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the studs tour'O7 spread from warn rain : reportage sur le concert parisien du 16 juin 2007

C’est lors d’un samedi 16 juin 2007 pluvieux que the studs, le nouveau groupe de Daisuke (chanteur de feu kagerou) et Aie (guitariste de feu deadman), a effectué son premier concert hors des frontières japonaises, à la Maroquinerie, dans le 20ème arrondissement parisien. Ce fut l’occasion de découvrir en avant-première des titres inédits qui figureront sur un CD envisagé pour le second semestre. Jouant devant un public d’adolescents conquis d’avance, Daisuke ayant rameuté toute une horde de groupies, le quatuor a montré qu’il avait du potentiel en live, les chansons paraissant parfois plus mélodieuses que sur le maxi-single studs. Cependant, les quatre compères japonais ont livré un show assez impersonnel, ne se libérant que lors des dernières minutes. Retour sur un premier court concert à la hauteur de nos modestes espérances, se gardant bien d’aller au-delà.

L’association d’Aie et de Daisuke a surpris beaucoup de monde, l’univers de kagerou et celui de deadman étant tout de même très différents. Le maxi-single studs a reçu un accueil mitigé. Le chant de Daisuke fut systématiquement comparé à celui de Mako (ancien chanteur de deadman) et les changements dans les compositions d’Aie ont été décortiqués. La formation du groupe a laissé les fans sceptiques : marchera, marchera pas ? Après un premier concert plutôt accrocheur, on peut dire que the studs a toutes ses chances.



Les quelques 300 spectateurs au look affirmé, avec une moyenne d’âge ne devant pas excéder quinze ou seize ans, sont entrés sans cohue dans la petite salle de la Maroquinerie, mais leur impatience était palpable, certains ayant même passé la nuit sur le trottoir… L’attente ne fut pas très longue : à 20h30, alors que la musique d’ambiance sortait toujours des enceintes, Hibiki, Aie et Yukino entrent tranquillement en scène. La foule pousse alors ses premiers hurlements, les lumières s’éteignent et le trio nous offre une introduction technique, entraînante et très prometteuse qui excite bien la fosse. Si Hibiki est tout de noir vêtu avec son chapeau et qu’Aie porte un simple t-shirt, on remarque tout de suite la coiffure et les vêtements sophistiqués de Yukino. Daisuke arrive une minute plus tard sous les acclamations de son parterre de fans. Après avoir pris la pose comme il se doit, il annonce directement la couleur avec disclosure, l’un des morceaux hard rock les plus énergiques de studs. La fosse se met aussitôt à sauter en rythme, sans trop se soucier de la musique pourrait-on dire, tandis que les côtés et le fond de la Maroquinerie reste observateur.

Le groupe entame ensuite une série de titres rock inédits dans un enchaînement pertinent (Yuki no geki, Bunbun, reggae, 6 gatsu 8 nichi et atama uchi). Daisuke s’époumone mais surprise, son chant est loin d’être braillard, il s’avère même très agréable à écouter. On peut d’ailleurs regretter que sa voix ne ressorte pas mieux (son micro était un peu faible). Il a la politesse de s’effacer fréquemment lorsqu’il ne chante pas pour mettre en avant les autres musiciens. C’est l’une des impressions marquantes du concert : le profond respect que les membres du groupe se portent les uns aux autres. Cependant, les interactions restent malheureusement rares et anecdotiques, chacun semblant jouer sa partie dans son coin, rivé au sol. Aucun mot ou attitude personnelle non plus à signaler envers le public, le concert se vit un peu comme un film déjà tourné d’avance. Si parfois, à la première écoute des morceaux, une impression de brouillon perdure, en général les enchaînements sont très mélodieux. Hibiki n’a pas vraiment de moments privilégiés pour s’affirmer, mais on note quelques belles performances techniques. Les mélodies hard rock sont dynamiques, la basse fluide vole régulièrement la vedette à la gratte pourtant très travaillée d’Aie. Certains échanges musicaux sont particulièrement réussis. Le tempo est rapide et sans aucune fausse note : Hibiki reste très concentré tout au long du show… qui aurait bien failli s’arrêter suite à la crise d’épilepsie d’une jeune spectatrice, au centre d’un premier rang obsédé par le chanteur. Durant son évacuation et la pause forcée, les videurs prennent place devant la scène pour former un cordon de sécurité improvisé qui refroidira l’ambiance durant la quasi-totalité du concert. La présence d’indispensables barrières paraissait pourtant évidente…



Durant la deuxième moitié du set, on retrouve les autres titres de studs, intercalés entre des inédits (hane, acidline, uta guitar et tsuinkii). Le public met l’accent sur les chansons qu’il connaît, surtout false the skin, rock à connotations pop dont le refrain est aussitôt repris en chœur, et thursday, speed et explosif avec des petites touches funky. Comme nous nous y attendions, ce titre taillé pour le live prend ici toute son ampleur. Daisuke, habillé comme sur les photos promotionnelles, gardera un jeu de scène (trop ?) sobre et tout en retenu jusqu’à la fin : pas d’attouchement ni de bouteille versée dans le pantalon ! Il se permettra tout de même quelques bons headbangs sur tsuinkii et thursday, titres sur lesquels la foule se déchaîne… et pas que dans la fosse.

E
ffectivement, environ vingt minutes avant la fin du concert, les côtés commencent à s’agiter vigoureusement, jusqu’au joyeux aplatissement de toute la partie gauche sous la pression d’une vague humaine qui laissera Yukino baba. Ce dernier, qui se contentait de scruter le public avec ses yeux fardés et de se passer des petits coups de langue sensuels sur les lèvres (ce qui n’a pas échappé aux fans qui hurlaient de plus belle), commence à sourire et à bouger un peu plus. Il était temps… Aie, timide lui aussi, regarde son public avec contentement et sourit gentiment. Hibiki quant à lui restera les yeux rivés à sa batterie pendant tout le concert. Il arborera tout de même de grands sourires en jetant ses baguettes dans la fosse, qui se les disputera sauvagement. Le concert se termine dans une très bonne ambiance, le groupe ayant bien réussi à chauffer la salle, mais très brutalement : aucun rappel après seulement 1h15 de live… La foule attend en vain, mais sans réclamer verbalement les musiciens. Significatif d’un engouement et d’une excitation passagère ?.. On assiste finalement à une ruade vers le stand goodies ou apparemment les posters et le CD à dix euros se sont bien vendus. Le pauvre t-shirt hideux à vingt euros a logiquement rencontré beaucoup moins de succès. Que les collectionneurs guettent les soldes chez JVStore !



La première tournée de the studs, avec son unique date parisienne en Europe, confirme la nécessité d’une plus grande maîtrise musicale afin d’éviter les quelques vides et errances brouillonnes. Le groupe étant jeune, on garde de bons espoirs pour la suite, à concrétiser sur le prochain CD qui paraîtrait cette année selon le propos tenus en interview. Leur concert a rendu la grande majorité de leurs jeunes fans heureux, le public Jrock habituel, plus âgé, n’ayant apparemment pas été convaincu par leur premier CD. Cependant, on déplore l’évident stoïcisme des musiciens qui n’ont pas osé se lâcher ni donner le meilleur d’eux-mêmes, produisant une prestation assez impersonnelle… et très courte ! Séduit par l’ambiance, the studs devrait faire mieux à son retour, les membres souhaitant ardemment revenir en Europe cette année. On attend cette fois un show vivant, autrement plus interactif et enflammé du début à la fin.

Gwenaelle Durand


Setlist :
M01 - intro
M02 - Yuki no basse
M03 - disclosure
M04 - Yuki no geki
--
M05 - Bunbun
M06 - reggae
M07 - 6 gatsu 8 nichi
M08 - atama uchi
--
M09 - rain drop
M10 - hane
M11 - spread from sister
M12 - acidline
--
M13 - uta guitar
M14 - false the skin
M15 - tsuinkii
M16 - thursday
M17 - tonight is the night
M18 - outro





L’interview de the studs au lendemain du concert :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=musique&sub=artistes&article=919

Remerciements : GAN-SHIN FRANCE
Photos : Eric Oudelet
Toute reproduction/réutilisation des photos ou du reportage est strictement interdite.

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