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KOKIA - La preuve par quatre

Dans l'espoir de mieux vous guider dans la découverte de cette artiste au talent peu commun, Orient-Extrême vous propose un petit tour d'horizon de la discographie de KOKIA au travers de ses quatre albums. Avec en filigrane une évolution pour le moins intéressante.


Album n°01 – Songbird – Sortie le 16/07/1999 chez Pony Canyon

Songbird est l'album qui a révélé KOKIA au public japonais, mais plus encore au public chinois (qu'il s'agisse de Taïwan, Hong Kong ou la Chine continentale). On y trouve une grande majorité de titres directement écrits, composés et arrangés par l'artiste elle-même, à quelques exceptions près qui ont vu l'intervention de Toshifumi Hinata, l'homme à l'origine de la signature de KOKIA avec Pony Canyon.

Songbird qui joue la carte du charme. Si l'on y devine le potentiel vocal prometteur de la chanteuse, celui-ci est loin d'y être exploité comme il se doit. Nombreux toutefois sont les fans qui voient là un gage de qualité, KOKIA n'ayant à leurs yeux pas sombré dans la facilité. La majorité des titres du disque sont ainsi des ballades mignonnes où la jeune femme nous livre une interprétation fluette mais maîtrisée sur un accompagnement minimaliste le plus souvent fait de guitare, de piano et de cordes sommaires.

Pareille description pourra paraître peu engageante, et pourtant cet album est loin d'être inintéressant. Au fil des écoutes, KOKIA dévoile tout son talent dans une palette d'émotions variées. Mentions spéciales tout d'abord à Arigatou et Aishiterukara, deux pistes caractéristiques su style de cet album où KOKIA démontre une aisance toute particulière dans les aigus sur de douces mélodies de berceuses. Chapeau aussi pour Shiroi yuki, un morceau à l'atmosphère acoustique touchante porté par une guitare sèche omniprésente. Mais surtout, s'il est un morceau à ne pas rater sur ce disque, c'est ERIKA, un titre qui donne toute la mesure de ce que peut donner le talent de KOKIA lorsqu'il est valorisé par une composition travaillée, qui gagne progressivement en puissance au fil que les instruments se succèdent pour appuyer l'accompagnement.

Plutôt qu'une mise en bouche, ce Songbird serait finalement à conseiller à tous ceux qui ont découvert KOKIA avec ses titres les plus récents, et souhaiteraient la découvrir dans un registre différent. Ils seront alors à même, au fil des écoutes, de se laisser emporter dans cet univers rafraîchissant et sans prétention que l'artiste a depuis quitté pour de plus hautes sphères…


Album n°02 – trip trip – Sortie le 23/01/2002 chez Victor Entertainment

Trip trip est pour beaucoup le meilleur album de KOKIA, en cela qu'il est clairement le plus varié et le plus travaillé sur le plan musical. Ce disque marque les débuts de la fructueuse collaboration de KOKIA avec Taisuke Sawachika, qui a arrangé la majorité des morceaux du CD. Avec cet album, KOKIA a cherché à convaincre tant le public japonais que le public du reste de l'Asie déjà partiellement acquis à sa cause. Le résultat est d'un éclectisme fort agréable (avec même quelques OVNI comme Pinku no Chou ou Princess Ehime) et devrait satisfaire tous les amateurs de musique pop/rock fraîche et de qualité.

Le disque s'ouvre sur Chouwa, une piste tout en chorus de toute beauté qui fait planer une aura d'onirisme oriental sur l'album. On la retrouvera d'ailleurs dans une version réarrangée sur le prochain single de KOKIA. Autre morceaux marquants du CD, les excellents Tenshi, Say Hi!, Ashioto ou encore Hello passing days, tout les quatre fédérateurs dans un style pop/rock sobre accompagné de guitare acoustique. Dans un style similaire mais plus proche de la ballade, Ningentte sonna mono ne est du genre à vous rester collée dans la tête pendant de longues heures une fois la première écoute passée.

Mais le plus beau bijou de ce disque est sans conteste le sublime Tsugi au toki wa, une piste aérienne sur laquelle KOKIA démontre une aisance et une légèreté incroyables sur les notes les plus aigues, avec pour ne rien gâcher une construction originale et bien pensée dans la composition du morceau. Ce qui finit sans nul doute de faire de trip trip un album excellent à posséder absolument !


Album n°03 – Remember me – Sortie le 12/11/2003 chez Victor Entertainment

Remember me est sans conteste l'album de tous les superlatifs. Là où trip trip était varié mais parfois frustrant, le potentiel vocal évident de KOKIA n'étant pas exploité à sa pleine mesure, Remember me est certes un peu moins éclectique mais compense par une efficacité ô combien jouissive.

L'ensemble du disque est d'une qualité telle qu'il ne suffirait en aucun cas de quelques lignes pour en dévoiler tous les trésors. Le CD tout entier nous entraîne dans un univers tout simplement magique, une véritable invitation au voyage dont nul ne pourra ressortir indemne. En grande majorité, les accompagnements y sont soit minimalistes, parfois même limités au simple piano-voix, soit composés de violons synthétiques très réussis. Côté arrangements en tout cas, l'omniprésence sur l'album de Taisuke Sawachika fait véritablement des merveilles.

Mais là où réside toute la force de ce Remember me, c'est bien sûr en cela qu'il nous donne enfin ce que l'on attendait depuis longtemps : une véritable démonstration vocale. Au fil de l'album les pistes gagnent en puissance, pour tourner rapidement au concerto lyrique d'une beauté à la limite de l'indicible. Remember the Kiss, Kawaranai koto ou encore Watashi no Taiyou augurent déjà du meilleur sur ce plan, mais on atteint des sommets avec Anshin no naka, ?, sigh et Daiji na mono wa mabuta no ura qui dans des registres différents constituent tous de sublimes moments de musique, où l'accompagnement est entièrement mis au service de la voix de l'artiste traîtée comme un instrument à part entière.

Toutefois Remember me ne serait rien sans son morceau phare, un véritable hymne à la voix féminine qu'aucun qualificatif ne saurait encenser à sa juste valeur : I believe ~umi no soko kara~, qui donnera des frissons de plaisir à tous les amateurs de grandes voix avant de littéralement les écraser sous une imposante reprise des refrains en chorus dans une envolée lyrique d'une pureté tout bonnement incroyable. Un défi de taille pour tous ceux qui n'ont encore jamais pleuré devant un morceau de musique, qui à lui seul suffit à faire de ce disque, incontestablement, le meilleur album de KOKIA.


Album n°04 – Uta ga chikara – Sortie le 21/07/2004 chez Victor Entertainment

Après le monument qu'était Remember me, il fallait s'attendre à ce qu'il soit difficile de renouveler la performance à peine plus de 7 mois après la sortie de ce dernier. Et le fait est qu'Uta ga chikara a déçu. A l'occasion de cet album, KOKIA a fait appel à de nouveaux arrangeurs parmi lesquels certains sont à fusiller tant on peut crier au gâchis.

Dans l'absolu ce disque est en effet loin d'être mauvais. Les prestations vocales de KOKIA sont bien évidemment irréprochables, les mélodies intéressantes, les différents morceaux relativement variés. Mais tous ces efforts sont littéralement anéantis par des choix artistiques catastrophiques sur le plan des arrangements, qui voient la voix de KOKIA noyée dans un déluge de synthétiseurs et de violons qui donnent au CD une couleur rose bonbon à vous dégoûter à jamais des sucreries.

Le résultat, c'est un Yume ga chikara et un so much love for you jolis mais décevants tant ils transpirent les bons sentiments, mais aussi et surtout un kirari massacré par un accompagnement beaucoup trop fouilli et un PINCH wa chance qui constitue une véritable insulte au bon goût tant on n'a jamais vu plus niais.

Heureusement, le disque est sauvé dans sa toute fin, encore une fois, par un morceau dont les arrangements sont signés Taisuka Sawachika : le superbe Utau Hito, une ballade piano-voix qui démontre que KOKIA n'a rien perdu de son talent, et que lorsqu'elle sait bien s'entourer le résultat a de quoi satisfaire les auditeurs les plus exigeants.

Best Album – pearl ~The Best Collection~ - Sortie prévue le 01/02/2006 chez Victor Entertainment

Sur ce tout premier best-of de KOKIA nous retrouverons en fait une synthèse des chansons qui ont marqué la période 2003-2005 avec bien sûr tous les singles sortis ces trois dernières années (y compris les inédits sur album de cette année), certaines chansons réarrangées pour l'occasion (on l'espère par Sawachika-san…), les fameux Ai no Melody et Chouwa ~oto no reflection~ sont la sortie single est annoncée pour le 1er Janvier prochain, et -ô joie- l'illustre I believe ~umi no soko kara~ qui avait tant fait le bonheur des fans sur Remember me. Un programme pour le moins alléchant pour tous ceux qui découvriront KOKIA en live à Paris le 21 Janvier et souhaiteront ensuite sans nul doute ajouter à leur discographie une trace des nombreux chefs d'œuvre qui composent la sienne.

Kévin Petrement

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