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OLIVIA : reportage sur son concert du 6 juillet 2007 à Paris

L’année dernière, un showcase d’Anna Tsuchiya, la voix de Nana (BLACK STONES), avait électrisé les foules lors de JAPAN EXPO 7. Cette année, c’est la petite OLIVIA, l’incarnation de Reira (TRAPNEST) qui s’y colle à la même période. Pas de showcase cependant, mais un vrai concert dans l’habituelle salle de la LOCO, à Paris. Cette soirée s’annonçait mythique et magique. Retour sur l’événement du 6 juillet !

Tout le monde attendait le show d’OLIVIA ce 7 juillet 2007 : le 7/07/07. On se disait que KAZE et son label musical Wasabi voudraient marquer le coup avec leur franchise la plus bankable de l’année : NANA. Manque de bol, c’est le 6 juillet que cela s’est passé. Et manque de bol n°2, on aurait pu avoir beaucoup plus d’éloges à faire vu l’aura de l’invitée, issue du catalogue avex (Ayumi Hamasaki, Koda Kumi, etc.). En effet, rarement nous avons constaté une organisation aussi… désorientée, même chez les plus petites associations constituées de bénévoles. Un bilan d’autant plus étonnant pour un organisateur aussi puissant que KAZE. De prime abord, toute la communication avait été faite sur un concert à 20h30, ce qui en général laisse une petite heure aux spectateurs pour entrer et se placer. Las, la réalité fut tout autre et seul le site Internet de la LOCO indiquait l’ouverture des portes à 20h et le début du concert à 20h30. De ce fait, les plus malchanceux faisaient encore la queue ou étaient encore sur le chemin du retour de JAPAN EXPO quand les premières notes du concert retentirent vers 20h40 -on déplorera également un retard à l’ouverture due à une machine déficiente-. Pas de panique, même si à 38 euros le billet, les minutes valent leur pesant d’or : on retrouvera de nombreuses photos et vidéos sur des sites personnels et en peer-to-peer puisqu’une constellation de téléphones portables, appareils photo et autres caméscopes s’est empressée d’immortaliser numériquement l’événement. Apparemment personne pour appliquer les interdictions annoncées comme très strictes… D’ailleurs, nous nous excusons de la mauvaise qualité de nos illustrations : à défaut de la précieuse accréditation, nous ne disposions pas de notre matériel utilisé pour les prises de vues des concerts de JAPAN EXPO… (Vous devriez être gâtés en ce qui concerne les autres artistes présents ce week-end).

Place maintenant au spectacle. Dès son entrée sur scène, OLIVIA impose son univers rock tourmenté, énergique et mélancolique. Jeux de bras et sautillements énervés font jouer tous les pans de la tenue minimaliste et moderne de la petite métisse. Pour la musique, l’introduction est directe. L’orchestration assurée par un groupe explosif et expansif [NDLR : une pensée pour les pauvres visualeux fadasses qui pensent davantage à leur brushing…] est forte, très forte, voire beaucoup trop pour Stars shining out, une chanson on ne peut plus rock où OLIVIA fait montre de la belle tessiture de sa voix. On déplorera alors que la balance minimise le son du micro, poussant OLIVIA à sur-solliciter ses cordes vocales. Alors qu’assommés par le volume certains spectateurs venus en famille quittent les lieux, l’ambiance se met en place et les fans jubilent d’entendre OLIVIA reprendre un morceau de son dernier mini album Cloudy Dreamer. Mais voilà, OLIVIA aime sa période The Lost Lolli et poursuit le concert avec deux chansons issues de cet album plus metal que pop. Une partie de l’auditoire se fige sous les cris énervés et les hurlements sauvageons de SpidERSpins, Celestial Delinquent et Under Your Waves. OLIVIA, elle, s’amuse. On commence à prendre les paris sur la prochaine corde qui sautera : celles de la guitare ou les vocales d’OLIVIA ?



Passé cet interlude, la demoiselle tente dans un joli accent de s’exprimer sur sa venue à Paris. Dès qu’elle entonne les chansons titres de NANA, la foule se déchaîne malgré sa voix désormais haletante (de s’être tant donnée sur les trois premiers morceaux) et peu assurée. Les chœurs des morceaux de NANA sont de la partie, et on regrette parfois (souvent ?) que les ingés-son ne les modulent pas quand OLIVIA n’arrive pas à recréer les harmoniques du studio. De nombreuses dissonances viennent ainsi parasiter le show. OLIVIA s’essouffle encore un peu sur Starless Night, mais tient les notes les plus aiguës, avant de carrément oublier son texte sur la chanson suivante. Alors que les musiciens (un bassiste absolument phénoménal, deux guitaristes et un batteur, histoire de préciser…) débutent Recorded Butterflies, de l’album OLIVIA inspi’ REIRA (TRAPNEST), OLIVIA recommence par les paroles de Starless Night. Un ange passe. On tend l’oreille sur le second couplet, où la chanteuse se méprend à nouveau. Un sourire amusé se dessine…

Déstabilisée par ses erreurs successives, OLIVIA se calme un peu, et entame deux des plus belles et difficiles chansons de The Cloudy Dreamer : Cut me free et If you only knew. Elle s’en tire tant bien que mal, grâce à une technicité vocale impressionnante, mais n’arrive pas à surpasser la qualité du morceau version CD. Avec beaucoup plus de douceur, elle peut enfin se lancer avec confiance sur Winter Sleep … jusqu’à la chanson prochaine, REAL LOVE, qui serait selon elle son prochain single(1), où OLIVIA demande carrément au bout de quelques dizaines de secondes de recommencer le morceau puisqu’elle n’a pas réussi à se caler sur le rythme de ses musiciens. OLIVIA semble courir après sa musique plus qu’elle ne la maîtrise.
Revient alors le temps des criailleries avec les morceaux Nothin's gonna take my love, Who's gonna stop it? et Tell me avant de terminer son tour de chant énervé avec la chanson que tout le monde attendait : Wish. Et là, le miracle enfin s’accomplit ! Un frisson long et extatique parcourt l’échine de mon dos et l’ensemble de mes poils de bras fait une holà. Dommage, Wish est le dernier morceau de la setlist, car enfin, OLIVIA rattrape le rythme de son propre concert, et enfin, elle électrise la foule qui n’attendait que ça ! De bout en bout elle a démontré savoir maîtriser le tempo et la mélodie d’un Wish sans effort, alors qu’elle avait peiné pour arriver jusqu’à cette piste finale.



Dans ces conditions, le rappel ne se fait pas fait attendre trop longtemps. Après une magnifique version d’Alone in our Castle, doucement accompagnée d’une guitare acoustique, a little pain (incroyablement absent du coffret audio édité par Wasabi records) est le second point d’orgue de la soirée, où le public reprend en chœur les paroles d’une OLIVIA tout à l’écoute. La magie opère enfin ! Blind Unicorn clôt le concert de manière énergique, parce qu’après tout, OLIVIA ce n’est pas que de la balade pour midinette fan de NANA !

Malgré ses pieds nus, OLIVIA a paru tout le concert durant dans ses petits souliers. Tour à tour joyeuse, sautillante, enjouée et énervée, elle laisse pourtant une impression de chanteuse assez peu à l’aise avec le public et déstabilisée par le manque de répétition. Des erreurs de textes, une chanson qui nécessite ensuite d’être reprise et de petites mais néanmoins nombreuses difficultés à accorder sa voix sur ses harmoniques, laisse un arrière-goût d’inachevé et de non maîtrisé. Restera l’incroyable potentiel kawaii de cette artiste dont les sourires pourraient être une autre explication du réchauffement climatique, ainsi que l’énergie et la technicité des musiciens qui l’accompagnaient et dont nous espérons en apprendre plus ! Emploi du temps surchargé ? Décalage horaire ? Qu’elles qu’en soient les raisons et malgré un investissement total de la chanteuse dans ses morceaux et dans sa scénique, OLIVIA n’a, semble-t-il, pas offert à son public le tour de chant divin et millésimé qu’il aurait pu être. Quid d’un futur concert, plus long et plus abouti dans le courant de l’année prochaine ?

Wendy Roeltgen





Note :
(1) Le choix de la chanson titre n’est pas encore défini, et selon une récente news, le single initialement prévu pour le 25 juillet prochain a été décalé à une date ultérieure et non communiquée pour le moment.


Setlist :
01 - Star shining out
02 - SpidERSpins
03 - Celestial Delinquent
04 - Under Your Waves
05 - Starless Night
06 - Recorded Butterfly
07 - Cut me free
08 - If you only knew
09 - Winter Sleep
10 - Real Love
11 - Nothin's gonna take my love
12 - Who's gonna stop it?
13 - Tell me
14 - Wish
-ENCORE-
15 - Alone in our Castle (Acoustic Guitar)
16 - a little pain
17 - Blind Unicorn


Photos live :
Aurélie Mazzeo, sauf photos © avex disponibles sur le site officiel d'OLIVIA.
Photo de la bannière © avex & Wasabi records
Reproduction des photos ou du live report strictement interdites.
Remerciements :
Wasabi records
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