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Ayumi Hamasaki - talkin' 2 myself

Ayumi… La seule prononciation de ce prénom attire de plus en plus les soupirs tant les productions de l’ex-reine de la Jpop se suivent et se ressemblent depuis plusieurs années. Il suffit de parcourir les forums et blogs spécialisés J-Music pour constater la disparition de l’aura d’Ayu : presque plus personne ne la réclame en Europe. Après un énième single transparent, glitter / fated, on ne fondait aucun espoir sur son nouveau talkin' 2 myself, bien que la récente rupture sentimentale de la popstar semble l’avoir poussée à se réfugier dans son travail. Puis les visuels de promotion ont interpellé : graphisme épuré et impactful, photos d’une Ayu punky aux cheveux coupés courts (un peu comme "à la belle époque")… Damned, se pourrait-il que…

Le miracle d’un renouveau musical qualitatif et énergique se mettrait-il en marche ? A l’écoute de ce single positivement accueilli par les premières critiques, on aimerait y croire ! Les deux inédits de ce single surprennent par leur efficacité dans un style très rock (abordé dans GAME ou, mieux et plus récent, STEP you), avec une cohérence que l’on avait perdue depuis…… tellement longtemps que l’on ne parvient plus à dater… Depuis les albums I am… et RAINBOW (2002) ? Inespéré et pourtant bien réel.



Après une nappe légère au synthé, talkin’ 2 myself, premier titre à faire parler la poudre, fait vrombir sa mélodie avec une lourde instrumentalisation rock (guitare, basse et batterie) qui domine quelques pointes de violon. Ayumi, dans un registre toujours pop car trop "propret", adopte un timbre de voix moins nasillard et criard que d’habitude, rendant son chant tout à fait abordable, même s’il gagnerait à explorer davantage les graves. L’accompagnement lourd et pesant, appuyé par les claquements puissants de la basse, se marie parfaitement avec l’aspect pop affirmé du chant. Quelques plages plus planantes au synthétiseur et violon aèrent l’ensemble pour éviter la saturation sonore (un des pièges de cet exercice). Sans révolutionner quoique ce soit, avec une construction et un refrain très simple, Talkin’ 2 myself fonctionne parfaitement du début à la fin, avec une présence, une force que l’on ne percevait plus depuis trop longtemps dans les productions Ayumi de ces dernières années.

Le deuxième inédit, decision, bénéficie des mêmes qualités. Après un début en volupté avec piano et violon, les grattes viennent électriser l’atmosphère par un violent contraste. En alternant séquences rock vibrantes et passages atmosphériques doux, decision et son chant un peu plus grave que talkin’ 2 myself complète avec réussite la face A du CD, qui se situe un cran au-dessus tout de même en terme d’impact et d’énergie. Le solo de guitares vers la fin du morceau parait trop brouillon et manque de construction pour éviter la gratuité, il semble uniquement là "histoire de faire du bruit" ou "parce que c’est écrit dans la recette transmise par grand-père"… Premier bilan très positif : on ne se rappelle pas avoir entendu Ayumi Hamasaki aligner successivement deux pistes de ce style et de cette qualité avec cette homogénéité.

Après la bonne surprise de ce double combo rock, avex aurait peut-être pu nous épargner la reprise orchestrale et symphonique de fated, livrée en tant que classique "bonus/remplissage". L’orchestration donne de l’ampleur à la composition mais n’apporte pas davantage de charisme à la version originale, trop fade. Malgré de l’ambition, des moyens et un travail propre, on s’ennuie rapidement et ce titre, un peu hors-sujet après les deux premiers, s’oublie en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écouter. On zappera aussi les instrumentales de talkin’ 2 myself et decision en pistes 4 et 5, désagréables et inécoutables en l’état à cause des backvoices, à réserver par conséquent aux fanas de karaoké qui ont feront très bon usage.



C
omme de coutume, ce single est proposé en édition limitée CD+DVD, et c’est de loin vers cette dernière que va notre préférence : le DVD vidéo se concentre sur le meilleur du CD, ne gardant que talkin’ 2 myself et decision, avec deux clips pêchus tout aussi efficaces. Dans un décors de ville post-apocalyptique, talkin’ 2 myself serait-il un clin d’œil au film Resident Evil : Extinction et à son thème japonais chanté par Koda Kumi -rivale d’Ayu- et TOHOSHINKI ? A vérifier au cinéma ou lors de la diffusion du clip de Kuu. Ici, Ayumi Hamasaki gesticule au milieu d’une troupe de danseurs-soldats en marcel noir et pantalon army. Le look général et la nouvelle coupe de la chanteuse pourront faire penser aux héroïnes de certains jeux comme Silent Hill, et on notera au passage son corset fashion dans la mouvance rock/gothic actuelle (Nami Tamaki, Super Junior, Nana Kitade, etc.). Rien à redire côté technique, l’équipe a fait du très bon boulot, avec un rendu dynamique, rythmé et riche en cadrages variés (les blancs paraissent toutefois un peu brûlés). On n’en pensera pas moins du clip de decision, brillant, où Ayumi se voit rejointe par son orchestre et ses choristes (la même team qu’en tournée, avec Yoshio, Enrique, etc.) pour mettre le feu à une salle de concert… vide. Pas de soucis pour autant, les jeux de lumières et les plans agressifs assurent l’animation pour un rendu ultra-dynamique où chacun est mis en valeur successivement. La team d’Ayumi a-t-elle pris la place des habituels backdancers anonymes pour donner une image plus "familiale" en opposition à un aspect commercial impersonnel, pour resserrer et réaffirmer les liens d’un véritable groupe à l’occasion d’un nouveau départ ?

Avec ce single, une brise de fraîcheur souffle sur la carrière d’Ayumi. Pour de multiples raisons, à commencer par une efficacité et par un esprit ou une cohérence musicale enfin retrouvés, ce talkin’ 2 myself redonne espoir. Les deux nouveaux titres se complètent dans un style commun et avec une telle homogénéité qu’ils semblent ne faire qu’un. Dans cet élan, on souhaiterait effacer les singles précédents pour imaginer un prochain album 100% rock du même tonneau. Ce serait un surprenant revirement de situation, peut-être pas idéal d’un point de vue purement comptable (en dépit d’un première place au top Oricon, ce CD ne se vend pas davantage malgré ses qualités), mais beaucoup plus intéressant que le patchwork maladroit qui se profile en étant réaliste. Profitons de ces deux bons titres et clips qui, s’ils ne marqueront pas l’histoire ni même l’année, nous font réécouter du Ayu sans soupirer.

Eric Oudelet


Sortie : 19 septembre 2007
Référence Regular Edition (simple CD) : AVCD-31333
Référence Limited Edition (CD+DVD) : AVCD-31332
Site officiel
: www.avexnet.or.jp/ayu

Tracklist CD :
01 - talkin' 2 myself "Original mix"
02 - decision "Original mix"
03 - fated "Orchestra version"
04 - talkin' 2 myself "Original mix -instrumental-"
05 - decision "Original mix -instrumental-"

Tracklist DVD :
01 - talkin' 2 myself (video clip)
02 - decision (video clip)

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Visuels © avex

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