoire et les projets de leur groupe.

Orient-Extrême : Tout d'abord, pourriez-vous présenter le groupe et ses membres ?
Furyo :
Furyo est un groupe qui reprend des musiques d’animés et de mangas en version française et japonaise, depuis environ sept ans. On commence à faire des conventions dans toute la France pour se faire connaître le plus possible.
Alexandra : Je suis Alexandra, la claviériste.
Rudy : Rudy, le bassiste.
Vincent : Moi c'est Vincent, je suis le guitariste.
Caro : Caro, la chanteuse.
J-L : Moi ? Je suis alcoolo... Je veux dire guitariste [rires].
Lionel : Et moi je suis Lionel, le batteur.

Orient-Extrême : La question à mille euros, comment passe-t-on de simple fan d'animation à groupe de musique qui reprend des génériques ?
Lionel :
C'est simple, on est fan d'animés japonais et fan de metal, donc on associe les deux et voilà. Ça donne Furyo [rires].

Orient-Extrême : Dans l'interview précédente, vous disiez qu'ANIMETAL [NDLR : groupe japonais qui fait également des reprises de génériques] fait partie de vos références. En avez-vous d'autres, comme The Black Mages qui reprend les musiques des Final Fantasy version metal, par exemple ?
Vincent :
Pour ma part, ce sont des groupes que j'ai découverts après avoir intégré Furyo. Je m'y suis intéressé une fois que l'on avait déjà fondé le groupe, et je me suis rendu compte qu'il existait beaucoup d'autres groupes qui reprenaient les génériques ou des musiques de jeux vidéo, comme donc ANIMETAL et The Black Mages. Mais comme je les ai découverts après la fondation de Furyo, ils n'ont pas été directement des références ou des influences pour la musique du groupe.

Orient-Extrême : D’après vous, quelle est donc la patte particulière de Furyo ? Qu’est-ce qui fait votre différence par rapport à ces groupes ?
J-L : C’est vrai que les Japonais font des versions assez metal bien puissantes et... ils sont vachement bons. C’est donc difficile de rivaliser. Après, on fait à notre niveau et on essaye de les rendre assez attractives autant sur scène que dans le choix des titres.

Orient-Extrême : A ce propos, comment les choisissez-vous ? Est-ce que vous les sélectionnez par rapport à vos goûts ou par rapport aux attentes du public ?
J-L : Les deux. La plupart du temps ce sont des décisions communes, et parfois on nous demande tel ou tel générique, alors on y pense pour la fois d'après.

Orient-Extrême : Vous avez joué du X Japan tout à l’heure (X et Week End), que viennent faire ces titres au milieu de génériques d’animes ?
Lionel : On joue du X Japan tout simplement parce qu'à la formation du groupe, il y avait déjà des chansons de X Japan. Et puis parce que, personnellement, je trouve que cela reste encore le meilleur groupe de metal rock japonais, avec de très bons musiciens. Les chansons sont excellentes, puissantes, comme on aime.

Orient-Extrême : Est-ce que cela vous arrive, comme vous êtes nombreux dans le groupe, de choisir une chanson par rapport à ce que voudrait jouer l’un ou l’autre ?
Alexandra :
Chacun fait ses propositions en fonction de ce qu'il a envie de jouer, on se concerte, et si ça plaît à tout le monde, on la reprend. Bon… C'est vrai que, parfois, il y a des différences de goût ; alors la plupart du temps, on essaye de s'accorder, de s'arranger.
Vincent : Il y a aussi des génériques que l'on adore et qui sont infaisables, comme Nicky Larson, Cat's Eyes...

Orient-Extrême : Je suppose que c'est assez compliqué de sortir un CD de reprises, par rapport aux droits d'auteur, mais avez-vous des projets de démos que vous distribueriez en convention, par exemple ?
J-L : Il faudrait qu’on enregistre. On nous demande pas mal d'enregistrements mais pour l’instant on n'a pas pris le temps de le faire.

Orient-Extrême : Aucun CD prévu par conséquent ?…
Alex : Non. Par contre, on a les vidéos des concerts. En les récupérant, cela nous permet de nous corriger, de voir notre travail. Ensuite on les partage avec ceux qui nous écoutent sur notre site Internet...

Orient-Extrême : Est-ce que vous projetez de faire plus de concerts seuls, hors convention ?
J-L : Je pense que dans les conventions, c’est un public déjà acquis, qui aime bien le style. Faire un concert dans les conventions nous permet de jouer devant des personnes qui vont sans doute reconnaître les génériques... Je ne pense pas qu’il y aurait autant de personnes qui viendraient si on jouait comme ça, je ne sais pas où…
Lionel : Pour l’instant, nous ne sommes pas trop connus en dehors des conventions. Il ne faut pas oublier que nous faisons du metal, qui n'est pas vraiment LE genre pour plaire en France ; et en plus de cela, on fait des reprises d’animes… On va dire que c’est, entre guillemets, "un peu farfelu"…

Orient-Extrême : C'est vrai, mais quand on voit comment la fréquentation des conventions évolue, on peut penser que c'est justement le moyen de vous faire connaître, et d'acquérir un public à long terme.
Vincent : On va continuer à jouer aux festivals. A la base, comme nous sommes originaires de Nice, on a déjà joué dans quelques pubs là-bas. Mais… puisque nous sommes nombreux, il nous est difficile de bouger facilement. Et puis on ne peut pas le faire trop souvent, parce que le public ne reviendrait pas...

Orient-Extrême : Pour terminer, vos impressions sur le concert d'aujourd'hui ?
Rudy : C’était super, on a eu un très très bon public, une bonne organisation... Les gens qui se lèvent et qui pogottent, ça faisait bizarre mais... c’était vraiment excellent.

Orient-Extrême : Merci beaucoup Furyo, bonne continuation et jouez encore plus de nouvelles chansons la prochaine fois !
Furyo : Merci !


Propos recueillis par Aurélie Mazzeo en avril 2007.
Photos live © Furyo
Photos de groupe par Kat
Le site officiel de Furyo (avec extraits audio du concert) : www.furyo.net

Prochain concert à Paris le 6 mai 2007 au PAG Show. Début à 17h30, suivi d'une séance de dédicace.
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